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Accueil > Ressources > Points de vue > 2012 > Alternance 2.0 au Sénégal

Alternance 2.0 au Sénégal

mercredi 28 mars 2012

Point de vue

Le Sénégal a vécu ce 25 mars 2012 sa seconde alternance démocratique. Il faut éviter d’ être péremptoire en affirmant que les réseaux et les médias sociaux ont fortement contribué à sa survenance, mais force est de constater que l’esprit et la pratique du web social auront traversé cette élection présidentielle 2012 au Sénégal.

Ainsi, en attendant la publication du billet liminaire de ce biblioblog (Openlib.sn), je me prononce dans ce post, qui n’est rien d’autre qu’un bavardage au clavier au sens québécois du terme clavardage, sur la place qu’ont occupée les réseaux et médias sociaux dans le processus ayant abouti à cette seconde alternance démocratique au Sénégal, plutôt que de m’appesantir sur le panorama des réseaux et médias sociaux, leurs différences et l’impact éventuel de leur utilisation dans des élections. Ces aspects ont d’ailleurs été bien traités (à mon avis) par Aboubacar Sadikh Ndiaye, l’auteur du livre blanc « Présidentielles 2.0 », et qui a donné la parole à des experts
A l’image des organisations de la société civile qui ont appelé les acteurs politiques au respect des valeurs républicaines, et les populations à se tenir debout et à veiller, certains acteurs de la blogosphère sénégalaise ont lancé un appel aux citoyens à se comporter comme des E-observateurs du processus électoral à travers les réseaux et médias sociaux.

Certes, tous les électeurs sénégalais ne sont pas des internautes, mais la communauté web nationale a été très active. Les usagers de la toile se sont approprié les nouvelles fonctionnalités web pour se positionner comme des veilleurs. L’e-citoyen sénégalais s’est transformé en Big brother 2.0 pour partager sur son profil Facebook, sur son compte Twitter ou dans des espaces dédiés ses photos ou vidéos prises avec son smartphone, suggérer des liens ou poster des commentaires relatifs à l’élection présidentielle 2012.

Pour profiter de l’interactivité de ces ‘’journalistes amateurs’’, capables de remonter une anomalie, ou révéler une information à travers ces médias sociaux, même les télévisions nationales et internationales engagées dans la couverture de ces élections n’ont pas manqué de suivre cette longue traine (@2stvsenegal, @TFM ,...). Des hashtags ont même été proposés pour une interaction avec les invités des émissions en direct. Pour d’autres, l’intervention s’est faite à travers des plateformes de partage telles ‘’ les citoyens ont la parole", un projet de journalisme participatif porté par les Observateurs de France 24 et l’Atelier des médias de RFI avec des blogueurs volontaires ou encore via Sénégal 2012 ; Parole aux sénégalais ou Sama Baatinitiatives prises par des sénégalais.

Même les organisations de la société civile s’y sont mises. Le Mouvement des forces vives du 23 juin 2011 (M23) a créé son espace et le mouvement Y’en a marre engagé dans le combat citoyen a mis en place sa page Facebook avec plus de 13 000 clics sur le bouton ‘’j’aime’’ combinée à un profil Twitter.

La communauté des blogueurs sénégalais a été au premier plan de cette bataille en ligne pour des élections libres et transparentes mais aussi pour une forte mobilisation citoyenne. La plateforme Sunu2012 a été une réussite notable dans ce domaine. Son hashtag #sunu2012 , de même que d’autres comme #kebetu ont été des « passages »’ incontournables pour les milliers de tweets partagés par les usagers de cette plateforme du micro-blogging.

Les deux coalitions en lice pour le fauteuil présidentiel n’ont pas été en reste dans la bataille à travers les médias sociaux. Déjà, à quarante huit heures du second tour de l’éledction présidentielle, le candidat de la coalition victorieuse Benno Bok Yaakar (ensemble pour un espoir commun) partait largement favori en gagnant à la ‘’clic-ométrie’’ sur le bouton ‘’j’aime’’ de Facebook et au vu des résultats d’un sondage publié sur le profil de sunu Sénégal.

Mais ne faudrait-il pas, pour autant, relativiser l’impact des médias sociaux sur le processus électoral même si l’Internet mobile a fortement progressé au Sénégal, car comme l’écrivait Olivier Sagna, l’éditorialiste du Bulletin d’analyse sur les technologies de l’information et de la communication (BATIK), la Lettre d’information électronique mensuelle publiée par OSIRIS « Globalement, le taux de pénétration des services Internet dans la société sénégalaise reste cependant encore très faible puisqu’il ne concerne que 2,8% de la population même si en termes d’utilisation, l’Union internationale des télécommunications (UIT) évalue le taux de pénétration d’Internet à 15,7% de la population. 2011 restera donc dans les annales comme l’année où l’Internet mobile s’est imposé comme le moyen d’accès privilégié à Internet. » écrit.

En tout état de cause, force est de reconnaitre que le web social aura été au cœur de cette alternance 2.0 au Sénégal qui consacre la fin d’un cycle de leaders pour ouvrir l’ère des leaders appartenant aux générations post-indépendance, peut être pour une gouvernance 2.0 au service du Nouveau type de sénégalais (NTS) que le mouvement « Y’en a marre »’ appelle de tous ses vœux, et qui sera certainement un Sénégalais 2.0.

Mandiaye Ndiaye

(Source : Openlib, 28 mars 2012)

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