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Accueil > Ressources > Points de vue > 2010 > Affaire : L’aveu d’une perte au change enfonce d’avantage l’Etat du Sénégal

Affaire : L’aveu d’une perte au change enfonce d’avantage l’Etat du Sénégal

jeudi 17 juin 2010

Si, en plus de la distribution de commissions, appelées par ailleurs émoluments pour services rendus dans la cession d’une licence globale à Sudatel s’ajoute une moins-value due à une perte au change par la faute d’un Etat imprévoyant, nous sommes en droit d’affirmer que nous avions eu affaire, lors de cette opération, à de vrais amateurs de la finance internationale. Si, en plus de la distribution de commissions, appelées par ailleurs émoluments pour services rendus dans la cession d’une licence globale à Sudatel s’ajoute une moins-value due à une perte au change par la faute d’un Etat imprévoyant, nous sommes en droit d’affirmer que nous avions eu affaire, lors de cette opération, à de vrais amateurs de la finance internationale. Car, comment admettre la réalité avouée d’une perte au change dans l’opération de vente d’une licence globale à un opérateur, si l’on sait très bien que dans toute transaction mettant en jeu différentes monnaies, le montant des dettes ou des créances est sécurisé (200 millions de dollars=100 milliards de francs Cfa).

Le Président Abdoulaye Wade, en évoquant l’affaire Sudatel, tout récemment, affirmait  : « La règle la plus élémentaire de l’alphabet de la science financière, c’est le taux de change et les variations. »

Nous ne pouvons pas concevoir qu’on évoque les variations de change comme l’alphabet de la science financière et qu’on fasse subir des pertes de change de plusieurs milliards de francs Cfa au détriment du Trésor public si tant est que les moins-values provenant des fluctuations monétaires relèvent de l’anormalité.

Il va de soi, en effet, que lorsque nous sommes confrontés à une dette ou à une créance libellée dans une unité monétaire susceptible de changer de valeur, nous encourons une incertitude génératrice de risques. Toutefois, la variation de change peut être favorable, auquel cas il y’a un gain de change comme elle peut être défavorable, mais, dans tous les cas et à tout moment, ces variations sont prévues et par différentes anticipations, on se prémunit contre le risque de perte de change. C’est ainsi ,par exemple, quand il s’agit de se prémunir contre le risque de change dans une quelconque transaction, différentes stratégies existent pouvant aller du choix de la monnaie de facturation , du recours à des opérations de couverture en jouant sur les termes (termaillages), ou même à des recours auprès d’organismes spécialisés pour rendre certaine sa créance  : Pourquoi, avec 200 millions de dollars payés cash, les pouvoirs publics ne se sont-ils pas prémunis pour rendre certaine la vente de la licence globale à Sudatel à au moins 100 milliards de francs ?
Il est, en effet, impératif, dans ce genre de contrats impliquant différentes monnaies, que la certitude du prix de vente soit accompagnée de la certitude du prix d’achat et vice versa. Si bien que, afin de respecter ce principe sacro saint de la Finance internationale, les commerçants, les entreprises ou les banques choisissent de se prémunir, par différentes techniques, contre les aléas du risque de change.

Au mieux, nous pourrions pu faire gagner au Trésor public par de bonnes anticipations au vu de du taux de change du dollar erratique, d’importantes sommes d’argent, en plus du nominal, en choisissant d’être long sur des monnaies qui s’appréciaient à l’époque tel que l’Euro et d’être court sur le dollar qui avait tendance à se déprécier. Au pire, on nous a fait perdre de l’argent en faisant l’option ou en ignorant de se prémunir dans l’opération de la vente de la licence globale à Sudatel.

Kadialy Gassama
Economiste,Rue Faidherbe Pierre Verger - Rufisque

(Source : L’Observateur, 17 juin 2010)

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