OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2017 > Juin 2017 > Cheikh Fall : « La cyberactiviste Anna Guèye voulait assainir l’image de (…)

Cheikh Fall : « La cyberactiviste Anna Guèye voulait assainir l’image de l’Afrique »

lundi 5 juin 2017

Portrait/Entretien

Entretien. Le Sénégalais Cheikh Fall, l’un des blogueurs les plus influents du continent, revient pour Le Point Afrique sur le parcours de son amie la twitteuse citoyenne Anna Guèye, décédée le mois dernier.

Twitter a perdu une webactiviste de renom, la Sénégalaise Anna Guèye, qui s’est éteinte le 17 mai à son domicile à La Haye aux Pays-Bas. Elle s’était fait remarquer pour son engagement dans la défense des droits de l’homme au travers de ses 264 220 tweets en huit ans de présence sur la twittosphère. Née en Bretagne d’un père sénégalais et d’une mère à moitié guinéenne, elle a passé son adolescence en Éthiopie, avant de devenir traductrice free-lance. Anna Guèye participa à tous les combats 2.0. pour la démocratie en Afrique, de la crise ivoirienne en 2010 aux élections présidentielles, en passant par les répressions policières et les attaques terroristes. Véritable cheville ouvrière des contestations citoyennes sur le continent, ses 14 600 abonnés bénéficiaient d’une mine d’informations qu’elle avait pris le temps de trier et de vérifier pour ne partager que les plus pertinentes. Stakhanoviste du tweet, elle postait 90 messages par jour en moyenne, alimentant le fil d’actualité repris par tout un réseau d’internautes du continent et des diasporas. « Sans les réseaux sociaux, je ne serais pas une personne engagée », avoua-t-elle en précisant « Je suis quelqu’un d’extrêmement curieux. Ma curiosité est en partie assouvie par les traductions et les revues de blogs que je fais. » Son parcours montre la force d’une anonyme qui, à l’ère du digital, parvient à influencer le cours des événements.

Le Point Afrique : Vous rappelez-vous votre première rencontre avec Anna Guèye ?

Cheikh Fall [1] : Elle a eu lieu à La Haye aux Pays-Bas le 1er septembre 2013. J’étais invité par la famille royale à assister aux célébrations du centenaire du Palais de la paix. En voyant mes tweets sur mes activités aux Pays-Bas, Anna m’a directement contacté pour me proposer de prendre un café avec elle. Malgré mon emploi du temps assez chargé et malgré le fait qu’elle était aussi très prise par son travail, elle a bravé la pluie pour venir me voir à mon hôtel. En fait, on avait déjà été en contact et on avait collaboré sur plusieurs initiatives quatre ans avant. On est restés de 15 heures à 22 heures à faire le tour de La Haye et à parler de projets. Elle en a profité pour me faire visiter son jardin de fleurs chez elle et pour me montrer sa petite collection d’objets anciens. Sa gentillesse et sa générosité m’ont touché, mais ce qui m’a le plus marqué chez elle, c’est sa sobriété et la pudeur dans la pertinence et le professionnalisme.

Comment définiriez-vous son engagement sur Twitter ?

Anna était une personne très discrète qui ne se serait jamais engagée publiquement s’il n’y avait pas eu Internet. Twitter était pour elle une société, une famille et un bureau. Elle s’y retrouvait avec des amis et des personnes qu’elle prenait pour des collègues. Elle s’astreignait aussi à soigner son image comme si elle était dans un environnement de travail physique. Son engagement s’explique par le fait qu’elle n’a jamais voulu laisser passer sous silence les affaires ignorées, voire étouffées, par les médias classiques. Elle voulait montrer au monde entier que certains sujets méritaient d’être mis au-devant de la scène. Elle voulait aussi assainir l’image de l’Afrique à travers le traitement de l’information. Elle a été au cœur de toutes les initiatives citoyennes pour la défense des droits humains et pour les combats démocratiques.

Avez-vous un souvenir qui vous a particulièrement marqué ?

Ce que je trouvais particulièrement injuste, c’est la façon dont elle était incomprise et jugée par la twittosphère. Certains commentaires sur elle touchaient sa sensibilité et elle vivait difficilement le fait de passer pour quelqu’un de compliqué et d’anticonformiste. Elle était immergée dans l’actualité, mais avait réussi à garder un regard distant sur les événements. C’était la marque de sa singularité.

Savez-vous ce qui a poussé Anna Guèye à devenir « africtiviste » ?

Nous avons réfléchi ensemble à cette initiative que nous avons cofondée en 2015, puis elle l’a portée à bras-le-corps jusqu’à sa mort. On se parlait tous les jours. Notre dernier échange remonte à 48 heures avant son décès : nous avions parlé du projet Afrique Média CyberSécurité que nous venions de finaliser. On a préparé son lancement pour la session de la Guinée. Finalement, nous avons lancé le projet ce mardi 23 mai 2017. Il sera déployé dans dix capitales ouest-africaines et formera au total cinq cents journalistes professionnels et acteurs des médias de la société civile aux notions et outils de la cybersécurité.

Pourriez-vous expliciter votre phrase « Tu as vécu incomprise, tu es partie incomprise » ?

Anna n’a pas toujours été comprise des twittos, surtout des twittos sénégalais qu’elle considérait comme sa grande famille et qu’elle a voulu protéger pour qu’ils forment la communauté exemplaire dont les autres communautés africaines allaient s’inspirer pour des initiatives citoyennes. Ce n’est pourtant qu’après sa mort que beaucoup ont réalisé qui elle était vraiment et le travail qu’elle abattait pour la société de l’information.

Vous avez annoncé la création du prix Anna Guèye pour la liberté d’expression et le Web activiste de l’année. Pouvez-vous donner les raisons qui vous ont guidé vers ce choix ?

C’est une façon de perpétuer son travail. De continuer à aider les jeunes générations à s’inspirer de ses qualités en tant que curateur de l’information. C’est aussi une façon, pour nous africtivistes, de lui rendre hommage et de la remercier pour tout ce qu’elle a fait pour cette grande famille de citoyens engagés dans le renforcement des acquis démocratiques.

Propos recueillis par Roger Maveau

(Source : Le Point Afrique, 5 juin 2017)


[1] Cheikh Fall a été le fondateur de la plateforme Sunu 2012, qui a veillé à la régularité de l’élection présidentielle sénégalaise en s’inspirant de ce qu’avait fait dès 2008 le site Ushahidi au Kenya. L’année dernière, il a reçu de l’organisation humanitaire suédoise Diakonia un diplôme pour la consolidation démocratique en Afrique par les TIC.

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2351/2712 Régulation des télécoms
  • 177/2712 Télécentres/Cybercentres
  • 1791/2712 Economie numérique
  • 939/2712 Politique nationale
  • 2624/2712 Fintech
  • 276/2712 Noms de domaine
  • 1008/2712 Produits et services
  • 813/2712 Faits divers/Contentieux
  • 407/2712 Nouveau site web
  • 2712/2712 Infrastructures
  • 916/2712 TIC pour l’éducation
  • 99/2712 Recherche
  • 133/2712 Projet
  • 1854/2712 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 959/2712 Sonatel/Orange
  • 843/2712 Licences de télécommunications
  • 161/2712 Sudatel/Expresso
  • 539/2712 Régulation des médias
  • 713/2712 Applications
  • 583/2712 Mouvements sociaux
  • 867/2712 Données personnelles
  • 73/2712 Big Data/Données ouvertes
  • 312/2712 Mouvement consumériste
  • 183/2712 Médias
  • 342/2712 Appels internationaux entrants
  • 897/2712 Formation
  • 48/2712 Logiciel libre
  • 1135/2712 Politiques africaines
  • 517/2712 Fiscalité
  • 86/2712 Art et culture
  • 319/2712 Genre
  • 1073/2712 Point de vue
  • 535/2712 Commerce électronique
  • 771/2712 Manifestation
  • 168/2712 Presse en ligne
  • 74/2712 Piratage
  • 111/2712 Téléservices
  • 501/2712 Biométrie/Identité numérique
  • 164/2712 Environnement/Santé
  • 201/2712 Législation/Réglementation
  • 181/2712 Gouvernance
  • 933/2712 Portrait/Entretien
  • 80/2712 Radio
  • 397/2712 TIC pour la santé
  • 151/2712 Propriété intellectuelle
  • 31/2712 Langues/Localisation
  • 565/2712 Médias/Réseaux sociaux
  • 1108/2712 Téléphonie
  • 99/2712 Désengagement de l’Etat
  • 539/2712 Internet
  • 58/2712 Collectivités locales
  • 225/2712 Dédouanement électronique
  • 623/2712 Usages et comportements
  • 555/2712 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 296/2712 Audiovisuel
  • 1704/2712 Transformation digitale
  • 198/2712 Affaire Global Voice
  • 88/2712 Géomatique/Géolocalisation
  • 173/2712 Service universel
  • 346/2712 Sentel/Tigo
  • 87/2712 Vie politique
  • 843/2712 Distinction/Nomination
  • 19/2712 Handicapés
  • 371/2712 Enseignement à distance
  • 378/2712 Contenus numériques
  • 303/2712 Gestion de l’ARTP
  • 98/2712 Radios communautaires
  • 938/2712 Qualité de service
  • 229/2712 Privatisation/Libéralisation
  • 71/2712 SMSI
  • 248/2712 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1415/2712 Innovation/Entreprenariat
  • 702/2712 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 26/2712 Internet des objets
  • 93/2712 Free Sénégal
  • 398/2712 Intelligence artificielle
  • 101/2712 Editorial
  • 7/2712 Gaming/Jeux vidéos
  • 13/2712 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous