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Bourse régionale : Jusqu’où montera l’action Sonatel ?

lundi 1er octobre 2007

De 22 000 F Cfa à son introduction en bourse en 1998, la valeur de l’action Sonatel a été multipliée par 7,5 et atteint aujourd’hui 165 000 francs. Retour sur cette ascension et les enjeux qu’elle pose.

Dans quelques jours, les actionnaires de la Sonatel auront l’occasion de célébrer le neuvième anniversaire de l’introduction de leur société à la cote de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm). En effet, c’est le 2 octobre 1998 que l’action Sonatel a été inscrite à la cote de la Brvm et, depuis cette date, elle représente la valeur phare et le titre le plus prisé du marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : si la première cotation a été effectuée il y a neuf ans à 22 000 F Cfa, aujourd’hui l’action se négocie autour de 165 000 F Cfa. Certes, l’évolution du cours a suivi une courbe en dents de scie entre fin 1998 et octobre 2003, mais depuis lors, le titre Sonatel a enregistré une tendance spectaculaire à la hausse, à la suite du retour de nombreux fonds d’investissement étrangers qui avaient déserté la sous-région. C’est ainsi que la valorisation boursière de la Sonatel représente, selon les années, entre 35 % et 44 % de l’ensemble de la capitalisation de la Brvm (avec une pointe à près de 52 % en 2005) ; tandis que la valeur des transactions réalisées sur le titre ne cesse de croître, passant de 2,38 milliards de francs Cfa en 2002, à plus de 45 milliards en 2006, soit près de 85 % de tous les achats d’action à la Bourse régionale.

L’engouement des investisseurs envers l’action Sonatel s’explique sans doute par les performances de la société qui enregistre une croissance forte et régulière de tous ses indicateurs : chiffre d’affaires, bénéfice net et dividendes distribués (cf tableau 1). De quoi justifier la sélection, par le réputé cabinet Africa Investor basé à Londres, de l’opérateur historique des télécommunications pour figurer dans l’indice AI40, la sélection des 40 meilleures compagnies cotées dans neuf bourses réparties à travers le continent africain. Au 30 juin 2007, le titre Sonatel y occupait d’ailleurs la 11e place des valeurs africaines pour avoir réalisé une croissance de 29,5 % de son cours depuis le début de cette année.

Devenue plus visible du fait de son actionnariat international (de nombreux fonds d’investissement européens et américains sont présents dans le capital), l’action fait à présent l’objet d’évaluations régulières par les experts financiers. Et pour nombre de ces experts, le titre est aujourd’hui sous-évalué ! Les critères d’appréciation portent notamment sur la bonne croissance du parc téléphonique, le faible ‘price/earning ratio’ et la très forte rentabilité de l’action. Ainsi, Exotix, une autre firme londonienne d’évaluation d’entreprise encourage-t-elle, dans son bulletin de liaison du 17 août, les investisseurs à acheter le titre Sonatel car il est, selon elle, ‘sous-évalué’. Les analystes d’Exotix se fondent sur l’historique des performances de la Sonatel ainsi que sur ses récentes acquisitions de licences en Guinée et en Guinée-Bissau pour prédire d’impressionnants taux de croissance en 2007 : 49 % sur le nombre d’abonnés, 34 % sur le chiffre d’affaires consolidé et 34 % sur le résultat net.

Tableau reluisant donc pour les actionnaires de l’opérateur de téléphonie ? Il serait peu réaliste de croire que la forte croissance de la valeur de l’action va se poursuivre indéfiniment, pour plusieurs raisons. D’abord parce que le marché sénégalais, le plus solvable de la zone d’opération de la Sonatel semble arriver à maturité, avec un taux de pénétration téléphonique de l’ordre de 25 %. Ensuite, la concurrence qui s’annonce avec l’arrivée d’un nouvel opérateur universel au début de l’année prochaine laisse déjà entrevoir une baisse des prix qui pourrait impacter les bénéfices, encore que le prix payé par Sudatel pour sa licence limite ses possibilités de guerre des prix. Il faut enfin relever la forte valeur du titre qui exclura davantage les petits épargnants des transactions boursières avec des conséquences négatives sur sa liquidité.

Ibrahima Diaw

(Source : Wal Fadjri, 1er octobre 2007)

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