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A propos du Fonds mondial de solidarité numérique

vendredi 30 janvier 2009

La proposition du président Sénégalais Wade, lors du congrès du Fonds mondial de solidarité numérique de Bamako, de combler la fracture numérique des pays en voie de développement par l’envoie de matériel d’occasion dans ces pays est elle une bonne idée ?

Au moment où ce modèle de la « récupération » est profondément remis en cause (sur les médicaments ou l’affaire du bateau le Clémenceau), la question mérite d’être posée. Quand on reproche aux pays occidentaux d’utiliser les pays plus pauvre comme des « poubelles » où serait retraité les déchets. Quand la priorité est le transfère technologique. Quand la vie d’un ordinateur est de trois ans. Quand le prix de machines neuves a énormément baissé. Quand les fabricants de matériel électronique, la Chine en premier, met ses billes en Afrique. Quand il est question de développement durable. Quand il est question non plus d’être spectateur mais acteur des nouvelles technologies...

Est ce vraiment une bonne idée de dépenser des sommes importantes pour récupérer des ordinateurs qui ont trois ans d’âge en Europe, des ordinateurs qui ont déjà fait le voyage de l’ Asie, de leur faire traverser des kilomètres pour les expédier en Afrique, puis dans des lieux reculés de ce continents, loin de tout service après vente, et où les rares connaisseurs en informatiques passeront plus de temps à réparer ces machines qu’à les utiliser vraiment, des machines trop anciennes pour permettre autre chose que de la bureautique ou de la consultation sur internet, ne permettant pas de créer en tout cas (le multimédia par exemple demande des machines récentes), des machines fragiles car anciennes, et plus gourmandes en énergie que les nouveaux modèles, des machines qui dans très peu de temps, seront complètement obsolètes, pas même recyclable, et finiront par un peu plus polluer la planète.

Non, ce n’est pas une bonne idée. L’ Afrique n’a pas besoin de l’ Europe pour avoir du matériel informatique. Parce que l’ Europe n’en fabrique plus depuis des années. S’il faut dégager un budget pour se procurer du matériel, alors ce budget doit aller vers des fournisseurs asiatiques qui fourniront des ordinateurs flambant neufs et de dernière génération, sans passer par l’ Europe. Des ordinateurs qui permettront non seulement de faire de la bureautique ou d’aller sur internet, mais de créer des sites web, de monter des videos, de développer des logiciels, d’utiliser les logiciels les plus puissants, d’aider une génération à devenir acteur des technologies et en faire un métier.

L’ Europe peut aider, mais pas en terme de « matériel électronique ». Laissons à l’ Europe le soin de recycler ses vieilles machines. L’ Europe peut aider au transfère de technologie. Elle peut former des ingénieur. Elle peut ouvrir son marché. Elle peut faire travailler des webmasters ou des infographistes qui habitent à l’autre bout du monde. Elle peut financer des projets de toutes sortes. Elle peut promouvoir la créativité africaine. Elle peut beaucoup, mais elle ne peut pas fournir du matériel.

Et c’est peut être là où on entrevoit toute la difficulté de la tache du FMSN : Octroyer des fonds venus des pays occidentaux en grande partie, qui serviront à acheter sur les marchés asiatiques. Sans être fin politologue, on peut comprendre qu’un pays comme la France, par exemple, s’attend à des retour économique dès lors qu’elle fournit son aide financière. Elle va faire un don, et attend en retour que cet argent lui revienne par la signature de contrats avec des entreprises françaises. Nous sommes là dans un autre schéma ; c’est comme si, par exemple, la France offrait un financement pour créer une route goudronnée, et que le pays qui reçoit ces fond les utilisait pour signer avec une société de BTP chinoise.

Mais dans ce cas, où il est question des autoroutes de l’information, l’ Europe est bien consciente qu’elle trouvera son utilité en Afrique que quand le parc informatique sera suffisant et qu’il existera sur ce continent un milieu hight-tech, une main d’oeuvre hight-tech, bref, une infrastructure matériel et humaine dans le domaine des technologies de l’information. L’ingénerie européenne y trouvera alors des débouchés, en particulier dans le transfère technologique et l’organisation de gros projets informatiques. Et c’est là où la réduction de la fracture numérique devient un défi passionnant : Elle exige que trois continent, l’ Afrique, l’ Asie et l’ Europe travaille en commun dans un même sens, et que tous aient à y gagner.

François Rigal

(Source : Les TIC au Sénégal, 30 janvier 2009)

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