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Call centers : La “loi” Nicolas Sarkozy reportée jusqu’en 2005

samedi 16 octobre 2004

L’intention de Nicolas Sarkozy d’ôter le pain de la bouche de pays comme le Sénégal, la Tunisie ou le Maroc pourrait ne pas se réaliser. Le ministre français des Finances avait émis l’idée d’édicter une mesure qui obligerait les opérateurs des centres d’appels à décliner leur vraie identité, à indiquer le pays dans lequel ils se trouvent. Une Astou à Dakar ou une Djenab de Rabat ne devait plus pouvoir dire “ici Delphine de Paris”. Déloyauté !, avait crié Sarkozy. Comme si le service du client était plus lié à la nationalité de l’opérateur qu’à la qualité de sa prestation. Une mesure jugée “xénophobe” et qui allait emporter pour conséquence des milliers d’emplois dans les pays concernés. Il ne s’agissait, en effet, ni plus ni moins que d’un moyen détourné de lutte contre la délocalisation. Obliger les télévendeurs à annoncer leur lieu d’installation revient à créer un climat de suspicion qui allait ralentir les activités et, à la longue, aboutir à la perte de milliers d’emplois dans les call centers. En privé, Sarkozy s’en prenait d’ailleurs aux entreprises françaises qui délocalisent ainsi certaines de leurs activités, parce qu’elles ne sont pas “citoyennes”.

Au Sénégal avec Call me, Africatel Avs et autres, ce sont des milliers d’emplois que cette mesure menaçait. Le 11 octobre, à Paris, s’est tenue une réunion entre les autorités françaises et les professionnels du secteur. De sources parisiennes bien introduites, l’idée de Nicolas Sarkozy a été différée. Sur arbitrage du Premier ministre français Jean Pierre Rafarin, il a été décidé de remettre au début de l’année 2005 l’examen de cette proposition. Et comme l’on sait que d’ici-là, Nicolas Sarkozy aura quitté le gouvernement, pour aller prendre la direction de l’Ump, son parti, il est à parier que sa mesure bien à lui risque de ne pas ressortir des tiroirs de son bureau de la place Bercy, siège du ministère de l’Economie.

Il s’agit là d’un répit dont bénéficient les milliers de jeunes gens, souvent des Bac + 2 ou 3, faisant très bien leur travail, avec un salaire correct. Une source de revenus pour des centaines de familles. Et un moyen d’endiguement de l’émigration vers l’Europe. Jean Charles SARR

(Source : Wal Fadjri, 16 octobre 2004)

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