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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2007 > Septembre > Cession de la 2ème licence à Sentel : Ousmane Tanor confirme le bradage !

Cession de la 2ème licence à Sentel : Ousmane Tanor confirme le bradage !

lundi 17 septembre 2007

Sentel/Tigo

« ...Sur la licence vendue à Sentel sous le régime socialiste à 50 millions de francs Cfa, Ousmane Tanor Dieng Premier secrétaire du Ps avoue à travers les ondes de la Rfm dans l’émission dominicale « Grand Jury » :« A l’époque, il n’y avait pas vente de licence en tant que telle... Et cela se fait de façon absolument régulière avec la Direction de la Réglementation qui a examiné l’appel d’offres dans des conditions régulières sans aucune interférence du gouvernement », selon Ousmane Tanor Dieng. Pourtant, au même moment, la Mauritanie voisine avec une population beaucoup moins nombreuse, vendait une licence de téléphonie mobile à 19 milliards de francs Cfa alors que le Maroc cédait la sienne (Méditel) à plus de 600 milliards de francs Cfa ! Chose curieuse, Tanor nous parle de procédure régulière avec l’examen préalable de l’autorité de régulation. Or, l’Art a été créée le 14 décembre 2001, soit deux ans après le bradage qui aurait été paraphé par la ministre de tutelle de l’époque, Me Aïssata Tall Sall !

Le Premier secrétaire du parti socialiste Ousmane Tanor Dieng a estimé hier, dimanche 16 septembre 2007, sur les ondes de la Rfm, à l’émission « Grand Jury » pour révéler au sujet de la cession de la deuxième licence au vil prix de 50 millions de francs Cfa qu’ « il n’y avait pas vente de licence en tant que telle... Et cela se fait de façon absolument régulière avec la Direction de la Réglementation qui a examiné l’appel d’offres dans des conditions régulières sans aucune interférence du gouvernement ». A titre comparatif, pour ce qui concerne par exemple la France que ce soit Bouygues, la Côte d’Ivoire avec Ivoiris toutes ces licences n’ont pas été vendues », soutient M. Dieng. Et d’expliquer : « il faut comprendre que dans les années 1997 et 1998, le mobile était alors à ses balbutiements. C’est plus tard avec le Maroc que la vente des licences a commencé » ! Tanor ignore-t-il qu’au même moment, la Mauritanie voisine avec un marché de consommateurs beaucoup moins dense que celui du Sénégal cédait sa licence de téléphonie mobile à 19 milliards de francs Cfa ! Pour ce qui concerne le Maroc, la signature de vente de la deuxième licence était prévue dans un premier temps en décembre 1999, avant d’être reculé pour quelque quatre mois, c’est-à-dire en avril 2000.

Dès son installation, le gouvernement d’alternance a soulevé le caractère nébuleux de l’opération de cession de la deuxième licence de téléphonie mobile. Une vive polémique s’en était suivie et l’on était à deux doigts du retrait de la licence à Sentel.

Un vif débat animé par la presse rendait compte de la méfiance des Autorités de l’Alternance vis-à-vis des opérations de libéralisation initiées par le régime Ps « La SENTEL, filiale de la société Millicom International est accusée de ne pas avoir respecté le contrat signé lors de l’attribution de la deuxième licence d’opérateurs de mobiles. En particulier, il lui est reproché un trop faible volume d’investissements, une couverture insuffisante des villes de l’intérieur. En outre le gouvernement se plaint d’une insuffisance d’informations techniques et financières de la part de SENTEL. Mais selon les commentateurs, la source du problème résiderait dans le prix payé par la Sentel en 1999, donc sous le gouvernement précédent, pour l’octroi de sa licence à savoir 50 millions de Fcfa. D’autant plus que la Mauritanie voisine vient de céder une licence au prix de 19 milliards de FCFA. Le gouvernement a aussi accusé la Sentel de ne pas avoir payé les redevances dues, ce dont les responsables de ladite société se défendent.

Finalement, la licence de Sentel ainsi retirée sera revendue au bout d’une période de transition dont la durée n’est pas précisée, avec la possibilité pour Sentel-GSM de postuler pour le rachat à de nouvelles conditions. Quant à Alizé, la filiale de la Sonatel exploitant le deuxième réseau cellulaire, le gouvernement semble vouloir remettre en cause les conditions de cession du tiers des actions de la SONATEL à France Télécom en 96. A cette époque cette opération avait été réalisée pour 70 milliards de FCFA alors que la valeur totale de la SONATEL était estimée à 210 milliards. Mais depuis le changement politique, les nouvelles autorités semblent considérer que la licence d’exploitation du réseau mobile a été cédée à 0 FCFA à Alize tandis que les anciennes autorités s’en défendent en déclarant que la valeur de la licence a été incluse dans les 70 milliards. Ces dernières expliquent qu’il était prévu dès le départ que la Sonatel devait faire de la téléphonie mobile comme le notifiait le cahier des charges. A propos de la session d’une partie du capital de la Sonatel à France Télécom en 96, le quotidien Sud rapporte que le directeur des Etudes et de la Réglementation de la Poste et des Télécommunications (Drept), Cheikh Tidiane Ndiongue avait alors démissionné pour se démarquer de ce qu’il considérait comme des « entorses aux procédures », lisait-on dans la presse des années 2001/2002. Pour dire que le débat remis sur le tapis par la question orale du député Iba Der Thiam est plus que jamais d’actualité.

Bamba Ndiaye

(Source : Le Messager, 17 Septembre 2007)

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