<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://osiris.sn/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>OSIRIS</title>
	<link>https://www.osiris.sn/</link>
	<description>Osiris sensibilise, informe et produit des analyses sur tous les sujets relatifs &#224; l'utilisation et &#224; l'appropriation des technologies de l'information et de la communication au S&#233;n&#233;gal et en Afrique.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://osiris.sn/spip.php?id_rubrique=3&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>OSIRIS</title>
		<url>https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L102xH100/osiris-4-2331f.png?1787055957</url>
		<link>https://www.osiris.sn/</link>
		<height>100</height>
		<width>102</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Souverainet&#233; mon&#233;taire &#224; l'&#232;re num&#233;rique : pourquoi l'UMOA doit aller au-del&#224; de l'interop&#233;rabilit&#233; </title>
		<link>https://osiris.sn/souverainete-monetaire-a-l-ere-numerique-pourquoi-l-umoa-doit-aller-au-dela-de.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/souverainete-monetaire-a-l-ere-numerique-pourquoi-l-umoa-doit-aller-au-dela-de.html</guid>
		<dc:date>2026-09-15T16:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;INTRODUCTION &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le lancement de la plateforme PI-SPI, l'UEMOA a franchi une &#233;tape d&#233;cisive dans la modernisation de ses paiements. En moins d'un an, 80 &#233;tablissements financiers s'y sont connect&#233;s et plus de 30 millions de personnes, soit pr&#232;s de 40 % de la population adulte de l'Union, ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es &#224; ce r&#233;seau . Ces chiffres t&#233;moignent d'une dynamique r&#233;elle d'inclusion financi&#232;re. Mais derri&#232;re cette r&#233;ussite apparente se cache une question que peu osent poser : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-128-fd0aa.jpg?1789575751' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;INTRODUCTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le lancement de la plateforme PI-SPI, l'UEMOA a franchi une &#233;tape d&#233;cisive dans la modernisation de ses paiements. En moins d'un an, 80 &#233;tablissements financiers s'y sont connect&#233;s et plus de 30 millions de personnes, soit pr&#232;s de 40 % de la population adulte de l'Union, ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es &#224; ce r&#233;seau . Ces chiffres t&#233;moignent d'une dynamique r&#233;elle d'inclusion financi&#232;re. Mais derri&#232;re cette r&#233;ussite apparente se cache une question que peu osent poser : l'interop&#233;rabilit&#233; suffit-elle &#224; garantir la souverainet&#233; mon&#233;taire de l'Union ? La r&#233;ponse est non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interop&#233;rabilit&#233; permet aux syst&#232;mes de communiquer ; elle ne garantit pas que l'Union ma&#238;trise l'infrastructure sur laquelle sa monnaie circule, se r&#232;gle et se supervise. Cet article d&#233;fend une th&#232;se simple : la souverainet&#233; mon&#233;taire &#224; l'&#232;re num&#233;rique se mesure moins &#224; la capacit&#233; d'&#233;mettre une monnaie qu'&#224; la capacit&#233; de contr&#244;ler l'infrastructure sur laquelle cette monnaie circule, se r&#232;gle, se supervise et se programme. Plusieurs mod&#232;les &#233;trangers offrent des pistes concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'INTEROP&#201;RABILIT&#201; NE R&#201;SOUT PAS LA QUESTION DU CONTR&#212;LE DE L'INFRASTRUCTURE DE R&#200;GLEMENT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UEMOA a lanc&#233; la plateforme PI-SPI, rendue obligatoire pour tous les acteurs financiers. Mais l'interop&#233;rabilit&#233; des paiements, aussi essentielle soit-elle, demeure une couche de surface. Elle connecte des syst&#232;mes existants sans r&#233;soudre la question fondamentale : qui contr&#244;le l'infrastructure sous-jacente de r&#232;glement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil offre un mod&#232;le de r&#233;ponse. Pix, la plateforme de paiement instantan&#233; cr&#233;&#233;e et g&#233;r&#233;e par la Banque centrale du Br&#233;sil, a trait&#233; plus de 35 billions de reais en 2025 et est utilis&#233;e par 93 % de la population adulte br&#233;silienne . Elle incarne un mod&#232;le de gouvernance dans lequel l'&#201;tat g&#232;re &#224; la fois les r&#232;gles de paiement et les donn&#233;es g&#233;n&#233;r&#233;es par les transactions une source croissante de puissance &#233;conomique et strat&#233;gique. Le syst&#232;me fonctionne sur une infrastructure publique, sans d&#233;pendre d'interm&#233;diaires priv&#233;s &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde a adopt&#233; une logique similaire avec Unified Payments Interface (UPI), d&#233;velopp&#233; avec le soutien de la Banque centrale, permettant des transferts de banque &#224; banque via un simple QR code. La Chine a construit son propre r&#233;seau de r&#232;glement transfrontalier, CIPS (Cross-Border Interbank Payment System), pour r&#233;duire sa d&#233;pendance aux infrastructures contr&#244;l&#233;es par les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les paiements transfrontaliers de l'UEMOA continuent de transiter majoritairement par des r&#233;seaux correspondants bancaires contr&#244;l&#233;s hors de la zone, ou par des plateformes de stablecoins adoss&#233;es au dollar, on peut craindre que la BCEAO ne voie s'accro&#238;tre sa d&#233;pendance strat&#233;gique &#224; des infrastructures de r&#232;glement ext&#233;rieures &#224; l'Union. L'UMOA doit conserver la ma&#238;trise strat&#233;gique de son infrastructure mon&#233;taire et de r&#232;glement, sous l'autorit&#233; de la BCEAO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. LA BCEAO DOIT D&#201;VELOPPER UNE CAPACIT&#201; DE SUPERVISION QUASI TEMPS R&#201;EL FOND&#201;E SUR LE SUPTECH&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La supervision traditionnelle, fond&#233;e sur des d&#233;clarations p&#233;riodiques et des donn&#233;es agr&#233;g&#233;es, est structurellement en retard sur les risques num&#233;riques. Le suptech l'application de l'intelligence artificielle, du cloud et de l'analyse de donn&#233;es massives &#224; la supervision financi&#232;re permet une d&#233;tection proactive des menaces avant qu'elles ne se mat&#233;rialisent. La recherche acad&#233;mique r&#233;cente &#233;tablit un lien entre l'adoption du suptech et une r&#233;duction significative des pratiques de greenwashing dans le secteur bancaire europ&#233;en, sugg&#233;rant que le suptech agit comme un m&#233;canisme de cr&#233;dibilisation dont l'efficacit&#233; d&#233;pend de la rigueur de l'architecture r&#233;glementaire externe et de la capacit&#233; d'absorption num&#233;rique des institutions supervis&#233;es .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde illustre concr&#232;tement cette approche : le r&#233;gulateur des march&#233;s financiers (SEBI) a affirm&#233; en septembre 2026 que le suptech permet aux r&#233;gulateurs de superviser avec une sophistication comparable &#224; celle des acteurs du march&#233;, et vise une supervision pr&#233;dictive utilisant donn&#233;es, analytique et IA pour identifier les risques &#233;mergents pr&#233;cocement . Le mod&#232;le de Pix au Br&#233;sil confirme cette logique : la Banque centrale g&#232;re directement les r&#232;gles et les donn&#233;es, ce qui lui permet une supervision continue des flux .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la BCEAO, l'enjeu est concret : sans une capacit&#233; de supervision quasi temps r&#233;el, comment d&#233;tecter une concentration anormale de liquidit&#233; sur un op&#233;rateur de mobile money ? Comment identifier une manipulation algorithmique des flux de paiement transfrontaliers ? La supervision doit migrer du contr&#244;le ex post vers une surveillance embarqu&#233;e dans l'infrastructure elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. LA MONNAIE NUM&#201;RIQUE DE BANQUE CENTRALE DOIT COUVRIR LES GROS PAIEMENTS COMME LES PAIEMENTS DE D&#201;TAIL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCEAO ne peut se contenter d'observer la tokenisation priv&#233;e. Elle doit &#233;tudier et pr&#233;parer les conditions d'une monnaie num&#233;rique de banque centrale couvrant les besoins de gros comme ceux du d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les paiements de gros, le mod&#232;le de mBridge est instructif. Cette plateforme, d&#233;velopp&#233;e conjointement par la Chine, Hong Kong, la Tha&#239;lande, les &#201;mirats arabes unis et l'Arabie saoudite, permet des r&#232;glements directs entre banques centrales en monnaies locales, sans passer par les circuits correspondants traditionnels. Les &#201;mirats arabes unis ont r&#233;alis&#233; en novembre 2025 la premi&#232;re transaction gouvernementale officielle en Digital Dirham sur cette plateforme, ex&#233;cut&#233;e en moins de deux minutes . Cette architecture incarne le principe fondamental du r&#232;glement en monnaie de banque centrale, prolong&#233; dans l'&#233;conomie tokenis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les paiements de d&#233;tail, le Maroc a lanc&#233; en juillet 2025 l'exp&#233;rimentation d'un e-dirham &#233;mis directement par Bank Al-Maghrib. La premi&#232;re phase a port&#233; sur un cas d'usage de paiement de particulier &#224; particulier, et une deuxi&#232;me phase est en cours avec la Banque centrale d'&#201;gypte, avec l'appui de la Banque mondiale, sur un cas d'usage de transfert transfrontalier . Le gouverneur Abdelatif Jouahri a pr&#233;cis&#233; que cette deuxi&#232;me exp&#233;rimentation visait &#224; tester les transferts transfrontaliers, sans que les autorit&#233;s aient confirm&#233; de contournement explicite du dollar ou de SWIFT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une forme de monnaie num&#233;rique publique accessible au d&#233;tail, on peut craindre que la BCEAO ne laisse une partie croissante de l'interface mon&#233;taire avec les populations aux op&#233;rateurs priv&#233;s qu'il s'agisse de fintechs, d'op&#233;rateurs t&#233;l&#233;coms ou d'&#233;metteurs de stablecoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. LA MNBC DOIT INT&#201;GRER LA CONDITIONNALIT&#201; POUR LES BANQUES CENTRALES ET LA PROGRAMMABILIT&#201; POUR LES &#201;TATS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gouvernance de la MNBC doit reposer sur deux principes compl&#233;mentaires. D'abord, la conditionnalit&#233; pour les banques centrales : l'acc&#232;s &#224; la MNBC de gros et aux infrastructures de r&#232;glement doit &#234;tre subordonn&#233; &#224; des r&#232;gles communes strictes de transparence, de gestion des r&#233;serves et de conformit&#233; aux objectifs de politique mon&#233;taire de l'Union. Le mod&#232;le mBridge fonctionne pr&#233;cis&#233;ment sur cette logique de gouvernance partag&#233;e entre banques centrales participantes, avec des protocoles communs et une architecture de confiance institutionnelle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la programmabilit&#233; pour les &#201;tats : la MNBC peut int&#233;grer des fonctionnalit&#233;s conditionnelles permettant aux &#201;tats de diriger les flux mon&#233;taires vers des objectifs de politique publique. Le e-dirham marocain explore cette dimension, bien que les modalit&#233;s pr&#233;cises deaf programmabilit&#233; conditionnelle (date d'expiration, restriction d'usage par secteurond) n'aient pas &#233;t&#233; formellement d&#233;taill&#233;es par Bank fix Al-Maghrib &#224; ce stade e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres banques centrales &#233;tudient des m&#233;can destinismes de limitation quantitative : la Banque d'Angleterre a propos&#233; en 2025 des plafonds de d&#233;tention de 10 000 &#224; 20 000 livres pour un &#233;ventuel digital pound ; la Banque centrale europ&#233;enne envisage un plafond d'environ 3 000 euros pour l'euro num&#233;rique, pr&#233;sent&#233; comme un pl&#233; &#224; limiter l'impact sur les d&#233;p&#244;ts bancaires . Ces m&#233;canismes rel&#232;vent de la limitation quantitative et non de la programmabilit&#233; conditionnelle telle qu'envisag&#233;e ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette programmabilit&#233; doit &#234;tre strictement encadr&#233;e par la loi, avec des garanties de proportionnalit&#233;, de tra&#231;abilit&#233; et de protection des donn&#233;es. La conditionnalit&#233; garantit la discipline collective ; la programmabilit&#233; donne aux &#201;tats un instrument de politique publique. Ensemble, elles permettraient &#224; l'UMOA d'exercer sa souverainet&#233; par conception, non de la regretter par d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONCLUSION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UEMOA se trouve &#224; un carrefour d&#233;cisif. La r&#233;ussite de PI-SPI d&#233;montre que l'Union est capable de b&#226;tir des infrastructures num&#233;riques &#224; grande &#233;chelle. Mais l'interop&#233;rabilit&#233; n'est qu'un point de d&#233;part. Le Br&#233;sil, l'Inde, la Chine, les &#201;mirats arabes unis et le Maroc ont tous fait le choix de construire des infrastructures de paiement souveraines, contr&#244;l&#233;es par leurs banques centrales, pour r&#233;duire leur d&#233;pendance &#224; des syst&#232;mes ext&#233;rieurs. La souverainet&#233; mon&#233;taire &#224; l'&#232;re num&#233;rique ne se d&#233;cr&#232;te pas ; elle se con&#231;oit, se construit et se d&#233;fend. L'UMOA doit exercer cette souverainet&#233; par conception, non la regretter par d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum &lt;br class='autobr' /&gt;
Economiste h&#233;t&#233;rodoxe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 15 septembre 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rentr&#233;e Num&#233;rique 2026 : Abdoullah Ciss&#233; invite l'Afrique &#224; passer de l'&#233;chiquier aux r&#232;gles du jeu</title>
		<link>https://osiris.sn/rentree-numerique-2026-abdoullah-cisse-invite-l-afrique-a-passer-de-l-echiquier.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/rentree-numerique-2026-abdoullah-cisse-invite-l-afrique-a-passer-de-l-echiquier.html</guid>
		<dc:date>2026-09-13T19:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Et si le v&#233;ritable d&#233;fi num&#233;rique de l'Afrique n'&#233;tait plus seulement de trouver sa place dans le nouvel ordre technologique mondial, mais de participer &#224; la d&#233;finition de ses r&#232;gles ? C'est la question de fond qui traverse la le&#231;on inaugurale prononc&#233;e par le professeur Abdoullah Ciss&#233;, le 8 septembre 2026 &#224; Dakar, &#224; l'ouverture de la 5e &#233;dition de la Rentr&#233;e Num&#233;rique, organis&#233;e autour du th&#232;me : &#171; Le num&#233;rique au c&#339;ur des dynamiques g&#233;ostrat&#233;giques : le d&#233;fi africain &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Intitul&#233;e &#171; De (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-127-9d829.jpg?1789413161' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et si le v&#233;ritable d&#233;fi num&#233;rique de l'Afrique n'&#233;tait plus seulement de trouver sa place dans le nouvel ordre technologique mondial, mais de participer &#224; la d&#233;finition de ses r&#232;gles ? C'est la question de fond qui traverse la le&#231;on inaugurale prononc&#233;e par le professeur Abdoullah Ciss&#233;, le 8 septembre 2026 &#224; Dakar, &#224; l'ouverture de la 5e &#233;dition de la Rentr&#233;e Num&#233;rique, organis&#233;e autour du th&#232;me : &#171; Le num&#233;rique au c&#339;ur des dynamiques g&#233;ostrat&#233;giques : le d&#233;fi africain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intitul&#233;e &#171; De l'&#233;chiquier aux r&#232;gles du jeu &#8211; L'Afrique face &#224; la nouvelle g&#233;opolitique du num&#233;rique &#187;, cette le&#231;on propose de d&#233;passer une lecture du num&#233;rique r&#233;duite aux infrastructures, aux usages et &#224; la modernisation des services. C&#226;bles sous-marins, satellites, centres de donn&#233;es, cloud, intelligence artificielle, algorithmes, standards, langues : derri&#232;re chacune de ces composantes se jouent d&#233;sormais des rapports de puissance et la capacit&#233; des &#201;tats et des continents &#224; pr&#233;server leur autonomie de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Abdoullah Ciss&#233;, l'enjeu n'est donc plus simplement de savoir si l'Afrique participe &#224; la transformation num&#233;rique mondiale. Elle y participe d&#233;j&#224;. La question est d&#233;sormais de savoir &#224; quelles conditions elle y participe, ce qu'elle ma&#238;trise r&#233;ellement et, surtout, quelle capacit&#233; elle poss&#232;de &#224; influencer les architectures, les standards et les normes qui organisent cet univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une carte pour commencer &#224; penser autrement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire sa d&#233;monstration, Abdoullah Ciss&#233; part d'un objet apparemment &#233;loign&#233; du num&#233;rique : une carte du monde. Il revient sur la projection de Mercator, con&#231;ue en 1569 pour r&#233;pondre &#224; un besoin de navigation. Le professeur prend soin de ne pas lui attribuer une intention qu'elle n'avait pas : Mercator n'a pas &#233;t&#233; con&#231;ue pour &#171; rapetisser &#187; l'Afrique. Le probl&#232;me r&#233;side davantage dans la g&#233;n&#233;ralisation de son usage. Un outil destin&#233; &#224; la navigation est progressivement devenu une repr&#233;sentation presque universelle du monde, jusque dans les &#233;coles, les atlas et les imaginaires collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette projection d&#233;forme les superficies. Le Groenland peut ainsi appara&#238;tre visuellement comparable &#224; l'Afrique, alors que l'Afrique est, rappelle-t-il, quatorze fois plus grande. &#192; l'inverse, une projection &#233;quivalente comme Equal Earth restitue correctement les superficies, tout en d&#233;formant n&#233;cessairement d'autres dimensions. Car aucune projection cartographique n'est parfaitement neutre : repr&#233;senter une sph&#232;re sur une surface plane oblige toujours &#224; choisir ce que l'on accepte de d&#233;former.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette entr&#233;e par la carte n'est pas anecdotique. Elle permet au professeur Ciss&#233; d'introduire l'une des id&#233;es structurantes de sa le&#231;on : les repr&#233;sentations que nous utilisons ne sont jamais sans cons&#233;quences. Une solution technique peut progressivement devenir un standard, puis une &#233;vidence, au point que nous finissons parfois par oublier qu'elle r&#233;sulte elle-m&#234;me d'un choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il rapproche cette r&#233;flexion de la r&#233;solution &#171; Correct the Map &#187;, &#233;voqu&#233;e dans sa le&#231;on et port&#233;e par le Togo au nom du Groupe africain. Pour Abdoullah Ciss&#233;, l'enseignement est surtout politique : une r&#232;gle de repr&#233;sentation peut &#234;tre discut&#233;e, propos&#233;e, n&#233;goci&#233;e et transform&#233;e. L'Afrique n'est donc pas condamn&#233;e &#224; seulement &#233;voluer &#224; l'int&#233;rieur de cadres construits ailleurs ; elle peut &#233;galement contribuer &#224; leur red&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle g&#233;ographie faite de donn&#233;es, de r&#233;seaux et de lignes de code&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la g&#233;ographie traditionnelle des fronti&#232;res, des ports, des routes et des ressources s'est d&#233;sormais superpos&#233;e une autre g&#233;ographie. Elle est constitu&#233;e des c&#226;bles sous-marins qui relient le continent au reste du monde, des satellites qui le survolent, des centres de donn&#233;es o&#249; sont h&#233;berg&#233;es les informations, des clouds utilis&#233;s par les administrations, des plateformes qui structurent une partie du commerce et de l'information, mais aussi des mod&#232;les d'intelligence artificielle qui interviennent progressivement dans l'&#233;ducation, la sant&#233; ou la prise de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette nouvelle g&#233;ographie, r&#233;sume en substance Abdoullah Ciss&#233;, les territoires sont aussi faits de donn&#233;es, les routes deviennent des r&#233;seaux, les ports prennent la forme de centres de donn&#233;es et certaines fronti&#232;res passent d&#233;sormais par des lignes de code.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement de g&#233;ographie entra&#238;ne n&#233;cessairement un changement dans la conception de la puissance. Pendant longtemps, le num&#233;rique a principalement &#233;t&#233; envisag&#233; sous l'angle de la modernisation : num&#233;riser l'administration, connecter les &#233;coles, d&#233;velopper les paiements num&#233;riques, am&#233;liorer l'acc&#232;s aux services. Ces objectifs restent essentiels. Mais ils ne suffisent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les donn&#233;es deviennent indispensables aux d&#233;cisions &#233;conomiques, elles deviennent strat&#233;giques. Lorsque quelques infrastructures d&#233;terminent l'acc&#232;s de millions de personnes &#224; des services essentiels, elles deviennent g&#233;opolitiques. Et lorsque l'intelligence artificielle intervient dans la production des connaissances, des d&#233;cisions et des r&#233;cits, elle devient elle-m&#234;me un enjeu de puissance. &#171; Le num&#233;rique n'est plus seulement un secteur : il est devenu un espace de puissance &#187;, affirme ainsi Abdoullah Ciss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du service &#224; la norme : les diff&#233;rents niveaux de puissance num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des passages les plus &#233;clairants de la le&#231;on inaugurale est sans doute celui dans lequel Abdoullah Ciss&#233; d&#233;crit plusieurs niveaux de ma&#238;trise. Celui qui ma&#238;trise l'infrastructure fournit un service. Celui qui ma&#238;trise la donn&#233;e d&#233;tient une ressource. Celui qui ma&#238;trise l'algorithme peut influencer la d&#233;cision. Celui qui &#233;crit le standard organise l'interop&#233;rabilit&#233;. Et celui qui contribue &#224; la norme commence &#224; &#233;crire les r&#232;gles du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette hi&#233;rarchie permet de poser autrement la question du retard ou de l'avanc&#233;e num&#233;rique de l'Afrique. &#202;tre connect&#233; ne signifie pas n&#233;cessairement &#234;tre souverain. Poss&#233;der des infrastructures ne garantit pas la ma&#238;trise des technologies qui les font fonctionner. H&#233;berger ses donn&#233;es ne signifie pas automatiquement contr&#244;ler les logiciels, les mod&#232;les ou les standards qui permettent de les exploiter. D'o&#249; trois questions pos&#233;es par le professeur : dans quelles conditions acc&#233;dons-nous au num&#233;rique ? Que ma&#238;trisons-nous ? Et qui d&#233;finit les architectures dans lesquelles nous op&#233;rons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;0,6 % de la capacit&#233; mondiale des centres de donn&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdoullah Ciss&#233; invite ainsi &#224; regarder la d&#233;pendance num&#233;rique comme un syst&#232;me. Ce syst&#232;me comprend les infrastructures &#8212; c&#226;bles, r&#233;seaux, satellites et centres de donn&#233;es &#8212; mais &#233;galement les donn&#233;es, la puissance de calcul, les logiciels, les plateformes, les mod&#232;les, les comp&#233;tences, les capitaux, les standards et les normes. &#192; un niveau encore plus profond interviennent les langues, les cat&#233;gories et les r&#233;cits utilis&#233;s par les machines pour apprendre &#224; repr&#233;senter le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chiffre cit&#233; durant la le&#231;on illustre l'ampleur du d&#233;s&#233;quilibre. Selon les donn&#233;es reprises par Abdoullah Ciss&#233;, l'Afrique repr&#233;sente seulement 0,6 % de la capacit&#233; mondiale des centres de donn&#233;es, alors qu'elle rassemble environ 20 % de la population mondiale. Il &#233;voque une capacit&#233; de 360 m&#233;gawatts sur quelque 55 000 m&#233;gawatts &#224; l'&#233;chelle mondiale. Plus pr&#233;occupant encore : m&#234;me la r&#233;alisation de l'ensemble des projets annonc&#233;s ne permettrait pas n&#233;cessairement au continent d'augmenter sa part relative, la croissance &#233;tant encore plus rapide ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; permet de comprendre pourquoi les avanc&#233;es isol&#233;es ne suffisent pas. Un pays peut h&#233;berger davantage de donn&#233;es tout en restant d&#233;pendant de technologies ext&#233;rieures. Il peut former d'excellents ing&#233;nieurs qui cr&#233;ent ensuite de la valeur ailleurs. Il peut adopter massivement l'intelligence artificielle sans &#234;tre suffisamment pr&#233;sent dans les donn&#233;es, les langues et les mod&#232;les qui fa&#231;onnent ces syst&#232;mes. Il peut enfin disposer d'infrastructures nationales tout en appliquant des r&#232;gles qu'il n'a pas contribu&#233; &#224; &#233;laborer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Utilisatrice, n&#233;gociatrice ou configuratrice : trois Afriques num&#233;riques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'Abdoullah Ciss&#233; dessine trois trajectoires possibles pour le continent. La premi&#232;re est celle de l'Afrique utilisatrice. Elle est connect&#233;e, consomme et adopte rapidement les innovations produites ailleurs. Mais la valeur, les architectures et les standards demeurent largement contr&#244;l&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur du continent. L'Afrique participe au jeu, mais ma&#238;trise peu ses r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me trajectoire est celle de l'Afrique n&#233;gociatrice. Elle prend conscience de ses vuln&#233;rabilit&#233;s, investit dans ses infrastructures, d&#233;veloppe ses capacit&#233;s, renforce sa cybers&#233;curit&#233; et augmente progressivement son pouvoir de n&#233;gociation. Elle ne cherche pas &#224; supprimer toute interd&#233;pendance : elle apprend &#224; la n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin appara&#238;t l'Afrique configuratrice. Celle-ci ne se contente plus d'utiliser ou de n&#233;gocier. Elle contribue. Elle d&#233;veloppe des technologies adapt&#233;es &#224; ses propres r&#233;alit&#233;s, construit des mod&#232;les capables d'int&#233;grer ses langues et participe &#224; la d&#233;finition des standards. Surtout, elle refuse de consid&#233;rer que toutes les r&#232;gles du futur technologique sont d&#233;j&#224; &#233;crites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois Afriques, pr&#233;cise le professeur, ne constituent pas des pr&#233;dictions. Elles repr&#233;sentent des bifurcations et renvoient &#224; une responsabilit&#233; imm&#233;diate : qu'est-ce que le continent choisit aujourd'hui de rendre possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre souverain, ce n'est pas tout fabriquer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on inaugurale propose &#233;galement une red&#233;finition particuli&#232;rement int&#233;ressante de la souverainet&#233; num&#233;rique. Pour Abdoullah Ciss&#233;, celle-ci ne doit pas &#234;tre confondue avec l'autarcie. Dans un syst&#232;me technologique mondial profond&#233;ment interconnect&#233;, aucune nation ne ma&#238;trise seule l'int&#233;gralit&#233; des couches du num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif ne peut donc pas &#234;tre de tout fabriquer, tout contr&#244;ler et tout poss&#233;der &#224; l'int&#233;rieur de ses fronti&#232;res. Il consiste plut&#244;t &#224; d&#233;terminer ce qui doit absolument &#234;tre ma&#238;tris&#233;, ce qui peut &#234;tre achet&#233;, mutualis&#233; ou partag&#233; et ce qui ne peut &#234;tre abandonn&#233; sans compromettre la capacit&#233; de d&#233;cision. Le professeur r&#233;sume cette approche dans une formule : &#171; La souverainet&#233; num&#233;rique n'est pas l'autarcie technologique. Elle est la capacit&#233; de choisir ses interd&#233;pendances. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition d&#233;place profond&#233;ment le d&#233;bat. La souverainet&#233; n'est plus seulement une logique de possession ou de protection. Elle devient une capacit&#233; d'action et de choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s la souverainet&#233; num&#233;rique, la souverainet&#233; repr&#233;sentationnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdoullah Ciss&#233; va cependant plus loin en proposant une troisi&#232;me dimension : la &#171; souverainet&#233; repr&#233;sentationnelle &#187;. Nous connaissons la souverainet&#233; territoriale, fond&#233;e notamment sur les fronti&#232;res, les ressources et les institutions. Nous apprenons d&#233;sormais &#224; penser la souverainet&#233; num&#233;rique autour des infrastructures, des donn&#233;es, de la puissance de calcul et des mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut aussi, selon lui, s'int&#233;resser &#224; la mani&#232;re dont l'Afrique est repr&#233;sent&#233;e. Cela concerne les cartes, mais &#233;galement les cat&#233;gories statistiques, les classements, les indicateurs de d&#233;veloppement, les normes techniques ou encore les donn&#233;es utilis&#233;es pour entra&#238;ner les mod&#232;les d'intelligence artificielle. Car ce qui pr&#233;tend simplement d&#233;crire la r&#233;alit&#233; finit parfois par participer &#224; sa construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des langues africaines devient ici particuli&#232;rement r&#233;v&#233;latrice. L'Afrique compte plus de 2 000 langues, soit pr&#232;s d'un tiers des langues du monde. Pourtant, plus de 95 % d'entre elles sont, selon les donn&#233;es cit&#233;es dans la le&#231;on, consid&#233;r&#233;es comme des langues &#171; &#224; faibles ressources &#187;, faute de donn&#233;es num&#233;riques suffisantes pour permettre notamment aux syst&#232;mes d'intelligence artificielle de correctement les apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdoullah Ciss&#233; prend l'exemple du swahili : avec quelque 80 millions de locuteurs, cette langue demeure moins bien dot&#233;e en ressources num&#233;riques que le su&#233;dois, parl&#233; par environ 10,5 millions de personnes. Le professeur &#233;tablit alors un parall&#232;le particuli&#232;rement parlant avec son point de d&#233;part cartographique : c'est, dit-il, la distorsion de Mercator appliqu&#233;e non plus aux superficies, mais aux paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une capacit&#233; dispers&#233;e n'est pas encore une puissance &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose alors la question de l'&#233;chelle. Certains enjeux &#8212; puissance de calcul, cloud, cybers&#233;curit&#233;, recherche avanc&#233;e, semi-conducteurs ou n&#233;gociation avec les grandes plateformes &#8212; exigent des capacit&#233;s consid&#233;rables qu'un &#201;tat pris isol&#233;ment peut difficilement r&#233;unir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Abdoullah Ciss&#233;, l'Afrique ne manque pourtant ni de talents, ni d'innovateurs, ni d'universit&#233;s, ni de jeunesse. Son probl&#232;me r&#233;side aussi dans la dispersion de ses capacit&#233;s. &#171; Une capacit&#233; dispers&#233;e n'est pas encore une puissance &#187;, souligne-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire puissance suppose donc de relier les capacit&#233;s : les &#201;tats aux march&#233;s, les universit&#233;s aux entreprises, la recherche &#224; l'investissement, les diasporas aux &#233;cosyst&#232;mes locaux, mais aussi les langues africaines aux technologies d'intelligence artificielle. Il ne s'agit pas, dans cette perspective, de construire une &#171; forteresse num&#233;rique africaine &#187;. L'objectif est de d&#233;velopper une capacit&#233; d'action collective, une puissance organis&#233;e en r&#233;seau, suffisamment forte pour coop&#233;rer avec le reste du monde sans s'y dissoudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la place &#224; la capacit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que le titre de la le&#231;on inaugurale prend tout son sens : &#171; De l'&#233;chiquier aux r&#232;gles du jeu &#187;. Pendant longtemps, observe Abdoullah Ciss&#233;, la question pos&#233;e &#224; l'Afrique &#233;tait celle de sa place : quelle place veut-elle occuper dans le monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avoir une place sur l'&#233;chiquier ne signifie pas avoir particip&#233; &#224; sa conception. Poss&#233;der certaines pi&#232;ces ne signifie pas d&#233;terminer leurs mouvements. Et savoir jouer ne signifie pas avoir particip&#233; &#224; l'&#233;laboration des r&#232;gles. Le changement que doit op&#233;rer le continent est donc plus profond : passer de la place &#224; la capacit&#233; ; de la consommation &#224; la contribution ; de la d&#233;pendance &#224; l'interd&#233;pendance choisie ; des capacit&#233;s dispers&#233;es aux capacit&#233;s reli&#233;es ; de la souverainet&#233; proclam&#233;e &#224; la souverainet&#233; exerc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, progressivement, passer de l'&#233;chiquier aux r&#232;gles du jeu. L'ambition n'est &#233;videmment pas que l'Afrique &#233;crive seule les r&#232;gles num&#233;riques mondiales. Abdoullah Ciss&#233; met lui-m&#234;me en garde contre cette illusion. L'objectif est plut&#244;t qu'elle devienne suffisamment pr&#233;sente, organis&#233;e et capable pour que les r&#232;gles d&#233;terminantes pour son avenir ne puissent plus durablement &#234;tre &#233;crites sans elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si le prochain enjeu du S&#233;n&#233;gal &#233;tait aussi celui des repr&#233;sentations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion d&#233;bouche enfin sur une proposition concr&#232;te adress&#233;e notamment au S&#233;n&#233;gal. Abdoullah Ciss&#233; rappelle que le New Deal Technologique place la souverainet&#233; num&#233;rique parmi ses piliers et engage le pays vers des capacit&#233;s nationales, notamment en mati&#232;re de cloud et de calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il propose d'ajouter une dimension : celle des repr&#233;sentations. Cela signifie &#234;tre pr&#233;sent dans les espaces o&#249; s'&#233;crivent les normes, mais &#233;galement apprendre, d&#232;s l'&#233;cole, &#224; interroger les repr&#233;sentations autant que les r&#233;alit&#233;s qu'elles pr&#233;tendent repr&#233;senter. Et ce principe, souligne-t-il, d&#233;passe largement la cartographie : il concerne d&#233;sormais l'intelligence artificielle elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car derri&#232;re les mod&#232;les d'IA se trouvent des donn&#233;es, des langues, des cat&#233;gories, des choix et des repr&#233;sentations du monde. Si l'Afrique reste absente de leur construction, elle risque de se retrouver dans une situation comparable &#224; celle d&#233;crite au d&#233;but de la le&#231;on : pr&#233;sente sur la carte, mais repr&#233;sent&#233;e &#224; travers des choix effectu&#233;s ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement l'un des enseignements les plus forts de cette le&#231;on inaugurale. Le d&#233;fi num&#233;rique africain ne se r&#233;sume plus &#224; connecter davantage, construire davantage de data centers, former davantage d'ing&#233;nieurs ou adopter plus rapidement l'intelligence artificielle. Tous ces chantiers demeurent indispensables. Mais une question suppl&#233;mentaire s'impose d&#233;sormais : quelle capacit&#233; l'Afrique poss&#232;de-t-elle &#224; participer &#224; la d&#233;finition des infrastructures, des donn&#233;es, des mod&#232;les, des standards, des normes et des repr&#233;sentations qui structureront le monde num&#233;rique de demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#232;gle peut &#234;tre chang&#233;e. D'autres restent encore &#224; &#233;crire. Celles du calcul. Celles des donn&#233;es. Celles des mod&#232;les. Celles des standards. Celles aussi des langues dans lesquelles les machines apprendront demain &#224; comprendre et &#224; raconter le monde. Et, pour Abdoullah Ciss&#233;, c'est peut-&#234;tre pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que commence le v&#233;ritable d&#233;fi africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://letechobservateur.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Techobservateur&lt;/a&gt;, 13 septembre 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Icare &#224; l'&#232;re de Starlink : l'&#201;tat gris&#233; par la vitesse</title>
		<link>https://osiris.sn/icare-a-l-ere-de-starlink-l-etat-grise-par-la-vitesse.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/icare-a-l-ere-de-starlink-l-etat-grise-par-la-vitesse.html</guid>
		<dc:date>2026-09-12T15:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est des d&#233;cisions de Justice qui d&#233;passent le litige qu'elles tranchent. En quelques pages, elles racontent une &#233;poque, les illusions du pouvoir, et parfois ses imprudences. L'ordonnance rendue le 7 septembre 2026 par la Cour supr&#234;me appartient &#224; cette cat&#233;gorie. Officiellement, il ne s'agit que d'une suspension, mesure conservatoire prononc&#233;e dans l'attente du jugement au fond : juridiquement, rien n'est encore d&#233;finitivement acquis. Politiquement, en revanche, beaucoup est d&#233;j&#224; dit. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-126-81b7d.jpg?1789312393' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est des d&#233;cisions de Justice qui d&#233;passent le litige qu'elles tranchent. En quelques pages, elles racontent une &#233;poque, les illusions du pouvoir, et parfois ses imprudences. L'ordonnance rendue le 7 septembre 2026 par la Cour supr&#234;me appartient &#224; cette cat&#233;gorie. Officiellement, il ne s'agit que d'une suspension, mesure conservatoire prononc&#233;e dans l'attente du jugement au fond : juridiquement, rien n'est encore d&#233;finitivement acquis. Politiquement, en revanche, beaucoup est d&#233;j&#224; dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il aura suffi d'un r&#233;f&#233;r&#233; pour stopper net ce qui devait incarner le visage le plus moderne du S&#233;n&#233;gal de demain : l'arriv&#233;e de Starlink, la constellation satellitaire de Elon Musk, pr&#233;sent&#233;e pendant des mois comme l'une des vitrines du New Deal technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne est presque ironique. D'un c&#244;t&#233;, la plus spectaculaire innovation mondiale en mati&#232;re de connectivit&#233;. De l'autre, des principes administratifs aussi anciens que l'Etat de Droit : publicit&#233; des actes, &#233;galit&#233; de traitement, concurrence loyale, respect des proc&#233;dures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les deux, la Cour supr&#234;me. Et c'est finalement le vieux Droit administratif qui vient rappeler &#224; la r&#233;volution num&#233;rique qu'elle n'est pas au-dessus des r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire ressemble &#224; une fable contemporaine. Le gouvernement voulait aller vite. Tr&#232;s vite. Le New Deal technologique devait &#234;tre la d&#233;monstration que le S&#233;n&#233;gal n'entendait plus attendre les infrastructures traditionnelles pour connecter ses territoires les plus recul&#233;s. Les fibres optiques, les pyl&#244;nes, les d&#233;lais administratifs, tout cela appartenait presque au monde d'hier. Avec Starlink, le futur tombait du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le c&#339;ur du probl&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit &#233;tait s&#233;duisant. Le ministre Alioune Sall annon&#231;ait devant l'Assembl&#233;e nationale l'arriv&#233;e du g&#233;ant am&#233;ricain. Elon Musk lui-m&#234;me confirmant sur son r&#233;seau social l'activation du service. Des milliers de kits promis (5000 exactement). Un million de S&#233;n&#233;galais pr&#233;sent&#233;s comme futurs b&#233;n&#233;ficiaires d'une connectivit&#233; nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration avait tout pour r&#233;ussir. Sauf peut-&#234;tre un d&#233;tail. Et un d&#233;tail important. Le Droit. Car ce que le pouvoir semblait consid&#233;rer comme un obstacle secondaire allait progressivement devenir le c&#339;ur du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cour supr&#234;me n'a pas suspendu la licence de Starlink parce qu'elle serait hostile &#224; l'innovation. Elle ne l'a pas suspendue parce qu'elle voudrait pr&#233;server la position de monopole de la Sonatel. Elle ne l'a pas suspendue parce qu'elle serait r&#233;fractaire aux technologies satellitaires. Elle l'a suspendue parce qu'elle estime, &#224; ce stade de la proc&#233;dure, que des doutes s&#233;rieux existent sur la l&#233;galit&#233; du processus qui a conduit &#224; son octroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une nuance essentielle. Voire fondamentale. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette nuance qui pose un probl&#232;me politique majeur. Parce qu'au fond, personne ne conteste r&#233;ellement l'int&#233;r&#234;t de Starlink. Dans les zones blanches, c'est-&#224;-dire dans les territoires insuffisamment couverts, dans les r&#233;gions o&#249; les infrastructures classiques peinent &#224; atteindre les populations, la connectivit&#233; satellitaire appara&#238;t comme une solution cr&#233;dible et durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'a jamais &#233;t&#233; technologique. Elle est devenue institutionnelle. Comment un Etat peut-il exiger de certains op&#233;rateurs des contraintes lourdes, des investissements massifs, des cahiers des charges rigoureux et, dans le m&#234;me temps, sembler offrir &#224; un nouvel entrant, qui plus est, &#224; l'homme le plus riche au monde, un chemin consid&#233;rablement all&#233;g&#233; ? Comment peut-on demander &#224; Elon Musk de se d&#233;ployer au S&#233;n&#233;gal en payant le tarif demand&#233; &#224; un petit fournisseur d'acc&#232;s &#224; internet local ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question qui traverse toute cette affaire. Et c'est la raison pour laquelle la Sonatel a trouv&#233; un terrain aussi favorable devant la juridiction administrative. En effet, pendant pr&#232;s de trois d&#233;cennies, l'op&#233;rateur historique a construit son d&#233;veloppement sous un r&#233;gime de contraintes particuli&#232;rement exigeant. Concessions. Redevances. Couverture territoriale. Service universel. Contribution au financement du secteur. D&#233;ploiement d'infrastructures. Investissements continus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Asym&#233;trie de traitement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1997 &#224; nos jours, la Sonatel a vers&#233; 134, 5 milliards de francs Cfa au Tr&#233;sor pour renouveler sa concession et obtenir le droit d'exploiter la 4G puis la 5G : 68 milliards pour le renouvellement de la concession, 32 milliards pour les fr&#233;quences 4G et 34, 5 milliards pour la 5G. Pour l'op&#233;rateur, il serait donc particuli&#232;rement difficile d'accepter que l'Etat permette &#224; Starlink de s'installer sans appel &#224; la concurrence et moyennant une contribution tr&#232;s inf&#233;rieure. C'est dans ce contexte qu'il a saisi la Cour supr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on aime ou non la Sonatel, personne ne peut s&#233;rieusement nier que sa pr&#233;sence sur le march&#233; a &#233;t&#233; conditionn&#233;e par un ensemble d'obligations &#233;lev&#233;es. Or, c'est pr&#233;cis&#233;ment cette comparaison qui devient aujourd'hui embarrassante pour l'Etat. Car l'impression qui ressort du dossier est celle d'une asym&#233;trie. Une asym&#233;trie de traitement. Une asym&#233;trie r&#233;glementaire. Une asym&#233;trie financi&#232;re. Et dans un secteur aussi sensible que les t&#233;l&#233;communications, l'apparence d'in&#233;galit&#233; est presque aussi dangereuse que l'in&#233;galit&#233; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision de la Cour supr&#234;me est particuli&#232;rement s&#233;v&#232;re par les doutes qu'elle laisse appara&#238;tre. Pour suspendre un acte administratif, il ne suffit pas qu'une irr&#233;gularit&#233; soit simplement imaginable : il faut que les moyens invoqu&#233;s paraissent suffisamment s&#233;rieux pour justifier l'intervention imm&#233;diate du juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, la juridiction ne s'est pas content&#233;e d'entendre les arguments des requ&#233;rants ; elle leur a reconnu, &#224; ce stade provisoire, une cr&#233;dibilit&#233; juridique suffisante pour arr&#234;ter l'ex&#233;cution d'une d&#233;cision gouvernementale majeure. Ce seul constat devrait d&#233;j&#224; susciter une profonde introspection au sein de l'Administration. Particuli&#232;rement au sein du minist&#232;re des T&#233;l&#233;coms o&#249; il semblerait que Le dossier Starlink a &#233;t&#233; trait&#233; &#224; l'insu du r&#233;gulateur (Artp).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les griefs invoqu&#233;s ne sont pas anecdotiques. Ils concernent la transparence, la publication des actes, la concurrence, l'allocation des fr&#233;quences et la s&#233;curit&#233; juridique : autant de sujets qui forment l'ossature m&#234;me de la r&#233;gulation &#233;conomique moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus troublant encore est l'argument d&#233;velopp&#233; par la d&#233;fense de l'Etat. Selon cette ligne de d&#233;fense, l'absence de publication du cahier des charges rel&#232;verait principalement de l'Artp et non du minist&#232;re. Une argumentation qui a visiblement laiss&#233; la Cour sceptique. Et l'on comprend pourquoi. Car aux yeux du citoyen ordinaire, comme aux yeux du juge administratif, un principe &#233;l&#233;mentaire demeure : celui qui signe un acte ne peut pas enti&#232;rement se d&#233;sint&#233;resser de sa publicit&#233;. L'Etat moderne n'est pas un syst&#232;me o&#249; les responsabilit&#233;s se dissolvent dans les couloirs de l'administration. Un arr&#234;t&#233; n'est pas un message lanc&#233; dans une bouteille. Il engage son auteur. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce rappel que semble adresser la Cour supr&#234;me au Pouvoir ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sol de la R&#233;publique est juridique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette affaire r&#233;v&#232;le quelque chose d'encore plus profond. Le rapport particulier que les gouvernements entretiennent d&#233;sormais avec la technologie. Partout dans le monde, la fascination pour l'innovation produit une tentation r&#233;currente : celle de consid&#233;rer les proc&#233;dures comme des lenteurs inutiles. L'id&#233;e est simple. Pourquoi perdre des mois dans des m&#233;canismes administratifs complexes lorsqu'une solution innovante est d&#233;j&#224; disponible ? Pourquoi attendre quand il est possible d'agir imm&#233;diatement ? Pourquoi s'embarrasser de formalit&#233;s lorsqu'il s'agit de modernisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique para&#238;t efficace. Elle est m&#234;me politiquement s&#233;duisante. Et tr&#232;s soutenable dans une d&#233;marche populiste, voire d&#233;magogique. Mais elle porte en elle un risque consid&#233;rable. Celui de croire que l'urgence de l'objectif justifie l'assouplissement des r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cet instant que commence g&#233;n&#233;ralement le probl&#232;me. Parce que dans un Etat de Droit, la proc&#233;dure n'est pas un obstacle &#224; la d&#233;cision. Elle est une composante fondamentale de la d&#233;cision. Lorsqu'on l'affaiblit, ce n'est pas seulement la forme qui souffre. C'est la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me de l'action publique qui est en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphore d'Icare s'impose alors d'elle-m&#234;me. Le pouvoir voulait d&#233;montrer sa capacit&#233; &#224; acc&#233;l&#233;rer, &#224; d&#233;passer les lourdeurs, &#224; rattraper le temps perdu et &#224; projeter le S&#233;n&#233;gal dans une nouvelle dimension technologique. L'ambition &#233;tait r&#233;elle ; elle pouvait m&#234;me &#234;tre salu&#233;e. Mais, comme dans le mythe grec, l'ivresse de l'altitude comporte toujours un danger : &#224; force de regarder le ciel, on finit parfois par oublier le sol. Or, le sol de la R&#233;publique est juridique. Il est fait de textes, de proc&#233;dures, de r&#232;gles et de garanties. C'est ce socle que la Cour supr&#234;me vient de rappeler avec une remarquable fermet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ironie de l'histoire est qu'au moment m&#234;me o&#249; le gouvernement cherchait &#224; pr&#233;senter Starlink comme la preuve de son audace, le dossier risque d&#233;sormais de devenir le symbole inverse. Celui de la pr&#233;cipitation. Celui de l'improvisation. Celui d'une ambition mal s&#233;curis&#233;e juridiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen au fond dira si ces faiblesses sont suffisamment graves pour emporter l'annulation d&#233;finitive de l'autorisation. Mais quelle que soit l'issue du contentieux, le dommage politique est d&#233;j&#224; consid&#233;rable. Car une v&#233;rit&#233; s'impose d&#233;sormais avec force : la modernit&#233; technologique ne dispense jamais de la l&#233;galit&#233;. Au contraire. Plus un projet est ambitieux, plus son fondement juridique doit &#234;tre irr&#233;prochable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement voulait d&#233;montrer que le futur &#233;tait arriv&#233;. La Cour supr&#234;me vient de rappeler qu'avant de l'atteindre, il faut respecter le Droit. Dans cette affaire, le c&#339;ur du probl&#232;me n'est ni Elon Musk, ni Starlink, mais l'Etat lui-m&#234;me : un Etat qui a voulu courir plus vite que ses propres proc&#233;dures et qui d&#233;couvre aujourd'hui, &#224; ses d&#233;pens, qu'en d&#233;mocratie la vitesse impressionne, mais que seule la l&#233;galit&#233; prot&#232;ge durablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bachir Fofana&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;http://www.leqotidien.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Quotidien&lt;/a&gt;, 12 septembre 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ARTP prisonni&#232;re de la Sonatel : pour une ouverture vers l'innovation internationale</title>
		<link>https://osiris.sn/l-artp-prisonniere-de-la-sonatel-pour-une-ouverture-vers-l-innovation.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/l-artp-prisonniere-de-la-sonatel-pour-une-ouverture-vers-l-innovation.html</guid>
		<dc:date>2026-09-12T13:30:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis trop longtemps, l'Autorit&#233; de R&#233;gulation des T&#233;l&#233;communications et des Postes (ARTP) du S&#233;n&#233;gal semble fonctionner comme une annexe de Sonatel/Orange. Les Directeurs G&#233;n&#233;raux qui s'y succ&#232;dent sortent presque toujours du m&#234;me vivier. Comme si l'expertise s&#233;n&#233;galaise en t&#233;l&#233;coms et services num&#233;riques se limitait aux couloirs d'un seul op&#233;rateur. Et le paradoxe est encore plus flagrant aujourd'hui : un appel &#224; candidatures public a &#233;t&#233; lanc&#233; pour recruter le nouveau DG&#8230; mais il a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-125-7f789.jpg?1789220087' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis trop longtemps, l'Autorit&#233; de R&#233;gulation des T&#233;l&#233;communications et des Postes (ARTP) du S&#233;n&#233;gal semble fonctionner comme une annexe de Sonatel/Orange. Les Directeurs G&#233;n&#233;raux qui s'y succ&#232;dent sortent presque toujours du m&#234;me vivier. Comme si l'expertise s&#233;n&#233;galaise en t&#233;l&#233;coms et services num&#233;riques se limitait aux couloirs d'un seul op&#233;rateur. Et le paradoxe est encore plus flagrant aujourd'hui : un appel &#224; candidatures public a &#233;t&#233; lanc&#233; pour recruter le nouveau DG&#8230; mais il a encore abouti &#224; la nomination d'un cadre de Sonatel. Pourtant, des candidatures hautement plus importantes, issues de la diaspora et de grandes firmes internationales, avaient &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es. Des profils capables d'apporter une vision hautement innovante et une exp&#233;rience mondiale. Mais le rituel de la transparence s'est referm&#233; sur le m&#234;me cercle ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES LIMITES DE CETTE LOGIQUE DE COOPTATION...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Conflit d'int&#233;r&#234;ts :&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment garantir une r&#233;gulation impartiale quand l'ancien r&#233;gulateur est issu du principal op&#233;rateur ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Uniformit&#233; des profils : &lt;br class='autobr' /&gt;
En recrutant toujours dans le m&#234;me cercle, on limite la cr&#233;ativit&#233; et la capacit&#233; de rupture strat&#233;gique.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Exclusion de la diaspora : &lt;br class='autobr' /&gt;
Des ing&#233;nieurs s&#233;n&#233;galais, form&#233;s et exp&#233;riment&#233;s dans les grandes firmes mondiales, sont ignor&#233;s alors qu'ils pourraient apporter une vision nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CE QUE L'ARTP GAGNERAIT &#192; CHANGER...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Exp&#233;rience internationale : &lt;br class='autobr' /&gt;
Un cadre ayant travaill&#233; dans plusieurs environnements technologiques apporterait une compr&#233;hension globale des enjeux num&#233;riques.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Innovation strat&#233;gique : &lt;br class='autobr' /&gt;
La diaspora s&#233;n&#233;galaise regorge de sp&#233;cialistes en cybers&#233;curit&#233;, 5G, intelligence artificielle et r&#233;gulation num&#233;rique. Leur expertise pourrait propulser l'ARTP dans le futur.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cr&#233;dibilit&#233; renforc&#233;e : &lt;br class='autobr' /&gt;
Un DG reconnu sur la sc&#232;ne internationale donnerait au S&#233;n&#233;gal une voix plus forte dans les instances r&#233;gionales et mondiales.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; New Deal Technologique : &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour accompagner cette ambition pr&#233;sidentielle, il faut un profil capable de penser au-del&#224; des fronti&#232;res, d'int&#233;grer les innovations mondiales et de b&#226;tir une souverainet&#233; num&#233;rique solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le choix politique ou le choix strat&#233;gique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le Pr&#233;sident a et conserve le dernier mot. Mais si l'ARTP veut vraiment &#234;tre autre chose qu'un instrument de r&#233;gulation domestique, elle doit s'ouvrir &#224; des profils ind&#233;pendants, innovants et internationaux de tr&#232;s haut niveau. Le S&#233;n&#233;gal ne manque pas de talents dans le domaine technologique et num&#233;rique : il manque le courage politique de les appeler. Il faut mettre &#224; contribution la diaspora s&#233;n&#233;galaise pour r&#233;ussir la transformation num&#233;rique du S&#233;n&#233;gal &#224; bonnes dates. Ils ont aussi le droit de participer au d&#233;veloppement de leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IN FINE... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ARTP ne doit pas rester prisonni&#232;re de Sonatel parce que l'op&#233;rateur historique est le contributeur majeur de l'&#201;tat en recettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ARTP doit devenir le laboratoire de la souverainet&#233; num&#233;rique s&#233;n&#233;galaise, port&#233; par des cadres qui connaissent le monde, qui ont affront&#233; les g&#233;ants des t&#233;l&#233;coms, qui savent anticiper les mutations technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un DG issu de la diaspora, fort d'une haute exp&#233;rience internationale, serait le signal fort que le S&#233;n&#233;gal veut r&#233;ellement r&#233;ussir avec brio son New Deal technologique : sortir de la d&#233;pendance, briser la routine, et entrer dans l'innovation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Iyok&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Facebook&lt;/a&gt;, 12 septembre 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quinze ans de projets de transformation digitale m'ont appris une chose : il y a toujours un &#233;cart entre ce qu'on installe et ce que les gens utilisent r&#233;ellement</title>
		<link>https://osiris.sn/quinze-ans-de-projets-de-transformation-digitale-m-ont-appris-une-chose-il-y-a.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/quinze-ans-de-projets-de-transformation-digitale-m-ont-appris-une-chose-il-y-a.html</guid>
		<dc:date>2026-09-10T21:50:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quinze ans de projets de transformation digitale m'ont appris une chose : il y a toujours un &#233;cart entre ce qu'on installe et ce que les gens utilisent r&#233;ellement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette carte en est l'illustration la plus parlante de l'ann&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sept mois apr&#232;s son lancement, plus de trois kits Starlink sur quatre seraient install&#233;s en zone urbaine. Dakar, Mbour, Diourbel : l&#224; o&#249; la fibre existe et o&#249; la 4G fonctionne. K&#233;dougou, Matam, les villages de Casamance : presque rien. Une technologie pr&#233;sent&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-124-cbaa4.jpg?1789077049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quinze ans de projets de transformation digitale m'ont appris une chose : il y a toujours un &#233;cart entre ce qu'on installe et ce que les gens utilisent r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette carte en est l'illustration la plus parlante de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept mois apr&#232;s son lancement, plus de trois kits Starlink sur quatre seraient install&#233;s en zone urbaine. Dakar, Mbour, Diourbel : l&#224; o&#249; la fibre existe et o&#249; la 4G fonctionne. K&#233;dougou, Matam, les villages de Casamance : presque rien. Une technologie pr&#233;sent&#233;e comme la solution pour le rural trouve ses utilisateurs en ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calcul explique tout. Plus de 160 000 FCFA de mat&#233;riel, 30 000 FCFA par mois : plus de 520 000 FCFA la premi&#232;re ann&#233;e. Rapportez &#231;a au revenu d'un m&#233;nage rural. Cette carte n'&#233;tait pas un choix commercial, c'&#233;tait le seul r&#233;sultat possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi est donc &#233;conomique : rendre la connexion accessible &#224; ceux qui en ont le plus besoin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La priorit&#233;, c'est d'acc&#233;l&#233;rer le d&#233;ploiement 4G de Sonatel, YAS et Expresso dans le cadre du service universel, avec le FDSUT et le PAENS. Un t&#233;l&#233;phone 4G co&#251;te jusqu'&#224; cinq fois moins qu'un kit satellite, avec un budget mensuel deux &#224; trois fois inf&#233;rieur. Pour une famille, un agriculteur, un &#233;l&#232;ve, c'est ce qui change tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose du concret : villages &#224; couvrir, financements, acc&#232;s aux sites et &#224; l'&#233;nergie, mutualisation des infrastructures, &#233;ch&#233;ances pr&#233;cises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les localit&#233;s les plus isol&#233;es, le satellite a toute sa place en compl&#233;ment : un terminal partag&#233; pour une &#233;cole, un centre de sant&#233;, une coop&#233;rative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La licence est aujourd'hui suspendue en r&#233;f&#233;r&#233; par la Cour supr&#234;me. Je ne me prononce pas sur le contentieux. Mais une chose est s&#251;re : cette proc&#233;dure ne connectera aucun village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connecter le S&#233;n&#233;gal exige des investissements, une exploitation durable et des offres accessibles. Le New Deal technologique a fix&#233; le cap. Il faut maintenant acc&#233;l&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrice San&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.dakaractu.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dakar Actu&lt;/a&gt;, 10 septembre 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>DPG : et si l'IA devenait un outil concret pour r&#233;soudre les d&#233;fis du S&#233;n&#233;gal ?</title>
		<link>https://osiris.sn/dpg-et-si-l-ia-devenait-un-outil-concret-pour-resoudre-les-defis-du-senegal.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/dpg-et-si-l-ia-devenait-un-outil-concret-pour-resoudre-les-defis-du-senegal.html</guid>
		<dc:date>2026-09-08T13:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans sa D&#233;claration de Politique G&#233;n&#233;rale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou L&#244; a plac&#233; l'intelligence artificielle &#171; au centre &#187; des projets num&#233;riques du S&#233;n&#233;gal. C'est une orientation importante. Mais la vraie question commence maintenant : &#224; quels probl&#232;mes concrets du S&#233;n&#233;gal allons-nous appliquer l'IA ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La DPG donne justement plusieurs pistes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sant&#233; : rapprocher l'expertise des territoires &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Premier ministre a relev&#233; une r&#233;alit&#233; pr&#233;occupante : 80 % de l'offre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-123-bd044.jpg?1788960005' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans sa D&#233;claration de Politique G&#233;n&#233;rale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou L&#244; a plac&#233; l'intelligence artificielle &#171; au centre &#187; des projets num&#233;riques du S&#233;n&#233;gal. C'est une orientation importante. Mais la vraie question commence maintenant : &#224; quels probl&#232;mes concrets du S&#233;n&#233;gal allons-nous appliquer l'IA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DPG donne justement plusieurs pistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sant&#233; : rapprocher l'expertise des territoires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Premier ministre a relev&#233; une r&#233;alit&#233; pr&#233;occupante : 80 % de l'offre infrastructurelle de sant&#233; serait concentr&#233;e &#224; Dakar, alors que l'acc&#232;s aux soins reste tr&#232;s in&#233;gal selon les territoires. Il annonce parall&#232;lement la digitalisation du parcours de soins et la g&#233;n&#233;ralisation progressive du dossier patient informatis&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que l'IA peut apporter une valeur concr&#232;te : faciliter la t&#233;l&#233;m&#233;decine et l'orientation des patients, assister certaines analyses m&#233;dicales ou anticiper les besoins en m&#233;dicaments et &#233;quipements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif n'est pas de remplacer le m&#233;decin, mais de rendre une partie de l'expertise m&#233;dicale plus accessible l&#224; o&#249; elle est aujourd'hui rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;ducation : connecter, puis personnaliser l'apprentissage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DPG pr&#233;voit &#233;galement 15 000 salles de classe connect&#233;es et 45 Espaces num&#233;riques ouverts. C'est une infrastructure essentielle. Mais connecter une classe ne transforme pas automatiquement l'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA peut permettre un accompagnement adapt&#233; au niveau de chaque &#233;l&#232;ve : exercices personnalis&#233;s, explications compl&#233;mentaires, pr&#233;paration aux examens, orientation, mais aussi assistance aux enseignants dans la cr&#233;ation de contenus. Dans des classes parfois charg&#233;es, elle peut apporter une partie de cette personnalisation que l'enseignant ne peut mat&#233;riellement offrir individuellement &#224; chaque &#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Administration : du &#171; z&#233;ro papier &#187; au service public intelligent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement veut poursuivre la d&#233;mat&#233;rialisation des services publics et r&#233;duire les d&#233;lais et les co&#251;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'IA peut faire franchir une nouvelle &#233;tape &#224; cette transformation. Imaginons un assistant public num&#233;rique capable d'expliquer &#224; un citoyen, en fran&#231;ais ou demain en wolof, les d&#233;marches pour cr&#233;er une entreprise, obtenir un document administratif ou identifier une aide publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA peut aussi aider les administrations &#224; d&#233;tecter les pi&#232;ces manquantes, classer les demandes ou orienter les citoyens vers le bon service. Digitaliser un formulaire, c'est utile. Simplifier r&#233;ellement le parcours du citoyen gr&#226;ce &#224; l'IA, c'est aller plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire de nos probl&#232;mes des cas d'usage IA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DPG pose &#233;galement une exigence int&#233;ressante : les projets num&#233;riques devront d&#233;montrer leur faisabilit&#233;, s&#233;curiser leur financement et prouver leur impact. Cette logique devrait guider notre strat&#233;gie IA. Plut&#244;t que de multiplier les initiatives g&#233;n&#233;rales, s&#233;lectionnons dix probl&#232;mes nationaux clairement identifi&#233;s et mobilisons chercheurs, startups, administrations et entreprises pour d&#233;velopper des solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment r&#233;duire les d&#233;serts m&#233;dicaux ? Comment personnaliser l'apprentissage ? Comment mieux anticiper les besoins agricoles ? Comment r&#233;duire les d&#233;lais administratifs ? Comment mieux orienter les jeunes vers les comp&#233;tences et les emplois recherch&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'ambition exprim&#233;e dans la DPG peut prendre tout son sens. Le S&#233;n&#233;gal n'a pas besoin de faire de l'IA pour faire de l'IA. Il doit l'utiliser l&#224; o&#249; elle peut r&#233;soudre un probl&#232;me, r&#233;duire un co&#251;t, am&#233;liorer un service ou cr&#233;er une opportunit&#233;. C'est &#224; cette condition que l'intelligence artificielle deviendra r&#233;ellement un instrument&lt;br class='autobr' /&gt;
de transformation nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdoulaye Ba&lt;br class='autobr' /&gt;
Expert en intelligence artificielle et gouvernance de l'IA&lt;br class='autobr' /&gt;
Ambassadeur Afrique &#8211; Institut EuropIA&lt;br class='autobr' /&gt;
Expert &#8211; Institut AfriqIA&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre d'un groupe de travail de l'Africa AI Council&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Social Net Link&lt;/a&gt;, 8 septembre 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'acc&#232;s &#224; l'information au S&#233;n&#233;gal : Entre droit fondamental et r&#233;alit&#233; &#233;conomique</title>
		<link>https://osiris.sn/l-acces-a-l-information-au-senegal-entre-droit-fondamental-et-realite.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/l-acces-a-l-information-au-senegal-entre-droit-fondamental-et-realite.html</guid>
		<dc:date>2026-08-28T18:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;I. LA CONS&#201;CRATION D'UN DROIT FONDAMENTAL &lt;br class='autobr' /&gt;
le s&#233;n&#233;gal a franchi une &#233;tape historique en adoptant la loi n&#176; 2025-15 relative &#224; l'acc&#232;s &#224; l'information, promulgu&#233;e le 4 septembre 2025. ce texte consacre pour la premi&#232;re fois de mani&#232;re explicite l'acc&#232;s &#224; l'information comme un droit fondamental pour tout citoyen, cr&#233;ant une commission nationale d&#233;di&#233;e et fixant des d&#233;lais de r&#233;ponse contraignants pour les administrations. il s'agit d'une avanc&#233;e majeure dans la construction d'un &#233;tat (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-122-3ad83.jpg?1788116801' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. LA CONS&#201;CRATION D'UN DROIT FONDAMENTAL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le s&#233;n&#233;gal a franchi une &#233;tape historique en adoptant la loi n&#176; 2025-15 relative &#224; l'acc&#232;s &#224; l'information, promulgu&#233;e le 4 septembre 2025. ce texte consacre pour la premi&#232;re fois de mani&#232;re explicite l'acc&#232;s &#224; l'information comme un droit fondamental pour tout citoyen, cr&#233;ant une commission nationale d&#233;di&#233;e et fixant des d&#233;lais de r&#233;ponse contraignants pour les administrations. il s'agit d'une avanc&#233;e majeure dans la construction d'un &#233;tat transparent et ouvert, alignant le s&#233;n&#233;gal sur les standards internationaux en mati&#232;re de gouvernance d&#233;mocratique et de libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. INTERNET COMME VECTEUR INDISPENSABLE DE CE DROIT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la cour de justice de la ced&#233;ao a renforc&#233; cette dynamique en 2025 en condamnant le s&#233;n&#233;gal pour des coupures d'internet, en jugeant que l'acc&#232;s &#224; internet constitue un composant essentiel de la libert&#233; d'expression et du droit &#224; l'information. dans un monde o&#249; l'essentiel de l'information circule d&#233;sormais par voie num&#233;rique, un droit &#224; l'information sans acc&#232;s effectif &#224; internet ressemble &#224; une promesse vide de sens. les citoyens ne peuvent exercer pleinement ce droit que s'ils disposent des moyens techniques et &#233;conomiques de se connecter aux r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. LES TARIFS DE T&#201;L&#201;PHONIE : UN OBSTACLE R&#201;EL MALGR&#201; LA BAISSE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;si les tarifs de la t&#233;l&#233;phonie mobile au s&#233;n&#233;gal ne sont pas les plus &#233;lev&#233;s d'afrique, avec une baisse de pr&#232;s de 11% au premier trimestre 2026, ils demeurent &#233;lev&#233;s au regard du pouvoir d'achat local. avec un taux de pauvret&#233; mon&#233;taire de 37,5% et un pib par habitant d'environ 1700 dollars, un forfait data &#224; 5000 ou 10000 francs cfa repr&#233;sente une part significative du budget mensuel d'un m&#233;nage modeste. la concurrence entre les trois op&#233;rateurs orange, yas et expresso a certes permis des baisses sur la data, mais les profils &#224; forte consommation vocale ont vu leurs prix augmenter, creusant les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. RENDRE LE DROIT EFFECTIF ET NON PAS SEULEMENT TH&#201;ORIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;si le s&#233;n&#233;gal consacre l'acc&#232;s &#224; l'information comme un droit fondamental, il est logique et m&#234;me n&#233;cessaire que les tarifs de t&#233;l&#233;phonie et d'internet soient abordables pour que ce droit soit effectif et pas seulement th&#233;orique. c'est une question d'accessibilit&#233; mat&#233;rielle d'un droit constitutionnel et l&#233;gal. la baisse des tarifs de la data mobile observ&#233;e ces derniers trimestres va d'ailleurs dans ce sens, mais elle doit s'accompagner d'une politique volontariste de r&#233;gulation pour garantir que tous les citoyens, y compris les plus d&#233;munis, puissent exercer pleinement leur droit &#224; l'information sans que le co&#251;t de la connexion ne devienne un verrou &#233;conomique insurmontable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum &lt;br class='autobr' /&gt;
Economiste h&#233;t&#233;rodoxe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 28 ao&#251;t 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souverainet&#233; num&#233;rique du S&#233;n&#233;gal : peut-on &#234;tre souverain quand le hardware vient de Chine, le software des &#201;tats-Unis et le financement de l'&#233;tranger ?</title>
		<link>https://osiris.sn/souverainete-numerique-du-senegal-peut-on-etre-souverain-quand-le-hardware.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/souverainete-numerique-du-senegal-peut-on-etre-souverain-quand-le-hardware.html</guid>
		<dc:date>2026-08-21T12:05:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I. LE HARDWARE : UNE D&#201;PENDANCE STRUCTURELLE AUX &#201;QUIPMENTS CHINOIS &lt;br class='autobr' /&gt;
Les infrastructures mat&#233;rielles du num&#233;rique s&#233;n&#233;galais routeurs, serveurs, antennes relais, &#233;quipements de fibre optique reposent largement sur des fournisseurs chinois comme Huawei et ZTG, qui &#233;quipent les op&#233;rateurs historiques et les projets d'extension du r&#233;seau. cette d&#233;pendance ne signifie pas que l'ensemble des infrastructures provient de la chine, mais elle r&#233;v&#232;le une asym&#233;trie de pouvoir : le S&#233;n&#233;gal ne dispose (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-121-8fb1c.jpg?1787314199' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. LE HARDWARE : UNE D&#201;PENDANCE STRUCTURELLE AUX &#201;QUIPMENTS CHINOIS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les infrastructures mat&#233;rielles du num&#233;rique s&#233;n&#233;galais routeurs, serveurs, antennes relais, &#233;quipements de fibre optique reposent largement sur des fournisseurs chinois comme Huawei et ZTG, qui &#233;quipent les op&#233;rateurs historiques et les projets d'extension du r&#233;seau. cette d&#233;pendance ne signifie pas que l'ensemble des infrastructures provient de la chine, mais elle r&#233;v&#232;le une asym&#233;trie de pouvoir : le S&#233;n&#233;gal ne dispose ni de capacit&#233;s industrielles pour produire ces &#233;quipements, ni de marge de n&#233;gociation suffisante pour imposer ses propres standards techniques. sans ma&#238;trise des couches physiques du r&#233;seau, toute souverainet&#233; num&#233;rique affich&#233;e demeure th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. LE SOFTWARE ET LE CLOUD : L'&#201;COSYST&#200;ME AM&#201;RICAIN COMME NORME PAR D&#201;FAUT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syst&#232;mes d'exploitation, les moteurs de recherche, les plateformes de messagerie, les r&#233;seaux sociaux et les services cloud qui structurent la vie num&#233;rique des s&#233;n&#233;galais sont domin&#233;s par des entreprises am&#233;ricaines. Google, Microsoft, Meta et Amazon ne constituent pas un monopole juridique, mais une domination &#233;conomique et technologique qui impose ses standards, ses architectures et ses conditions d'utilisation. Le S&#233;n&#233;gal n'a pas les moyens de d&#233;velopper des alternatives viables, et ses administrations, ses entreprises et ses citoyens d&#233;pendent de ces plateformes pour fonctionner. la souverainet&#233; logicielle, dans ce contexte, n'est pas une question de possession, mais de capacit&#233; &#224; choisir et &#224; r&#233;guler sans subir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. LES DONN&#201;ES : LE V&#201;RITABLE TERRITOIRE DE LA SOUVERAINET&#201; NUM&#201;RIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fondamentale ne r&#233;side pas seulement dans la possession des serveurs, mais dans le contr&#244;le effectif des donn&#233;es. qui h&#233;berge les donn&#233;es des citoyens s&#233;n&#233;galais ? Qui peut y acc&#233;der ? Qui d&#233;tient les cl&#233;s cryptographiques ? Qui contr&#244;le les algorithmes qui traitent ces informations ? Qui peut les transf&#233;rer &#224; l'&#233;tranger, et qui en extrait la valeur &#233;conomique ? Tant que les donn&#233;es sensibles administratives, fiscales, sanitaires, &#233;lectorales reposent sur des infrastructures &#233;trang&#232;res ou sont soumises &#224; des juridictions ext&#233;rieures, la souverainet&#233; num&#233;rique reste un concept creux. la loi sur la protection des donn&#233;es personnelles, adopt&#233;e en 2008, constitue un cadre juridique pertinent, mais son application et sa port&#233;e effective restent perfectibles face &#224; la r&#233;alit&#233; des flux de donn&#233;es transnationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. LE FINANCEMENT : QUAND LA D&#201;PENDANCE FINANCI&#200;RE ENGENDRE UNE D&#201;PENDANCE NORMATIVE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les projets d'infrastructures num&#233;riques du S&#233;n&#233;gal couverture 4g, data centers gouvernementaux, digitalisation des services publics reposent largement sur des pr&#234;ts et des subventions de la banque mondiale, de la banque africaine de d&#233;veloppement et d'autres bailleurs internationaux. ces financements ne sont pas neutres : ils s'accompagnent de conditionnalit&#233;s, de normes techniques impos&#233;es, de proc&#233;dures d'achat encadr&#233;es et de calendriers dict&#233;s. la d&#233;pendance financi&#232;re se transforme ainsi en d&#233;pendance normative, qui elle-m&#234;me verrouille les choix technologiques. on ne peut parler de souverainet&#233; num&#233;rique quand les d&#233;cisions d'architecture, de s&#233;curit&#233; et de gouvernance sont prises ailleurs, sous la contrainte des conditions de pr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable souverainet&#233; num&#233;rique ne consiste pas &#224; d&#233;brancher le s&#233;n&#233;gal du monde. elle consiste &#224; disposer d'une capacit&#233; nationale suffisante pour choisir ses fournisseurs, ma&#238;triser ses donn&#233;es, contr&#244;ler ses infrastructures critiques, produire une partie de ses technologies et n&#233;gocier avec les puissances &#233;trang&#232;res sans d&#233;pendance structurelle. tant que les discours officiels masqueront ces r&#233;alit&#233;s, la souverainet&#233; num&#233;rique du s&#233;n&#233;gal ne sera qu'une utopie rh&#233;torique. le pays m&#233;rite mieux qu'un slogan : il m&#233;rite une politique num&#233;rique honn&#234;te, lucide et d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum &lt;br class='autobr' /&gt;
Economiste h&#233;t&#233;rodoxe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 21 ao&#251;t 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La loi sur la s&#233;curit&#233; num&#233;rique arrive au bon moment. Reste &#224; voir si on saura la faire vivre</title>
		<link>https://osiris.sn/la-loi-sur-la-securite-numerique-arrive-au-bon-moment-reste-a-voir-si-on-saura.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/la-loi-sur-la-securite-numerique-arrive-au-bon-moment-reste-a-voir-si-on-saura.html</guid>
		<dc:date>2026-08-18T12:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis un an, les incidents s'accumulent, et pas sur n'importe quels syst&#232;mes : la Direction g&#233;n&#233;rale des Imp&#244;ts et des Domaines en octobre 2025, la Direction de l'Automatisation des Fichiers en f&#233;vrier &#8212; avec, &#224; la cl&#233;, une production de cartes d'identit&#233; bloqu&#233;e pendant plusieurs semaines &#8212;, le Tr&#233;sor public en mai, avec pr&#232;s de 70 Go de donn&#233;es exfiltr&#233;es puis diffus&#233;es en ligne, la Cour des comptes en juin. Quatre institutions, en neuf mois. Interpol classe d'ailleurs le S&#233;n&#233;gal, dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-120-c7711.jpg?1787142765' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis un an, les incidents s'accumulent, et pas sur n'importe quels syst&#232;mes : la Direction g&#233;n&#233;rale des Imp&#244;ts et des Domaines en octobre 2025, la Direction de l'Automatisation des Fichiers en f&#233;vrier &#8212; avec, &#224; la cl&#233;, une production de cartes d'identit&#233; bloqu&#233;e pendant plusieurs semaines &#8212;, le Tr&#233;sor public en mai, avec pr&#232;s de 70 Go de donn&#233;es exfiltr&#233;es puis diffus&#233;es en ligne, la Cour des comptes en juin. Quatre institutions, en neuf mois. Interpol classe d'ailleurs le S&#233;n&#233;gal, dans son rapport 2026, parmi les pays africains les plus cibl&#233;s par les cybercriminels &#8212; une tentative de d&#233;tournement de 7,9 millions de dollars contre une compagnie p&#233;troli&#232;re a r&#233;cemment &#233;t&#233; d&#233;jou&#233;e de justesse. On n'a pas toujours le d&#233;tail exact de ce qui s'est pass&#233; dans chaque cas, les communiqu&#233;s officiels restent assez pudiques sur ces sujets, mais l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale est facile &#224; suivre : l'administration se num&#233;rise plus vite qu'elle ne se prot&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi n&#176;25/2026 sur la protection des infrastructures d'information critiques et la s&#233;curit&#233; num&#233;rique vient d'&#234;tre adopt&#233; en commission &#224; l'Assembl&#233;e nationale, le 13 ao&#251;t. Son examen en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re &#8212; le vote qui comptera vraiment &#8212; est pr&#233;vu ce jeudi 20 ao&#251;t. Et sur le fond, c'est une bonne nouvelle. Voil&#224; des ann&#233;es que celles et ceux qui travaillent sur ces sujets au quotidien le disent : la s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes d'information au S&#233;n&#233;gal repose surtout sur des recommandations, pas sur des obligations qu'on peut vraiment faire respecter. Ce texte change la donne, avec un r&#233;gime diff&#233;rent selon la criticit&#233; des syst&#232;mes, une Autorit&#233; nationale de Cybers&#233;curit&#233;, un CERT national dont les pouvoirs sont enfin &#233;crits noir sur blanc, des sanctions qui ne sont plus symboliques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voter la loi, c'est la partie facile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-sept ans dans ce m&#233;tier, en Afrique, m'ont appris une chose qu'on red&#233;couvre &#224; chaque nouvelle loi : un texte-cadre ne r&#232;gle jamais rien &#224; lui seul. Le vrai travail commence apr&#232;s, dans les d&#233;crets &#8212; et c'est l&#224;, justement, que la plupart des textes du genre finissent par s'essouffler ailleurs sur le continent. On vote, on communique, puis l'attention part ailleurs. Deux ans plus tard, l'autorit&#233; cens&#233;e piloter le tout n'a toujours pas de statut clair, les listes ne sont pas publi&#233;es, et il ne reste du texte qu'une bonne intention bien &#233;crite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois points m&#233;ritent qu'on s'y arr&#234;te.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Autorit&#233; nationale de Cybers&#233;curit&#233;, d'abord. Tout l'&#233;difice repose sur elle, et pourtant son statut n'est pas fix&#233; dans la loi : il viendra par d&#233;cret, plus tard. Sans autonomie r&#233;elle ni visibilit&#233; sur le calendrier de ce d&#233;cret, le reste du texte n'a pas grand-chose sous les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite l'agr&#233;ment des prestataires de cybers&#233;curit&#233;, avec des crit&#232;res de nationalit&#233; plut&#244;t stricts. Sur le principe, aucun d&#233;bat : apr&#232;s le Tr&#233;sor, la DGID, la Cour des comptes, et un rapport Interpol qui classe le S&#233;n&#233;gal parmi les pays africains les plus cibl&#233;s, la d&#233;pendance &#224; des prestataires &#233;trangers pour prot&#233;ger nos syst&#232;mes les plus sensibles n'est plus une option. La vraie question n'est pas de savoir s'il faut viser la souverainet&#233; &#8212; c'est d'&#233;viter qu'elle reste sur le papier. Sans un march&#233; local suffisamment structur&#233;, le risque n'est pas de ralentir l'ambition : c'est de la vider de son sens. Des prestataires &#233;trangers qui s'installent derri&#232;re une fa&#231;ade locale juste pour cocher la case de l'agr&#233;ment, &#231;a n'a rien d'une souverainet&#233; &#8212; c'est son contraire, avec un vernis en plus. R&#233;ussir ce chantier suppose une vraie p&#233;riode de structuration du march&#233; s&#233;n&#233;galais, pas juste un d&#233;cret qui fixe des crit&#232;res sans donner au secteur les moyens d'y r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a ce qu'on oublie toujours : les comp&#233;tences. La loi fixe des d&#233;lais courts &#8212; six mois pour un programme de cybers&#233;curit&#233;, un an pour monter un centre d'op&#233;rations de s&#233;curit&#233; &#8212; alors que beaucoup de structures n'ont tout simplement pas les profils pour tenir ces d&#233;lais. Pas un probl&#232;me de bonne volont&#233;. Un probl&#232;me de vivier, qui ne se comble pas en un an.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une fen&#234;tre qui ne restera pas ouverte ind&#233;finiment&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal fait encore partie, sur l'indice mondial de cybers&#233;curit&#233; de l'UIT, du groupe des pays en rattrapage &#8212; dans la m&#234;me cat&#233;gorie que le Nigeria, loin derri&#232;re le Maroc, le Rwanda ou le Kenya, qui ont leur cadre l&#233;gal depuis plusieurs ann&#233;es. Ce texte peut vraiment faire avancer les choses, et il s'inscrit bien dans la logique du New Deal Technologique, dont l'ambition de souverainet&#233; num&#233;rique ne veut pas dire grand-chose sans un volet cyber solide derri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un texte vot&#233;, en soi, ne prot&#232;ge personne. Ce qui prot&#232;ge vraiment, c'est ce qui vient apr&#232;s : des d&#233;crets publi&#233;s dans des d&#233;lais raisonnables, une autorit&#233; qui a r&#233;ellement les moyens d'agir, une vraie discussion avec les acteurs &#233;conomiques avant que les r&#232;gles ne soient fig&#233;es, plut&#244;t qu'une r&#233;glementation qu'on d&#233;couvre apr&#232;s coup. C'est un travail technique, long, peu visible &#8212; mais c'est celui-l&#224; qui compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote d&#233;cisif a lieu le 20 ao&#251;t. La s&#233;curit&#233;, elle, se jouera sur le terrain, bien apr&#232;s &#8212; et c'est l&#224; qu'il faudra continuer &#224; regarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mame DIOP-BA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mame DIOP-BA est sur le terrain de la cybers&#233;curit&#233; africaine depuis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://cio-mag.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CIO Mag&lt;/a&gt;, 18 ao&#251;t 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mame DIOP-BA est sur le terrain de la cybers&#233;curit&#233; africaine depuis dix-sept ans, &#224; construire ce que beaucoup se contentent de recommander : de l'expertise technique &#224; la direction d'&#233;quipes de plusieurs dizaines de collaborateurs, dans des environnements multi-pays exigeants o&#249; la confiance ne se d&#233;cr&#232;te pas &#8212; elle se construit, poste apr&#232;s poste, r&#233;sultat apr&#232;s r&#233;sultat. Voix reconnue sur la cybers&#233;curit&#233; et les mutations technologiques du continent, elle d&#233;fend une conviction constante : la cybers&#233;curit&#233; et la gouvernance sont des leviers de souverainet&#233;, pas des contraintes. Elle consacre aussi une part de son &#233;nergie &#224; former et accompagner la rel&#232;ve, convaincue que la l&#233;gitimit&#233;, comme la cybers&#233;curit&#233;, se transmet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>New Deal Technologique : Devrons-nous repenser la r&#233;gulation et passer du Code des communications &#233;lectroniques au Code du num&#233;rique souverain ?</title>
		<link>https://osiris.sn/new-deal-technologique-devrons-nous-repenser-la-regulation-et-passer-du-code.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/new-deal-technologique-devrons-nous-repenser-la-regulation-et-passer-du-code.html</guid>
		<dc:date>2026-08-11T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant longtemps, la transformation num&#233;rique d'un pays a &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; une priorit&#233; fondamentale : connecter les citoyens, construire des r&#233;seaux, d&#233;ployer la fibre optique, installer des antennes mobiles, attribuer des fr&#233;quences et am&#233;liorer la couverture Internet constituaient les grands d&#233;fis des politiques num&#233;riques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;tape &#233;tait indispensable car aucune soci&#233;t&#233; num&#233;rique ne peut &#233;merger sans infrastructures solides. C'est dans cette logique qu'ont &#233;t&#233; con&#231;us le Code des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-117-9b9b1.jpg?1787058531' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant longtemps, la transformation num&#233;rique d'un pays a &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; une priorit&#233; fondamentale : connecter les citoyens, construire des r&#233;seaux, d&#233;ployer la fibre optique, installer des antennes mobiles, attribuer des fr&#233;quences et am&#233;liorer la couverture Internet constituaient les grands d&#233;fis des politiques num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tape &#233;tait indispensable car aucune soci&#233;t&#233; num&#233;rique ne peut &#233;merger sans infrastructures solides. C'est dans cette logique qu'ont &#233;t&#233; con&#231;us le Code des communications &#233;lectroniques, cadre juridique ayant permis de structurer la r&#233;gulation du secteur, le d&#233;veloppement des r&#233;seaux, l'arriv&#233;e de nouveaux op&#233;rateurs, la concurrence et l'acc&#232;s progressif des populations aux services num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le monde a profond&#233;ment chang&#233;. La puissance num&#233;rique d'une nation ne se mesure plus seulement &#224; ses infrastructures, &#224; la couverture mobile ou aux r&#233;seaux 4G et 5G mais aussi &#224; sa capacit&#233; &#224; ma&#238;triser ses donn&#233;es, prot&#233;ger ses citoyens, d&#233;velopper ses propres services num&#233;riques, encadrer l'IA et pr&#233;server sa souverainet&#233; face aux grandes plateformes mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le S&#233;n&#233;gal doit ouvrir une r&#233;flexion strat&#233;gique majeure : ne faut-il pas passer d'un Code des communications &#233;lectroniques &#224; un Code du num&#233;rique souverain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre les deux cadres est essentielle. Le Code des communications &#233;lectroniques est un cadre juridique sectoriel centr&#233; sur les r&#233;seaux et services de t&#233;l&#233;communications. Il encadre les infrastructures telles que la fibre optique, les r&#233;seaux mobiles 4G et 5G et les communications satellitaires ainsi que les op&#233;rateurs, les fr&#233;quences radio&#233;lectriques, le partage d'infrastructures, l'interconnexion, la qualit&#233; de service, la protection des utilisateurs et l'acc&#232;s universel. Son objectif est de garantir un march&#233; des communications &#233;lectroniques ouvert, comp&#233;titif, s&#233;curis&#233; et accessible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le num&#233;rique d&#233;passe aujourd'hui largement les r&#233;seaux. La v&#233;ritable richesse r&#233;side d&#233;sormais dans la capacit&#233; &#224; valoriser, prot&#233;ger et utiliser l'information au service du d&#233;veloppement. C'est toute l'ambition d'un Code du num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel cadre organise la soci&#233;t&#233; num&#233;rique dans son ensemble, en couvrant la gouvernance num&#233;rique de l'&#201;tat, l'identit&#233; num&#233;rique, la protection des donn&#233;es, la cybers&#233;curit&#233;, la confiance et la fiscalit&#233; num&#233;riques, les transactions et le commerce &#233;lectroniques, l'IA, les plateformes, le cloud, la souverainet&#233; des donn&#233;es, l'administration &#233;lectronique, l'ouverture des donn&#233;es publiques et la lutte contre les contenus illicites. Son objectif est d'&#233;tablir un environnement num&#233;rique s&#233;curis&#233;, innovant et souverain pour toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, la diff&#233;rence est simple : le Code des communications &#233;lectroniques encadre les r&#233;seaux et les services qui transportent l'information tandis que le Code du num&#233;rique r&#233;git l'&#233;cosyst&#232;me cr&#233;&#233; autour de cette information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le S&#233;n&#233;gal, cette &#233;volution ne signifie pas abandonner le Code des communications &#233;lectroniques institu&#233; par la loi n&#176; 2018-28 du 12 d&#233;cembre 2018), qui demeure la fondation technique indispensable. Il s'agit de franchir une nouvelle &#233;tape en int&#233;grant les enjeux li&#233;s aux donn&#233;es, &#224; l'intelligence artificielle (IA), au cloud, aux plateformes num&#233;riques et &#224; la souverainet&#233; technologique. Cette transformation ne peut toutefois &#234;tre uniquement juridique, elle n&#233;cessite aussi une &#233;volution des institutions charg&#233;es de porter cette ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Autorit&#233; de R&#233;gulation des T&#233;l&#233;communications et des Postes (ARTP) a jou&#233; un r&#244;le historique dans la structuration du secteur num&#233;rique en organisant la concurrence en g&#233;rant les ressources rares comme les fr&#233;quences et en prot&#233;geant les consommateurs. Mais les enjeux actuels d&#233;passent le cadre traditionnel des t&#233;l&#233;communications et englobent d&#233;sormais les donn&#233;es strat&#233;giques, les infrastructures critiques num&#233;riques, les services en ligne, l'IiA, les plateformes et l'interop&#233;rabilit&#233; des syst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette nouvelle perspective, le S&#233;n&#233;gal pourrait envisager une &#233;volution de l'ARTP vers une Autorit&#233; du Num&#233;rique et des Donn&#233;es (AND) dot&#233;e d'une vision globale de l'&#233;cosyst&#232;me num&#233;rique, capable de r&#233;guler les nouveaux espaces de puissance num&#233;rique et d'accompagner une &#233;conomie fond&#233;e sur la donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, l'arriv&#233;e de nouveaux acteurs comme Starlink montre &#233;galement que le mod&#232;le du service universel doit &#233;voluer. Les solutions satellitaires en orbite basse offrent de nouvelles opportunit&#233;s pour r&#233;duire les zones blanches et am&#233;liorer la connectivit&#233; des territoires &#233;loign&#233;s. Le Fonds de D&#233;veloppement du Service Universel des T&#233;l&#233;communications (FDSUT) devra ainsi int&#233;grer ces nouvelles technologies dans sa strat&#233;gie afin de garantir un acc&#232;s &#233;quitable aux services num&#233;riques sur l'ensemble du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette nouvelle perspective, le S&#233;n&#233;gal pourrait envisager une &#233;volution du FDSUT vers un Fonds de Souverainet&#233; et d'Innovation Num&#233;riques (FSIN), destin&#233; &#224; financer les infrastructures num&#233;riques strat&#233;giques, soutenir les startups technologiques, d&#233;velopper les comp&#233;tences num&#233;riques, accompagner les projets d'IA et favoriser l'&#233;mergence de champions num&#233;riques nationaux, tout en conservant ses missions r&#233;galiennes li&#233;es au service universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, convergence entre les t&#233;l&#233;coms, le num&#233;rique, l'audiovisuel et les m&#233;dias impose &#233;galement de repenser la r&#233;gulation des contenus. Les fronti&#232;res entre t&#233;l&#233;vision, plateformes num&#233;riques, r&#233;seaux sociaux et nouveaux m&#233;dias s'effacent progressivement tandis que l'information et les productions culturelles circulent d&#233;sormais majoritairement par des canaux num&#233;riques &#233;chappant aux cadres traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le S&#233;n&#233;gal pourrait envisager une &#233;volution du Conseil national de R&#233;gulation de l'Audiovisuel (CNRA) vers une autorit&#233; adapt&#233;e &#224; l'&#232;re num&#233;rique et audiovisuelle, capable d'encadrer les plateformes num&#233;riques, prot&#233;ger les publics, pr&#233;server la diversit&#233; culturelle, accompagner les industries cr&#233;atives et garantir un espace informationnel responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique repose &#233;galement sur la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; ma&#238;triser son patrimoine informationnel. La donn&#233;e est devenue une ressource strat&#233;gique n&#233;cessitant une gouvernance claire int&#233;grant sa production, son exploitation, ses infrastructures et sa protection. Dans cette architecture, l'Agence nationale de la Statistique et de la D&#233;mographie (ANSD) doit renforcer son r&#244;le de r&#233;f&#233;rence nationale dans la production, la qualit&#233;, la structuration et la valorisation des donn&#233;es indispensables &#224; la connaissance du pays et au pilotage des politiques publiques. L'enjeu n'est plus seulement de produire des statistiques mais de b&#226;tir une v&#233;ritable intelligence nationale fond&#233;e sur des donn&#233;es fiables, structur&#233;es, semi structur&#233;s, non structur&#233;es et exploitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique S.A., elle doit, conform&#233;ment &#224; l'article 2 de la loi n&#176; 2022-08 du 19 janvier 2022 portant sa cr&#233;ation, pleinement exercer son r&#244;le de ma&#238;tre d'ouvrage (MOA) num&#233;rique de l'&#201;tat. &#192; ce titre, elle doit veiller aux installations, donner son quitus sur chaque appel d'offres, assurer le suivi et la bonne ex&#233;cution des ressources techniques et financi&#232;res des travaux transversaux de l'&#201;tat tout en garantissant la coh&#233;rence du syst&#232;me d'information public, la mutualisation des infrastructures et plateformes num&#233;riques, l'interop&#233;rabilit&#233; des syst&#232;mes et l'accompagnement des administrations dans leur transformation num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capacit&#233;s num&#233;riques nationales de l'Intranet administratif doivent ainsi r&#233;pondre prioritairement aux besoins de l'administration et aux enjeux strat&#233;giques nationaux. Leur valorisation commerciale ne devrait intervenir qu'apr&#232;s satisfaction de ces besoins afin de pr&#233;server la s&#233;curit&#233; des donn&#233;es publiques, l'autonomie technologique et la coh&#233;rence du patrimoine num&#233;rique national, conform&#233;ment toujours &#224; l'article 2 de la loi n&#176; 2022-08 du 19 janvier 2022 portant cr&#233;ation de S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique S.A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission de Protection des Donn&#233;es Personnelles (CDP) constitue un pilier essentiel de cette architecture. Dans un contexte o&#249; les donn&#233;es deviennent une ressource strat&#233;gique et o&#249; l'IA transforme les usages num&#233;riques, la protection de la vie priv&#233;e, la s&#233;curit&#233; des traitements et la confiance des citoyens deviennent des enjeux majeurs. Le S&#233;n&#233;gal pourrait ainsi envisager une &#233;volution de la Commission des Donn&#233;es Personnelles (CDP) vers une Autorit&#233; de la Confiance Num&#233;rique et de la Protection des Donn&#233;es dot&#233;e d'un champ d'intervention &#233;largi couvrant la protection des donn&#233;es personnelles, la gouvernance responsable des donn&#233;es, les enjeux li&#233;s aux algorithmes, &#224; l'IA et aux nouveaux usages num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction d'un num&#233;rique souverain n&#233;cessite &#233;galement une instance nationale capable de porter une vision strat&#233;gique, d'assurer la coh&#233;rence des politiques publiques et d'anticiper les grandes &#233;volutions technologiques. Dans cette perspective, le S&#233;n&#233;gal pourrait renforcer le r&#244;le du Conseil National du Num&#233;rique (CNN) afin d'en faire un v&#233;ritable organe de prospective, d'orientation et d'&#233;valuation des politiques num&#233;riques nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CNN aurait pour mission d'&#233;clairer les choix strat&#233;giques de l'&#201;tat sur les enjeux li&#233;s aux donn&#233;es, &#224; l'IA, aux technologies &#233;mergentes, au cloud, &#224; la cybers&#233;curit&#233;, aux infrastructures critiques et &#224; la souverainet&#233; technologique. Il constituerait &#233;galement un cadre permanent de concertation entre l'&#201;tat, les acteurs publics, le secteur priv&#233;, le monde acad&#233;mique, les startups et la soci&#233;t&#233; civile. Et, sans se substituer aux autorit&#233;s de r&#233;gulation ou aux op&#233;rateurs publics, le Conseil National du Num&#233;rique jouerait un r&#244;le d'alignement, d'anticipation et de coordination permettant au S&#233;n&#233;gal de passer d'une succession d'initiatives num&#233;riques &#224; une v&#233;ritable politique nationale int&#233;gr&#233;e du num&#233;rique souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle architecture repose sur une compl&#233;mentarit&#233; institutionnelle claire. L'ARTP assure la r&#233;gulation des infrastructures et des services num&#233;riques ; le CNRA accompagne la r&#233;gulation des contenus et de l'espace informationnel ; l'ANSD garantit la connaissance nationale par la donn&#233;e ; S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique S.A. construit et coordonne les capacit&#233;s num&#233;riques de l'&#201;tat ; la CDP prot&#232;ge les citoyens et renforce la confiance num&#233;rique ; le FDSUT, appel&#233; &#224; &#233;voluer vers un Fonds de Souverainet&#233; et d'Innovation Num&#233;riques (FSIN), soutient le d&#233;veloppement des infrastructures, de l'innovation et de l'inclusion num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette architecture doit &#233;galement &#234;tre associ&#233; un Conseil National du Num&#233;rique (CNN), instance strat&#233;gique de r&#233;flexion, de coordination et d'orientation, charg&#233; d'accompagner l'&#201;tat dans la d&#233;finition des grandes politiques num&#233;riques, d'anticiper les ruptures technologiques et de garantir la coh&#233;rence globale de la transformation num&#233;rique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;rique est d&#233;sormais un enjeu de d&#233;veloppement &#233;conomique, de s&#233;curit&#233; nationale et d'ind&#233;pendance strat&#233;gique. Un pays peut &#234;tre fortement connect&#233; tout en demeurant technologiquement d&#233;pendant s'il ne ma&#238;trise pas ses donn&#233;es, ses infrastructures critiques et ses outils num&#233;riques strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parachever cette vision strat&#233;gique et r&#233;pondre aux exigences d'une souverainet&#233; num&#233;rique pleinement op&#233;rationnelle, la transition vers un Code du num&#233;rique souverain doit int&#233;grer deux leviers indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, le financement endog&#232;ne et la fiscalit&#233; des plateformes constituent un socle incontournable. La souverainet&#233; ne se d&#233;cr&#232;te pas sans ressources financi&#232;res autonomes. Le S&#233;n&#233;gal doit &#233;largir l'assiette fiscale pour inclure de mani&#232;re efficiente les grands acteurs mondiaux du num&#233;rique et les plateformes qui tirent profit du march&#233; s&#233;n&#233;galais sans y domicilier une juste contribution fiscale. Coupl&#233; &#224; la mobilisation de l'&#233;pargne locale et &#224; des partenariats strat&#233;giques &#233;quilibr&#233;s, ce mod&#232;le permettra d'alimenter durablement le Fonds de Souverainet&#233; et d'Innovation Num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, un calendrier de mise en &#339;uvre phas&#233; est n&#233;cessaire pour transformer cette ambition en feuille de route concr&#232;te. L'&#201;tat pourrait structurer le projet en trois &#233;tapes distinctes. La premi&#232;re phase, d'une dur&#233;e de six mois, serait d&#233;di&#233;e au lancement des assises nationales et &#224; l'adoption du cadre juridique du Code du num&#233;rique souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me phase, sur douze mois, permettrait d'op&#233;rer la restructuration institutionnelle, mat&#233;rialis&#233;e par la mutation de l'ARTP en Autorit&#233; du Num&#233;rique et des Donn&#233;es et du FDSUT en Fonds de Souverainet&#233; et d'Innovation Num&#233;riques, tout en renfor&#231;ant le Conseil National du Num&#233;rique. Enfin, la troisi&#232;me phase, s'&#233;talant sur vingt-quatre mois, assurerait le d&#233;ploiement effectif des infrastructures critiques, la mise en conformit&#233; des administrations et la pleine op&#233;rationnalisation de la gouvernance des donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prochaine &#233;tape pour le S&#233;n&#233;gal n'est donc plus seulement de connecter davantage mais de ma&#238;triser davantage ses infrastructures num&#233;riques, ses donn&#233;es strat&#233;giques et ses technologies critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Code des communications &#233;lectroniques a permis au S&#233;n&#233;gal d'entrer dans l'&#232;re num&#233;rique. Le Code du num&#233;rique souverain doit d&#233;sormais lui permettre de construire son propre avenir en renfor&#231;ant la ma&#238;trise de ses infrastructures, de ses donn&#233;es et de ses technologies afin de faire du num&#233;rique un v&#233;ritable levier de souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elhadji Wack Ndiaye&lt;br class='autobr' /&gt;
Expert en politiques publiques num&#233;riques, gouvernance des syst&#232;mes d'information, transformation num&#233;rique et innovation publique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Social Net Link&lt;/a&gt;, 11 ao&#251;t 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
