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Coup de gueule

jeudi 3 avril 2008

L’éditorial de Amadou Top sur la création d’un marché unique des télécommunications en Afrique de l’ouest, publié dans le numéro de mars 2008 de Batik, pose un problème crucial, celui de savoir si l’intégration et l’harmonisation des règles au niveau des communautés régionales doit se faire au seul profit du secteur prive étranger.

Dans un domaine aussi stratégique que celui des communications, peut-on, en bonne politique, accepter que que tous les opérateurs soient des firmes étrangères, lesquelles se présentent parfois formellement sous le label de sociétés de droit national africain. Faut-il rappeler que la Grande Bretagne, sous Margaret Tatcher avait tout de même accompagne son dispositif juridique sur la privatisation par l’insertion du "golden share", c’est a dire une action spécifique permettant au gouvernement britannique, même absent ou minoritaire dans les conseils d’administration des sociétés privatisées de pouvoir s’opposer aux décisions non conformes à l’intérêt national, anglais bien compris. Aucune loi sur la privatisation, en Afrique, ne comporte une telle dispositions. On doit s’émouvoir tout de même de l’ignorance par nos gouvernants de l’intérêt national alors que celui revêt une importance primordiale dans les politiques des pays du Nord.

Le comble est surtout de préparer des cadres juridiques flexibles et harmonises alors que seul le secteur prive étranger en profite, au détriment du capital financier et humain national. Le paradoxe est de s’opposer aux Accords de partenariat économique (APE) alors que tout le secteur économique stratégique, de la distribution de l’eau et de l’électricité a la téléphonie est offert sur une plateau d’argent aux groupes étrangers. Qui parlait encore d’indépendance ou de panafricanisme ?

Professeur Moussa Samb
2 avril 2008

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