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Batik N° 25 Août 2001

vendredi 31 août 2001

Bulletin d’Analyse sur les Technologies de l’Information et de la Communication
Lettre d’information électronique mensuelle publiée par OSIRIS
l’Observatoire sur les Systèmes d’Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal
n° 25 août 2001


Sommaire


Éditorial
Fracture numérique : joindre la parole aux actes
Actualités
Parente conjointe : un nouveau site web dédié au Genre
Signature d’une convention de partenariat entre la Sonatel et le Ministère de l’Education
Lancement officiel du site web du ministère de l’Emploi
Inauguration des deux premiers Joko Clubs initiés par Youssou Ndour
Deux jeunes Sénégalais contribuent à la création d’un nouveau logiciel
Formation à Internet pour les jeunes de la caravane pour la paix et l’intégration africaine
Politique
Le Premier Ministre indique les grands axes de sa politique en matière de TIC
Infrastructures et services
Iridium envisage la possibilité de connecter 13.000 villages au téléphone
Projets
Projet d’informatisation de l’Etat civil de la municipalité de Saint-Louis
Rendez-vous
Vers la création d’une agence dédiée à l’utilisation des TIC pour le développement


Editorial


Fracture numérique : joindre la parole aux actes

Ca y est ! Depuis le 11 août dernier la Caravane du multimédia organisée par Osiris en collaboration avec Worldspace et en partenariat avec un certain nombre de sponsors locaux (La Poste, Sonatel, Sentel, Usaid, etc.) s’est ébranlée à partir de Thiès pour parcourir le Sénégal. L’objectif poursuivi est, rappelons le, de faire découvrir aux ruraux et aux habitants de villes secondaires, un échantillon significatif de ce qu’il est possible de réaliser grâce à une appropriation intelligente de ces technologies dont ils entendent le plus souvent parler quand ils n’en ignorent pas jusqu’à l’existence. Après deux semaines passées à Thiès, où plus de 3000 personnes ont pu voir des démonstrations, s’initier à la navigation sur Internet ou encore recevoir une formation à la création de pages Web, la Caravane s’est arrêtée successivement à Mboro et à Pire. Si à chacune des étapes nous avons pu constater que la mobilisation populaire était au rendez-vous et que les autorités administratives faisaient de leur mieux pour la réussite de l’opération, il est loin d’en être de même de la mobilisation de ceux qui auraient du apporter un appui à cette initiative et qui ne l’ont pas fait ou se sont contentés d’un soutien symbolique. En effet, c’est avec étonnement que nous avons constaté le nombre élevé de sponsors potentiels, entreprises de la nouvelle comme de l’ancienne économie, ambassades, administration, etc. qui se sont d’abord souciés de savoir ce que cette initiative pouvait leur apporter en retour plutôt que de s’interroger sur ce qu’elle pouvait apporter aux populations ciblées. Les uns nous ont demandé comment nous entendions gérer la cohabitation au sein de la même caravane entre des firmes qui ne se parlent pas tandis que d’autres voulaient connaître les raisons qui nous avaient poussé à nous adresser à tel ou tel sponsor. En lançant la Caravane du multimédia, que nous concevons comme une action volontariste destinée à contribuer à la lutte contre la fracture numérique, notre ambition de départ était de repérer les grandes questions sous-jacentes au déploiement et à la réceptivité de des TIC, en particulier dans les environnements sociaux les moins favorisés. Curieusement, avant le démarrage même de la caravane, nous sommes déjà en mesure de tirer certaines leçons qui s’avèreront sans doute essentielles. Premier constat majeur, nombre de secteurs qui donnent habituellement l’impression de se préoccuper des dangers engendrés par la fracture numérique se déconnectent de la question dès qu’un projet concret est soumis à leur attention Second constat, ceux qui tirent les plus gros profits du développement des TIC sont aussi ceux qui traînent le plus les pieds dès qu’il s’agit d’apporter un soutien à une initiative citoyenne et à but non lucratif. On vérifie ainsi que les modalités de la fracture numérique recouvrent parfaitement celles de la fracture sociale qui règne dans l’univers des rapports économiques. En la matière la devise semble être : « c’est aux victimes de payer ». Ainsi, afin réduire leur retard numérique, les pays du Sud doivent accepter de payer au prix fort les équipements et les licences des logiciels qui viennent des pays développés alors qu’ils assistent impuissants aux prélèvements intensifs exercés par les pays du Nord sur les maigres stocks de techniciens qu’ils ont péniblement réussis à former. Dans les pays du Sud pris individuellement le même processus se reproduit, privilégiant les nantis des zones urbaines qui accèdent à l’univers fantastique d’Internet alors que l’immense majorité des habitants des zones rurales et des quartiers défavorisés en est tenue écartée, à moins de consentir des sacrifices financiers sans commune mesure avec les ressources qui leur permettent tout juste de survivre. Bref, pour certains la fracture numérique n’est rien d’autre que la dernière expression à la mode qu’il faut savoir placer au détour d’une conversation, histoire d’avoir l’air branché. Cependant, dès lors qu’il s’agit de passer à l’acte, les réalités du marché reprennent le dessus et la réduction de la fracture numérique n’a d’intérêt que si elle permet d’augmenter les marges bénéficiaires. Les enjeux sociaux d’un tel combat sont tels qu’il est grand temps de dépasser cette vison étroite des choses et de passer du discours aux actes en s’engageant résolument à combattre cette nouvelle forme d’inégalité, faute de quoi demain la révolte des exclus ne sera pas un phénomène virtuel... Puisqu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, nous réitérons donc notre appel à tous ceux qui sont en mesure de soutenir concrètement et conséquemment cette initiative sur laquelle vous pouvez en savoir un peu plus en visitant le site de la caravane à l’adresse http://www.caravane-multimedia.sn.

Amadou Top
Président d’OSIRIS


Actualités


Parente conjointe : un nouveau site web dédié au Genre

Le 31 juillet 2001, à l’occasion de la Journée de la femme africaine, le site web "Parente conjointe : les moyens d’expression pour la justice de genre" réalisé par ENDA en partenariat avec Siggil Jigeen, avec le soutien du Centre de Recherches pour le Développement International dans le cadre du Programme Acacia, a été inauguré au Cybercafé de la Porte du Millénaire, à Dakar (Sénégal).

Parente conjointe : http://www.famafrique.org/parenteconjointe/accueil.html

Signature d’une convention de partenariat entre la Sonatel et le Ministère de l’Education

Le 31 juillet 2001, Cheikh Tidiane Mbaye, Directeur général de la Sonatel et Moustapha Sourang, Ministre de l’Education ont signé une convention qui permet aux établissements scolaires et universitaires de bénéficier de conditions préférentielles. Il s’agit notamment de :

- la gratuité de la ligne téléphonique

- la diminution de 75% des frais de communication,

- une réduction de 30% sur les abonnements Sentoo,

- la gratuité pour l’hébergement de contenus pédagogiques

- une réduction de 50% sur les liaisons spécialisées.

Sonatel : http://www.sonatel.sn/
Ministère de l’Éducation : http://www.education.gouv.sn/

Lancement officiel du site web du ministère de l’Emploi

Le 8 août 2001, à l’occasion de l’ouverture du séminaire de validation de l’étude, "Diagnostic du système d’information sur l’emploi et la formation et l’analyse des besoins en informations des utilisateurs potentiels", Yéro Déh, ministre de la Fonction publique, de l’Emploi et du Travail, a procédé au lancement officiel du site de son ministère. Grâce à ce site, il est notamment possible de s’inscrire sur la liste des demandeurs d’emploi, de consulter des offres d’emplois postées par des employeurs et de retrouver toute un série d’information relative l’information du marché de l’emploi (programmes de stages, d’insertion, de réinsertion, d’apprentissage, de formation qualifiante, etc.).

MFPET : http://www.emploi.gouv.sn/

Inauguration des deux premiers Joko Clubs initiés par Youssou Ndour

Durant le week-end du 11-12 août 2001, Youssou Ndour a inauguré les deux premiers Joko Clubs de Ngoundiane (Région de Thiès) et de la Médina (Dakar) qu’il a mis sur pied en partenariat avec Hewlett Packard. Dans sa phase pilote le réseau Joko fournira :

- un accès Internet à coût réduit aux communautés de base

- une formation (depuis l’initiation pour les analphabètes à la spécialisation en développement Web)

- un contenu local (un site web et un espace communautaire qui met l’accent sur la culture locale, permettant aux résidents de diffuser de la musique en ligne, d’annoncer des évènements locaux, de vendre leurs produits d’artisanat et de sauvegarder le folklore et les cultures traditionnelles en numérique).

Globalement, le projet Joko vise à permettre l’accès des nouvelles technologies aux communautés défavorisées et cherche à créer un modèle qui permet aux pays pauvres de participer et de bénéficier de la nouvelle économie.

Joko : http://www.joko.sn/

Deux jeunes Sénégalais contribuent à la création d’un nouveau logiciel

Deux jeunes sénégalais, Aly Wane Diène et Yakham Ben Abdel Kader Ndiaye, préparant actuellement un doctorat au Centre d’Etudes et de Recherches en Informatique Appliquée (CERIA) sous la direction du Professeur Witold Litwin, ont contribué par leurs travaux de recherche à la mise au point d’un nouveau logiciel de gestion de données. Permettant la gestion de ce que l’on appelle les structures de données distribuées et scalables (sdds), ce logiciel dénommé SDDS-2000 V 1.0 permet d’optimiser l’utilisation de la mémoire vive des l’ordinateurs ce qui est particulièrement important lorsqu’ils sont interconnectés pour former un multi-ordinateur capable d’exécuter des traitements distribués et parallèles.

SDDS-2000 : http://ceria.dauphine.fr/SDDS-2000/SDDS-2000.HTM

Formation à Internet pour les jeunes de la caravane pour la paix et l’intégration africaine

Du 6 au 2 août 2001, Ynternet.org a organisé en partenariat avec l’Unesco, une formation à Internet pour les jeunes de la caravane pour la paix et l’intégration africaine. Cette formation, qui s’est déroulée dans les locaux du Campus numérique francophone de Dakar de l’Agence universitaire de la Francophonie et qui était assurée par l’équipe d’Ynternet.org Sénégal, a concerné deux cent jeunes agés de 18 à 30 ans originaires participants du Bénin, du Burkina Faso, de Gambie, de Guinée Bissau, du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo. Les participants ont été formés à la création d’une identité virtuelle sur Internet, via la création d’une adresse électronique, d’une page web personnelle et d’une page relative à leur organisation.

Ynternet.org : http://www.ynternet.org/
Coopération suisse : http://www.cooperation.net/


Politique


Le Premier Ministre indique les grands axes de sa politique en matière de TIC

Création d’une agence chargée de la régulation des télécommunications, de la gestion et du contrôle des fréquences et de la défense des intérêts des usagers, respect des accords contenus dans le cahier des charges et la convention de concession avec la SONATEL lui accordant le monopole sur la téléphonie fixe jusqu’à la fin 2003, adoption de nouvelles dispositions visant à favoriser l’augmentation des investissements privés pour permettre la multiplication des accès au téléphone en zone rurale et à l’Internet, ouverture à la concurrence de l’accès à Internet sur la base de conditions d’éligibilité qui seront bientôt rendues publiques, sans oublier la réaffirmation de la volonté de l’Etat de privilégier la satisfaction de l’intérêt général de la Nation dans le but de remplir ses missions et devoirs de service public, telles sont les grands axes de la politique en matière de télécommunications et de technologies de l’information énoncés par le Premier Ministre, Mame Madior Boye, à l’occasion de son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale le 1er août 2001.

Extrait du discours relatif à la politique en matière de TIC : cliquez ici


Infrastructures et services


Iridium envisage la possibilité de connecter 13.000 villages au téléphone

Suite à la visite d’Aboulaye Wade aux Etats-Unis, une délégation d’investisseurs américains a séjourné au Sénégal du 31 juillet au 3 août 2001. Parmi ceux-ci figuraient Tyrone Brown, Vice-Président d’Iridium Satellite LLC, dont la société de téléphonie mobile a fait une démonstration des technologies qu’elle peut mettre en oeuvre pour développer la téléphonie rurale, dans le village de Toglou, localité située à une cinquantaine de kilomètres de Dakar. A l’heure actuelle, un millier de village sont connectés au réseau filaire de la Sonatel au rythme d’une centaine de villages par an. Avec des coûts de connexion tournant autour de 225.000 FCFa (300 $ US), Iridium envisage de lancer une phase-test qui devrait cibler un millier de villages avec pour objectif ultime d’en connecter près de 13.000.

Iridium : http://www.iridium.com/


Projets


Projet d’informatisation de l’Etat civil de la municipalité de Saint-Louis

Grâce à une subvention de 500 millions de FCFA octroyée par l’Association Internationale des Maires et Responsables des Capitales et Métropoles partiellement ou entièrement Francophones (AIMF) à la ville de Saint louis pour la réalisation de divers projets, le centre principal d’état civil de la capitale de la région du Fleuve devrait bientôt être informatisé. Ce projet qui sera mené à bien avec l’assistance d’experts de la commune de Dakar devrait permettre d’une part une meilleure conservation des archives de l’état civil et d’autre part une fourniture plus efficace et plus rapide des pièces d’état civil aux usagers.

AIMF : http://www.aimf.asso.fr/


Rendez-vous


Vers la création d’une agence dédiée à l’utilisation des TIC pour le développement

Le Lebanse Center for Policy Studies (Liban) en collaboration avec le Centre for Global Studies de l’Université de Victoria (Canada) organisera les 11 et 12 septembre à Beyrouth (Liban) un atelier consultatif international ayant pour objet de discuter du projet de création d’une nouvelle agence internationale spécialisée, provisoirement appelée Digital Initiative for Development Agency (DID). Si la proposition est retenue, cette nouvelle structure aurait pour but de promouvoir les meilleurs idées, politiques et programmes visant à renforcer l’utilisation efficace et des technologies de l’information et de la communication pour le développement durable. Cette agence devrait être un point focal international destiné à promouvoir la convergence des efforts menés par les organismes internationaux, le secteur privé, les organisations de la société civile et les gouvernements pour réduire la fracture numérique.

LCPS : http://www.lcps-lebanon.org/
University of Victoria : http://www.uvic.ca/


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Copyright © Osiris, août 2001


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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante : 25 Gbps
- 2 FAI (Orange et Arc Informatique)
- 8 592 990 abonnés Internet

  • 8 304 319 abonnés 2G+3G (96,6%)
  • 166 539 clés Internet (1,9%)
  • 103 706 bonnés ADSL (1,2%)
  • 18 426 abonnés bas débit (0,2%)

- Taux de pénétration des services Internet : 57,59%

(ARTP, 31 mars 2017)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 50,70%

(Internet World Stats 30 juin 2016)

- 4463 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 21 avril 2017)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 288 652 abonnés
- 1 156 lignes publiques
- Taux de pénétration : 1,95%

(ARTP, 31 mars 2017)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 15 281 488 abonnés
- Taux de pénétration : 103, 25%

(ARTP, 31 mars 2017)

FACEBOOK

- 2 300 000 utilisateurs

(Internet World Stats, 30 juin 2016)