OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2014 > Octobre > Canal + : Vincent Bolloré, l’Africain

Canal + : Vincent Bolloré, l’Africain

mardi 28 octobre 2014

Audiovisuel

La « Star Ac », « Nouvelle Star » ou « The Voice », les gamins de Douala, Bamako ou Kinshasa en raffolent ! Ils auront bientôt leur Jenifer ou leur Julien Doré. Le continent fou de musique, qui déferle dans les stades pour applaudir la star nigériane Davido ou le natif de Kinshasa Fally Ipupa, inaugure, ce 24 octobre, Island Africa Talent, son concours musical géant, diffusé dans une dizaine de pays. Les espoirs de la chanson qui se rêvent en haut de l’affiche ont été castés dans 12 Etats. Tous imprégnés des concerts planétaires vus sur YouTube, ils se défieront à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, au son du balafon et autres percussions. Une fois sur scène, devant un public chaud-bouillant, même les plus timides déploient une énergie, une présence, un charisme hors norme. « Ils jouent leur vie », résume, épaté, Romain Bilharz qui, comme directeur artistique de Stromae, C2C, Ben l’Oncle Soul ou Ayo, en a pourtant vu d’autres. Lui aussi joue gros car il produira l’album du vainqueur au sein du tout nouveau label Island Africa. Acte fondateur de la major Universal sur le continent noir. « Enfin ! », s’exclame-t-il. Pour Canal+, aussi, le 24 octobre est une date : ce « talent show » ouvre l’antenne d’A+, la chaîne panafricaine portée, ce jour-là, sur les fonts baptismaux.

Contrairement à Universal, Canal+ était déjà active avec un bouquet par satellite mariant des chaînes nationales africaines et des programmes très français et attendus (Canal, ses Guignols, son « Grand Journal », son porno ; TF1 ; M6...). Comme en témoigne ce cri du coeur, il y a quelques années, d’un ministre d’Omar Bongo : « A Libreville, on attend de pouvoir voir OMTV [la chaîne de télé de l’Olympique de Marseille, NDLR] ! » Mais A+ est d’une autre nature. Elle est pensée pour un public africain : le manioc, la banane plantin et le fruit du baobab tiennent toute leur place dans « Star Chef » tandis que les boubous colorés et les coiffures sophistiquées font le sel de « Black-amorphoses », l’émission qui relooke les femmes. Soucieuse de ne pas se conduire comme en terrain conquis et de disposer de relais utiles, A+ a proposé aux différentes chaînes nationales de diffuser « Island Africa Talent » en même temps qu’elle. Diplomate.

Electrisé par les 5,8 % de croissance

Le label musical et la chaîne A+ ont été imaginés il y a plusieurs mois. Entre-temps, un événement majeur : l’homme d’affaires Vincent Bolloré a déboulé à la tête de Vivendi, maison mère d’Universal et de Canal. Dès son premier discours de président, il a surligné la cible : « Il y a actuellement 2 milliards d’individus sur Terre qui, grâce à la hausse de leurs revenus, veulent accéder à la société d’entertainment. Ces 2 milliards de personnes sont principalement en Afrique et en Asie. » Chacun a compris que l’Afrique était devenue « le » sujet. Vincent Bolloré, avant de lorgner Vivendi, y a fait fortune avec ses ports à containers, son huile de palme, ses voies ferrées. Et n’a pas attendu la litanie des rapports soulignant le potentiel du continent qui le rendent si tendance aujourd’hui. Afroptimiste, il est électrisé par les 5,8 % de croissance, prédiction du FMI, et par l’explosion de la population francophone dans le monde qui devrait passer de 230 millions à 700 millions en 2050. Dont 85 % d’Africains. Vivendi élargit bigrement son terrain de jeu. Il n’a peut-être que 5,04 % de son capital mais trouve là le parfait instrument du « softpower », cette influence qui passe par les tubes, les séries télé, les films... Canal+, premier groupe audiovisuel français, possède 5 000 films en catalogue, et Universal, avec 30 % du marché, est le leader mondial de la musique.

1,3 million d’abonnés et déjà du résultat

A peine installé, le nouveau boss a convoqué une réunion pour tout savoir de la stratégie de Canal+ sur le continent. Longtemps, l’Afrique a été ce petit territoire abandonné à qui voulait bien s’en occuper. Le piratage au Maghreb avait douché l’enthousiasme. Aujourd’hui, c’est là-bas qu’est la réserve de croissance de Canal+. Son patron, Bertrand Meheut, a rapatrié l’Afrique dans son domaine réservé, laissant à son bras droit, Rodolphe Belmer, les activités en France, plus compliquées et incertaines. Fondus dans un chiffre global, les abonnements africains, en constante croissance, ont masqué la déformation progressive du modèle économique dans l’Hexagone. Ils sont aujourd’hui 1,3 million d’abonnés, génèrent déjà « 25 % du résultat d’exploitation », et ce n’est qu’un début car Meheut table sur « leur doublement, voire triplement très rapide ». Ils sont la clé qui permettrait à Canal+ de jouer en première division : aujourd’hui, ses fictions lui coûtent 1,1 million d’euros l’heure. Pour se hisser au standard américain et produire des séries exportables dans le monde entier, elle doit doubler la mise. « Plus d’abonnés permet évidemment d’investir davantage », explique Bertrand Meheut. A l’origine, le groupe visait la bourgeoisie et les expatriés blancs. Avant de baisser ses tarifs, il y a quatre ans, pour conquérir les classes moyennes. Hélas, son développement ne passe pas tant par le miel de ses programmes que par l’arrivée de l’électricité dans les quartiers.

D’Abidjan à Conakry

Le nom de Bolloré est-il un atout ou un repoussoir ? Pour des entreprises branchées sur le journalisme et les milieux artistiques, est-il bon d’avoir pour patron l’incarnation vivante de la Françafrique ? Une chance, A+ ne vise qu’à « divertir » les classes moyennes émergentes, et se garde bien de se lancer dans l’information. A la polémique droit-de-l’hommiste, on préfère, chez Canal+, la contemplation des réseaux décrits dans « Africafrance », le livre d’Antoine Glaser. Vincent et son cher ami de trente ans Alpha Condé, le Guinéen, si utile pour décrocher la concession du port de Conakry ; Vincent, le roi du port d’Abidjan, et Alassane Ouattara, l’Ivoirien ; Vincent qui accueille, chez lui, Blaise Compaoré, le Burkinabé... « Vincent Bolloré peut nous aider ne serait-ce que dans nos relations avec les pouvoirs publics », dit Bertrand Meheut. Un sujet brûlant et concurrentiel se profile : en juin 2015, tous les pays africains doivent passer au numérique. Et pour obtenir ces fréquences en or, les Chinois sont prêts à tout. « Le 16 juin dernier, révèle l’homme de télé Hervé Bourges, ils ont invité, à Pékin, une centaine de ministres, de directeurs de télé et de radio africains. » Figure de proue, le groupe Star Times offre de créer un bouquet de chaînes francophones ou anglophones, et se chargerait aussi, ajoute Bourges, « de déployer des émetteurs, de les faire financer par une banque chinoise en échange d’une redevance mensuelle par foyer pendant un quart de siècle : des milliards de profits en vue ! Le contrôle de l’audiovisuel africain est un enjeu économique et politique colossal ».

Véronique Groussard

(Source : Le Nouvel Observateur, 28 octobre 2014)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4494/5225 Régulation des télécoms
  • 361/5225 Télécentres/Cybercentres
  • 3418/5225 Economie numérique
  • 1791/5225 Politique nationale
  • 5160/5225 Fintech
  • 534/5225 Noms de domaine
  • 2087/5225 Produits et services
  • 1516/5225 Faits divers/Contentieux
  • 769/5225 Nouveau site web
  • 5225/5225 Infrastructures
  • 1853/5225 TIC pour l’éducation
  • 199/5225 Recherche
  • 249/5225 Projet
  • 3608/5225 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2047/5225 Sonatel/Orange
  • 1628/5225 Licences de télécommunications
  • 277/5225 Sudatel/Expresso
  • 1013/5225 Régulation des médias
  • 1311/5225 Applications
  • 1386/5225 Mouvements sociaux
  • 1918/5225 Données personnelles
  • 134/5225 Big Data/Données ouvertes
  • 615/5225 Mouvement consumériste
  • 376/5225 Médias
  • 669/5225 Appels internationaux entrants
  • 1694/5225 Formation
  • 93/5225 Logiciel libre
  • 2003/5225 Politiques africaines
  • 1010/5225 Fiscalité
  • 180/5225 Art et culture
  • 609/5225 Genre
  • 1777/5225 Point de vue
  • 1069/5225 Commerce électronique
  • 1508/5225 Manifestation
  • 333/5225 Presse en ligne
  • 131/5225 Piratage
  • 221/5225 Téléservices
  • 944/5225 Biométrie/Identité numérique
  • 311/5225 Environnement/Santé
  • 379/5225 Législation/Réglementation
  • 369/5225 Gouvernance
  • 1846/5225 Portrait/Entretien
  • 150/5225 Radio
  • 751/5225 TIC pour la santé
  • 286/5225 Propriété intellectuelle
  • 63/5225 Langues/Localisation
  • 1227/5225 Médias/Réseaux sociaux
  • 2121/5225 Téléphonie
  • 201/5225 Désengagement de l’Etat
  • 1132/5225 Internet
  • 120/5225 Collectivités locales
  • 474/5225 Dédouanement électronique
  • 1134/5225 Usages et comportements
  • 1078/5225 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 571/5225 Audiovisuel
  • 3463/5225 Transformation digitale
  • 400/5225 Affaire Global Voice
  • 170/5225 Géomatique/Géolocalisation
  • 363/5225 Service universel
  • 687/5225 Sentel/Tigo
  • 185/5225 Vie politique
  • 1565/5225 Distinction/Nomination
  • 35/5225 Handicapés
  • 711/5225 Enseignement à distance
  • 879/5225 Contenus numériques
  • 601/5225 Gestion de l’ARTP
  • 186/5225 Radios communautaires
  • 1798/5225 Qualité de service
  • 441/5225 Privatisation/Libéralisation
  • 140/5225 SMSI
  • 469/5225 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2781/5225 Innovation/Entreprenariat
  • 1520/5225 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 50/5225 Internet des objets
  • 172/5225 Free Sénégal
  • 743/5225 Intelligence artificielle
  • 209/5225 Editorial
  • 42/5225 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5225 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous