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Dangers et abus sur les réseaux sociaux : Les utilisateurs détectent les virus

mardi 17 janvier 2017

Du fait de leur accessibilité et des avantages qu’ils offrent, les réseaux sociaux ont été bien adoptés par les Sénégalais. Discussions, partage d’informations, commandes de produits… les avantages sont nombreux. Mais il y a aussi le revers de la médaille. Chantages, vengeances, arnaques, les risques et abus sont plus que jamais réels pour les 8 millions d’utilisateurs. La parole aux concernés !

WhatsApp, viber, facebook, messenger, skype blog, twitter… la palette de choix offerte par les technologies de l’information et de la communication s’élargit de jour en jour grâce à une innovation presque sans fin. Chaque année ou presque, une nouvelle application vient faciliter les échanges entre individus d’horizons divers. Cependant, l’utilisation de ces outils est de plus en plus problématique. Si certains en font un bon usage, d’autres par contre en abusent, par ignorance ou de façon intentionnelle. Arnaque, piratage, surveillance… toutes les formes de dérives y passent.

C’est ainsi que très souvent, la vie privée des personnes se trouve exposée sur Internet. Il arrive que le concerné en soit l’auteur et cherche à tirer on ne sait quel plaisir ou avantage. Mais parfois, la personne dont la photo est publiée n’est rien d’autre qu’une victime. Elle voit son honneur et sa dignité bafoués du fait d’images intimes censées rester privées. Si ce n’est par esprit de vengeance ou de jalousie, c’est peut-être une aventure qui tourne au cauchemar pour l’un des partenaires qui subit des chantages de la part de l’autre. Les jeunes constituent la cible la plus vulnérable sur les réseaux sociaux. Une bonne partie de leurs discussions, partage d’informations, confessions, règlements de comptes, dénonciations, etc. se font sur la toile. Ce qui n’est pas toujours sans conséquences. De jeunes étudiants inscrits sur ces réseaux n’en disent pas moins.

Après les cours, un groupe d’étudiants, reconnaissables de par leurs uniformes aux couleurs bleu blanc, acceptent d’aborder le sujet. Même s’ils disent y trouver leurs comptes, ils n’en reconnaissent pas moins l’existence d’un tas d’inconvénients dont ils se disent conscients. Soda est une fille petite par la taille. Teint brun, elle est moulée dans une jupe bleue et une chemise blanche, assortie d’une cravate. Elle admet qu’elle utilise les réseaux sociaux surtout pour partager, avec ses camarades de classe, des informations relatives à la formation. ‘’Nous travaillons en groupe et nous partageons souvent des nouvelles à travers WhatsApp. Cela nous facilite l’accès à l’information’’, dit-elle avec une certaine conviction. Cette utilisation consiste à s’envoyer des fichiers dans lesquels il y a des indications sur les exercices à faire et se donner rendez-vous pour ce travail de groupe.

‘’Je me méfie de ces groupes sur whatsApp’’

Mais l’usage ne s’arrête pas, pour elles, à cet aspect utilitaire. En effet, Soda soutient que les réseaux sociaux leur prennent tout leur temps libre. ‘’Je peux rester jusqu’à des heures tardives sur ‘’face’’ (diminutif de facebook) ou ‘’whatsApp’’ uniquement pour discuter avec des amis. Mesure-t-elle réellement les dangers qu’encourent les utilisateurs ? Elle répond par l’affirmative, relevant au passage des constats déjà intrigants. ‘’Souvent on m’ajoute à un groupe dont je ne connais pas les initiateurs et les discussions ne sont pas privées. Tous les gens qui s’identifient sur ce groupe peuvent lire les messages que tu écris. Cela ne m’agrée pas. Je déteste cette façon de faire, je ne sais pas comment l’intégration se fait, je me méfie de ces groupes’’, soutient-elle sous l’approbation de ses camarades qui se disent victimes des mêmes faits. Ainsi, cette interlocutrice estime-t-elle que la meilleure manière de s’en passer est de faire un clic sur quitter le groupe pour s’éloigner.

Sa copine Aïssatou vit les mêmes désagréments. Elle s’est rendu compte d’ailleurs qu’une fois en classe, si elle ne se déconnecte pas, elle reçoit tout le temps des messages. ‘’Les gens oublient les heures de cours ou ignorent que tu n’es pas en mesure de discuter. Cela impacte sur la concentration en classe. Le seul réflexe qui peut aider est de se déconnecter aux heures de cours’’, préconise-t-elle. Maïmouna Diouf est étudiante en première année. Elle suggère à ses camarades l’utilisation modérée des technologies de l’information et de la communication afin de se mettre à l’abri de certains abus. ‘’Ce n’est pas bien d’être trop accroché aux réseaux. Ça prend tout ton temps, tu restes des heures à discuter de tout et de rien. Ensuite les tentations sont énormes’’, relève-t-elle. Parlant en connaissance de cause, elle ajoute : ‘’Des fois, des gens essayent de te courtiser alors que peut-être ils ne sont pas sérieux.’’ Même si elle ne peut pas éviter ces désagréments, il y a une ligne qu’elle s’interdit de franchir. Celle-là qui consiste à se faire filmer dans certaines conditions, tout en sachant que le risque est grand que ces images prises se retrouvent un jour sur la place publique.

Même si l’opinion a tendance à se focaliser sur la personne photographiée, il n’en demeure pas moins qu’il y a d’autres coupables à désigner. Ceux-là qui diffusent les portraits. L’Etat ne s’y est pas trompé d’ailleurs. C’est pourquoi le Président Macky Sall, se prononçant sur cette question, a annoncé des mesures de sanctions contre les responsables de tels actes. Choisissant Tivaouane la cité religieuse à la veille du Gamou, le chef de l’Etat avait donné des avertissements fermes à l’encontre des fossoyeurs. ‘’L’Etat du Sénégal prendra toutes ses responsabilités. Notre pays a ses responsabilités, on ne peut pas se permettre de faire tout ce que bon nous semble. Il faut que les gens arrêtent d’importer des comportements aux antipodes de nos croyances’’, prévient-il.

‘’Les amis se créent maintenant sur ces réseaux, on n’y peut rien’’

Mais tout ne se réglera pas par la répression. L’Etat ne pourra pas non plus tout faire à lui seul. Car, il y a des aspects qui concernent les parents. Et d’autres qui demandent une sensibilisation des adultes qui usent et parfois abusent et même mésusent de ces technologies. Sous le couvert de l’anonymat, cette jeune fille souligne que les réseaux les aident à garder certains contacts, et à communiquer avec des personnes perdues de vue. Il y a aussi un usage commercial avec des commandes (achats de billets d’avions ou autres). Quant à Moussa Diop, un autre étudiant, son expérience est la preuve que ces outils sont un couteau à double tranchant. De facebook, il est passé sur whatsApp. Il a même rangé l’application créée par Mark Zuckerberg parmi les instruments du passé. ‘’La nouvelle tendance, c’est whatsApp ; cela fait des mois que je n’ouvre plus ma page.’’ Ce choix, Moussa l’explique par les avantages qu’offre la création de Jan Koum.

En fait, utiliser whatsApp permet de se passer de l’achat du crédit pour des appels ou des messages. ‘’La discussion instantanée nous agrée beaucoup. Il suffit d’avoir quelques Mo d’internet pour se connecter’’, se réjouit-il. Seulement, cette facilité, pour ne pas dire cette ‘’gratuité’’, est aussi la source de la démesure dans l’’usage. Moussa, comme tant d’autres jeunes, fait passer son plaisir avant sa santé et peut-être même ses études. ‘’J’ai intégré un groupe d’amis avec qui nous échangeons des messages jusqu’à des heures tardives, parfois même à 5 heures du matin. Les amis se créent maintenant sur ces réseaux, on n’y peut rien. Ça m’empêche de dormir assez’’, avoue-t-il.

‘’Mon époux est à l’étranger, nous communiquons souvent à travers les réseaux sociaux’’

Par ailleurs, il n’y a pas que les étudiants et autres intellectuels comme utilisateurs. D’autres couches de la société sont aussi intéressées. C’est le cas des coiffeuses. Visite dans un salon dont on gardera l’identité. Un simple coup d’œil permet de se rendre compte que chacune des pensionnaires a entre les mains un smartphone. Bineta Ndiaye est une jeune dame venue se faire belle. Elle affirme que facebook, whatsApp et autres absorbent tout son temps. La distance qui la sépare de son mari en est l’explication. ‘’J’utilise beaucoup WhatsApp, surtout la nuit. Mon époux est à l’étranger, nous communiquons souvent à travers les réseaux sociaux’’, laisse-telle entendre avec un petit sourire. Elle débourse fréquemment 5 000 F CFA pour se payer une pass de quelques jours. ‘’Normalement, ça devait faire un mois, mais j’épuise la connexion avant son délai d’expiration’’, ajoute-t-elle.

Assise à ses côtés, Thioro Thiam déclare se limiter à l’essentiel avant de quitter la ligne. D’après elle, son travail ne lui permet pas d’être accro ou d’abuser des réseaux de communication. D’ailleurs, cela fait quelques jours, dit-elle, qu’elle n’a pas été en ligne. ‘’Je vends des jus, je n’ai pas trop de temps pour me connecter. Je le fais si j’ai un moment libre et si je décide de me connecter, je discute souvent avec les membres de ma famille ou alors regarder les derniers modèles de couture affichée sur la toile’’, confie la dame au teint clair. Elle avoue mener un combat contre ses désirs pour ne pas se laisser emporter par cette tendance à la dérive.

Aïda Diène

(Source : Enquête, 17 janvier 2017)

Post-Scriptum

Pape Diop et Mbathio, deux exemples édifiants

Voici deux cas de scandales notés récemment sur les réseaux sociaux. L’un est l’œuvre de l’étudiant du nom de Pape Diop qui a réussi à tromper 22 filles. Disposant de deux comptes, il se fait passer pour une femme. Sur un compte, il se fait appeler Aïssatou Ndiaye et sur l’autre Daba Diop. C’est ainsi qu’il a pu gagner la confiance de ces filles et leur proposer un plan pour soutirer de l’argent à un de ses supposés parents tombé sur leur charme.

Intéressées par l’argent facile, ces jeunes filles cèdent à la tentation. Une fois le marché conclu, l’étudiant Pape Diop se présente sous la peau de ce parent, homme d’affaires que les filles sont censées ‘’dévaliser’’. Cet habitant de la banlieue pikinoise, un peu fortuné sans doute, avait l’habitude de choisir des hôtels ou auberges pour assouvir ses pulsions sur ses proies. La série prend fin le jour où il a décidé de droguer l’une de ces victimes. Cette dernière a porté plainte. Et les enquêtes de la brigade de recherche ont conduit à son arrestation, avant qu’il ne soit placé en garde à vue.

L’affaire Mbathio en est une autre assez édifiante. Photographiée nue dans plusieurs positions, les photos de la danseuse ont fini par être partagées sur les réseaux sociaux. Jugées scandaleuses, elles ont provoqué l’indignation des Sénégalais. Face au tollé, la concernée s’est excusée dans l’émission ‘’teuss’’, une semaine après l’éclatement du scandale. D’une voix tremblante, elle a présenté ses excuses d’abord à sa maman et à tous les Sénégalais, non sans déplorer l’attitude de certains qui cherchent à nuire à la vie des autres.

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