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Déclaration finale de Bamako 2000

samedi 26 février 2000

Réunis dans la capitale du Mali du 21 au 26 février 2000 dans le cadre de la Rencontre de Bamako 2000 tenue sous la présidence de M. Alpha Oumar Konaré, Président de la République du Mali et de M. Guy-Olivier Segond, Président du conseil d’Etat de la République et canton de Genève, les participants issus des différentes composantes de la société

· pouvoirs publics,
· collectivités locales,
· secteur privé,
· monde associatif,
· milieux universitaires,
· organisations régionales, internationales, bilatérales et multilatérales,
· femmes,
· jeunes,

prenant acte des multiples déclarations et résolutions relatives à la promotion, à l’utilisation et à l’appropriation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) émises lors de précédentes rencontres consacrées à la Société de l’Information par diverses instances, ont adopté le texte suivant dit " Déclaration de Bamako 2000 " :

Le Réseau ANAIS constitué en 1996 à l’issue de la Rencontre de Genève (Suisse) a permis d’articuler, dans un nouveau partenariat, les compétences des différents acteurs de la société de l’information et du développement. Le Réseau ANAIS a notamment fourni la possibilité de confronter les analyses des usages des TIC et de capitaliser les leçons tirées des expériences du terrain.

A l’issue de ces quatre années, il ressort du recensement, de l’observation et de l’analyse des activités mises en œuvre sur le terrain par les différents acteurs, quelques enseignements majeurs. Les Technologies de l’Information et de la Communication :

· constituent le premier champ majeur de coopération internationale que les pays abordent en même temps mais à partir de contextes différents en raison des disparités considérables dans leurs moyens financiers, dans leurs capacités de contrôle de l’environnement technologique que reflète le déséquilibre des flux d’information ;

· ont un effet de levier important sur le développement lorsque les technologies et les contenus sont adaptés aux différentes attentes et appropriés par ceux qui les expriment en tant qu’utilisateurs et acteurs,

· sont accessibles même aux pays et aux groupes sociaux confrontés à des difficultés économiques et sociales notamment en raison de leur coût relativement limité,

· rendent possible de nouveaux mécanismes d’échanges et de partenariat qui contribuent à une meilleure compréhension et au renforcement des relations entre les peuples,

· offrent des possibilités d’expression, de créativité et de reconnaissance à tous ceux qui sont isolés socialement, géographiquement, culturellement et qui éprouvent des difficultés à occuper la place qui leur revient dans la société,

· constituent un important facteur de transformation des sociétés et de fonctionnement des institutions.

En se fondant sur ce constat, les participants appellent à la reconnaissance de dix principes de référence et à la mise en place des mesures concrètes qui les accompagnent :

1. la mise à disposition à tous les citoyens de l’accès aux services d’information leur permettant d’utiliser les réseaux dans un esprit de service public et garantissant la parité d’accès hommes femmes ;

2. le droit à l’expression et à la protection des informations relevant du domaine public mondial de sorte à garantir le droit inaliénable de tout citoyen d’accéder à l’information diffusée sur tous les supports, y compris les nouveaux supports multimédia, et d’utiliser librement le patrimoine informationnel de l’Humanité ;

3. la diversification de l’offre technologique par la levée des obstacles réglementaires au développement des infrastructures et des outils de communication pour répondre aux besoins et aux situations spécifiques des citoyens et des pays ;

4. la mise en œuvre de stratégies d’investissement et de financement incluant des politiques fiscales incitatives pour l’aide à la création de contenus et la démocratisation de l’accès ;

5. la promotion du plurilinguisme et de la diversité culturelle comme moteur des processus de développement de contenus à usages locaux et internationaux ;

6. la recomposition du rôle des acteurs pour laisser davantage d’espaces aux initiatives de la société civile et aux entreprises privées qui doivent jouer le rôle moteur de la société de l’information, l’Etat devant pour sa part mener une politique volontariste visant à assurer les conditions cadres les plus favorables à l’épanouissement de ces initiatives ;

7. la consolidation de nouvelles formes de partenariat fondées sur la complémentarité entre les différentes catégories d’acteurs, les pôles d’excellence et les diverses régions du monde ;

8. la mise en réseau des pratiques enrichissantes et des leçons apprises pour constituer un capital d’expériences et de connaissances utiles pour consolider la coopération décentralisée ;

9. la formation et le renforcement des capacités institutionnelles et techniques dans les domaines prioritaires pour le développement durable ;

10. l’instauration d’un débat démocratique sur les nouvelles régulations devant s’appliquer aux questions éthiques, au développement des infrastructures technologiques, aux contenus et aux usages.

Sur la base de ces principes, les participants s’entendent pour formaliser un plan d’action basé sur les travaux des ateliers de Bamako 2000 dénommé "Plan d’action Bamako 2000". Ils appellent la société civile, les pouvoirs publics, les entreprises et les organismes concernés du monde entier à les rejoindre dans cette dynamique, chacun étant invité à mettre en œuvre ce plan d’action dans son domaine d’activité et à son niveau de responsabilité. De son côté, le réseau ANAIS s’engage, avec l’ensemble de ses partenaires, à rechercher les moyens humains, techniques et financiers nécessaires à la concrétisation de ce Plan, notamment par la création d’accès communautaires dans les 701 communes du Mali.

A l’issue de ces travaux, les participants :

· prient les ambassadeurs présents à Bamako et les organisations internationales de transmettre cette déclaration à leurs autorités en leur demandant de s’engager dans la mise en œuvre des décisions et du Plan d’action adopté à Bamako 2000 ;

· invitent l’Union européenne à accorder davantage d’importance au développement de la société de l’information dans les pays ACP dans la mise en œuvre de la nouvelle convention de Lomé ;

· prient les collectivités locales de prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter la mise en œuvre des actions envisagées ;

· invitent le secteur privé à s’associer à la mise en œuvre du plan d’action ;

· demandent expressément aux Présidents Alpha Oumar Konaré, Guy-Olivier Segond et Mamadou Tandja de transmettre cette Déclaration aux autres chefs d’Etat et de la porter à l’attention des participants de "Global Knowledge II" qui se tiendra très prochainement à Kuala Lumpur ;

· prennent acte de la décision de mettre en place un mécanisme permanent de coordination des réseaux ANAIS, FUNREDES et E@CN, ouvert à tous les partenaires intéressés, et implanté sur plusieurs continents pour faire valoir les compétences et les propositions de la société civile auprès des entités concernées ;

Ils conviennent d’élaborer un calendrier de rencontres non limitatif appelé à être enrichi par d’autres partenaires. Dans un premier temps, ils répondront favorablement aux invitations officielles suivantes :

1. Octobre 2000 rencontre Global 2000 à Barcelone (Espagne) à l’invitation de l’Association Européenne des Réseaux Citoyens (E@CN) ;

2. Novembre 2001 Conférence internationale sur le thème "Cybercitoyenneté et coopération décentralisée" à l’invitation du réseau ANAIS au Sénégal et du Conseil Régional de Dakar ;

3. Automne 2003 à Genève (Suisse), Conférence mondiale de la Société de l’information à l’invitation de la République et Canton de Genève.

Ils remercient enfin :

- le Gouvernement de la République arabe d’Egypte de l’engagement qu’il a transmis à la Rencontre Bamako 2000 de consacrer les moyens nécessaires pour coopérer avec les pays africains dans le domaine des technologies de l’information ;

- les autorités maliennes, et en particulier le Président Alpha Oumar Konaré, pour l’accueil chaleureux qui leur a été réservé à l’occasion de Bamako 2000.

Fait à Bamako le 25 février 2000

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