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Anne Rachelle Inne, directrice Icann des relations avec l’Afrique : « Un historique justifie le peu d’Africains dans la Gouvernance mondiale de l’Internet »

jeudi 27 octobre 2011

Elle s’occupe de tout ce que fait Icann en relations avec le continent africain. Anne-Rachelle Inné, originaire du Niger, est avec le Malien Abba Diakité, les deux Africains membres du personnel administratif du Comité exécutif d’Icann. Présente à Dakar, déjà à la table-ronde des ministres et experts africains en Tic, Anne-Rachelle Inné, Directrice pour l’Icann des Relations avec l’Afrique, raconte son intégration de l’instance mondiale de Gouvernance de l’Internet, où il y a peu d’Africains.

Comment avez-vous fait pour intégrer les instances de l’Icann ?

C’est en tant qu’expert et consultante africaine des Tic que j’assistais aux premières réunions de l’Icann. A l’époque, les experts africains qui y assistaient ont pensé à mettre en place des choses comme le registre Internet régional. Parce qu’il fallait justement qu’au niveau des adresses IP, que l’Afrique devienne indépendante. Il fallait aider les opérateurs de réseaux à être « opérationnels », parce que l’Internet arrivait.

Il fallait que nous mettions en place une association pour les noms de code de pays, pour être sûrs qu’ils s’entraident entre eux et arriver à faire quelque chose de viable. Au niveau de l’Afrique, il fallait convaincre les Gouvernements que l’Internet arrive et que c’est un médium comme les autres. Et qu’il fallait que l’Internet de demain soit également celui des Africains. Voilà, c’est parti comme ça, avec l’aide notamment de l’Organisation internationale de la Francophonie et d’autres organismes qui ont permis aux experts africains d’être présents au niveau de l’Icann, de ses instances, etc. Donc, depuis 1996, j’assistais aux rencontres et j’ai connu les pères et l’organisme qui gèrent l’Internet et j’ai intégré les instances de l’Icann depuis neuf ans...

Quels est vôtre rôle comme Directrice pour Icann chargée des Relations avec l’Afrique ?

Je vais dans les Etats briefer les gouvernements, la société civile ; je passe dans les universités du continent pour leur expliquer ce qu’est Internet, comment il a été mis en place, géré, etc. Et, de l’autre côté, au niveau de l’Icann, je ramène les préoccupations africaines. Comme vous l’avez remarqué et entendu, nous avons participé à la conférence ministérielle qui s’est tenue, ici, à Dakar. Et nous ramenons les préoccupations au niveau des instances de Gouvernance de l’Internet, notamment Icann.

Il se dit qu’il y a peu d’Africains dans l’instance mondiale de la Gouvernance d’Internet...

Ce n’est pas qu’il y a peu d’Africains. C’est vrai que par rapport au nombre d’Africains, on est aujourd’hui un continent d’un milliard de personnes... D’accord ! Nous avons 120 millions d’utilisateurs d’Internet, aujourd’hui en Afrique. Ce qui représente à peu près 5,7 % des utilisateurs à travers le monde. C’est très peu ! Il y a eu un historique qui est là pour justifier qu’on soit si peu nombreux dans les instances de la Gouvernance mondiale de l’Internet. C’est que nous n’avions pas une bonne connectivité. Nous n’avions pas les câbles qu’il fallait pour une bonne connectivité. Quand vous avez la connectivité aujourd’hui, même avec des bandes passantes un peu plus grosses, vous avez des prix absolument aberrant par rapport au marché local. Je ne sais pas pour vous, le Sénégal, mais au Niger, je ne vois pas une personne qui peut se payer une liaison A 512. Parce que pour cela, il faut payer tout simplement 40.000 FCfa. C’est pareil pour les pays de l’Afrique, enclavés et loin de la côte, qui ont le même souci pour tirer le câble vers chez eux... Le cas des licences, à gauche, à droite, etc. Pour tout opérateur qui voudrait venir dans l’hinterland les pays enclavés, ce n’est pas du tout aisé. Parce qu’ils sont soumis à des conditions réglementaires et financières tellement chères que quand les opérateurs arrivent au Niger, la connectivité est une fois trop chère pour le commun des mortels.

Donc ce sont des choses qu’on a relevé au niveau de la réunion ministérielle à Dakar. Et le Nepad sait qu’il va falloir absolument prendre cela en compte et travailler là-dessus. Aux décisionnaires africains de savoir ce qu’il faut mettre en place en termes d’environnement pour que l’Internet soit, comme on dit, pour tout le monde...

Propos recueillis par Omar Diouf

(Source : Le soleil, 27 octobre 2011)

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