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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2007 > Septembre > Cessions de licences de téléphonie par le Ps : Cas troublants de la Sonatel (…)

Cessions de licences de téléphonie par le Ps : Cas troublants de la Sonatel et de la Sentel !

mardi 18 septembre 2007

Licences de télécommunications

En vérité, la gestion des privatisations du temps du régime du parti socialiste laissait à désirer au point que l’on se demande si Me Wade n’est pas en train de payer le prix de n’avoir pas soldé tous les comptes d’une gestion de 40 ans que le Ps lui a léguée. Voulant coûte que coûte éviter de verser dans un cycle infernal de règlements de comptes, Me Wade a préféré taire certains dossiers qui ne feraient qu’exacerber le courroux des populations s’ils étaient portés sur la place publique. Comme on peut le remarquer, chacun de ces nébuleux dossiers avaient été agités au début de l’Alternance avant de retomber aux oubliettes de peur qu’il ne fasse beaucoup de dégâts collatéraux. La cession du tiers des actions de la Sonatel à France Télécom en 1996 avait été réalisée pour 70 milliards de Fcfa seulement, alors que la valeur réelle de la boîte était estimée à 210 milliards de francs ! La Sentel cédée à 50 millions de francs Cfa reste incompréhensible pour un esprit cartésien. Autant de dossiers qu’il faudrait remuer pour que le Sénégalais moyen puisse comprendre à quoi sert un Etat.

Dès l’avènement de l’Alternance, les nouvelles autorités semblent considérer que la licence d’exploitation du réseau mobile géré par l’opérateur historique a été cédée à 0 FCfa à Alizé. Les anciennes autorités s’en défendent en déclarant que la valeur de la licence a été incluse dans les 70 milliards. Devant cet imbroglio, le nouveau gouvernement avait pris la décision de résilier le contrat le liant à la Sentel et a décidé de se pencher sur les conditions dans lesquelles Alizé exploite l’autre réseau de téléphonie mobile. Il est vrai qu’au début, le gouvernement reprochait plusieurs choses à la filiale de la société Millicom International en l’accusant de ne pas avoir respecté le contrat signé lors de l’attribution de la deuxième licence d’opérateurs de mobiles. En particulier, il lui est reproché un trop faible volume d’investissements, une couverture insuffisante des villes de l’intérieur. En outre le gouvernement se plaint d’une insuffisance d’informations techniques et financières de la part de Sentel. Pour certains observateurs, le fonds du problème demeure le prix de 50 millions payé par la Sentel en 1999. Quelle que soient les réponses fournies par les anciens responsables du régime socialiste, il reste que le dossier mérite d’être tiré au clair. La banalisation que semble suggérer Ousmane Tanor Dieng, qui prétend qu’à l’époque, il n’y avait pas de vente à proprement parler n’est qu’une fuite en avant. Devant la perplexité de l’Etat, les cas d’école ne manquent pourtant pas pour rectifier le tir et remettre le pays dans ses droits vis-à-vis des opérateurs de téléphonie. Le premier concerne le Royaume-Uni où l’on a estimé la part de l’Etat sur un produit nouveau, que constituait la troisième génération de portable, à plusieurs milliers de milliards CFA. Le deuxième exemple est celui de l’Allemagne qui a empoché pour le même produit 50 milliards de Dollars US (35000 milliards FCFA).

Et plus prés de nous, la Côte d’Ivoire vient de remettre les pendules à l’heure en réclamant 120 milliards CFA aux trois détenteurs de licences en attendant les 40 milliards du quatrième futur opérateur GSM.

Il faut que dans notre pays, on sache que l’attribution ou la vente d’une licence n’est pas une fin en soi. Il faut, comme cela se passe partout dans le monde, réactualiser une licence à chaque fois qu’un nouveau produit générateur de richesses vient s’ajouter à l’actif de cette licence. Nous pensons que l’Etat révisera les contrats des uns et des autres pour mieux protéger les intérêts de la nation.

(Source : Le Messager, 18 septembre 2007)

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