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Blockchain, machine à confiance ou chimère pour l’Afrique ?

jeudi 7 décembre 2017

Outil informatique créé pour développer le bitcoin, monnaie virtuelle, la blockchain permet d’envisager différentes applications adaptées aux spécificités du continent africain.

Beaucoup présentent la blockchain comme une solution miracle pour l’Afrique, celle qui fabrique la confiance, joue la transparence, démocratise, supprime les coûts de transaction… Bref, l’avancée technologique qui va permettre au continent de réaliser un bond, un leapfrog (ou saut de grenouille) à l’image de ce qui s’est passé avec la téléphonie mobile. « La blockchain est une révolution silencieuse. Elle oblige à repenser les modèles un peu partout : dans la banque, l’administration… et même dans le métro », détaille l’hebdo belge Le Vif.

Pour les non-initiés, la blockchain reste un obscur outil numérique. Pourtant, tout le monde a entendu parler du bitcoin, la monnaie virtuelle. Et bien justement, la blockchain est l’outil développé pour créer et échanger le bitcoin. Chaque transaction est inscrite dans la blockchain, qui fonctionne comme un registre public en accès libre, stockée de manière décentralisée. Les transactions sont validées en ligne sans passer par une autorité centrale : les blocs de transactions codés et authentifiés s’ajoutent les uns aux autres par ordre chronologique dans le registre numérique, formant une “blockchain”.

Peu à peu, le bitcoin se fraye un petit chemin en Afrique. Notamment au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud, la crypto-monnaie sert de base à des transferts d’argent. Déjà vivement concurrencées par les opérateurs de téléphonie mobile, qui dans le sillage du succès de Safaricom au Kenya avec le M-Pesa, développent des services de transfert d’argent via SMS, les banques s’intéressent de près aux monnaies virtuelles. La Standard Bank en Afrique du Sud expérimente une plateforme de compensation en bitcoins. De son côté, la start-up kenyane BitPesa, a développé une plateforme de paiement basée sur la blockchain de bitcoin. Elle offre ses services exclusivement aux entreprises pour effectuer des transactions, principalement à l’international.

Transparence et traçabilité

Au-delà de la création de crypto-monnaies, la blockchain offre aujourd’hui des opportunités multiples notamment grâce à la décentralisation des transactions qu’elle permet, la sécurité et la transparence qu’elle apporte. Certains parlent alors de « machine à confiance ». La blockchain peut faciliter les transferts de fonds internationaux et pallier l’inexistence ou la défaillance d’un système bancaire.

Les applications de la blockchain ne se limitent pas à la sphère financière. Elle permet par exemple de créer un cadastre virtuel. Au Ghana, un projet pilote est mené dans la ville de Kumasi (capitale de la région Ashanti) par Bitland qui compte bien déployer sa solution dans de nombreux pays africains. D’autres projets portent sur la gestion de registres d’identités, de la propriété intellectuelle…

Grâce à la traçabilité qu’elle confère, la blockchain peut être utilisée dans la lutte contre les faux médicaments, ou la traçabilité des différentes matières premières agricoles, comme le café, le cacao ou le bois, mais aussi pour des produits miniers et notamment le coltan ou les diamants. Elle peut aussi appuyer la certification des diplômes et des documents administratifs. « Nous sommes convaincus que la blockchain est un levier de croissance inédit pour l’Afrique. Dans un environnement faiblement bancarisé, où la dynamique d’innovation est exemplaire et le marché des services mobiles en pleine explosion, ce protocole informatique est une chance extraordinaire pour les Africains », s’enthousiasme Sophie Chambon, directrice RSE et conseillère Afrique chez Atos.

Des limites

Malgré toutes ces opportunités, il ne faut pas fermer les yeux sur les limites de cette technologie. Pour être déployé et bien fonctionner, cet outil doit d’abord bénéficier d’un cadre juridique approprié. À ce jour, il n’existe pas… sauf en Estonie. Les pouvoirs publics vont devoir se pencher sur le dossier. Du point de vue technique, les limites sont liées à la jeunesse de l’outil et à sa complexité technique à sa relativement faible capacité de traitement des informations. La blockchain du bitcoin peut traiter au maximum 600 000 transactions par jour, loin derrière les 24 millions traités par le réseau de transactions interbancaires Swift. En outre, le traitement de grand nombre d’informations implique un fonctionnement énergivore. « À titre d’exemple, la “blockchain” du bitcoin qui pèse aujourd’hui 78 gigaoctets consomme aux alentours de 600 mégawatts (MW) d’énergie », révèle Sciences et Avenir.

(Sources : Les Echos, 7 décembre 2017)

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