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Comment la transformation numérique change-t-elle la profession médicale ?

samedi 1er juillet 2017

L’avenir des professionnels de la santé se présente ainsi de nos jours : un patient atteint d’asthme se réveille et regarde son smartphone qui lui dit : « Bonjour. Comment est votre respiration ? » Le patient enregistre quelques réponses qui sont envoyées à son médecin et stockées sur un serveur qui analyse les résultats et déclenche une alerte si quelque chose est anormal. Les médecins peuvent fournir un service plus personnalisé en étant capables d’analyser des informations spécifiques pour trouver des causes et déclencheurs et fournir un diagnostic précis. Ils n’ont pas besoin de parcourir physiquement des tonnes de recherches, des résultats de tests et les dossiers des patients.

Je ne suis certes pas médecin, mais j’imagine que les professionnels de la santé ont choisi ce domaine parce qu’ils veulent aider les gens et s’intéressent à la physiologie et à l’anatomie, et non pas parce qu’ils rêvent de passer en revue des masses de documents. Pourtant, pour de nombreux médecins, c’est une réalité, et se concentrer sur le patient est parfois difficile.

Les infirmières aussi croulent sous les tâches administratives et une myriade de règlementations, plutôt que de s’occuper des soins aux patients. Mais, la transformation numérique est en train de changer tout cela. Depuis des systèmes qui suivent automatiquement l’historique du patient jusqu’aux projections virtuelles, en passant par l’Adn et les dossiers médicaux, il existe de nombreux avantages au-delà de la simple réduction de la paperasse. L’Internet des objets est en train de rendre les patients plus intelligents L’essentiel de la transformation numérique dans l’espace médical est porté par l’Internet des objets ; ce qui permet aux patients d’effectuer leurs propres tests à la maison. Par exemple, l’information sur le taux de sucre dans le sang peut être transmise à une base de données via un patch détenu par un diabétique. En fait, le segment du marché des soins de santé via l’Internet des objets devrait atteindre 117 milliards de dollars d’ici à 2020 (rapport MarketResearch.com).

Un autre exemple est CellScope qui se connecte au smartphone d’un utilisateur et permet de réaliser des analyses peu coûteuses de grains de beauté, d’éruptions cutanées ou d’infection de l’oreille. Ces images sont envoyées à un médecin et stockées sur un serveur qui traite le scan, analyse et détecte des résultats anormaux. Bientôt, les patients seront en mesure d’effectuer leurs propres tests électrocardiogrammes chez eux. La plupart des maladies cardiaques ne sont identifiées qu’après avoir subi une crise cardiaque. Les personnes qui effectuent leurs propres tests ne réduisent pas seulement le coût et les obstacles pour un examen coûteux, mais vont permettre d’identifier et de prédire les épisodes avant leur apparition grâce à une technologie d’apprentissage automatique.

Au Cameroun, Cardiopad est capable d’effectuer des cardiogrammes avec une tablette. L’application Gifted Mom, multi-récompensée, rappelle aux femmes les dates essentielles pour elles et leurs enfants pendant et après la grossesse, et des médecins répondent à leurs questions en quelques minutes. Matibabu, en Ouganda, permet aux gens de diagnostiquer le paludisme en utilisant un clip digital connecté à leur smartphone. Le clip utilise la lumière et le magnétisme pour analyser la composition des globules sanguins. En Côte d’Ivoire, Pharmacy Ci géolocalise les pharmacies, vous guide jusqu’à elles, vous donne le prix des médicaments et des informations sur les assurances santé.

Au Sénégal, JokkoSanté est une plateforme de partage de médicaments qui permet aux plus démunis l’accès aux soins de santé via des récoltes et dons de médicaments. Le système contribue également à lutter contre les contrefaçons. Les donateurs reçoivent des points via leur téléphone mobile et une application gère les données récoltées qui pourront servir à l’Etat pour des études épidémiologiques.

Alors, que vont devenir les professionnels de la santé ?

Avoir toutes ces données est une chose, mais les médecins ne vont pas disparaître pour autant. En effet, on prévoit qu’il y aura un besoin de planificateurs de données médicales ou de gestionnaires de cas dont le travail consiste à comprendre les données et à assurer la liaison avec les patients. Le médecin assumera un rôle de supervision plutôt que de fournir des soins directs. Les médecins pourraient apparaître moins souvent au chevet des patients, avec des infirmières susceptibles de revenir au rôle principal de prestataires de soins. Et maintenant, les appareils intelligents peuvent rendre le travail des infirmières beaucoup plus facile. Par exemple, il y a eu un moment où l’attention constante d’une infirmière était requise pour surveiller le flux régulier d’une intraveineuse (Iv). Maintenant, les Iv sont surveillées électroniquement et les erreurs sont automatiquement envoyées à l’appareil de l’infirmière via une surveillance à distance.

Tel médecin, tel ordinateur

Certains dans le domaine suggèrent qu’une grande partie de ce qu’un médecin peut accomplir puisse être remplacée par des ordinateurs. Un médecin doit penser comme un ordinateur : analyser les informations des tests, des données sur les maladies et l’histoire du patient. Ensuite, après avoir tenu compte de tous ces facteurs, il effectue un diagnostic. Avec des capteurs permettant aux patients d’enregistrer leurs propres résultats de test et des serveurs cloud pour analyser toutes les données, les ordinateurs peuvent effectuer des diagnostics beaucoup plus rapidement.

L’avenir de la santé repose sur la notion d’Intelligence artificielle (Ia) ou la capacité des systèmes informatiques de découvrir le monde, de comprendre, d’agir et d’apprendre. Un ordinateur peut facilement analyser 5000 articles de recherches sur le diabète alors que les limitations cognitives d’un humain les empêchent de se souvenir des plus de 10.000 maladies que les humains peuvent contracter.

Déjà dans l’industrie du transport aérien, les ordinateurs sont en mesure de faire le travail d’un pilote où un jugement humain est nécessaire. Les négociants du marché utilisent des algorithmes pour prédire le marché boursier, et les voitures autonomes commencent à afficher zéro incident. Les ordinateurs peuvent et vont commencer à faire des diagnostics précis. Déjà, une étude de Lifecom a montré que les essais cliniques, avec des assistants médicaux utilisant un moteur de diagnostic, avaient une précision de 91 % sans utiliser de laboratoire, d’imagerie ou d’examens.

Nous entrons dans une nouvelle ère où les expériences numériques reflètent la façon dont les gens interagissent les uns avec les autres et nous passons d’un monde où nous devons comprendre les ordinateurs à un monde où ils nous comprennent, ainsi que notre intention, et peuvent être proactifs. Les systèmes d’intelligence transformeront, de manière endémique, la façon dont nous innovons et nous transformons pour améliorer les résultats et la manière dont nous optimisons les processus cliniques et opérationnels. Les personnes, à travers le continuum de soins de santé, sont en mesure de collaborer et d’utiliser l’apprentissage par des machines pour trouver des moyens d’améliorer les résultats pour les patients.

Cependant, les ordinateurs ne peuvent pas remplacer les nuances émotionnelles, porter un jugement et la nature complexe et intuitive impliquée dans les soins aux patients, qui vont plus loin que le traitement des données. Les médecins devront simplement améliorer leurs compétences numériques et travailler de concert avec la technologie. Déjà, l’outil principal d’un chirurgien n’est plus un couteau. Ils doivent fonctionner aux côtés de consoles informatiques et de poignets robotiques, tout en regardant un écran haute résolution.

C’est une réalité et une chose passionnante. L’avenir des soins de santé semble brillant, avec des soins intelligents, précis et accessibles qui libèrent les professionnels de la santé pour faire ce qu’ils ont prévu en premier lieu.

Simon Oouattara
Responsable secteur public, Microsoft Afrique de l’Ouest, de l’Est et centrale

(Source : Le Soleil, 1er juillet 2017)

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- Taux de pénétration des services Internet : 57,59%

(ARTP, 31 mars 2017)

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(NIC Sénégal, 21 avril 2017)

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(ARTP, 31 mars 2017)

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(Facebook Ads, août 2017)