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Construction de l’arène nationale au technopole : Menace sur la connectivité dans tout le Sénégal

mardi 17 mars 2015

Le choix définitif des autorités étatiques de construire l’arène nationale au technopôle de Dakar est encore loin de clore le débat sur ce sujet.

A la suite des environnementalistes, maraichers et riverains, le RESTIC met en garde contre les conséquences de la construction de l’arène sur ce site qui concentre des nœuds de raccordement et des dorsales en fibres optiques et nœuds d’accès qui contribuent à la distribution de la connectivité sur tout le territoire national.

A travers un communiqué intitulé « Que nous restera-t-il de notre presqu’ile ? La technopole demande d’être sauvé », le Rassemblement des entreprises du secteur des technologies de l’information et de la communication (RESTIC) dénonce le choix du technopôle de Dakar pour abriter m’arène national. Pour le RESTIC, « voila que sur un coup de tète, l’Etat du Sénégal décide de d’implanter l’arène nationale au niveau du technopôle de Dakar, un espace qui nous rappelle sans équivoque la position géographique de Dakar. En plus de sa fonction économique, elle est le lieu de prédilection des NTIC au Sénégal ».

Suffisant pour que le RESTIC regrette profondément le choix de ce site pour abriter cette infrastructure sportive, sans aucune procédure de désaffection administrative de « l’assiette foncière. Aucune procédure de concertation objective préalable n’a été respectée ». Or, l’occupation du technopôle obéit à la loi n°96-36 du 31 décembre 1996 qui fait d’elle « une zone économique aménagée dont la vocation est d’accueillir des centres de recherche et d’enseignement ainsi que des entreprises développant l’innovation technologique ». L’objectif étant de « promouvoir (...) la synergie nécessaire à la création de richesse, d’emplois et d’innovations ».

Mieux, renseigne le RESTIC, « nous estimons que le site actuel du technopôle accueille des équipements techniques de dernière génération d’operateurs publics qui y ont investi des ressources importantes pour dérouler les opérations de cœur de réseau en vue de satisfaire les besoins des usagers dans les domaines de la téléphonie fixe, mobile et internet ». En plus, le site actuel « concentre des nœuds de raccordement et des dorsales en fibres optiques qui ont participé au maillage du territoire national en points de raccordement et nœuds d’accès qui contribuent à la distribution de la connectivité sur tout le territoire national ».

C’est pourquoi le RESTIC invite à une « évaluation des risques qu’induira la construction d’ouvrages en béton dans un écosystème fragile, ou des investissements déjà existants dans la perspective de positionner notre pays comme un hub dans les technologies de l’information et de la communication à un moment ou le secteur en question contribue a hauteur de 20% du PIB (Produit intérieur brut), si nous escomptons l’apport des services à valeur ajoutée telles les centres d’appel, le télétravail et le transfert d’argent et autres applications », lit-on dans le document.

Il est donc important, pour le RESTIC, de « garantir et pérenniser les acquis dans le secteur des NTIC en maintenant le site actuel du technopôle conformément à sa vocation de parc technologique et d’innovation pour capitaliser sur les équipements et réalisations qui y ont été déjà réalisés comme les centres de données et ressources et les parcs de serveurs pour le données qui constituent les pré-requis indispensables à l’émergence d’une économie numérique pourvoyeuse de productivité ; d’emplois et de valeur ajoutée ». Pour cela, il appelle à plus de concertation entre toutes les parties prenantes afin que les intérêts des uns et des autres soient pris en compte dans le respect des lois de notre pays.

Pour rappelle le gouvernement du Sénégal a décidé de construire l’arène nationale au niveau du technopôle pour un coût de 24 milliards de F Cfa. Et, pas plus tard que la semaine dernière le préfet de Guédiawaye a donné un ultimatum au occupants de quitter les lieux ce vendredi 13 mars a minuit. Suite à cela, face au refus de s’exécuter des maraichers, le samedi 14 mars, des engins ont été déployés sur place pour remblayer le site, détruisant des cultures.

Ndèye Marie Diallo Djigo

(Source : Sud Quotidien, 17 mars 2015)

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