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Agenda numérique africain : l’équation des moyens

dimanche 31 janvier 2010

Le quatorzième Sommet de l’Union africaine (UA), qui s’est déroulé sur le thème principal, « Les Technologies de l’information et de la communication en Afrique : Défis et perspectives pour le développement » du 25 janvier au 2 février 2010 à Addis-Abeba (Ethiopie) a érigé les TIC au rang de « secteur hautement prioritaire » et a demandé à la Commission de l’Union africaine (CUA) d’élaborer un agenda numérique africain. Il faut se réjouir de cette décision car depuis la publication par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) de l’Initiative Société africaine à l’ère de l’Information (AISI) en 1996, aucun document de stratégie n’avait été élaboré à l’échelle africaine. Certes depuis cette date, des stratégies TIC ont été élaborées par nombre de pays et d’organismes d’intégration régionale mais elles ont pratiquement toujours été frappées par les mêmes tares congénitales à savoir une pléthore d’objectifs et l’absence de priorités, d’échéancier de mise en œuvre, de mécanismes de suivi et d’évaluation et surtout des moyens financiers nécessaires à la matérialisation des actions préconisées. Au final, peu de progrès significatifs ont été réalisés en matière d’insertion de l’Afrique dans la société de l’information même si des avancées ont pu être notées ici et là. Il faut d’ailleurs souligner que la progression fulgurante de la téléphonie mobile, souvent mise en exergue pour témoigner des progrès réalisés, est plus à mettre au crédit des opérateurs de télécommunications qu’à celui des états. De plus, les multinationales qui possèdent ces entreprises de télécommunications ont pour principal objectif non pas de contribuer au développement économique, culturel et social du continent mais simplement de réaliser un maximum de gains, dont la majeure partie est rapatriée hors d’Afrique via divers mécanismes, après avoir consenti un minimum d’investissements. L’Afrique a donc fortement besoin d’un agenda numérique mais encore faut-il que celui-ci soit tendu vers la réalisation de projets structurants. Ces derniers devraient être organisés autour des quatre C que sont la connectivité, les contenus, le contrôle et les compétences. En matière de connectivité, la priorité devrait être donnée à la construction d’un réseau panafricain en fibre optique à haut débit interconnectant les pays africains, couplé à la généralisation de points d’échanges Internet (IXP) afin de contribuer au développement des communications interafricaines tout en réduisant au strict minimum nécessaire les frais de transit liés aux communications internationales avec le reste du monde. Les contenus devraient également être considérés comme un axe stratégique car étant le véhicule naturel pour des éléments aussi essentiels que la culture, l’information, le savoir, mais aussi des applications et des services répondant aux besoins des sociétés africaines et qui constituent par ailleurs un formidable gisement économique pour les entreprises les développant et celles les mettant en œuvre. En matière de contrôle, l’objectif devrait être d’harmoniser dans les meilleurs délais le cadre légal et réglementaire régissant la société de l’information tant pour ce qui touche les droits et devoirs des citoyens que la création d’un vaste marché panafricain des TIC contribuant à l’intégration économique du continent, sans oublier la prise en compte de la gouvernance d’Internet tant à l’échelle africaine que dans une perspective globale. Last but not least, la question des compétences est essentielle et un vaste programme de formation de compétences de haut niveau visant à former des ingénieurs système, réseaux et télécoms, des développeurs en tous genres, des spécialistes en régulation, formation à distance, télémédecine, commerce électronique, cryptographie, etc. devrait être mis en œuvre via des pôles régionaux. Cela étant, tout cela ne servira pas à grand-chose si les états africains ne mobilisent pas, en comptant d’abord sur leurs propres forces, les moyens nécessaires à la matérialisation de cet agenda numérique qui ne saurait dépendre de la bonne volonté de la communauté internationale.

Olivier Sagna
Secrétaire général d’OSIRIS

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