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Comment Facebook, Google les autres auront la peau des opérateurs africains

lundi 5 mai 2014

Jadis des petites startups flexibles et capables de changer de direction au gré de l’évolution des technologies, MTN, Orange, Libertis, Tigo, Airtel, Zain, Moov etc, sont aujourd’hui des gros paquebots qui ont du mal à tourner le gouvernail et pensent souvent, à tort, qu’ils auront toujours le temps d’apercevoir l’iceberg. Devant eux, se positionnent des géants aux poches extrêmement profondes qui ont gardé l’âme jeune.

Mark Zuckerberg se balade toujours dans les couloirs de son entreprise en babouches et pull à capuche, et les Googlers Sergey Brin et Larry Page continuent de garder leur entreprise en mode Startup en imposant un modèle de travail fun et créatif.

Google, Facebook et les autres, auront la peau des opérateurs de téléphonie en Afrique.

En offrant gratuitement des services qui représentent le gagne-pain des opérateurs, ces entreprises deviennent un casse-tête que seuls les Telcos les plus créatifs pourront résoudre.

Aujourd’hui, avec une connexion 3G stable, les consommateurs africains peuvent activer des forfaits leur permettant de communiquer « gratuitement » avec leurs contacts en local ou à l’international grâce à des logiciels comme Viber, WhatsApp, Facebook Messenger, Skype ou Hangout. Ces applications sont parmi les plus téléchargées en Afrique.

Le problème principal pour les opérateurs est que des entreprises comme Google et Facebook seraient prêtes, si elles ne le font pas déjà, à offrir une grande portion des services qui représentent le gagne-pain des Telcos, presque gratuitement.

En effet, fusse via la publicité, la vente des informations de ses utilisateurs (Yes i am talking to you Mark), ou d’autres business models, plus il y a d’internautes, plus de revenus ces « startups » génèrent .

Ces gigantesques entreprises de l’Internet sont insatiables et l’Afrique, souvent oubliée, représente aujourd’hui un terrain de chasse de premier choix, avec son milliard d’habitant, son faible taux de pénétration de l’Internet, sa classe moyenne grandissante et sa jeune population.

C’est cette motivation qui les a poussé à se réunir pour connecter le monde émergent au web via les campagnes Internet.org ou via des initiatives encore plus folles comme le projet LOON de Google, qui consiste à emmener internet dans les zones les plus reculées du globe grâce à des ballons flottants dans l’atmosphère.

Si l’on peut penser que les consommateurs africains dépendent toujours des opérateurs de téléphonie qu’ils payent pour avoir accès à l’Internet, il faut savoir que ceux-ci gagnent beaucoup moins d’argent en vendant des données et que la féroce concurrence les force à constamment revoir leurs tarifs à la baisse.

En outre, les populations africaines sauront bientôt apprécier la qualité de service que les startups occidentales leur proposeront et la fiabilité des offres en comparaison au traitement souvent déplorable réservé par les opérateurs locaux qui, tels des époux trop surs d’eux, négligent souvent la qualité de la relation avec leurs clients et ne pensent à améliorer leur service que lorsqu’ils sont en perte de vitesse.

Le mobile banking, une porte de sortie qui se ferme rapidement.

Le kényan Safaricom est souvent cité comme l’exemple à suivre pour les opérateurs africains. Son produit phare Mpesa a réinventé le monde de la finance au Kenya et est en phase de tester sa formule en Europe.

Sur le reste du continent, les opérateurs qui tentent de répliquer le succès de ce service en lançant à leurs tours des offres de transfert d’argent via mobiles pourraient bientôt se retrouver en concurrence avec Facebook qui s’apprête à mettre une offre de mobile banking sur le marché.

Ainsi, si nos prévisions s’avéraient correctes, le rachat de l’application WhatsApp par Facebook aura été un coup de maître qui pourrait positionner le réseau bleu à la tête de la queue pour la domination du monde du mobile banking.

Au Kenya par exemple, Google a déjà mis la main a la pâte en lançant Bebapay, une solution de paiement pour les trajets en bus.

Même si des solutions de partenariats sont trouvées avec des géants du web, comme cela a été le cas avec le projet Link de Google en Ouganda, si les opérateurs ne se réinventent pas très vite, demain, des startups plus jeunes et plus agressives viendront jeter un peu plus de sable dans leur soupou kandja [1].

Sadibou Sow

(Source : Afrique ITnews, 5 mai 2014)

[1] Soupou Kandja : Plat sénégalais à base de Gumbo.

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante : 50 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 10 770 683 abonnés Internet

  • 10 512 647 abonnés 2G+3G+4G (97,60%)
  • 99 177 clés et box Internet (1,11%)
  • 138 743 abonnés ADSL (1,31%)
  • 17 952 abonnés bas débit (0,17%)
  • 2164 abonnés aux 4 FAI

- Liaisons louées : 22 633

- Taux de pénétration des services Internet : 68,49%

(ARTP, 31 mars 2019)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 59,80%

(Internet World Stats 31 décembre 2017)

- 4710 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 25 septembre 2018)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 307 736 abonnés
- 237 282 lignes résidentielles (77,11%)
- 70 363 lignes professionnelles (22,86%)
- 84 lignes publiques (0,03%)
- Taux de pénétration : 1,95%

(ARTP, 31 mars 2019)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 16 977 104 abonnés
- Taux de pénétration : 107,95%

(ARTP, 30 septembre 2018)

FACEBOOK

- 3 100 000 utilisateurs
- Taux de pénétration de Facebook : 32%

(Facebook Ads, décembre 2018)