OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2023 > Juin 2023 > Coupures d’Internet en Afrique : « Il n’a jamais été prouvé que ça résolvait (…)

Coupures d’Internet en Afrique : « Il n’a jamais été prouvé que ça résolvait les problèmes de sécurité »

lundi 12 juin 2023

Portrait/Entretien

« En Afrique, la répression en toute discrétion. » C’est le titre d’une étude, la première, sur un nouveau mode de censure qui devient la norme, en Afrique : les coupures d’internet, décidées par les autorités, le Sénégal étant le dernier exemple en date. Mathieu Pourchier est responsable des programmes de Tournons la page, l’ONG qui a réalisé cette étude. Entretien.

RFI : Mathieu Pourchier, est-ce que les coupures d’Internet en Afrique résolvent vraiment les problèmes de sécurité et d’ordre public mis en avant par les États ?

Mathieu Pourchier : Il n’y a aucune donnée qui dit que ces coupures marchent. C’est la sécurité qui est mise en avant. Je prenais le cas au Niger, le cas en Guinée. Sauf que ça n’empêche ni l’activité illégale - donc les gens se sont quand même rassemblés, il y a eu des violences - et ça ne poursuit pas les coupables des soi-disant atteintes à la sécurité publique. Ça met juste en fait un rideau devant le contenu, les informations que le gouvernement veut bloquer. Elles vont toujours resurgir, après la durée de la coupure. Donc, en fait, ça va surtout retarder le problème et retarder les tensions. Pour le Niger, il y a eu, je crois, deux morts dans les violences postélectorales qui ont émergé. Parce que le fait de bloquer les informations, de bloquer la communication entre les gens, ça va radicaliser les tensions, radicaliser les volontés d’expression de la population. Il n’a jamais été prouvé que couper Internet résolvait les problèmes de sécurité et d’ordre public.

Est-ce qu’il y a moyen d’échapper à cette censure ?

Dans certains cas, il est possible d’installer sur son téléphone un VPN notamment, un système qui permet, lorsque l’Internet n’est pas coupé totalement dans le pays, de cacher son adresse IP et de la mettre dans un autre pays. Si Internet est complètement coupé, malheureusement, il n’y a pas d’autre moyen encore, à moins d’un téléphone satellite, mais c’est très compliqué, très cher à installer et bien souvent interdit par les gouvernements, sinon dans certains pays, comme au Tchad par exemple où il y a eu énormément de coupures, les gens allaient au Cameroun voisin pour avoir accès à Internet. Mais en cas de coupure totale, c’est très compliqué d’avoir accès.

Est-ce que vous voyez une mobilisation au niveau national, de la société civile, contre cette censure ? Et à l’international, est-ce qu’il y a des pressions qui s’exercent pour que les États n’utilisent plus ce mode de censure ?

Pour l’instant, il n’y a que certaines organisations qui essayent de faire une pression, notamment le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Je parlais tout à l’heure des directives pour la protection des droits numériques qui ont été adoptées par les Nations unies. Il y a très peu de volonté de pressions internationales entre États. Bien sûr, on en appelle aux États et notamment aux États qui ont des entreprises qui vont couper internet dans d’autres pays. Je prends l’exemple d’Orange qui va couper internet, bien sûr sur la demande des États, en Guinée, au Niger, en Ouganda ; les appeler, du coup, à ne pas faire ça. Et sinon, il y a bien sûr une mobilisation des organisations de la société civile et des organisations internationales qui vont travailler comme nous sur ces questions-là, notamment Internet sans frontières, notamment Access Now, le Cipesa, qui vont essayer de pousser la communauté internationale et les juridictions internationales à faire respecter les lois auprès des États qui coupent Internet.

En Afrique, comment les coupures d’Internet se répandent Selon le collectif Tournons la page, le phénomène s’est généralisé de façon inquiétante, sous prétexte de lutter contre les troubles à l’ordre public, avec 142 coupures dans 35 pays d’Afrique en dix ans. Depuis 2014, 13 des 14 États d’Afrique où le collectif Tournons la page est présent y ont eu recours. Les auteurs avouent avoir été surpris par l’ampleur et la récurrence de ces coupures d’Internet. Au Tchad, on a comptabilisé 810 jours où le réseau avait été coupé au cours de la décennie (soit plus de 2 ans au total), 248 jours au Cameroun, 59 jours en RDC. La pratique s’étend désormais au Bénin, au Gabon, en Mauritanie. Sous prétexte de lutter contre les troubles à l’ordre public, ou comme au Togo sous couvert d’accident sur les câbles sous-marins, les autorités coupent Internet au niveau régional ou national, ou alors bloquent des contenus, ou limitent la bande passante, ce qui suffit à brider l’Internet mobile : un nouveau moyen de censure, d’entrave au travail des journalistes et de restriction de l’espace civique qui, relève le rapport, occasionne une augmentation des irrégularités électorales, a de lourdes conséquences économiques - jusqu’à 24 millions de dollars de pertes par jour tous les 10 millions d’habitants - et ne fait qu’éroder davantage la confiance des populations envers leurs dirigeants.

Claire Fages

(Source : RFI, 12 juin 2023)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4244/5208 Régulation des télécoms
  • 348/5208 Télécentres/Cybercentres
  • 3920/5208 Economie numérique
  • 1973/5208 Politique nationale
  • 5167/5208 Fintech
  • 514/5208 Noms de domaine
  • 2109/5208 Produits et services
  • 1461/5208 Faits divers/Contentieux
  • 736/5208 Nouveau site web
  • 5208/5208 Infrastructures
  • 1827/5208 TIC pour l’éducation
  • 188/5208 Recherche
  • 242/5208 Projet
  • 3342/5208 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1760/5208 Sonatel/Orange
  • 1676/5208 Licences de télécommunications
  • 275/5208 Sudatel/Expresso
  • 1060/5208 Régulation des médias
  • 1308/5208 Applications
  • 1193/5208 Mouvements sociaux
  • 1679/5208 Données personnelles
  • 130/5208 Big Data/Données ouvertes
  • 599/5208 Mouvement consumériste
  • 360/5208 Médias
  • 644/5208 Appels internationaux entrants
  • 2041/5208 Formation
  • 92/5208 Logiciel libre
  • 2022/5208 Politiques africaines
  • 1158/5208 Fiscalité
  • 166/5208 Art et culture
  • 576/5208 Genre
  • 1676/5208 Point de vue
  • 994/5208 Commerce électronique
  • 1465/5208 Manifestation
  • 381/5208 Presse en ligne
  • 124/5208 Piratage
  • 205/5208 Téléservices
  • 983/5208 Biométrie/Identité numérique
  • 303/5208 Environnement/Santé
  • 402/5208 Législation/Réglementation
  • 425/5208 Gouvernance
  • 1777/5208 Portrait/Entretien
  • 146/5208 Radio
  • 781/5208 TIC pour la santé
  • 321/5208 Propriété intellectuelle
  • 60/5208 Langues/Localisation
  • 1044/5208 Médias/Réseaux sociaux
  • 1908/5208 Téléphonie
  • 191/5208 Désengagement de l’Etat
  • 1008/5208 Internet
  • 116/5208 Collectivités locales
  • 459/5208 Dédouanement électronique
  • 1137/5208 Usages et comportements
  • 1030/5208 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 557/5208 Audiovisuel
  • 3472/5208 Transformation digitale
  • 391/5208 Affaire Global Voice
  • 161/5208 Géomatique/Géolocalisation
  • 310/5208 Service universel
  • 664/5208 Sentel/Tigo
  • 179/5208 Vie politique
  • 1511/5208 Distinction/Nomination
  • 34/5208 Handicapés
  • 689/5208 Enseignement à distance
  • 677/5208 Contenus numériques
  • 585/5208 Gestion de l’ARTP
  • 178/5208 Radios communautaires
  • 1755/5208 Qualité de service
  • 424/5208 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5208 SMSI
  • 463/5208 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2751/5208 Innovation/Entreprenariat
  • 1329/5208 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5208 Internet des objets
  • 170/5208 Free Sénégal
  • 626/5208 Intelligence artificielle
  • 201/5208 Editorial
  • 23/5208 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous