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Clavier en langues nationales : Lamine Thiaw, polytechnicien nationaliste

lundi 11 mars 2019

Les langues nationales font irruption dans le numérique. L’œuvre est du Professeur Lamine Thiaw, un polytechnicien, spécialiste des énergies renouvelables et fervent défenseur des langues nationales. Partons à la découverte d’un parcours qui inspire respect et considération.

Et si les TIC étaient un moyen de promotion des langues nationales ? Le Professeur Lamine Thiaw, Professeur Titulaire et Responsable du Laboratoire d’Energies Renouvelables de l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar y croit dur comme fer. Pour donner le ton, il a lui-même créé le premier clavier virtuel en langues nationales qui permet à partir d’Android, de saisir des textes dans 7 langues nationales que sont le wolof, Pulaar, seereer, mandinka, joola, manjaku et soninké.

Mais comment est né une telle idée ? Il faut remonter les racines de son concepteur pour trouver la réponse. « Quand j’allais en vacances au village, on faisait des cours en Pulaar. Donc très jeune, je savais écrire en Pulaar. Mais en 2002, j’ai assisté à un évènement où il y avait des personnalités Pulaar qui ont beaucoup fait pour la communauté. Je me suis demandé qu’est-ce que je pouvais faire pour ma culture ? En réfléchissant, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas encore un outil informatique qui reprenait la langue Pulaar, alors que c’est disponible dans d’autres langues. J’ai commencé par un logiciel d’auto formation en Pulaar, mais c’était pour les ordinateurs. Je l’ai créé en 2002. Mais je ne l’avais pas vulgarisé, même si ceux qui étaient autour de moi l’utilisaient. Je me suis dit qu’il fallait en faire un projet d’envergure qui permette d’apprendre toutes les langues nationales », se souvient-il. Aujourd’hui, avec plus de 50 000 téléchargements enregistrés, le produit fait son bonhomme de chemin.

« Il faut que les universitaires produisent en langues nationales »

Pour son concepteur, qui n’en est pas à son premier coup d’essai, l’heure est venue de promouvoir les langues nationales. Et selon lui, il appartient aux universitaires de mettre le pied à l’étrier. « Même si l’Etat voulait l’introduire dans les écoles, les outils ne sont pas encore disponibles. C’est aux universitaires de produire la science et la technologie dans ces langues. S’il n’y a pas d’outils de travail adéquat, personne ne peut utiliser les langues nationales. C’est à nous de faire les premiers efforts, en produisant dans nos langues. On n’a pas le droit aujourd’hui, pour accéder aux connaissances de passer par des langues étrangères uniquement. Ce n’est pas normal que celui qui n’est pas alphabétisé n’ait pas le droit d’acquérir des connaissances. Nos jeux d’esprit sont extraordinaires, sont africains. Ils n’attendent qu’à être valorisés et l’informatique est un puissant outil », plaide-t-il.

Un parcours de génie…

Sa mine timide, son regard fuyant…cache bien un parcours qui suscite respect et admiration. Ayant fait son cycle primaire dans la commune de Fanaye, dans le département de Podor, le Professeur Lamine Thiaw a passé toute sa vie à étudier. Après son baccalauréat série C obtenu au Lycée Limamou Laye avec la mention Assez bien, il débarque à l’Université de Dakar et tombe sur l’année blanche. Il plie bagage et se retrouve en Ukraine en 1989. En 1994 déjà, il obtient son Master en Génie Electrique : option Electromécanique à l’Institut Polytechnique de Kiev, en 1996, un DEA en Systèmes Energétiques et Contrôle de Processus à l’Université Paris XII. En 2002, il décroche sa thèse de Docteur ingénieur à l’Université Cheikh Anta Diop /Ecole Supérieure Polytechnique Dakar autour du thème « Contribution à la mise en œuvre d’outils et de méthodologies rationnelles pour le dimensionnement de systèmes d’électrification de sites isolés », avec la Mention Très honorable plus félicitations du jury…

Oumar Fédior

(Source : Le Soleil, 11 mars 2019)

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