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Coalition de la Déclaration Africaine des Droits et Libertés de l’Internet : Document d’opinion en réponse à la pandémie de COVID-19

vendredi 12 juin 2020

INTRODUCTION

Le présent document se fonde sur le suivi réalisé par la Coalition de la Déclaration africaine des droits et libertés de l’internet (AfDec) qui porte sur les incidences de la pandémie de COVID-19. Un certain nombre de mesures adoptées par les États et divers acteurs pertinents ont eu des répercussions directes sur la jouissance des droits en ligne. Ce document de principes conforte l’évaluation et la prise de position des membres de la Coalition en ce qui concerne la protection, la promotion et l’exercice des droits humains en ligne dans la réponse des États africains face à la pandémie de COVID-19.

La Coalition AfDec est une initiative panafricaine qui vise à promouvoir les normes des droits humains et les principes d’ouverture dans la formulation et la mise en œuvre des politiques relatives à l’internet sur le continent ; elle s’articule autour des 13 principes de la Déclaration Africaine des Droits et Libertés de l’Internet [1], ciaprès dénommée la Déclaration.

La Coalition considère que les droits et libertés de l’internet sont aujourd’hui plus importants que jamais, notamment depuis le passage des interactions en face à face à des interactions en ligne dans les communications quotidiennes des personnes, l’éducation, le commerce, les transactions et l’accès aux services de base.

Il est donc impératif que les États, les acteurs du secteur privé et les autres parties prenantes mettent en place des mesures appropriées pour garantir les droits et libertés de l’internet, et n’élaborent pas de lois, politiques ou pratiques qui les limitent indûment. La Coalition réitère l’appel du Haut commissionnaire des Nations Unies pour les droits humains que ceux-ci doivent être au cœur des décisions sur la COVID-19 [2], et insiste sur le fait que les mesures d’urgence prises pour lutter contre la pandémie ne doivent pas réprimer les droits humains [3].

Le document s’intéresse à cinq domaines fondamentaux de la Déclaration :

  • L’accès et l’accessibilité à l’internet
  • La régulation du contenu en ligne
  • Le respect de la vie privée, la surveillance et la protection des données à caractère personnel
  • L’égalité de genre et les groupes marginalisés
  • Le droit à l’information.

Les prises de position du présent document se réfèrent principalement à la Déclaration et à la Déclaration de Principes sur la Liberté d’Expression et l’Accès à l’Information en Afrique, récemment adoptée par la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (la Déclaration de la CADHP) [4].

Il a également été pris en compte le rapport d’avril 2020 du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression (Rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’expression) concernant l’exercice du droit à la liberté d’expression dans le contexte de pandémies [5].

Ces ressources fournissent une orientation pour ce qui concerne la triade des droits de l’information – la liberté d’expression, l’accès à l’information et le respect de la vie privée – et leurs interactions avec d’autres droits qui y sont associés.

Il convient de remarquer d’entrée de jeu que toute limitation envers un droit – y compris les droits à la liberté d’expression, l’accès à l’information et le respect de la vie privée – doit respecter les trois étapes du test pour établir des limitations justifiables en vertu du droit international. Selon ce test, une restriction doit être prévue par la loi, servir un but légitime et être une mesure nécessaire et proportionnée pour atteindre l’objectif visé dans une société démocratique. Il y a lieu de noter qu’en ce qui concerne toute limitation au droit à la liberté d’expression, la Déclaration de la CADPH indique que :

Les États veillent à ce que toute loi portant restriction des droits à la liberté d’expression et à l’accès à l’information :

- a. soit claire, précise, accessible et prévisible ;
- b. soit supervisée par un organisme indépendant d’une manière non-arbitraire ou discriminatoire ; et
- c. protège de manière efficace contre les abus, notamment par la reconnaissance d’un droit de recours devant des juridictions indépendantes et impartiales [6].

La Déclaration de la CADHP indique en outre que toute restriction visera un but légitime en vertu duquel elle aura pour objectif de préserver le respect des droits ou la réputation d’un tiers, ou de protéger la sécurité nationale, l’ordre public ou la santé publique [7].

Point important, pour être nécessaire et proportionnée, la restriction doit être motivée par une nécessité urgente et impérieuse qui soit réelle et suffisante ; avoir un lien direct et immédiat avec la demande et la divulgation d’informations et être le moyen le moins restrictif de réaliser le but visé ; et être de nature telle que les avantages de la protection de l’intérêt déclaré l’emportent sur les problèmes induits par la demande et la divulgation d’informations, notamment en ce qui concerne les sanctions autorisées [8].

Si ce document s’intéresse principalement aux recommandations pour les États, les régulateurs et le secteur privé, la Coalition encourage également les autres acteurs de la société civile et les activistes des droits numériques à s’engager dans le plaidoyer en faveur de ces réformes conformément à la Déclaration et aux normes en matière de droits humains.

Cliquez sur le fichier attaché ci-dessous pour consulter le doucment dans son intégralité.

[1] https://africaninternetrights.org/w...

[2] Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. (6 mars 2020). Coronavirus : les droits de l’homme doivent être au coeur des decisions, déclare Michelle Bachelet. https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents...

[3] Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. (16 mars 2020). COVID-19 : les États ne doivent pas abuser des mesures d’urgence pour réprimer les droits de l’homme – Experts de l’ONU. https:// www.ohchr.org/fr/NewsEvents/...

[4] https://www.achpr.org/fr_legalinstr...

[5] Kaye, D. (23 avril 2020). Disease pandemics and the freedom of opinion and expression : Report of the Special Rapporteur on the promotion and protection of the right to freedom of opinion and expression, A/ HRC/44/49. https://freedex.org/wp-content/blog...

[6] Principe 9(2) de la Déclaration de la CADPH.

[7] Principe 9(3) de la Déclaration de la CADPH.

[8] Principe 9(4) de la Déclaration de la CADPH.

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 13 529 883 abonnés Internet

  • 13 251 404 abonnés 2G+3G+4G (97,95%)
    • 2G : 28,14%
    • 3G : 49,01%
    • 4G : 22,05%
  • 117 023 clés et box Internet (0,86%)
  • 158 130 abonnés ADSL/Fibre (1,19%)
  • 3 325 abonnés aux 4 FAI
  • Internet fixe : 1,19%
  • Internet mobile : 98,81%

- Liaisons louées : 22 456

- Taux de pénétration des services Internet : 83,47%

(ARTP, 31 mars 2020)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 6693 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, avril 2020)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 3 opérateurs : Sonatel, Expresso et Saga Africa Holdings Limited
- 211 026 abonnés
- 169 128 lignes résidentielles (80,15%)
- 41 898 lignes professionnelles (19,85%)
- Taux de pénétration : 1,30%

(ARTP, 31 mars 2020)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 17 948 492 abonnés
- Taux de pénétration : 110,73%

(ARTP, 31 mars 2020)

FACEBOOK

- 3 408 000 utilisateurs

- Taux de pénétration de Facebook : 20,4%

(Facebook, Décembre 2019)