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2017, l’année des crypto-monnaies en Afrique

samedi 14 janvier 2017

En plus des innovations dans les secteurs stratégiques comme la santé, l’éducation et les TIC, la finance se prépare elle aussi à une nouvelle donne qui vient "perturber" le marché financier traditionnel. Les crypto-monnaies et les technologies annexes qui gravitent autour sont en passe de bouleverser le secteur.

2017, année des crypto-monnaies en Afrique ? En tout cas, elle l’est pour le monde en entier. Durant les quatre dernières années, le Bitcoin, l’une des deux crypto-monnaies les plus répandues, a été soit la monnaie la mieux ou la moins performante. Une progression en dents de scie qui exprimait, jusqu’en 2016, l’hésitation d’un marché un peu trop prudent, pour ne pas dire imperméable à l’innovation. A partir de l’année dernière, ces fluctuations ont été principalement orientées vers le haut. La devise a terminé l’année avec une valeur à l’unité de 968.23 dollars américains, ce qui est plus du double de sa valeur à partir du début de l’année.

Mais que sont ces crypto-monnaies ?

La première d’entre elles, le bitcoin a été créé en 2008 par Satoshi Nakamoto, le pseudonyme que s’est donné une ou un groupe de personne qui sont restées à ce jour anonymes, et qui ont développé le « code » de la monnaie et dont la véritable identité est restée un mystère. Comme son nom l’indique, le bitcoin est purement virtuel, le « bit » étant l’unité la plus simple dans le système de numérisation. Il s’agit d’une monnaie d’une forme électronique et qui fonctionne grâce à des protocoles cryptographiques. Son principe est d’être un moyen de paiement dans un système décentralisé (peer-to-peer) qui se passe du système financier traditionnel.

Autrement dit, sa nature numérique se passe des banques centrales et des opérateurs financiers. A part quelques rares exceptions où les transactions restent totalement anonymes, l’historique des transactions est assuré par le Blockchain, une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Cette dernière agit comme un registre qui montre les activités de transaction entre les pairs. Un système qui permet de supprimer une bonne partie du coût des transactions.

Le bitcoin est créé à travers une activité qui s’appelle « le minage » (farming en anglais). A cette fin les mineurs effectuent avec leur matériel informatique des calculs mathématiques pour le réseau Bitcoin. Seulement, ces dernières années, cette activité s’est rapidement industrialisée ce qui fait que la valeur créée par le minage est divisée par deux tous les quatre ans environ.

Le Bitcoin arrive en Afrique

Selon le dernier rapport du cabinet américain « Research and Markets », le marché mondial de la technologie des crypto-monnaies et du Blockchain enregistrera une croissance de 35,2% au cours de la période 2016-2022. L’essentiel de cette croissance se fera principalement dans en Amérique. Cette dernière constituera la première région de la croissance du marché de la crypto-monnaie. Ensuite viendront l’Europe, l’Asie-Pacifique et l’Inde.

En Afrique, la popularité et l’utilisation de diverses crypto-devises devraient augmenter dans les années à venir. La raison est plutôt facile à comprendre. En plus de l’attractivité de ces nouvelles solutions, l’immensité des flux d’argents qui circulent vers l’Afrique encouragera sa progression dès que la confiance des clients sera établie, afin de réduire le coût et améliorer la sécurité des transactions. D’ailleurs, la rareté des devises que subissent les grandes puissances économiques continentales ont déjà commencé à faire du bitcoin une valeur refuge. Une tendance qui n’a d’ailleurs pas échappée aux banques. Celles-ci adoptent le système Blockchain, craignant un effritement de leur place sur le marché, à long terme, qui vient s’ajouter aux perturbations causées par le Mobile Banking.

Les Banques et les pays s’alignent sur la nouvelle tendance

En Afrique du sud, Absa Bank, filiale de Barclays Africa, a annoncé fin 2016 qu’elle rejoindrait le consortium de R3CEV. Ce dernier est une entreprise spécialisée dans la technologie blockchain qui forme avec plus de 70 grandes institutions financières mondiales un consortium pour développer l’usage des blockchains dans le paysage financier mondial. Mieux encore, la Banque Sud-Africaine de Réserve (SARB) et l’Association des paiements de l’Afrique du Sud, la Financial Services Board, Strate et autres grandes banques du pays, notamment ABSA et Standard Bank, ont réussi à faire circuler un contrat intelligent sur un réseau privé basé sur le Blockchain de Ethereum (deuxième plus importante crypto-monnaie), mis en place entre eux. Selon des médias sud-africains, ces banques auraient même développé et testé la solution pour l’émission de crédits syndiqués via le bloc-chaîne.

Toujours en Afrique Australe, l’Ouganda pourrait devenir la première nation africaine à adopter une réglementation sur mesure pour l’utilisation de bitcoin dans les transactions monétaires. Kampala avait en effet organisé un événement axé sur les prérequis politiques, juridiques et socioculturelles de l’utilisation des crypto-monnaies au niveau continental. D’ailleurs, l’Afrique du sud prépare, elle aussi un grand évènement dans ce sens. Du 1er au 3 mars prochains, Johannesburg se prépare à accueillir la Blockchain Africa Conference 2017.

L’événement qui sera le troisième dans son genre dans le pays rassemblera des experts qui discuteront de toutes les opportunités, défis et possibilités d’innovation ou de perturbations qui peuvent être exploités en Afrique avec cette technologie. Pour sa part, l’Afrique de l’ouest se prépare à lancer le e-CFA, la version numérique du franc CFA et qui est elle aussi basée sur la technologie Blockchain. Émise par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), il s’agira d’un billet en format numérique qui fonctionnera exactement comme le billet de banque normal. Ainsi, il ne s’agit donc qu’une question de temps pour que le Bitcoin assoit sa place dans une région qui absorbe les innovations comme éponge...

Mehdi Lahdidi

(Source : La Tribune Afrique, janvier2017)

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