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Augmentation du taux de la RUTEL qui passe de 2 A 5% : L’Etat pressure encore les consommateurs

jeudi 14 octobre 2010

Saignés à blanc par un régime financièrement insatiable et un quotidien de plus en plus morose marqué par un renchérissement continu et généralisé du coût de la vie, les Sénégalais ne sont pas encore au bout de leurs peines. L’Etat vient de leur administrer le dernier coup de semonce en portant la Redevance sur l’accès ou l’utilisation du réseau des télécommunications (Rutel) qui était de 2% à 5%. La loi qui a été votée à l’Assemblée nationale va entrer en vigueur dès demain, vendredi 15 octobre.

« Sentel GSM, Expresso Sénégal et Sonatel informent leur aimable clientèle que, suite à une modification de la loi N° 2008-46 du 03 septembre 2008 en son article 4, la redevance sur l’accès ou l’utilisation du réseau des télécommunications « RUTEL », dont le taux était initialement fixé à deux pour cent (2%) du montant de la valeur Hors Taxe (ou HT) de la prestation payée par le client, est passée à cinq pour cent (5%). Elle sera appliquée et collectée par les 3 opérateurs à partir du 15 octobre 2010 pour le compte de l’Etat du Sénégal », renseigne un communiqué de presse payant inséré dans de nombreuses parutions de ce jour. De 2%, le taux de la Rutel va donc passer à 5%, et ce dès demain, vendredi 15 octobre 2010.

Momar Ndao : « L’Etat gagnera entre 30 et 35 milliards de francs Cfa par an »

Ce qui va constituer un énième coup dur pour le pauvre consommateur qui ne sait plus où donner de la tête devant l’inflation galopante à laquelle il ne cesse de faire face depuis plusieurs années. Mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’est l’Etat qui va se frotter les mains au moment où les populations trinquent à chaque fois qu’elles émettent un coup de fil, et pour cause. Si l’on en croit le président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), Momar Ndao, le prélèvement de la Rutel va permettre à l’Etat d’empocher un joli pactole qui tournera autour de 30 à 35 milliards de francs Cfa par an, soit 2 à 3 milliards par mois. « D’après les investigations que nous avons menées lors de l’instauration de la première Rutel dont le taux était de 2%, l’Etat engrangeait entre 12 et 16 milliards de francs Cfa », indique le patron de l’Ascosen.

« Il est plus judicieux de troquer la Rutel contre les taxes sur les appels entrants »

Pour Momar Ndao, foncièrement opposé à l’institution de la Rutel, « les problèmes de trésorerie » auxquels sont confrontées les autorités étatiques sont à l’origine du prélèvement de cette taxe. Et dans l’optique d’apporter des solutions aux difficultés évoquées, il juge plus judicieux de troquer la Rutel contre les taxes sur les appels entrants. « Ceux qui vivent à l’étranger ont plus de possibilités que ceux qui sont restés au Sénégal, donc ils supportent mieux certaines augmentations », déclare M.Ndao.

Mamadou Aïdara Diop : « Sonatel, à elle seule, va ristourner entre 12 et 14 milliards de Cfa par an à l’Etat »

Responsable de l’ intersyndicale de la Sonatel, Mamadou Aïdara Diop qui s’est toujours élevé contre l’instauration de la Rutel chiffre entre 12 et 14 milliards les fonds que va annuellement engranger l’Etat à travers un seul opérateur : Sonatel. Il trouve très incompréhensible la démarche de l’Etat. Laquelle démarche consiste à renoncer aux 15 milliards de la Sonatel en baissant l’impôt sur les sociétés qui est passé de 33% à 25% et au même moment se mettre à saigner le consommateur. « La démarche est vraiment contradictoire. Au lieu d’insister pour que les opérateurs consolident la tendance baissière dans le secteur des communications, on s’emploie à asphyxier davantage le consommateur suffisamment pressuré », se désole Mamadou Aïdara Diop. Ce dernier assure avoir reçu l’information selon laquelle l’argent généré par la Rutel servira à alimenter le fonds de solidarité à l’audiovisuel et à la presse. « Cette explication ne tient pas la route ; elle relève d’une pure démagogie parce que la presse bénéficie déjà d’une subvention votée par l’Assemblée nationale », estime le syndicaliste de la Sonatel, qui n’a jamais fait mystère de son aversion contre la Rutel. A noter que la Rutel n’a rien à voir avec la Tva (18%).

Hawa Bousso

(Source : L’As, 14 octobre 2010)

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