OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2004 > Octobre > Démarchage par téléphone : Lourde menace sur les centres d’appels

Démarchage par téléphone : Lourde menace sur les centres d’appels

mardi 12 octobre 2004

Téléservices

Au Sénégal, le démarchage par téléphone pour le compte d’entreprises françaises marche très fort. L’obligation d’indiquer aux clients le lieu de l’appel, proposée par Nicolas Sarkozy, suscite une certaine inquiétude à Dakar.

Quand elle décroche le téléphone dans sa cabine d’un centre d’appels de Dakar, Déthié Sidibé utilise un prénom d’emprunt français pour converser avec son client. La voix suave de cette jeune Sénégalaise d’une vingtaine d’années cherche à persuader son interlocutrice de l’Hexagone à qui elle présente le nouveau produit d’une entreprise française. Lui faudra-t-il à l’avenir se présenter comme « Déthié de Dakar » ?

Le ministre français de l’Économie, Nicolas Sarkozy, souhaite en effet imposer cette transparence aux entreprises françaises qui travaillent avec des centres d’appels situés à l’étranger. Cette mesure, qui doit être discutée le 11 octobre à Paris avec les professionnels français du secteur, inquiète les responsables de ces call centers dans les pays comme le Sénégal qui, en quelques années, a réussi à créer des milliers d’emplois grâce à ces délocalisations. Au Sénégal, certains craignent qu’en annonçant leur lieu d’appel, les télé-vendeurs se heurtent d’emblée à la suspicion ou au refus des clients.

Les filles parlent comme des Parisiennes

Déthié Sidibé est télé-actrice depuis deux ans dans un centre d’appels de Mermoz, un quartier résidentiel de Dakar, dont la maison-mère se trouve en France. Teint clair, sourire radieux, cette ancienne étudiante de l’Université de Dakar a répondu à une annonce dont elle se rappelle encore le libellé : « Bac +2, bon niveau de Français, bonne diction, notions en informatique, marketing ou commerce, aisance au téléphone ».

Aisance au téléphone oui ! Après un premier « casting », Déthié a été testée sans le savoir lors de ses premiers coups de fil. Les recruteurs évaluent à l’insu des candidats leur expression orale mais surtout leur qualité d’écoute. Les recrutés suivent ensuite sur place une formation en télé-marketing, afin d’améliorer leur diction et développer leur force de vente. Les filles parlent comme des Parisiennes, les garçons comme des « toubabs ». Ouvert depuis mai 2002, ce centre d’appels emploie 900 personnes, en majorité des femmes : deux pour un homme.

Installé non loin de l’aéroport, Call me, un autre centre d’appels créé il y a deux ans, s’occupe de la diffusion d’informations, de la gestion des réclamations, de l’accueil et de la relation-client de certaines grandes entreprises sénégalaises et maliennes. De tous, Africatel avs, vieille de presque dix ans, est le plus ancien. Outre les prestations de services délocalisés pour de grosses entreprises françaises, cette société est connue au Sénégal pour la gestion des rendez-vous de demandes de visas dans certaines ambassades occidentales implantées à Dakar (voir encadré).

Troisième entreprise sénégalaise en termes d’effectifs, Premium center contact international, qui travaille avec des entreprises installées en France et en Grande-Bretagne, est passée en deux ans d’une centaine d’employés à plus de 700 salariés en 2004. Aujourd’hui, des milliers de jeunes, filles ou garçons, frappent aux portes de ces centres d’appels qui ont maintenant pignon sur rue à Dakar et qui gèrent toute une palette de nouveaux métiers : télé-acteur, télé-vendeur, télé-prospecteur, animateur de plateaux, superviseur, formateur…

Un petit job pour les diplômés chômeurs

Beaucoup de jeunes Sénégalais, diplômés chômeurs, fraîchement arrivés sur le marché du travail, considèrent le télé-marketing comme un « petit job », un tremplin vers un emploi plus stable et mieux payé. La plupart travaillent sous contrat à durée déterminée et gagnent 150.000 F.CFA environ par mois, soit quatre fois le SMIG au Sénégal. « Nous savons que c’est loin d’être la même chose qu’en Europe, mais on ne se plaint pas », confie un télé-acteur qui a requis l’anonymat.

Contrairement à leurs homologues américaines qui ne travaillent pas de nuit, les équipes sénégalaises se relayent 24 heures sur 24, toutes les 7 heures. Les employés restent discrets sur les conditions de travail et les petites difficultés du métier : clients dragueurs ou impertinents avec les télé-vendeuses, par exemple. Les patrons ne le sont pas moins en ce qui concerne leurs partenaires européens ou leur chiffre d’affaires. Chaque centre craint, en effet, de se faire doubler par son concurrent : « Nous sommes dans un milieu de caïmans où la discrétion est de mise », commente un agent d’Africatel avs.

Le débat actuel en France sur les délocalisations nourrit également l’inquiétude des managers de ces nouveaux temples de la relation client.

La réussite de cette activité au pays de Abdoulaye Wade s’explique d’abord par la qualité du réseau téléphonique mais aussi par l’abondance d’une ressource humaine de qualité, l’ouverture démocratique du pays, sa stabilité, ainsi que l’existence d’une Agence Nationale pour les Investissements et les Travaux (APIX). S’ajoute à ces atouts majeurs la création de nombreuses grandes écoles commerciales liées à des universités européennes et américaines. Réputés « bons assimilés » francophiles et « bons communicateurs », les Sénégalais ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Une aubaine pour ce pays où le taux de chômage atteint 41 %, selon le ministère de l’Emploi.

MOUSSA GASSAMA (SYFIA-SENEGAL)

(source : Le Soleil, 12 octobre 2004)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4496/4965 Régulation des télécoms
  • 350/4965 Télécentres/Cybercentres
  • 3381/4965 Economie numérique
  • 1783/4965 Politique nationale
  • 4897/4965 Fintech
  • 533/4965 Noms de domaine
  • 1925/4965 Produits et services
  • 1709/4965 Faits divers/Contentieux
  • 774/4965 Nouveau site web
  • 4965/4965 Infrastructures
  • 1754/4965 TIC pour l’éducation
  • 188/4965 Recherche
  • 243/4965 Projet
  • 3445/4965 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1845/4965 Sonatel/Orange
  • 1648/4965 Licences de télécommunications
  • 291/4965 Sudatel/Expresso
  • 1017/4965 Régulation des médias
  • 1282/4965 Applications
  • 1073/4965 Mouvements sociaux
  • 1667/4965 Données personnelles
  • 150/4965 Big Data/Données ouvertes
  • 596/4965 Mouvement consumériste
  • 364/4965 Médias
  • 658/4965 Appels internationaux entrants
  • 1624/4965 Formation
  • 96/4965 Logiciel libre
  • 2089/4965 Politiques africaines
  • 1013/4965 Fiscalité
  • 169/4965 Art et culture
  • 592/4965 Genre
  • 1899/4965 Point de vue
  • 1029/4965 Commerce électronique
  • 1490/4965 Manifestation
  • 318/4965 Presse en ligne
  • 124/4965 Piratage
  • 207/4965 Téléservices
  • 947/4965 Biométrie/Identité numérique
  • 315/4965 Environnement/Santé
  • 351/4965 Législation/Réglementation
  • 371/4965 Gouvernance
  • 1774/4965 Portrait/Entretien
  • 145/4965 Radio
  • 764/4965 TIC pour la santé
  • 292/4965 Propriété intellectuelle
  • 58/4965 Langues/Localisation
  • 1088/4965 Médias/Réseaux sociaux
  • 1987/4965 Téléphonie
  • 190/4965 Désengagement de l’Etat
  • 1039/4965 Internet
  • 116/4965 Collectivités locales
  • 418/4965 Dédouanement électronique
  • 1152/4965 Usages et comportements
  • 1034/4965 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 558/4965 Audiovisuel
  • 3227/4965 Transformation digitale
  • 384/4965 Affaire Global Voice
  • 179/4965 Géomatique/Géolocalisation
  • 329/4965 Service universel
  • 663/4965 Sentel/Tigo
  • 175/4965 Vie politique
  • 1805/4965 Distinction/Nomination
  • 36/4965 Handicapés
  • 697/4965 Enseignement à distance
  • 708/4965 Contenus numériques
  • 594/4965 Gestion de l’ARTP
  • 184/4965 Radios communautaires
  • 1801/4965 Qualité de service
  • 449/4965 Privatisation/Libéralisation
  • 133/4965 SMSI
  • 482/4965 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2711/4965 Innovation/Entreprenariat
  • 1352/4965 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/4965 Internet des objets
  • 172/4965 Free Sénégal
  • 683/4965 Intelligence artificielle
  • 202/4965 Editorial
  • 10/4965 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/4965 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous