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Après l’or noir, place à l’or numérique

mardi 1er août 2017

Point de vue

Nous vivons dans un monde de plus en plus connecté et la rapidité à laquelle la technologie évolue impacte toujours un peu plus nos environnements tant professionnels que personnels. Les technologies de l’information et de la communication combinées à l’Internet à haute vitesse et aux capacités de stockage sans cesse grandissantes nous plongent dans une ère ou la donnée prend une importance capitale. Au point de devenir selon de nombreux spécialistes le nouveau pétrole.

Il n’y a qu’à consulter le classement des entreprises par capitalisation boursière année après année pour comprendre cette analogie et voir que les compagnies pétrolières qui jadis caracolaient en tête ont été détrônées par les compagnies « Tech » en moins de 20 ans. En 2016, les cinq compagnies ayant les plus grandes capitalisations boursières sont Apple, Alphabet (la maison mère de Google), Microsoft, Amazon et Facebook. Toutes ces entreprises ont la particularité de baser leurs modèles économiques sur l’innovation, la connaissance et les brevets, avec la donnée comme élément central.

Tel que mentionné dans un précédent article (cf. : l’infobésité, c’est grave docteur ?), la masse d’information dont nous avons accès ne cesse d’augmenter donnant naissance au phénomène du Big Data que l’on définit à travers l’appellation commune des 5V que sont le volume, la vitesse, la variété, la valeur et la véracité.Les données sont partout et leur volume ne cesse d’augmenter considérablement jour après jour.

L’arrivée du Web 2.0 transformant tous les internautes en créateurs de contenus, ainsi que les débuts de l’Internet des objets faisant également de chaque objet connecté un créateur de données, expliquent en partie les chiffres vertigineux de ce phénomène. Nous créons de nos jours 2.5 trillions d’octets par jour. Et selon les prévisions, un total de 44 zettabytes (ZB), soit l’équivalent de 44 milliards de téraoctet [1] si sera créé d’ici 2020.

La capacité de stockage de moins en moins coûteuse et de plus en plus performante avec le cloud participe à la croissance de ce phénomène. Il nous est aujourd’hui possible de stocker l’équivalent d’une bibliothèque entière sur un support aussi petit qu’une clé USB.

La donnée est au centre de toutes nos activités et la gestion de cette masse de données ouvre de nombreuses perspectives à tous les niveaux et dans tous les domaines. Par exemple pour réduire la consommation énergétique des trains, Général électrique (GE) a développé un système de freinage qui fonctionne en calculant la vitesse du train, les conditions météorologiques ainsi que les données GPS.

Un autre exemple que nous pouvons citer est celui de la ville de Los Angeles qui a réussi à réduire la pollution et à optimiser la circulation des automobiles en plaçant des capteurs à chaque coin de rue reliés aux 4500 feux rouges que compte la ville. Le Big data permet également d’accélérer les recherches en sciences. La cartographie en 3D du cerveau permet par exemple des avancées significatives en neurosciences.

Les exemples sont nombreux. Cependant, malgré ses nombreux avantages, le Big data pose également un certain nombre de problématiques.

Certaines applications de nos téléphones intelligents enregistrent jusqu’à 10 000 fois par jour notre géolocalisation, Facebook conserve plus de 1 200 pages de données sur chaque individu et un simple tweet contient jusqu’à environ 150 métadonnées. La collecte de l’ensemble de ces informations personnelles soulève évidemment des questions légitimes sur notre vie privée et peut éventuellement présenter des dangers pour nos libertés. Depuis les révélations d’un certain Edward Snowden, il y a de quoi soulever des inquiétudes.

À cela, nous pouvons ajouter la problématique de la sécurité ainsi que celle de la souveraineté numérique. En effet, la domination des États-Unis dans le domaine du numérique avec Google, Apple, Facebook et Apple en tête leur permet de contrôler une bonne partie des données de la planète. Rares sont ceux qui n’utilisent pas Google pour leur recherche, Gmail pour leur courriel,
Facebook pour socialiser, Amazon pour leur achat en ligne etc. Toutes les données nécessaires à l’utilisation de ces services transitent et sont stockés dans des centres de données implantés en général sur le territoire américain et sous le coup du « Patriot Act ».

La donnée étant stratégique, la maîtrise, le contrôle et la valorisation de cette dernière deviennent dès lors primordial pour tout État ou entreprise. Là où les ressources naturelles telles que le pétrole s’épuisent, les ressources numériques quant à elles ne cessent de croitre de manière exponentielle. Dans ce contexte ou de nombreux pays préparent déjà l’après-pétrole, il est important de développer des stratégies pour faire du numérique un vrai moteur de croissance. Pour cela, il faudra bien évidemment prendre en considération entre autres les nombreuses problématiques que le Big Data pose, mais également et surtout miser sur l’éducation et la formation aux nouvelles compétences numériques et notamment analytiques, au-delà des problèmes d’infrastructures, de connectivité et d’accès à Internet.

Oumar Watt
Gestionnaire GI/TI.

(Source : Social Net Link, 1er août 2017)


[1] Pour information, un téraoctet est l’équivalent de 1 600 000 livres.

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