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Affaire Millicom-Etat du Sénégal : Thierno Ousmane Sy parle « d’accusations graves et fausses »

lundi 15 février 2010

Près d’une dizaine de jours après l’article de businessinsider.com l’accusant, avec Karim Wade, d’avoir réclamé des dessous de table dans le cadre des négociations pour le renouvellement de la licence de l’opérateur de téléphonie mobile Tigo, Thierno Ousmane Sy réagit. Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur (15 février 2010), le conseiller spécial du président de la République en charge des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) parle « d’accusations extrêmement graves et fausses ».

« Ils (les responsables de Millicom international cellular, propriétaires de Tigo) ont dit que nous avions demandé deux cent millions de dollars (90 milliards de Francs Cfa) pour notre compte personnel. Ce sont des accusations extrêmement graves et fausses », a martelé Thierno Ousmane Sy. Qui révèle que la renégociation de la licence de Tigo (Sentel précédemment), initiée par l’Etat du Sénégal au lendemain de l’alternance, est consécutive à une anomalie relevée dans le partenariat avec Millicom international cellular, qui date de 1998.

« En 1998, raconte le conseiller spécial du président de la République, Millicom avait payé une licence avec le régime socialiste à cent mille dollars soit cinquante millions de francs CFA. (A cette époque,) les licences se vendaient, notamment au Cameroun, à soixante dix millions de dollars. En 2000, le Maroc a vendu sa licence à un milliard de dollars. Après son élection, en 2000, le président de la République s’est intéressé à la licence de Millicom et a demandé au ministre des Télécoms de l’époque de regarder ce dossier avec précision ; constatant que Millicom a obtenu sa licence sans l’avoir payé. »

De nombreuses autres anomalies auraient été relevées. Thierno Ousmane Sy de poursuivre : « D’abord il y a eu des manquements vis-à-vis de la convention de concession. Ainsi, en juillet 2000, on s’est rendu compte, par le biais de l’agent judiciaire de l’Etat que Millicom n’avait payé ses redevances qu’au 1er janvier 2000, que Millicom avait violé ses obligations de fournitures d’informations techniques, administratives et financières, et qu’il y avait des manquements quant à la couverture radioélectrique du territoire. »

Au vu de tous ces faits, l’Etat du Sénégal a décidé de revoir son partenariat avec Millicom. C’est ainsi que, informe le conseiller en Ntic du chef de l’Etat, lui et Karim Wade ont été chargés de mener les négociations avec la firme américaine. C’était au début de l’année 2008.

Se basant sur le prix de cession de la troisième licence, attribuée à Sudatel, soit 200 millions de dollars, Karim Wade et Thierno Ousmane Sy ont demandé le même montant aux responsables de Millicom.

Ces derniers, au cours d’une réunion entre les deux parties, se sont montrés surpris de l’exigence de la partie sénégalaise. « Cette première réunion s’est très mal passée parce que Millicom ne s’attendait pas que le Sénégal vende sa troisième licence à 200 millions de dollars. Les offres que Millicom faisait pour rester au Sénégal étaient de l’ordre de 10, 15 et 20 millions de dollars. C’est cela qui les a mis dans une situation délicate », commente Thierno Ousmane Sy.

Face à la « fermeté » de l’Etat du Sénégal, qui menaçait d’engager une procédure judiciaire et de suspendre l’accord provisoire permettant à Millicom de continuer à opérer au Sénégal bien que sa licence ait été résiliée en 2002, la partie américaine décide de revenir à la charge. Elle accepte de signer un accord de confidentialité pour se remettre à négociation.

Ce sera le clash. Thierno Ousmane Sy explique : « Après la signature de l’accord, je les ai reçus dans mon bureau en présence de nos conseillers et de leurs experts financiers. A cette réunion, ils proposent 60 millions de dollars pour la nouvelle licence. Je leur demande si c’est l’offre finale. Ils me disent : « Oui ». Je leur fais comprendre que l’audience est terminée. Ils sortent du bureau et demande quelques jours pour une nouvelle offre. Je refuse de les recevoir. Le 13 juillet 2009, ils écrivent au président de la République pour porter l’offre à 100 millions de dollars. »

Visiblement, les choses n’ont pas évolué dans la direction souhaitée par les responsables de Millicom car, Thierno Ousmane Sy annonce que l’Etat du Sénégal s’en tient désormais au verdict de la procédure judiciaire engagée en novembre 2008. « Nous avons saisi le tribunal qui va se prononcer. Si le tribunal dit que Sentel doit arrêter (ses activités au Sénégal), ce sera immédiatement exécuté. »

Youssouph Badji

(Source : Kanal150, 15 février 2010)

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