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Délocalisation des entreprises françaises : La résistance du Sénégal paie

jeudi 28 octobre 2004

Le gouvernement français a repoussé à plus tard sa loi de délocalisation des services et télé services. Mais le Sénégal, comme tous les pays concernés, n’entend pas baisser la garde.

C’est le calme avant la tempête. Le gouvernement français a remis au mois de décembre le vote du plan anti-délocalisation de ses entreprises vers d’au-tres pays. Le Sénégal qui est concerné par cette mesure a entamé la bataille avec le Conseil national du patronat qui, selon un mémorandum publié à cette occasion, a saisi le président de la République et le président du Medef, M. Antoine Sellière, « pour que notre pays ne subisse pas les conséquences du plan anti-délocalisation du gouvernement français et l’ambassade du Sénégal à Paris est en train de jouer sa partition ».

L’argument avancé par le gouvernement français est la perte de plus de 100 000 emplois de son secteur industriel et des services. Un argument battu en brèche par le Directeur Général de Pcci, un centre d’appel, M. Abdoulaye Sarré qui soutient que le problème du chômage est un faux problème, parce qu’ils veulent nous arrêter mais ils ne peuvent pas. Ils peuvent nous ralentir c’est tout. C’est une situation gênante qui nous cause beaucoup de désagrément. Mais nous allons nous battre. »

Le Sénégal figure au premier plan des pays visés à côté du Maroc, de la Tunisie, et de l’Europe Centrale et Orientale. Ce plan anti-délocalisation concerne les entreprises du secteur des télé-services ainsi que du secteur de l’électronique.

Dans le mémorandum du Cnp, il est souligné que le gouvernement français entend dégager une enveloppe de 750 millions d’euros, sur la période 2005-2007 dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan anti-délocalisation. Ce programme est entré en œuvre, avec le ministre Nicolas Sarkozy qui a présenté à Matignon un projet d’arrêté ministériel relatif à l’information des consommateurs sur la localisation des centres d’appel téléphoniques. Ce projet d’arrêté serait actuellement dans le circuit de Matignon pour son adoption définitive.

Il précise que « tout fournisseur de biens ou de services qui utilise les services d’un centre d’appel pour émettre ou recevoir des communications téléphoniques est tenu d’informer ses correspondants de la localisation géographique de centre d’appel ». Ce que refusent les directeurs des entreprises de télé-services du Sénégal, ainsi que le patronat sénégalais.

Plusieurs de ces entreprises du Sénégal risquent la fermeture, avec plus de 1500 licenciements en vue, et une dizaine de milliards de francs cfa d’investissements de perte.

Safiétou KANE

(Source : Le Quotidien, 28 octobre 2004)

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