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Contrefaçon sur la billetterie électronique brevetée Oapi : Les inventeurs se mobilisent pour protéger les intérêts de Moustapha Ndiaye

mercredi 18 janvier 2017

L’invention « système de tickketing électronique informatisé pour services : transports de voyageurs et de marchandises », brevetée Oapi sous le numéro 17.225, fait l’objet d’une contrefaçon aussi bien au Sénégal qu’au Congo. L’auteur, Moustapha Ndiaye, a saisi la justice. En attendant le verdict, l’Association sénégalaise pour la promotion des innovations et des inventions (Aspi) a lancé un appel à la mobilisation pour protéger les intérêts de ce dernier.

Les inventeurs du Sénégal font bloc autour de Mouhamadou Moustapha Ndiaye. Ce dernier est l’inventeur de la billetterie électronique en cours d’utilisation dans les bus Tata au Sénégal. Mais, elle fait l’objet d’une piraterie. Il est utilisé à grande échelle au Congo. C’est un ancien collaborateur de l’auteur qui s’est associé avec un Libanais pour reproduire la billetterie électronique.

L’Association sénégalaise pour la promotion des inventions et des innovations (Aspi) a tenu, samedi, un point de presse pour dénoncer l’exploitation de la billetterie électronique par des personnes peu soucieuses du respect des droits de propriété. « La billetterie électronique de notre compatriote Moustapha Ndiaye fait l’objet d’une contrefaçon. Son invention est en cours d’utilisation par d’autres personnes. L’un de ses anciens collaborateurs l’exploite au Congo », brosse d’emblée le président de l’Aspi, Sanoussi Diakité. L’auteur a soumis l’affaire à la justice. Le tribunal ne pouvait pas lui donner l’exclusivité de la propriété, parce qu’il n’avait pas présenté un brevet. Pourtant, c’est le 22 septembre 2014 qu’il a déposé ses documents pour reconnaissance à l’Oapi.

Un cri de cœur

L’instance lui reconnaît la paternité de l’invention le 30 septembre 2015 sous le numéro 17.225. « J’ai obtenu le brevet sur l’itinéraire, les coordonnées latitudes et longitudes. C’est la billetterie où le numéro de série est généré dans le bus. Le propriétaire du bus peut avoir la position et la direction de son véhicule à n’importe quel moment. Lorsque nous avions porté plainte, le tribunal avait évoqué le fait que nous n’avions pas de brevet. Et pourtant, j’avais déjà introduit des dossiers à l’Oapi », a soutenu Mouhamadou Moustapha Ndiaye. Après la réception du brevet, il l’ajoute au dossier et l’introduit au tribunal qui devrait se prononcer le 26 décembre 2016. Entretemps, ceux qui lui ont piraté disent que son brevet n’est pas bon. Ce rebondissement a exaspéré les membres de l’Aspi. « Moustapha est victime d’un vol. Le mot n’est pas fort. Comment des personnes peuvent affirmer que le brevet de l’Oapi n’est pas bon ? Or, cette instance, avant de délivrer une reconnaissance, fait un rapport d’antériorité », clame le secrétaire général de l’Aspi, Moussa Gning. La reconnaissance d’une propriété se fait à partir de la date de dépôt auprès de l’instance.

Pour les inventeurs, la vérité finira par triompher. Mais, ils ne veulent pas que les auteurs de la contrefaçon continuent de se faire de l’argent sur le dos du propriétaire de l’œuvre. « C’est une invention d’utilité publique. Il y a plus de 2.000 bus Tata qui génèrent plus de 700.000.000 de FCfa. S’il y avait une usine, les autres pays viendront importer cet appareil au Sénégal. Ce sont des devises. Des emplois seront créés. Déjà dans son unité, Moustapha Ndiaye emploie 23 jeunes. Les pays se sont développés grâce aux inventions », répète Sanoussi Diakité.

L’implication des autorités

Le Sénégalais a contracté un prêt de 35.000.000 de FCfa pour l’acquisition des machines de dernière génération pour son unité. Il court le risque de ne pas rentabiliser son investissement puisque celui que la personne garante auprès de la banque lui a intenté un procès. Ce dernière lui réclame la somme de 100 millions de FCfa. « Tous les Sénégalais doivent se lever pour défendre Moustapha Ndiaye qui est victime de la méchanceté, d’une ingratitude. Lorsqu’on détient un brevet, on a le droit d’exclusivité pour une période de 20 ans », rappelle le secrétaire général de l’Aspi. L’association sollicite l’intervention du chef de l’Etat pour protéger les inventeurs. « Le président de la République est le protecteur des arts, nous en faisons le protecteur des inventions des Sénégalais, car il accorde une attention à leurs œuvres », a lancé Sanoussi Diakité.

Idrissa Sané

(Source : Le Soleil, 18 janvier 2017)

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