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Batik n° 139 Février 2011

lundi 28 février 2011

Bulletin d’Analyse sur les Technologies de l’Information et de la Communication
Lettre d’information électronique mensuelle publiée par OSIRIS
l’Observatoire sur les Systèmes d’Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal

n° 138 Janvier 2011


Sommaire


Éditorial
Afrique : le pouvoir est-il au bout des claviers ?
Actualités
G-Sénégal 2011
Trois sénégalais parmi les 20 meilleurs blogueurs du concours « Mondoblog »
Signature d’une convention entre le Synapse center et Microsoft
Publication des résultats 2010 de la Sonatel
Forte baisse du titre Sonatel à la BRVM
Mise en place d’un dispositif spécial par la Sonatel pour le Maouloud
Création de l’Association des éditeurs et des professionnels de la presse en ligne (APPEL)
Signature d’une convention de partenariat entre Seneweb, Ferloo et Pressafrik
Seneweb reçoit quotidiennement entre 160 et 200 000 visiteurs
La Sonatel retire sa plainte contre Serigne Ben Niang, Vice-président de Global Voice Group
Politique
Adoption du nouveau Code des télécommunications par le Sénat
Infrastructures et services
Lancement d’une offre Triple Play par la Sonatel
Signature d’une convention permettant à TFM de disposer d’un bouquet de chaînes de télé
Projets
TFM devrait prochainement offrir un bouquet de programmes payant
Rendez-vous
Conférence sur les TIC pour le développement (ICT4D) du 29 au 31 mars 2011 à Lusaka


Editorial


Afrique : le pouvoir est-il au bout des claviers ?

Les évènements qui secouent les pays arabes en ce début d’année 2011, montrent, à des degrés divers, l’importance prise par les technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les sociétés contemporaines, jusque et y compris dans les pays dans lesquels la fracture numérique est béante. Le phénomène n’est pas vraiment nouveau puisque depuis plus d’une quinzaine d’années, les TIC ont élargi le champ de la sphère publique et sont devenues un des facteurs des luttes politiques et sociales qu’elles soient pacifiques ou violentes. Dès le milieu des années 90, le mouvement zapatiste, dirigé par le sous-commandant Marcos, avait fait connaitre son combat au monde en combinant l’utilisation de liaisons satellites et d’Internet. Pour la première fois dans l’histoire, un mouvement de guérilla s’était servi systématiquement des TIC transformant du même coup le cyberespace en un nouveau champ de bataille pour les luttes populaires. Quelques années plus tard, si une première alternance démocratique fut possible au Sénégal après quarante ans de règne sans partage du parti au pouvoir depuis l’indépendance, c’est en grande partie parce que le choix des électeurs fut sécurisé par la diffusion instantanée, via le téléphone portable et les radios FM, des résultats proclamés par les commissions de dépouillement dans les bureaux de vote, empêchant ainsi les services des ministères de l’Intérieur et de la Justice de s’atteler à une leur activité favorite à savoir la cuisine des résultats électoraux en vue de leur donner le goût désiré par le Palais ... de la république ! De même en Chine, les contestataires utilisent intensément les TIC pour mobiliser et faire savoir ce qui se passe derrière la muraille de Chine à tel point que les autorités avaient amené Google à filtrer ses résultats pour en expurger les critiques contre le régime. En 2009, l’opposition iranienne a largement recouru aux téléphones portables et aux réseaux sociaux pour protester contre les fraudes à l’élection présidentielle et dénoncer la répression sanglante des manifestations. Pour mettre fin à la « Révolution Facebook », le régime de Téhéran avait d’ailleurs suspendu l’envoi de sms et pris des mesures pour interdire l’accès à Facebook, Twitter et Youtube ainsi que la réception des radios étrangères par satellite. En décembre 2010, lorsqu’a éclaté en Tunisie la « Révolution du jasmin », suite à l’immolation de Mohamed Bouazizi mais aussi aux révélations de Wikileaks sur la corruption du régime Ben Ali, l’utilisation d’Internet pour combattre le pouvoir a joué un rôle de premier plan comme souligné par les médias. Le régime égyptien d’Hosni Moubarak, lui aussi gagné par la contestation, tentera d’en tirer les leçons en bloquant l’accès à Twitter puis à Facebook avant de couper purement et simplement tout accès à Internet avec pour dégât collatéral, la perte de 90 millions de dollars pour l’économie égyptienne. Dès lors, nombreux sont ceux qui se demandent si de pareils phénomènes pourraient se produire en Afrique subsaharienne au nom du principe qui veut que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Certes pauvreté, chômage, cherté du coût de la vie, gabegie, exclusion sociale, corruption, gestion patrimoniale, élections truquées, harcèlement des médias, autoritarisme, etc. sont monnaie courante dans la plupart des pays africains et constituent autant de facteurs pouvant susciter des soulèvements populaires. Néanmoins, avec les forts taux d’analphabétisme et les faibles taux de pénétration d’Internet qui y prévalent, il est peu probable que les réseaux sociaux puissent jouer le rôle de catalyseur du mécontentement populaire. Par contre, le recours à la téléphonie mobile, dont les taux de pénétration dépasse les 50% dans nombre de pays, comme outil de mobilisation pourrait s’avérer crucial comme l’a déjà montré l’utilisation qui en a été faite par les marchands ambulants de Dakar en novembre 2007 ou par les Mozambicains dénonçant la hausse des prix de l’électricité, de l’eau, des transports et du pain en septembre 2010. Les damnés de la terre s’étant eux aussi appropriés les TIC, il ne faudrait donc pas être surpris de les voir s’en servir dans les luttes qu’ils mènent pour se libérer de l’oppression politique, économique, culturelle et sociale qui en font des citoyens de seconde zone dans leurs propres pays. Cependant, il ne faut pas oublier que les TIC, aussi puissantes soient elles, ne sont qu’un outil et que l’élément déterminant de tout processus de changement de société reste la mobilisation du mouvement politique et social sur le terrain des luttes quotidiennes et non derrière les claviers.

Olivier Sagna
Secrétaire général d’OSIRIS


Actualités


G-Sénégal 2011

Organisé par Google Africa, G-Sénégal s’est déroulé les 21 et 22 février 2011 sur le thème « Croissance locale, impact global » sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Google Africa : http://google-africa.blogspot.com/

Trois sénégalais parmi les 20 meilleurs blogueurs du concours « Mondoblog »

Trois blogueurs sénégalais, Arouna Bâ étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Ahmed Dia, étudiant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB) et Basile Niane du blogue Sénégal Médias ont été sélectionnés parmi les 20 meilleurs blogueurs du concours « Mondoblog » organisé par Radio France Internationale (RFI). Ce concours a été organisé pendant une période de six mois en partenariat avec l’École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (ESSTIC) de Yaoundé (Cameroun) et le Centre d’études des sciences et techniques de l’information(CESTI) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

RFI : http://www.rfi.fr/

Signature d’une convention entre le Synapse center et Microsoft

Le 17 février 2011 le Synapse center et Microsoft ont signé une convention visant à former et à accompagner sept cent quarante jeunes âgés entre 18 et 35 ans dans les deux prochaines années. Dans ce cadre Microsoft a remis un chèque d’un montant de 100 000 dollars, soit près de 50 millions de francs Cfa, au Synapse center.

Synapse center : http://www.synapsecenter.org/

Publication des résultats 2010 de la Sonatel

A la veille de l’assemblée générale des actionnaires convoquée pour le 6 avril 2011, la Sonatel a publié ses résultats 2010. S’agissant des services, les innovations ont été le lancement du paiement via le mobile avec Orange Money, la possibilité d’accéder à Gmail et à Facebook via le mobile, la connexion Internet prépayée avec « Pass Internet everywhere », la possibilité d’avoir une Internet prépayée combinée à l’offre « Keurgui Kheweul », la commercialisation de l’Iphone 3G et la formule « Bonus zone » permettant de bénéfice de réductions selon l’heure et l’endroit de l’appel. La téléphonie mobile a atteint les 5 089 540 abonnés en progression de 10,5% par rapport à l’année 2009 tandis que la téléphonie fixe a atteint les 282 722 abonnés en progression de 9,5% par rapport à l’année précédente. Le chiffre d’affaires 2010 s’est établi à 599 002 milliards de FCFA en progression de 6,46% par rapport à l’année 2009 mais avec un résultat net de 184 760 milliards de FCFA en baisse de 0,14% par rapport à l’année précédente. Par contre les investissements qui se sont élevés à 117 223 milliards de FCFA ont progressé de 26,27% par rapport à l’année 2009. Globalement sur l’année 2010, le titre Sonatel a progressé de 25% passant de 120 000 FCFA en décembre 2009 à 154 000 FCFA en fin décembre 2010 et le dividende brut par action devrait se situer à 14 000 FCFA contre FCFA l’année précédente.

Sonatel : http://www.sonatel.com/

Forte baisse du titre Sonatel à la BRVM

Le titre Sonatel qui avait clôturé à 164 000 FCFA le 31 janvier 2011 a connu une forte baisse au cours du mois février 2011 pour terminer à 160.000 FCFA le 14 février 2011, dernier jour où la BRVM a fonctionné avant de décider de suspendre temporairement ses activités le 15 février 2011 pour protester contre l’occupation illégale de son siège par des éléments des forces de sécurité loyales à Laurent Gbagbo en violation des dispositions des termes de l’accord de siège signé avec l’État ivoirien.

BRVM : http://www.brvm.org/

Mise en place d’un dispositif spécial par la Sonatel pour le Maouloud

A l’occasion du Maouloud, la Sonatel a pris des dispositions particulières afin d’assurer un bon écoulement du trafic téléphonique mobile. Pour ce faire, la Sonatel a déployé 228 stations de téléphonie mobile (BTS), dont 70 à titre temporaire, contre 217 BTS pour l’édition 2010. Ainsi, pour la ville de Tivaouane, ce sont 78 BTS, dont 58 BTS temporaires qui ont été installées, 54 BTS pour la ville de Kaolack et 96 BTS permanentes pour d’autres localités permettant de traiter simultanément plus de 1,600 million d’appels téléphoniques rien que sur Tivaouane, Kaolack et Touba.

Sonatel : http://www.sonatel.com/

Création de l’Association des éditeurs et des professionnels de la presse en ligne (APPEL)

L’Association des éditeurs et des professionnels de la presse en ligne du Sénégal (APPEL) a vu le jour le 12 février 2011 suite à une assemblée générale constitutive qui s’est tenue au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI). Un bureau de neuf (9) membres dirigé par Ibrahima Lissa Faye, Directeur de publication de PressAfrik.com, a été mis en place. L’APPEL s’est également dotée d’une commission « Stratégies et de développement » et d’une commission « Éthique et Déontologie ».

Signature d’une convention de partenariat entre Seneweb, Ferloo et Pressafrik

Le 9 février 2011, une convention de partenariat portant sur un échange de contenus entre le portail d’information Seneweb et les journaux en ligne Ferloo et Pressafrik a été signée. Elle vise à permettre l’échange et le partage de liens, d’article, de vidéos ou de photos entre les trois sites.

Seneweb reçoit quotidiennement entre 160 000 et 200 000 visiteurs

A l’occasion de la signature de la convention de partenariat entre Seneweb, Ferloo et Pressafrik, Sérigne Diagne, Coordonnateur général de Seneweb, a révélé que le célèbre portail d’information recevait entre 160 000 et 200 000 visiteurs par jour.

Seneweb : http://www.seneweb.com/

La Sonatel retire sa plainte contre Serigne Ben Niang, Vice-président de Global Voice Group

Le 3 février 2011, la Sonatel a retiré la plainte pour diffamation qu’elle avait déposée contre Serigne Ben Niang, Vice président de Global Voice Group, devant le tribunal correctionnel de Dakar. En conséquence de quoi, le représentant du Parquet a demandé l’application de la loi et le 17 février 2011 le juge du tribunal correctionnel de Dakar a déclaré l’action publique éteinte.


Politique


Adoption du nouveau Code des télécommunications par le Sénat

Le 14 février 2011, en procédure d’urgence, le Sénat a adopté la loi n° 2011-01 portant Code des télécommunications qui avait été votée par l’Assemblée nationale le 28 janvier 2011.


Infrastructures et services


Lancement d’une offre Triple Play par la Sonatel

Dans le courant de mois de février 2011, la Sonatel a procédé au lancement d’une offre Triple Play consistant notamment en un accès illimité vers les fixes Sonatel et des appels internationaux facturés à 25 FCFA la minute, un accès ADSL à 1 mégabit avec un modem livebox Wifi et un abonnement TV Orange à partir de 49 900 FCFA par mois. A titre comparatif, l’offre Triple play d’Orange en France est facturée à 37 euros (24 270 FCFA) pour une connexion Internet allant jusqu’à 20 mégabits, l’accès à 130 chaines de télévision et un accès illimité vers les fixes en France et 1 heure d’appel vers tous les mobiles.

Sonatel : http://www.sonatel.com/

Signature d’une convention permettant à TFM de disposer d’un bouquet de chaînes de télé

Le 17 février 2011, le Ministre de la Communication et des télécommunications, Moustapha Guirassy, et le Directeur général de la société Futurs médias, Mamadou Diop, ont signé une convention portant concession de service public de télévision privée permettant à Télé futurs médias (TFM) de disposer d’un bouquet de chaînes de télévision.


Projets


TFM devrait prochainement offrir un bouquet de programmes payant

A côté de sa chaine gratuite, TFM devrait proposer d’ici quelques mois, un bouquet payant regroupant les programmes d’autres chaînes partenaires, de télévisons locales ou étrangères. Il s’agira d’une offre de programmes à laquelle les téléspectateurs accèderont à travers un boîtier dont le prix sera communiqué ultérieurement.


Rendez-vous


Conférence sur les TIC pour le développement (ICT4D) du 29 au 31 mars 2011 à Lusaka

L’ONG américaine Catholic Relief Services (CRS) organisera une conférence sur les technologies de l’information et de la communication pour le développement (ICT4D) du 29 au 31 mars 2011 à Lusaka (Zambie).

Catholic Relief Services : http://www.crsprogramquality.org/ic...


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Contrat Creative Commons Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. (Osiris, Février 2011)

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante : 25 Gbps
- 2 FAI (Orange et Arc Informatique)
- 8 592 990 abonnés Internet

  • 8 304 319 abonnés 2G+3G (96,6%)
  • 166 539 clés Internet (1,9%)
  • 103 706 bonnés ADSL (1,2%)
  • 18 426 abonnés bas débit (0,2%)

- Taux de pénétration des services Internet : 57,59%

(ARTP, 31 mars 2017)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 50,70%

(Internet World Stats 30 juin 2016)

- 4463 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 21 avril 2017)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 288 652 abonnés
- 1 156 lignes publiques
- Taux de pénétration : 1,95%

(ARTP, 31 mars 2017)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 15 281 488 abonnés
- Taux de pénétration : 103, 25%

(ARTP, 31 mars 2017)

FACEBOOK

- 2 300 000 utilisateurs

(Internet World Stats, 30 juin 2016)