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	<title>OSIRIS</title>
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	<description>Osiris sensibilise, informe et produit des analyses sur tous les sujets relatifs &#224; l'utilisation et &#224; l'appropriation des technologies de l'information et de la communication au S&#233;n&#233;gal et en Afrique.</description>
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		<title>OSIRIS</title>
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		<title>Le nouveau colonialisme des donn&#233;es</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand vous lancez une recherche sur Google, le moteur de recherche vous propose en priorit&#233; un r&#233;sum&#233; synth&#233;tis&#233; par Google AI Overviews avant que ne d&#233;filent ensuite les sites et supports ayant trait&#233; le sujet objet de votre requ&#234;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les outils comme Google AI Overviews r&#233;sument des informations sourc&#233;es par des m&#233;dias africains sans jamais rediriger le trafic vers eux. C'est un coup de gr&#226;ce pour des r&#233;dactions qui peinent d&#233;j&#224; &#224; mon&#233;tiser leur production en ligne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-109-a56a4.jpg?1784893900' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand vous lancez une recherche sur Google, le moteur de recherche vous propose en priorit&#233; un r&#233;sum&#233; synth&#233;tis&#233; par Google AI Overviews avant que ne d&#233;filent ensuite les sites et supports ayant trait&#233; le sujet objet de votre requ&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les outils comme Google AI Overviews r&#233;sument des informations sourc&#233;es par des m&#233;dias africains sans jamais rediriger le trafic vers eux. C'est un coup de gr&#226;ce pour des r&#233;dactions qui peinent d&#233;j&#224; &#224; mon&#233;tiser leur production en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les g&#233;ants de la Tech se livrent une guerre sans merci pour dominer le march&#233; de l'intelligence artificielle, une injustice silencieuse se trame. Les chatbots les plus puissants du monde apprennent &#224; r&#233;pondre &#224; nos questions en ingurgitant des milliards de contenus, dont figurent les productions des m&#233;dias africains. Mais &#224; l'heure des comptes, le continent est syst&#233;matiquement exclu du partage des b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; dit et redit&#8230; Aux &#201;tats-Unis, des dizaines de journaux poursuivent OpenAI et Microsoft. &#192; New York, des g&#233;ants de l'&#233;dition ont attaqu&#233; Google en justice. Meta et Anthropic sont &#233;galement sur le banc des accus&#233;s pour avoir utilis&#233; sans autorisation des &#339;uvres prot&#233;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maison d'&#233;dition Anthropic a m&#234;me d&#251; conclure un accord historique de 861 milliards de francs Cfa (1,5 milliard de dollars) pour indemniser des auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, des accords de licence se n&#233;gocient : Axel Springer, Le Monde, le Financial Times ont tous sign&#233; des contrats juteux avec les entreprises d'IA, pour des montants allant de 574 millions &#224; 2,87 milliards de francs Cfa (1 &#224; 5 millions de dollars) par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, en Afrique, le silence est assourdissant. Aucune maison de presse du continent, &#224; l'exception peut-&#234;tre de quelques timides tentatives en Afrique du Sud, n'a &#233;t&#233; publiquement mentionn&#233;e dans un accord de licence avec Google, OpenAI ou d'autres mastodontes de l'IA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une exclusion qui n'a rien d'anodin. Car si les contrats ne sont pas sign&#233;s, les contenus, eux, sont bel et bien aspir&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation d&#233;sastreuse s'explique par un faisceau de vuln&#233;rabilit&#233;s. Manque d'infrastructures techniques, syst&#232;mes de gestion de contenu obsol&#232;tes, absence de strat&#233;gies de mon&#233;tisation&#8230; Mais le talon d'Achille reste le vide juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'Union europ&#233;enne, qui dispose du Digital Markets Act, ou &#224; l'Australie avec son News Media Bargaining Code, la plupart des pays africains ne poss&#232;dent pas de lois sur le droit d'auteur ou les droits voisins assez solides pour contraindre les Gafam (Google, Apple, Facebook devenu Meta, Amazon et Microsoft) &#224; n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, la prise de conscience est en marche. L'Institut Panos Afrique de l'Ouest, en collaboration avec l'Unesco, m&#232;ne un plaidoyer pour une r&#233;forme l&#233;gislative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son coordonnateur m&#233;dias pour l'Afrique de l'Ouest, le Dr Birame Faye, propose d'examiner les cadres existants et d'adopter de nouvelles dispositions pour prot&#233;ger la cr&#233;ation de contenus. Il appelle m&#234;me &#224; un combat &#224; l'&#233;chelle sous-r&#233;gionale, aupr&#232;s de l'Uemoa et de la Cedeao, pour faire face &#224; la puissance des Gafam. Il estime que la voie du r&#232;glement communautaire est la plus pertinente vu que la transposition de r&#232;gles juridiques au niveau des &#201;tats prend du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nig&#233;ria vient de donner un signal fort en ordonnant une enqu&#234;te contre Meta, X et des entreprises d'IA pour &#171; grattage &#187; illicite de contenus. Il s'inspire du pr&#233;c&#233;dent sud-africain, o&#249; Google a accept&#233; de verser environ 22,96 milliards de francs Cfa (40 millions de dollars) par an pour soutenir la presse locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose est aussi celle de la souverainet&#233; culturelle. Comme le r&#233;sume un rapport de l'Observatoire culturel sud-africain : &#171; Nous sommes vraiment au bord d'un nouveau colonialisme des donn&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une source cit&#233;e dans le m&#234;me rapport met en garde : &#171; Si nous ne prenons pas position, nous allons simplement &#234;tre au bout d'un nouveau colonialisme qui extrait &#224; nouveau toute la valeur de l'Afrique et de sa culture, et nous devons y mettre un terme rapidement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu d&#233;passe de loin le simple cadre financier. Il s'agit de savoir qui racontera l'histoire du continent, &#224; travers quels prismes et pour quel profit. Les mod&#232;les d'IA entra&#238;n&#233;s sans donn&#233;es africaines diversifi&#233;es risquent de perp&#233;tuer des biais et d'invisibiliser les r&#233;alit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; des licences pour l'IA est projet&#233; &#224; 38 745 milliards de francs Cfa (67,5 milliards de dollars) d'ici &#224; 2030. L'Afrique ne peut pas se permettre d'en &#234;tre absente. Ce n'est pas seulement une question d'argent, c'est une question de survie pour son journalisme et son identit&#233; culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samboudian Kamara&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : [Social Net Link-&gt;&lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.socialnetlink.org/&lt;/a&gt;), 23 juillet 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Orange Money : comment une approche excessivement prudente du cr&#233;dit peut affaiblir la fid&#233;lisation du client</title>
		<link>https://osiris.sn/orange-money-comment-une-approche-excessivement-prudente-du-credit-peut.html</link>
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		<dc:date>2026-07-17T16:58:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I. UNE EXP&#201;RIENCE PRATIQUE QUI REVEL&#200; LES LIMITES DU SYST&#200;ME AUTOMATIQUE &lt;br class='autobr' /&gt;
En tant qu'ancien Account Executive chez Flash Bank, j'ai souhait&#233; observer le fonctionnement du cr&#233;dit propos&#233; par Orange Money &#224; travers une utilisation r&#233;elle du service. Apr&#232;s plusieurs remboursements effectu&#233;s correctement, j'ai volontairement accus&#233; un retard de trois semaines sur un cr&#233;dit de 50 000 F CFA. D&#232;s qu'un versement de 150 000 F CFA a &#233;t&#233; effectu&#233; sur mon compte, le syst&#232;me a imm&#233;diatement et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-108-04ed9.jpg?1784307945' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. UNE EXP&#201;RIENCE PRATIQUE QUI REVEL&#200; LES LIMITES DU SYST&#200;ME AUTOMATIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'ancien Account Executive chez Flash Bank, j'ai souhait&#233; observer le fonctionnement du cr&#233;dit propos&#233; par Orange Money &#224; travers une utilisation r&#233;elle du service. Apr&#232;s plusieurs remboursements effectu&#233;s correctement, j'ai volontairement accus&#233; un retard de trois semaines sur un cr&#233;dit de 50 000 F CFA. D&#232;s qu'un versement de 150 000 F CFA a &#233;t&#233; effectu&#233; sur mon compte, le syst&#232;me a imm&#233;diatement et automatiquement r&#233;cup&#233;r&#233; les sommes dues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode de blocage d'environ un mois, une nouvelle offre de cr&#233;dit de 25 000 F CFA m'a &#233;t&#233; propos&#233;e. Ce montant a &#233;t&#233; rembours&#233; rapidement et ma limite a ensuite &#233;t&#233; port&#233;e &#224; 27 000 F CFA. N'ayant besoin que de 7 000 F CFA, j'ai choisi de n'utiliser qu'une partie de cette capacit&#233; de tirage. Une fois ce micro-cr&#233;dit rembours&#233;, l'algorithme a stupidement brid&#233; ma ligne &#224; seulement 7 000 F CFA au lieu de mes 27 000 F CFA initiaux, illustrant une incompr&#233;hension totale de la dynamique client.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. LA GESTION DU RISQUE NE DOIT PAS &#201;CRASER LA FID&#201;LISATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un algorithme trop prudent d&#233;truit la valeur client. En finance, la solvabilit&#233; s'&#233;value sur la dur&#233;e, pas sur un incident isol&#233;. Une v&#233;ritable ligne de cr&#233;dit doit inciter &#224; l'usage via des remboursements flexibles (comme un paiement minimum) plut&#244;t que par un blocage binaire. Punir le client au moindre d&#233;calage de tr&#233;sorerie pousse les profils solvables vers la concurrence et ruine la fid&#233;lisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. LE SUCC&#200;S REPOSE SUR L'ADOPTION ET LA CONFIANCE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les leaders de la fintech ont b&#226;ti leur croissance sur l'effet de r&#233;seau et non sur les restrictions :&lt;br class='autobr' /&gt; M-Pesa (Kenya) : a mis&#233; sur un r&#233;seau d'agents de confiance pour d&#233;mocratiser l'acc&#232;s financier.&lt;br class='autobr' /&gt; Alipay &amp; WeChat Pay (Chine) : ont r&#233;ussi gr&#226;ce &#224; un paiement invisible int&#233;gr&#233; au quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt; Revolut : a d&#233;pass&#233; les banques traditionnelles par sa flexibilit&#233; et une exp&#233;rience sans friction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. VERS UNE NOUVELLE G&#201;N&#201;RATION DE CR&#201;DIT MOBILE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir du cr&#233;dit mobile passe par l'agilit&#233; technologique et l'int&#233;gration des stablecoins r&#233;glement&#233;s (sous le cadre MiCA). En s'inspirant de mod&#232;les comme Revolut, le mobile money doit &#233;voluer vers un scoring intelligent et inclusif. L'algorithme ne doit plus seulement servir &#224; exclure par le risque, mais &#224; fid&#233;liser en r&#233;compensant la valeur historique du client.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum&lt;br class='autobr' /&gt;
Economiste h&#233;t&#233;rodoxe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 17 juillet 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Afrique face &#224; l'Intelligence Artificielle : une gouvernance au service du d&#233;veloppement, de la souverainet&#233; et de la cybers&#233;curit&#233;</title>
		<link>https://osiris.sn/l-afrique-face-a-l-intelligence-artificielle-une-gouvernance-au-service-du.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/l-afrique-face-a-l-intelligence-artificielle-une-gouvernance-au-service-du.html</guid>
		<dc:date>2026-07-14T23:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; chaque r&#233;volution technologique, une m&#234;me question se pose : faut-il r&#233;guler pour prot&#233;ger ou innover pour acc&#233;l&#233;rer ? Si l'Europe privil&#233;gie une approche fond&#233;e sur la ma&#238;trise des risques et que les &#201;tats-Unis misent largement sur les dynamiques du march&#233;, l'Afrique explore une troisi&#232;me voie. Le continent consid&#232;re l'intelligence artificielle non seulement comme une technologie strat&#233;gique, mais aussi comme un catalyseur de d&#233;veloppement, de souverainet&#233; num&#233;rique et de r&#233;silience. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-107-446fd.jpg?1784120243' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; chaque r&#233;volution technologique, une m&#234;me question se pose : faut-il r&#233;guler pour prot&#233;ger ou innover pour acc&#233;l&#233;rer ? Si l'Europe privil&#233;gie une approche fond&#233;e sur la ma&#238;trise des risques et que les &#201;tats-Unis misent largement sur les dynamiques du march&#233;, l'Afrique explore une troisi&#232;me voie. Le continent consid&#232;re l'intelligence artificielle non seulement comme une technologie strat&#233;gique, mais aussi comme un catalyseur de d&#233;veloppement, de souverainet&#233; num&#233;rique et de r&#233;silience. Entre ambitions &#233;conomiques, imp&#233;ratifs de cybers&#233;curit&#233; et enjeux de gouvernance, une vision originale d'un cadre de gouvernance de l'IA est en train d'&#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parier sur l'innovation plut&#244;t que sur la contrainte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure que l'Union europ&#233;enne d&#233;ploie progressivement les exigences de son AI Act et que les &#201;tats-Unis privil&#233;gient une approche largement port&#233;e par l'innovation et le march&#233;, les pays africains &#233;laborent une trajectoire originale. Loin d'&#234;tre un simple retard r&#233;glementaire, cette &#233;volution traduit une r&#233;flexion strat&#233;gique : faire de la gouvernance de l'intelligence artificielle un instrument de d&#233;veloppement &#233;conomique, de souverainet&#233; num&#233;rique et de transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte marqu&#233; par une croissance d&#233;mographique soutenue, des besoins importants en infrastructures et une acc&#233;l&#233;ration de la transformation num&#233;rique, plusieurs &#201;tats africains consid&#232;rent l'intelligence artificielle non comme une technologie &#224; contenir, mais comme un acc&#233;l&#233;rateur susceptible de r&#233;pondre &#224; des d&#233;fis structurels. Cette approche est d&#233;sormais encourag&#233;e par la Strat&#233;gie continentale de l'Union africaine sur l'intelligence artificielle (2025-2030), qui vise &#224; promouvoir une IA &#233;thique, inclusive et adapt&#233;e aux r&#233;alit&#233;s du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; leapfrogging &#187; : acc&#233;l&#233;rer le d&#233;veloppement gr&#226;ce &#224; l'IA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des sp&#233;cificit&#233;s du continent r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; adopter rapidement des technologies &#233;mergentes sans reproduire toutes les &#233;tapes de d&#233;veloppement des &#233;conomies industrialis&#233;es. Ce ph&#233;nom&#232;ne, souvent qualifi&#233; de leapfrogging (saut technologique), s'est d&#233;j&#224; illustr&#233; avec le d&#233;veloppement des services financiers mobiles. L'intelligence artificielle constitue aujourd'hui une nouvelle opportunit&#233; d'acc&#233;l&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers cas d'usage se concentrent sur des secteurs &#224; fort impact socio-&#233;conomique :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Agriculture, avec des mod&#232;les pr&#233;dictifs destin&#233;s &#224; optimiser les rendements, anticiper les &#233;pisodes de s&#233;cheresse et am&#233;liorer la gestion des ressources naturelles ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sant&#233;, gr&#226;ce aux syst&#232;mes d'aide au diagnostic, &#224; la t&#233;l&#233;m&#233;decine et &#224; l'analyse automatis&#233;e d'images m&#233;dicales dans des r&#233;gions o&#249; les professionnels de sant&#233; demeurent insuffisamment nombreux ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Finance, o&#249; l'IA facilite l'inclusion financi&#232;re via l'&#233;valuation alternative du risque de cr&#233;dit et le d&#233;veloppement de nouveaux services num&#233;riques.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette logique privil&#233;gie une innovation directement orient&#233;e vers la r&#233;solution de probl&#233;matiques concr&#232;tes plut&#244;t qu'une adoption centr&#233;e sur la seule performance technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique comme fondement de la strat&#233;gie africaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des usages, les d&#233;bats africains sur l'intelligence artificielle s'inscrivent dans une r&#233;flexion plus large sur la souverainet&#233; num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es, de nombreux chercheurs &#233;voquent le concept de &#171; colonialisme algorithmique &#187; pour d&#233;crire une situation dans laquelle les donn&#233;es, les infrastructures de calcul, les mod&#232;les d'IA et la valeur &#233;conomique associ&#233;e demeurent principalement contr&#244;l&#233;s par des acteurs &#233;trangers. Le risque est de voir le continent devenir un simple fournisseur de donn&#233;es ou de main-d'&#339;uvre num&#233;rique sans b&#233;n&#233;ficier pleinement de la richesse cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette r&#233;alit&#233;, plusieurs strat&#233;gies nationales mettent l'accent sur :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le d&#233;veloppement d'infrastructures num&#233;riques locales ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la valorisation &#233;conomique des donn&#233;es produites sur le continent ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'&#233;mergence de centres de calcul r&#233;gionaux ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le soutien &#224; la recherche africaine en intelligence artificielle ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le d&#233;veloppement de mod&#232;les de langage int&#233;grant les langues et les contextes culturels africains.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette orientation vise &#224; r&#233;duire les d&#233;pendances technologiques tout en renfor&#231;ant les capacit&#233;s locales d'innovation (voir mon article : Souverainet&#233; num&#233;rique &#224; l'&#232;re du nationalisme &#233;conomique : une perspective cyber-s&#233;curitaire sur les mesures commerciales de Trump en 2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une gouvernance pragmatique et &#233;volutive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; une id&#233;e parfois r&#233;pandue, la plupart des &#201;tats africains ne cherchent pas &#224; reproduire int&#233;gralement les mod&#232;les r&#233;glementaires europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche privil&#233;gi&#233;e consiste davantage &#224; renforcer progressivement les cadres juridiques existants, notamment ceux relatifs &#224; la protection des donn&#233;es personnelles, &#224; la cybers&#233;curit&#233;, aux t&#233;l&#233;communications ou aux services financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie pr&#233;sente plusieurs avantages :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; limiter la cr&#233;ation de nouvelles structures administratives ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; favoriser une mont&#233;e en comp&#233;tence progressive des autorit&#233;s nationales ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; accompagner l'innovation sans freiner l'&#233;mergence des &#233;cosyst&#232;mes locaux.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs pays, notamment le Kenya, le Rwanda, le Nigeria, l'Afrique du Sud ou encore le Maroc, d&#233;veloppent actuellement leurs propres feuilles de route nationales en mati&#232;re d'intelligence artificielle, tout en participant aux travaux r&#233;gionaux pilot&#233;s par l'Union africaine et diff&#233;rentes communaut&#233;s &#233;conomiques r&#233;gionales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette diversit&#233; t&#233;moigne d'un paysage r&#233;glementaire encore en construction, mais anim&#233; par une volont&#233; commune de concilier innovation, protection des citoyens et d&#233;veloppement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cybers&#233;curit&#233; et intelligence artificielle : un enjeu strat&#233;gique pour le continent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor de l'intelligence artificielle place &#233;galement la cybers&#233;curit&#233; au c&#339;ur des priorit&#233;s africaines. &#192; mesure que les administrations, les &#233;tablissements financiers, les op&#233;rateurs de t&#233;l&#233;communications et les infrastructures critiques adoptent des solutions fond&#233;es sur l'IA, la surface d'attaque num&#233;rique s'&#233;largit consid&#233;rablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations africaines sont confront&#233;es &#224; une nouvelle g&#233;n&#233;ration de menaces :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; attaques assist&#233;es par l'intelligence artificielle ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; campagnes de phishing hyper-personnalis&#233;es ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; usurpation d'identit&#233; via les technologies de deepfake ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; automatisation des attaques contre les infrastructures critiques ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; manipulation des mod&#232;les d'IA par empoisonnement des donn&#233;es (data poisoning) ou attaques adversariales.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, l'intelligence artificielle constitue un formidable levier pour renforcer les capacit&#233;s de d&#233;fense cyber. Les centres op&#233;rationnels de s&#233;curit&#233; (SOC) commencent &#224; int&#233;grer des outils d'analyse comportementale, de d&#233;tection d'anomalies, d'automatisation de la r&#233;ponse aux incidents et de priorisation des alertes. Ces technologies permettent de compenser partiellement la p&#233;nurie de comp&#233;tences en cybers&#233;curit&#233; observ&#233;e dans de nombreux pays africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution suppose n&#233;anmoins une gouvernance robuste. La s&#233;curisation des jeux de donn&#233;es, la protection des mod&#232;les d'IA, la ma&#238;trise des cha&#238;nes d'approvisionnement logicielles (AI Supply Chain Security), la gestion des risques li&#233;s aux mod&#232;les de fondation (Foundation Models) ainsi que la conformit&#233; aux r&#233;f&#233;rentiels internationaux (ISO 42001, ISO 23894, cadre du NIST AI Risk Management Framework, ou encore les recommandations de l'OWASP pour les LLM) deviennent progressivement des composantes essentielles des strat&#233;gies nationales de cybers&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Afrique, l'enjeu d&#233;passe donc la simple adoption de l'intelligence artificielle : il s'agit de b&#226;tir une cyber-r&#233;silience de confiance, capable d'accompagner durablement la transformation num&#233;rique du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une troisi&#232;me voie de la gouvernance mondiale de l'IA ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience africaine montre qu'il n'existe pas un mod&#232;le unique de gouvernance de l'intelligence artificielle. Entre une approche europ&#233;enne principalement fond&#233;e sur la ma&#238;trise des risques et une approche am&#233;ricaine davantage orient&#233;e vers l'innovation, le continent africain explore une voie o&#249; la gouvernance, qui pourrait &#234;tre une r&#233;gulation, devient un levier de d&#233;veloppement, de souverainet&#233; num&#233;rique et de r&#233;silience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de cette strat&#233;gie d&#233;pendra toutefois de plusieurs facteurs : le renforcement des infrastructures num&#233;riques, le d&#233;veloppement des comp&#233;tences locales, l'investissement dans la recherche, l'am&#233;lioration des capacit&#233;s de cybers&#233;curit&#233; et l'&#233;mergence d'un &#233;cosyst&#232;me capable de produire ses propres donn&#233;es, mod&#232;les et solutions technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces conditions sont r&#233;unies, l'Afrique pourrait non seulement acc&#233;l&#233;rer sa transformation num&#233;rique, mais &#233;galement contribuer &#224; fa&#231;onner une gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle plus inclusive, mieux adapt&#233;e aux r&#233;alit&#233;s des &#233;conomies &#233;mergentes et fond&#233;e sur un &#233;quilibre entre innovation, s&#233;curit&#233;, &#233;thique et souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fadhel GHAJATI, Manager GRC chez METSYS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://cio-mag.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CIO Mag&lt;/a&gt;, 14 juillet 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au-del&#224; de l'effet d'annonce : comment r&#233;ussir le New Deal Technologique, ce cha&#238;non manquant des politiques publiques</title>
		<link>https://osiris.sn/au-dela-de-l-effet-d-annonce-comment-reussir-le-new-deal-technologique-ce.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les strat&#233;gies nationales ant&#233;rieures en mati&#232;re de num&#233;rique ont mis en &#233;vidence une limite structurelle r&#233;currente : le d&#233;calage entre l'ambition des visions strat&#233;giques et l'effectivit&#233; de leur mise en &#339;uvre. Si les orientations &#233;taient, dans l'ensemble, pertinentes, leur ex&#233;cution a souvent &#233;t&#233; entrav&#233;e par une gouvernance insuffisamment int&#233;gr&#233;e, la fragmentation des initiatives, la faiblesse de la coordination interinstitutionnelle, l'absence de m&#233;canismes robustes de pilotage, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-106-a7463.jpg?1784059842' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les strat&#233;gies nationales ant&#233;rieures en mati&#232;re de num&#233;rique ont mis en &#233;vidence une limite structurelle r&#233;currente : le d&#233;calage entre l'ambition des visions strat&#233;giques et l'effectivit&#233; de leur mise en &#339;uvre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les orientations &#233;taient, dans l'ensemble, pertinentes, leur ex&#233;cution a souvent &#233;t&#233; entrav&#233;e par une gouvernance insuffisamment int&#233;gr&#233;e, la fragmentation des initiatives, la faiblesse de la coordination interinstitutionnelle, l'absence de m&#233;canismes robustes de pilotage, de suivi-&#233;valuation et de redevabilit&#233; ainsi qu'un alignement insuffisant entre les priorit&#233;s strat&#233;giques, les ressources financi&#232;res, les capacit&#233;s techniques et les comp&#233;tences humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela se sont ajout&#233;es une mobilisation parfois insuffisante des financements, une appropriation in&#233;gale par les parties prenantes, une ex&#233;cution irr&#233;guli&#232;re des projets et des difficult&#233;s &#224; assurer leur p&#233;rennisation et leur passage &#224; l'&#233;chelle. Ces insuffisances ont limit&#233; la coh&#233;rence de l'action publique et ralenti la transformation num&#233;rique pourtant port&#233;e par ces diff&#233;rentes strat&#233;gies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Strat&#233;gie Nationale Num&#233;rique 2025 (SN2025) en constitue une illustration significative. Si elle a permis de poser des jalons essentiels, son d&#233;ploiement a &#233;t&#233; marqu&#233; par une ex&#233;cution segment&#233;e, un portage politique parfois dilu&#233; et une difficult&#233; persistante &#224; traduire les ambitions en impacts mesurables pour les usagers. Cette exp&#233;rience confirme une r&#233;alit&#233; centrale : la planification ne produit pas d'effets sans une gouvernance d&#233;di&#233;e et un pilotage rigoureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment cette rupture que doit incarner le New Deal Technologique. Au-del&#224; d'un simple programme sectoriel, cette nouvelle strat&#233;gie nationale doit s'imposer comme un projet global de reconfiguration de l'&#201;tat, de l'&#233;conomie et du contrat social &#224; l'&#232;re num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En appelant, lors du Conseil des ministres du 17 juin 2026, &#224; une &#233;valuation rigoureuse et &#224; une acc&#233;l&#233;ration de la mise en &#339;uvre du New Deal Technologique, le Pr&#233;sident Bassirou Diomaye Faye pose un acte de gouvernance particuli&#232;rement structurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette orientation a &#233;t&#233; imm&#233;diatement relay&#233;e par M. Samba Diouf, ministre des T&#233;l&#233;communications et du Num&#233;rique, qui, d&#232;s sa prise de fonction le 30 juin 2026, en a fait l'axe central de son mandat. En affirmant que le d&#233;fi consiste d&#233;sormais &#224; transformer les ambitions en r&#233;sultats concrets et mesurables, le ministre s'inscrit dans le prolongement direct de la vision pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette convergence traduit une volont&#233; claire d'inscrire l'action publique dans une logique d'ex&#233;cution, de performance et d'impact. Elle refl&#232;te une compr&#233;hension d&#233;sormais d&#233;terminante dans les politiques publiques contemporaines : la valeur d'une strat&#233;gie ne se mesure pas &#224; sa seule formulation mais &#224; sa capacit&#233; &#224; produire des effets tangibles, v&#233;rifiables et durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l' insistance sur l'&#233;valuation et le suivi est d'autant plus l&#233;gitime qu'elle intervient 18 ans apr&#232;s son lancement. Il est d&#233;sormais imp&#233;ratif d'obtenir une visibilit&#233; totale sur sa performance r&#233;elle. L'&#201;tat, en tant que garant de la strat&#233;gie, ne peut plus se satisfaire de simples d&#233;clarations d'intention. Il est en droit d'exiger une visibilit&#233; sur quatre dimensions critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re des T&#233;l&#233;communications et du Num&#233;rique doit s'engager sur un Plan de Travail Annuel (PTA) ambitieux, adoss&#233; &#224; un tableau de bord strat&#233;gique de suivi des indicateurs cl&#233;s de performance (KPIs), permettant un monitoring en temps r&#233;el des avanc&#233;es du New Deal Technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un reporting mensuel doit syst&#233;matiquement produit et soumis au Ministre de la tutelle et pr&#233;sent&#233; au Conseil des ministres. Ce dispositif sera compl&#233;t&#233; par la mise en place d'un Comit&#233; interminist&#233;riel de pilotage charg&#233; d'assurer la coordination entre les diff&#233;rents d&#233;partements et de lever les &#233;ventuels blocages. Des revues trimestrielles d'&#233;valuation des r&#233;sultats, avec publication d'un rapport public de progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoption d'une plateforme num&#233;rique int&#233;gr&#233;e de suivi et de gestion des projets pour une plus grande transparence et tra&#231;abilit&#233;. Un m&#233;canisme de redevabilit&#233; claire associant l'administration, le secteur priv&#233;, les partenaires techniques et financiers, ainsi que la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces outils et m&#233;canismes permettront non seulement d'assurer une ex&#233;cution rigoureuse mais aussi de renforcer la culture de r&#233;sultats et d'impact au sein de l'&#201;tat tout en garantissant une transparence accrue vis-&#224;-vis des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat, en tant que garant de la strat&#233;gie doit d&#233;sormais disposer d'une visibilit&#233; compl&#232;te sur la performance r&#233;elle du New Deal Technologique. Cette exigence repose sur quatre dimensions essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, le taux d'ex&#233;cution des projets doit &#234;tre mesur&#233; de mani&#232;re pr&#233;cise &#224; travers le rythme de d&#233;ploiement, le taux de d&#233;caissement et le respect des calendriers. Cela permet d'identifier les blocages structurels et les points de friction institutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la performance &#233;conomique doit &#234;tre &#233;valu&#233;e en termes de contribution effective au PIB, de cr&#233;ation de valeur ajout&#233;e dans le secteur num&#233;rique, d'optimisation de la productivit&#233; et de mobilisation des recettes fiscales issues de l'&#233;conomie digitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'impact pour l'usager constitue un indicateur central. Il s'appr&#233;cie &#224; travers l'adoption r&#233;elle des services publics num&#233;riques, la satisfaction des populations et la r&#233;duction effective des d&#233;lais administratifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la souverainet&#233; num&#233;rique doit &#234;tre suivie de mani&#232;re rigoureuse, notamment &#224; travers la r&#233;duction de la d&#233;pendance technologique, la part d'h&#233;bergement local des donn&#233;es, la ma&#238;trise des infrastructures critiques et la mont&#233;e en comp&#233;tence des ressources humaines nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique de redevabilit&#233; constitue le socle de la confiance publique. Elle permet de distinguer les initiatives efficaces des projets &#224; faible impact et d'op&#233;rer des arbitrages fond&#233;s sur des r&#233;sultats mesurables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, cette exigence d'&#233;valuation ne saurait suffire sans une architecture de pilotage adapt&#233;e. Le succ&#232;s du New Deal Technologique doit s'adosser d'un sch&#233;ma directeur coh&#233;rent, d'une gouvernance num&#233;rique unifi&#233;e et d'une clarification stricte des responsabilit&#233;s op&#233;rationnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique, la Delivery Unit num&#233;rique appara&#238;t comme une mesure structurante et doit assurer un suivi hebdomadaire des projets strat&#233;giques, de centraliser les indicateurs de performance et de publier des tableaux de bord r&#233;guliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du pilotage, la r&#233;ussite du New Deal repose &#233;galement sur une discipline de priorisation. L'accumulation de projets non interop&#233;rables constitue un risque majeur de dilution de l'impact. Il devient donc indispensable de concentrer les ressources sur les chantiers structurants et &#224; fort effet syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique, r&#233;guli&#232;rement mise en avant, doit &#233;galement &#234;tre clarifi&#233;e dans une doctrine explicite. Celle-ci devrait reposer sur trois piliers : la ma&#238;trise des donn&#233;es strat&#233;giques, le contr&#244;le des infrastructures critiques et le d&#233;veloppement des comp&#233;tences nationales. Sans cette clarification, la souverainet&#233; demeure un concept politique difficilement op&#233;rationnalisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, l'enjeu de l'inclusion num&#233;rique doit &#234;tre r&#233;orient&#233;. L'acc&#232;s &#224; Internet, bien qu'essentiel, ne constitue pas une finalit&#233;. Le v&#233;ritable enjeu r&#233;side dans l'usage effectif des services num&#233;riques. Un pays peut &#234;tre connect&#233; sans &#234;tre transform&#233;. Il est donc n&#233;cessaire de mesurer l'adoption r&#233;elle des services publics digitaux et des outils de paiement num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extension de la transformation num&#233;rique n&#233;cessite &#233;galement une implication plus forte des acteurs non &#233;tatiques. Le Conseil national du Num&#233;rique doit &#233;voluer d'un r&#244;le consultatif vers un espace de co-construction strat&#233;gique, associant &#201;tat, secteur priv&#233;, start-ups et soci&#233;t&#233; civile. Ses avis devraient &#234;tre syst&#233;matiquement publi&#233;s afin de renforcer la transparence et la qualit&#233; du d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus large, le New Deal Technologique ne peut &#234;tre r&#233;duit &#224; une politique sectorielle. Il doit &#234;tre con&#231;u comme un projet national structurant, impliquant l'ensemble des forces productives et sociales du pays. Sa r&#233;ussite d&#233;pend de sa capacit&#233; &#224; d&#233;passer les logiques administratives pour devenir un projet de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la logique d'acc&#233;l&#233;ration ne produira des effets durables que si elle est encadr&#233;e par une coordination stricte et une discipline d'ex&#233;cution. &#192; d&#233;faut, le risque est celui d'une dispersion des efforts et d'une perte de lisibilit&#233; strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la r&#233;ussite d'un New Deal Technologique ne peut se limiter &#224; une simple modernisation infrastructurelle car elle impose une refonte profonde de notre gouvernance pour faire de l'inclusion humaine le moteur premier de la performance institutionnelle. Trop souvent, l'inertie administrative et l'&#233;rosion des talents par des pratiques manag&#233;riales opaques constituent un frein majeur qui gaspille un capital humain indispensable &#224; toute innovation durable. Pour transformer cette ambition en r&#233;alit&#233;, il est imp&#233;ratif de substituer &#224; la culture du retrait une dynamique de valorisation rigoureuse des comp&#233;tences et des parcours afin de faire de l'humain le socle &#233;thique et op&#233;rationnel sur lequel b&#226;tir une souverainet&#233; technologique r&#233;siliente et inclusive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le message pr&#233;sidentiel ne traduit pas seulement une volont&#233; d'efficacit&#233; op&#233;rationnelle. Il marque une phase de consolidation o&#249; l'enjeu central n'est plus la formulation de la vision mais sa traduction effective en r&#233;sultats mesurables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable d&#233;fi consiste d&#233;sormais &#224; faire passer l'action publique d'une logique de promesse &#224; une logique de preuve. Cela implique une transformation profonde des modes de gouvernance, une culture renforc&#233;e de l'&#233;valuation et une capacit&#233; accrue &#224; arbitrer en fonction de l'impact r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette condition que le S&#233;n&#233;gal pourra transformer le New Deal Technologique en un levier durable de souverainet&#233;, de performance &#233;conomique et de modernisation de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elhadji Wack Ndiaye&lt;br class='autobr' /&gt;
Expert en politiques publiques num&#233;riques et souverainet&#233; technologique&lt;br class='autobr' /&gt;
Analyste en transformation digitale de l'&#201;tat et gouvernance des syst&#232;mes d'information&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Social Net Link&lt;/a&gt;, 14 juillet 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le New Deal Technologique peut-il r&#233;ussir en mettant ses cerveaux au frigo ?</title>
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		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque matin, au S&#233;n&#233;gal, des femmes et des hommes parmi les plus qualifi&#233;s de notre administration et de nos entreprises publiques prennent le chemin du travail sans v&#233;ritablement travailler. Ils ne sont ni suspendus, ni licenci&#233;s. Leur salaire continue d'&#234;tre vers&#233;. Leur bureau est toujours l&#224;. Leur nom figure encore sur l'organigramme. Mais leur t&#233;l&#233;phone ne sonne plus. Les dossiers ne leur sont plus confi&#233;s. Les r&#233;unions se tiennent sans eux. Les d&#233;cisions se prennent ailleurs. Leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-105-80cd4.jpg?1783976426' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque matin, au S&#233;n&#233;gal, des femmes et des hommes parmi les plus qualifi&#233;s de notre administration et de nos entreprises publiques prennent le chemin du travail sans v&#233;ritablement travailler. Ils ne sont ni suspendus, ni licenci&#233;s. Leur salaire continue d'&#234;tre vers&#233;. Leur bureau est toujours l&#224;. Leur nom figure encore sur l'organigramme. Mais leur t&#233;l&#233;phone ne sonne plus. Les dossiers ne leur sont plus confi&#233;s. Les r&#233;unions se tiennent sans eux. Les d&#233;cisions se prennent ailleurs. Leur comp&#233;tence est devenue invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le langage courant, cette r&#233;alit&#233; porte un nom que beaucoup de salari&#233;s et de cadres connaissent bien : la mise au frigo. L'expression peut pr&#234;ter &#224; sourire, surtout en cette p&#233;riode de forte chaleur. La pratique, elle, devrait tous nous inqui&#233;ter. Car derri&#232;re ce qui ressemble parfois &#224; une simple d&#233;cision de management se cache une question autrement plus importante : un pays peut-il r&#233;ussir sa transformation num&#233;rique tout en choisissant de neutraliser une partie de ses meilleurs cerveaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paradoxe d'une ambition num&#233;rique priv&#233;e de ses talents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette interrogation prend une r&#233;sonance particuli&#232;re au moment o&#249; le S&#233;n&#233;gal d&#233;ploie son New Deal Technologique. Cette ambition nationale repose sur une conviction simple : le num&#233;rique doit devenir un moteur de modernisation, de souverainet&#233; et de comp&#233;titivit&#233;. Mais il existe une &#233;vidence que nous oublions parfois : la premi&#232;re richesse d'une strat&#233;gie num&#233;rique n'est ni la fibre optique, ni les centres de donn&#233;es, ni les plateformes, ni m&#234;me l'intelligence artificielle. Ce sont les femmes et les hommes qui con&#231;oivent, administrent, s&#233;curisent et font vivre ces technologies. Autrement dit, les comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que r&#233;side notre paradoxe. En couvrant l'actualit&#233; du num&#233;rique et en &#233;changeant avec de nombreux professionnels du secteur, je constate qu'un ph&#233;nom&#232;ne revient avec une troublante r&#233;gularit&#233;. Des cadres exp&#233;riment&#233;s, parfois recrut&#233;s apr&#232;s de longues ann&#233;es d'&#233;tudes, de certifications et d'exp&#233;riences internationales, se retrouvent progressivement priv&#233;s de toute responsabilit&#233; r&#233;elle. Ils ne sont pas sanctionn&#233;s. Ils ne sont pas officiellement &#233;cart&#233;s. Ils continuent simplement d'exister administrativement, tandis que leur expertise cesse d'&#234;tre utilis&#233;e. Dans un pays qui affirme vouloir acc&#233;l&#233;rer sa transformation, avec des ressources financi&#232;res tr&#232;s limit&#233;es, cette contradiction m&#233;rite d'&#234;tre regard&#233;e en face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un gaspillage silencieux de l'intelligence collective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise au frigo est sans doute l'une des formes de gaspillage les plus silencieuses qui soient. Elle ne laisse presque aucune trace dans les rapports financiers. Elle ne provoque ni scandale politique ni enqu&#234;te judiciaire. Pourtant, lorsqu'elle concerne des organismes financ&#233;s par les deniers publics, elle produit un co&#251;t bien r&#233;el. Car chaque comp&#233;tence durablement neutralis&#233;e repr&#233;sente un investissement qui cesse de produire de la valeur. Plus paradoxal encore, il arrive que les m&#234;mes structures recrutent de nouveaux profils pour r&#233;aliser des missions que ces collaborateurs auraient parfaitement pu conduire. La collectivit&#233; se retrouve alors &#224; payer deux fois : une premi&#232;re fois pour maintenir une comp&#233;tence dans l'inaction, une seconde pour compenser artificiellement cette inactivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat d&#233;passe largement la seule question budg&#233;taire. Il r&#233;v&#232;le une certaine conception du management. Dans beaucoup d'organisations, la mise au frigo envoie un message silencieux &#224; l'ensemble des collaborateurs : ne prenez pas trop d'initiatives, ne contredisez pas votre hi&#233;rarchie, ne d&#233;fendez pas avec trop de conviction une id&#233;e qui d&#233;range. Peu &#224; peu, la peur remplace la cr&#233;ativit&#233;. La prudence prend le pas sur l'innovation. Les talents apprennent &#224; se prot&#233;ger plut&#244;t qu'&#224; proposer. Or l'innovation ne na&#238;t jamais du conformisme. Elle se nourrit de la confrontation des id&#233;es, de la contradiction constructive et de la libert&#233; d'exprimer un d&#233;saccord dans l'int&#233;r&#234;t de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand le management atteint l'humain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette pratique produit aussi des effets humains dont on parle tr&#232;s peu. &#202;tre soudainement priv&#233; de toute responsabilit&#233;, voir ses comp&#233;tences ignor&#233;es, assister chaque jour &#224; des d&#233;cisions prises sans soi, finit par atteindre profond&#233;ment l'estime de soi. Pour beaucoup, cette mise &#224; l'&#233;cart est v&#233;cue comme une forme de d&#233;classement professionnel, parfois m&#234;me comme une humiliation silencieuse. Elle peut entra&#238;ner une perte de motivation, de l'anxi&#233;t&#233;, un sentiment d'inutilit&#233;, voire un v&#233;ritable &#233;puisement psychologique. Derri&#232;re chaque cadre &#8220;mis au frigo&#8221;, il y a souvent une femme ou un homme qui doute progressivement de sa propre valeur alors m&#234;me que son expertise demeure intacte. Cette dimension m&#233;rite d'&#234;tre pleinement int&#233;gr&#233;e aux r&#233;flexions sur la qualit&#233; de vie au travail. Si ce n'est pas d&#233;j&#224; le cas, l'&#201;tat gagnerait &#224; mettre en place ou &#224; renforcer des dispositifs d'accompagnement psychologique et professionnel pour les agents confront&#233;s &#224; ce type de situation. Une administration moderne ne prot&#232;ge pas uniquement les carri&#232;res ; elle prot&#232;ge aussi les femmes et les hommes qui la font vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme journaliste, un autre &#233;l&#233;ment m'interpelle particuli&#232;rement. Plusieurs cadres, issus d'institutions diff&#233;rentes, m'ont personnellement interpell&#233; sur cette r&#233;alit&#233;, souvent avec beaucoup de retenue, parfois m&#234;me sous couvert d'anonymat. Beaucoup de ces situations semblent appara&#238;tre lors des changements de gouvernance. Une alternance politique, la nomination d'un nouveau directeur g&#233;n&#233;ral, le renouvellement d'une &#233;quipe dirigeante, et certains collaborateurs deviennent soudainement invisibles. Soyons clairs : un responsable est parfaitement l&#233;gitime &#224; s'entourer de personnes en qui il a confiance et avec lesquelles il partage une vision. Mais une institution n'est jamais la propri&#233;t&#233; d'un dirigeant. Les comp&#233;tences qu'elle emploie appartiennent d'abord au service public qu'elles servent. Il existe donc une diff&#233;rence fondamentale entre constituer une &#233;quipe de confiance et condamner durablement des comp&#233;tences &#224; l'inutilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question sensible de la gouvernance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'une autre interrogation, plus sensible mais tout aussi l&#233;gitime, m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e. La persistance de ces mises au frigo n'est-elle pas, au moins en partie, le reflet d'une politisation excessive des nominations &#224; la t&#234;te de certaines institutions ? Lorsqu'un directeur g&#233;n&#233;ral est per&#231;u comme ayant &#233;t&#233; choisi davantage pour sa proximit&#233; avec le pouvoir que pour son parcours ou son expertise, ne peut-il pas &#234;tre tent&#233;, consciemment ou non, de tenir &#224; distance les collaborateurs dont la comp&#233;tence, l'exp&#233;rience ou la l&#233;gitimit&#233; technique risquent de mettre en &#233;vidence ses propres limites ? La question est d&#233;licate, mais elle ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e. L'autorit&#233; hi&#233;rarchique ne devrait jamais avoir besoin de se prot&#233;ger de l'intelligence de ses &#233;quipes ; au contraire, elle devrait s'en nourrir. Les meilleurs dirigeants ne sont pas ceux qui craignent les talents qui les entourent, mais ceux qui savent les mobiliser, les &#233;couter et les faire grandir au service de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;flexion est d'autant plus importante que les nouvelles autorit&#233;s avaient suscit&#233; un r&#233;el espoir en annon&#231;ant leur volont&#233; de mettre un terme &#224; la politisation &#224; outrance de l'administration. Parmi les engagements les plus attendus, figurait le recours plus syst&#233;matique aux appels &#224; candidatures pour les postes de direction, afin que les comp&#233;tences, le m&#233;rite et la vision priment enfin sur les appartenances ou les proximit&#233;s. Cette ambition allait dans le sens d'une administration plus professionnelle, plus performante et plus cr&#233;dible. Pourtant, jusqu'&#224; pr&#233;sent, beaucoup continuent d'attendre la traduction concr&#232;te de cette promesse. Tant que les crit&#232;res de nomination resteront entour&#233;s d'un sentiment d'opacit&#233;, le doute continuera d'alimenter les frustrations et d'entretenir l'id&#233;e que certaines comp&#233;tences d&#233;rangent davantage qu'elles ne sont valoris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mise au frigo, acc&#233;l&#233;rateur de la fuite des cerveaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; m&#233;rite &#233;galement d'&#234;tre analys&#233;e sous un angle que nous abordons rarement : celui de la fuite des cerveaux. Nous savons depuis longtemps que les migrations des &#233;lites ne s'expliquent pas uniquement par les &#233;carts de r&#233;mun&#233;ration. Elles r&#233;pondent aussi &#224; un besoin de reconnaissance, d'utilit&#233; sociale et de perspectives professionnelles. Un ing&#233;nieur ne quitte pas toujours son pays parce qu'il est mal pay&#233;. Il peut partir parce qu'il a le sentiment que son expertise sera davantage &#233;cout&#233;e, davantage valoris&#233;e et davantage utilis&#233;e ailleurs. Chaque comp&#233;tence que nous d&#233;courageons devient potentiellement une richesse pour un autre pays. Au moment o&#249; le S&#233;n&#233;gal cherche &#224; attirer ses talents et &#224; mobiliser sa diaspora, cette contradiction ne peut &#234;tre ignor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;flexion conduit naturellement &#224; une autre question, plus institutionnelle. Qui doit mettre fin &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne ? Peut-on laisser cette responsabilit&#233; &#224; la seule appr&#233;ciation des dirigeants ? Les directions des ressources humaines, les conseils d'administration et les autorit&#233;s de tutelle ont &#233;videmment un r&#244;le &#224; jouer. Mais la question m&#233;rite aussi d'&#234;tre pos&#233;e aux organes de contr&#244;le de l'&#201;tat. Sans pr&#233;juger de l'&#233;tendue de leurs pr&#233;rogatives respectives, disposent-ils aujourd'hui des outils n&#233;cessaires pour appr&#233;cier ce type de situation ? La mise au frigo est pr&#233;cis&#233;ment difficile &#224; d&#233;tecter parce qu'elle ne constitue pas n&#233;cessairement une irr&#233;gularit&#233; juridique. Les salaires sont r&#233;guli&#232;rement vers&#233;s. Les proc&#233;dures sont respect&#233;es. Les postes existent. Pourtant, des comp&#233;tences financ&#233;es par l'argent public cessent parfois de produire la moindre valeur. N'y a-t-il pas l&#224; un angle mort de notre conception de la bonne gouvernance ? Demain, les audits publics devraient-ils se limiter &#224; v&#233;rifier la r&#233;gularit&#233; des d&#233;penses ou &#233;galement s'int&#233;resser &#224; l'utilisation effective des ressources humaines que la Nation finance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire de la comp&#233;tence un imp&#233;ratif national&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, toutes les situations ne rel&#232;vent pas d'une mise au frigo. Des r&#233;organisations sont parfois indispensables. Des insuffisances professionnelles existent. Des conflits de management aussi. Il ne s'agit donc ni de caricaturer les r&#233;alit&#233;s ni de remettre en cause l'autorit&#233; l&#233;gitime des dirigeants. Mais pr&#233;cis&#233;ment parce que cette fronti&#232;re est parfois difficile &#224; tracer, elle m&#233;rite un d&#233;bat serein, document&#233; et d&#233;passionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'interpelle respectueusement le ministre charg&#233; du Num&#233;rique. Son action sera naturellement &#233;valu&#233;e &#224; travers les r&#233;formes engag&#233;es, les infrastructures d&#233;ploy&#233;es et les services num&#233;riques d&#233;velopp&#233;s. Mais elle le sera &#233;galement &#224; sa capacit&#233; &#224; cr&#233;er un environnement o&#249; chaque comp&#233;tence pourra pleinement contribuer &#224; l'ambition nationale. Aucune strat&#233;gie de transformation ne peut r&#233;ussir durablement si une partie de ceux qui doivent la porter est volontairement tenue &#224; l'&#233;cart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique commence par la confiance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, au fond, la v&#233;ritable souverainet&#233; num&#233;rique ne commence ni dans les centres de donn&#233;es, ni dans les lignes de code, ni dans les algorithmes. Elle commence le jour o&#249; une nation d&#233;cide de faire pleinement confiance aux femmes et aux hommes qu'elle a form&#233;s, recrut&#233;s et choisis pour porter son ambition. Tant que nous accepterons de r&#233;mun&#233;rer des cerveaux pour les emp&#234;cher de penser, nous continuerons &#224; parler de modernisation sans jamais exploiter notre premi&#232;re richesse, l'intelligence de nos propres talents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;bat ne fait sans doute que commencer. Parce qu'il touche &#224; la gouvernance, au management, &#224; la performance de nos institutions, mais aussi &#224; la dignit&#233; des femmes et des hommes qui les servent, il est trop important pour &#234;tre referm&#233; en un seul &#233;ditorial. J'y reviendrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ousmane Gu&#232;ye&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://letechobservateur.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Techobservateur&lt;/a&gt;, 12 juillet 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le v&#233;ritable obstacle au New Deal Technologique s'appelle la bureaucratie</title>
		<link>https://osiris.sn/le-veritable-obstacle-au-new-deal-technologique-s-appelle-la-bureaucratie.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/le-veritable-obstacle-au-new-deal-technologique-s-appelle-la-bureaucratie.html</guid>
		<dc:date>2026-07-06T10:53:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;MONSIEUR LE PR&#201;SIDENT, LE V&#201;RITABLE OBSTACLE &#192; VOTRE NEW DEAL TECHNOLOGIQUE S'APPELLE LA BUREAUCRATIE &lt;br class='autobr' /&gt;
En f&#233;vrier 2025, le pr&#233;sident Bassirou Diomaye Faye lan&#231;ait le &#171; New Deal technologique &#187;, un plan de 1,8 milliard de dollars visant &#224; digitaliser 90% des services publics d'ici 2034. L'ambition &#233;tait immense : cr&#233;er 150 000 emplois tech, 500 startups, et positionner le S&#233;n&#233;gal comme hub digital r&#233;gional. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un an et demi plus tard, le constat est amer. Sur 973 proc&#233;dures administratives (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-104-29e55.jpg?1783335335' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MONSIEUR LE PR&#201;SIDENT, LE V&#201;RITABLE OBSTACLE &#192; VOTRE NEW DEAL TECHNOLOGIQUE S'APPELLE LA BUREAUCRATIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2025, le pr&#233;sident Bassirou Diomaye Faye lan&#231;ait le &#171; New Deal technologique &#187;, un plan de 1,8 milliard de dollars visant &#224; digitaliser 90% des services publics d'ici 2034. L'ambition &#233;tait immense : cr&#233;er 150 000 emplois tech, 500 startups, et positionner le S&#233;n&#233;gal comme hub digital r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an et demi plus tard, le constat est amer. Sur 973 proc&#233;dures administratives identifi&#233;es par SENUM SA, seulement une poign&#233;e ont &#233;t&#233; v&#233;ritablement transform&#233;es. Le S&#233;n&#233;gal reste class&#233; 135e sur 193 pays &#224; l'indice de d&#233;veloppement du gouvernement &#233;lectronique des Nations Unies (2024), loin derri&#232;re l'Estonie et m&#234;me derri&#232;re plusieurs pays africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un &#233;chec si retentissant ? La r&#233;ponse ne se trouve pas dans les serveurs ni dans les lignes de code. Elle se trouve dans un mal profond que nous pouvons appeler l'obstacle proc&#233;durier : l'accumulation de proc&#233;dures administratives qui ralentissent l'investissement, augmentent les co&#251;ts de transaction et r&#233;duisent la comp&#233;titivit&#233; nationale. La transformation num&#233;rique ne peut r&#233;ussir sans une r&#233;forme pr&#233;alable de l'organisation administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. LA CONFUSION SYST&#201;MIQUE ENTRE PROCESSUS, PROC&#201;DURE ET INSTRUCTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration s&#233;n&#233;galaise souffre d'une confusion persistante entre trois notions pourtant distinctes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le processus repr&#233;sente la cha&#238;ne compl&#232;te de cr&#233;ation de valeur pour l'usager ou l'investisseur par exemple la cr&#233;ation d'une entreprise ou l'obtention d'un permis de construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proc&#233;dure organise les diff&#233;rentes &#233;tapes administratives n&#233;cessaires pour r&#233;aliser ce processus.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'instruction, enfin, constitue la consigne op&#233;rationnelle donn&#233;e &#224; l'agent charg&#233; d'ex&#233;cuter une &#233;tape pr&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En confondant ces trois niveaux, l'administration commet une erreur majeure : elle num&#233;rise des proc&#233;dures d&#233;j&#224; inefficaces au lieu de repenser l'organisation elle-m&#234;me. Informatiser un d&#233;sordre administratif ne produit qu'un d&#233;sordre num&#233;rique plus co&#251;teux, plus complexe et parfois encore plus lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal a d&#233;pens&#233; des milliards en infrastructures, en serveurs, en applications. Mais personne n'a pris le temps de se demander : les processus que nous digitalisons ont-ils du sens ? Les proc&#233;dures que nous reproduisons en ligne m&#233;ritent-elles d'exister ? Les instructions que nous codons sont-elles coh&#233;rentes avec un objectif de d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. L'&#201;CONOMIE POLITIQUE DE LA RENTE ADMINISTRATIVE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fragmentation des administrations en silos et la multiplication des proc&#233;dures ne rel&#232;vent pas uniquement d'une mauvaise organisation. Elles peuvent &#233;galement g&#233;n&#233;rer des m&#233;canismes de rente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque les r&#232;gles deviennent opaques, que les responsabilit&#233;s sont dispers&#233;es et que les d&#233;lais restent impr&#233;visibles, l'information acquiert une valeur &#233;conomique. Le temps administratif devient alors une ressource rare pouvant favoriser l'&#233;mergence d'interm&#233;diaires et de comportements opportunistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du point de vue de l'&#233;conomie institutionnelle, ces lourdeurs augmentent les co&#251;ts de transaction support&#233;s par les entreprises et les investisseurs. Chaque formulaire suppl&#233;mentaire, chaque signature additionnelle et chaque autorisation pr&#233;alable retardent les projets, augmentent leur co&#251;t et r&#233;duisent l'attractivit&#233; &#233;conomique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un investisseur qui doit solliciter s&#233;par&#233;ment la mairie, l'urbanisme, l'assainissement et l'environnement sans que personne ne communique avec personne est condamn&#233; &#224; l'errance administrative ou &#224; la corruption informelle. Chaque journ&#233;e perdue dans une proc&#233;dure repr&#233;sente un co&#251;t d'opportunit&#233; : investissements diff&#233;r&#233;s, emplois non cr&#233;&#233;s, recettes fiscales retard&#233;es et perte de comp&#233;titivit&#233; pour l'&#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. LE PR&#201;C&#201;DENT HISTORIQUE DE LA MODERNISATION BUDG&#201;TAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire administrative du S&#233;n&#233;gal montre que les transformations num&#233;riques les plus efficaces ont repos&#233; sur une logique m&#233;tier avant une logique technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la modernisation du syst&#232;me budg&#233;taire sous la pr&#233;sidence d'Abdoulaye Wade, les choix op&#233;r&#233;s ont privil&#233;gi&#233; l'expertise des finances publiques dans la d&#233;finition des besoins fonctionnels. Le pr&#233;sident Wade avait choisi de confier la conduite du projet &#224; un sp&#233;cialiste des m&#233;canismes budg&#233;taires, et non &#224; un ing&#233;nieur informaticien. Cette d&#233;marche visionnaire rappelait d&#233;j&#224; qu'une r&#233;forme num&#233;rique durable repose d'abord sur une compr&#233;hension approfondie des politiques publiques avant de mobiliser les comp&#233;tences technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience illustre un principe fondamental : ce ne sont pas les outils informatiques qui d&#233;finissent l'organisation administrative, mais les m&#233;tiers de l'&#201;tat qui d&#233;finissent les outils dont ils ont besoin. On ne digitalise pas un processus qu'on ne ma&#238;trise pas. On ne confie pas la transformation de l'&#201;tat &#224; ceux qui connaissent le code mais ignorent le droit administratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. LE MINIST&#200;RE DE LA FONCTION PUBLIQUE AU C&#338;UR DE LA R&#201;FORME&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation num&#233;rique de l'&#201;tat ne peut &#234;tre r&#233;duite &#224; un projet informatique. Les agences sp&#233;cialis&#233;es dans le num&#233;rique poss&#232;dent les comp&#233;tences techniques indispensables &#224; la r&#233;alisation des plateformes digitales. En revanche, la simplification des proc&#233;dures, la r&#233;vision des textes r&#233;glementaires, la r&#233;organisation des administrations et la conduite du changement rel&#232;vent avant tout des comp&#233;tences du minist&#232;re de la Fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi celui-ci devrait assumer la ma&#238;trise d'ouvrage strat&#233;gique de la r&#233;forme administrative, tandis que les structures num&#233;riques exerceraient la ma&#238;trise d'&#339;uvre technique. Cette r&#233;partition des responsabilit&#233;s permettrait d'aligner les solutions num&#233;riques sur les besoins r&#233;els de l'administration plut&#244;t que d'adapter l'administration aux contraintes des outils informatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui seul d&#233;tient l'expertise sur l'organisation de l'&#201;tat, la l&#233;gitimit&#233; normative pour r&#233;former les comportements des agents, et la vision transversale n&#233;cessaire pour forcer les administrations &#224; collaborer autour d'une v&#233;ritable r&#233;ing&#233;nierie des processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le minist&#232;re de la Fonction publique, et lui seul, qui peut mener une transformation structurelle de l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. S'INSPIRER DES MEILLEURES PRATIQUES INTERNATIONALES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences internationales d&#233;montrent que la r&#233;ussite de l'administration num&#233;rique repose avant tout sur une simplification juridique et organisationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Estonie, pays de 1,3 million d'habitants, est devenu le premier &#201;tat &#224; d&#233;clarer 100% de ses services publics digitalis&#233;s. Son secret ? Le principe du &#171; Once Only &#187; : l'administration ne demande jamais deux fois la m&#234;me information &#224; un citoyen. Leur transformation a commenc&#233; par la loi (Digital Signatures Act, 2000), pas par le code. R&#233;sultat : un permis s'obtient en quelques minutes, et 1 400 ann&#233;es de travail administratif sont &#233;pargn&#233;es chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Indon&#233;sie, avec 270 millions d'habitants, a d&#233;velopp&#233; l'approche par les risques (OSS-RBA). Les activit&#233;s &#224; faible risque n'ont besoin que d'un num&#233;ro d'identification. D&#233;lai de d&#233;livrance : moins de 10 minutes. 10 millions de licences ont &#233;t&#233; &#233;mises en 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal pourrait s'inspirer de ces approches &#224; travers trois r&#233;formes prioritaires. Premi&#232;rement, interdire la num&#233;risation de toute proc&#233;dure n'ayant pas &#233;t&#233; pr&#233;alablement simplifi&#233;e. On ne digitalise pas le chaos. On le simplifie d'abord. Deuxi&#232;mement, g&#233;n&#233;raliser le principe du &#171; silence vaut accord &#187; sous 15 jours ouvrables pour les proc&#233;dures administratives &#224; enjeu &#233;conomique. Si l'administration ne r&#233;pond pas, la demande est automatiquement accept&#233;e. Troisi&#232;mement, remplacer, lorsque cela est juridiquement possible, les autorisations pr&#233;alables par des d&#233;clarations num&#233;riques accompagn&#233;es de contr&#244;les fond&#233;s sur les risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable New Deal technologique ne commencera pas avec une nouvelle plateforme num&#233;rique, mais avec une simplification radicale de l'action administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que nous continuerons &#224; num&#233;riser des proc&#233;dures obsol&#232;tes, nous construirons une bureaucratie &#233;lectronique plut&#244;t qu'une administration performante. La transformation num&#233;rique n'est pas un projet informatique ; c'est avant tout une r&#233;forme institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi du S&#233;n&#233;gal n'est donc pas seulement de digitaliser son administration, mais de r&#233;duire les co&#251;ts de transaction qui freinent l'investissement, d'am&#233;liorer la qualit&#233; de la gouvernance publique et de replacer le citoyen ainsi que l'entreprise au c&#339;ur de l'action de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat du XXIe si&#232;cle ne se mesure pas au nombre de plateformes num&#233;riques qu'il d&#233;ploie, mais &#224; sa capacit&#233; &#224; rendre les proc&#233;dures plus simples, plus rapides, plus transparentes et plus cr&#233;atrices de valeur pour l'&#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable New Deal ne commencera pas avec une nouvelle application. Il commencera le jour o&#249; le minist&#232;re de la Fonction publique sera dot&#233; des moyens de sa mission.&lt;br class='autobr' /&gt;
Processus d'abord. Proc&#233;dures ensuite. Instructions enfin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet ordre et dans cet ordre seul que le S&#233;n&#233;gal pourra enfin devenir l'&#201;tat agile dont il a tant besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum &lt;br class='autobr' /&gt;
Economiste h&#233;t&#233;rodoxe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 6 juillet 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le silence des &#233;crans : Quand la connexion num&#233;rique d&#233;connecte nos familles</title>
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		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal n'a jamais &#233;t&#233; aussi connect&#233; : plus d'un habitant sur deux en ligne, et davantage de cartes SIM que de citoyens. Pourtant, autour du bol, le soir, on ne se parle plus. Le smartphone s'est fait tiers dans nos couples et nos familles. Imaginez que vous p&#233;n&#233;triez un soir dans n'importe quelle habitation s&#233;n&#233;galaise. La famille est r&#233;unie autour du bol, le couscous fume encore, mais personne ne parle. Des visages &#233;clair&#233;s par la m&#234;me lueur bleue, pench&#233;s chacun sur son &#233;cran. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-101-2ba40.jpg?1782646718' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal n'a jamais &#233;t&#233; aussi connect&#233; : plus d'un habitant sur deux en ligne, et davantage de cartes SIM que de citoyens. Pourtant, autour du bol, le soir, on ne se parle plus. Le smartphone s'est fait tiers dans nos couples et nos familles. Imaginez que vous p&#233;n&#233;triez un soir dans n'importe quelle habitation s&#233;n&#233;galaise. La famille est r&#233;unie autour du bol, le couscous fume encore, mais personne ne parle. Des visages &#233;clair&#233;s par la m&#234;me lueur bleue, pench&#233;s chacun sur son &#233;cran. Le repas s'ach&#232;ve dans un silence d'un genre nouveau, celui que nous appelons d&#233;sormais, sans m&#234;me y penser, &#171; &#234;tre ensemble &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce silence est r&#233;cent. Il y a quelques ann&#233;es &#224; peine, la tomb&#233;e du jour appelait la parole. Autour du th&#233;, sous l'arbre &#224; palabres, les voix se cherchaient et se r&#233;pondaient. La lueur des braises a c&#233;d&#233; la place &#224; celle des &#233;crans. D'apr&#232;s le rapport digital 2025, le S&#233;n&#233;gal compte plus de onze millions d'internautes, soit plus de la moiti&#233; de sa population, et l'on y d&#233;nombre aujourd'hui davantage de cartes SIM que d'habitants. Nous voil&#224; hyperconnect&#233;s. Reste &#224; savoir &#224; quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans bien des foyers, un objet s'est gliss&#233; entre les &#234;tres : le smartphone. Il s'installe en tiers au c&#339;ur du couple, pr&#233;sent &#224; chaque instant, r&#233;clamant une attention qu'il d&#233;robe &#224; ceux qui sont l&#224;, &#224; port&#233;e de voix. Les conjoints disent ne plus se parler vraiment. Les enfants, eux, apprennent tr&#232;s t&#244;t &#224; voir leurs parents regarder ailleurs. Quant aux amis r&#233;unis autour d'une table, il n'est pas rare que chacun s'absente, en silence, dans un monde o&#249; les autres n'entrent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des conversations que j'ai avec de jeunes couples, un grief revient avec une r&#233;gularit&#233; qui interroge : le t&#233;l&#233;phone. On lui reproche de voler les soir&#233;es et de meubler, d'un flux sans fin, les silences qu'un couple devrait parfois oser habiter ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos a&#238;n&#233;s tenaient la pr&#233;sence pleine pour une forme de respect. Le Kersa exigeait que l'on se concentre enti&#232;rement sur son interlocuteur. D&#233;tourner le regard pendant qu'un p&#232;re ou une &#233;pouse s'adressait &#224; vous passait pour une offense. Aujourd'hui, presque personne n'est choqu&#233; de voir quelqu'un d&#233;filer sur son &#233;cran pendant un repas en famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La technologie n'est pas l'accus&#233;e. Le num&#233;rique ouvre des routes et rapproche ceux que l'exil avait &#233;loign&#233;s ; il fait vivre des commerces entiers. Ce qui nous &#233;chappe, c'est l'art de lui poser des limites, de pr&#233;server des espaces o&#249; la personne assise en face p&#232;se plus lourd qu'une notification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le couple, le smartphone fait souvent office de r&#233;v&#233;lateur. Il offre une issue commode devant la conversation qu'on redoute, ou devant cet ennui partag&#233; qui, parfois, est n&#233;cessaire. Pourquoi affronter le regard de l'autre quand le flux des r&#233;seaux, lui, ne demande rien ? Le sutura en souffre aussi. Dans une culture de l'exposition permanente, on en vient &#224; mettre en sc&#232;ne son bonheur de couple plut&#244;t qu'&#224; le prot&#233;ger, &#224; l'abri des regards, l&#224; o&#249; il se construit vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous gagnerions &#224; r&#233;apprendre le silence partag&#233;, la pr&#233;sence pleine. Personne ne demande de jeter son t&#233;l&#233;phone. L'enjeu est ailleurs : instaurer de vraies coupures. Que l'&#233;cran s'&#233;teigne, parfois, pour que le regard se rallume. Cela peut tenir &#224; peu de chose : une heure, le soir, o&#249; les t&#233;l&#233;phones dorment dans la poche ; un jour, dans la semaine, sans r&#233;seaux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Teranga, cette hospitalit&#233; dont nous sommes si fiers, commence &#224; la maison. Accueillir quelqu'un, c'est d'abord lui donner son attention enti&#232;re, lui faire sentir, sans un mot, qu'il compte plus que la prochaine vibration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nos p&#232;res, la parole &#233;tait un d&#233;p&#244;t sacr&#233;, et le silence qui l'entoure comptait autant qu'elle. Mais ce silence d'autrefois pr&#233;parait la rencontre. Le n&#244;tre, trop souvent, ne fait que l'esquiver. Nos enfants, eux, n'attendent qu'une chose : que nous levions les yeux. Le geste ne co&#251;te rien. Il nous reste &#224; le retrouver, avant qu'ils n'apprennent, &#224; leur tour, &#224; ne plus l'attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Sedar Ndiaye&lt;br class='autobr' /&gt;
Ecrivain, Enseignant-Chercheur)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.dakaractu.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dakar Actu&lt;/a&gt;, 25 juin 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'IA et les m&#233;tiers de la communication : chronique d'une s&#233;lection naturelle annonc&#233;e</title>
		<link>https://osiris.sn/l-ia-et-les-metiers-de-la-communication-chronique-d-une-selection-naturelle.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;trangement familier dans ce que nous traversons. Quand Gutenberg a d&#233;mocratis&#233; l'imprimerie au XV&#233; si&#232;cle, les scribes les plus habiles n'ont pas disparu : ils sont devenus des &#233;diteurs. Quand la photographie a &#233;merg&#233;, les peintres les plus visionnaires ont invent&#233; l'impressionnisme. L'intelligence artificielle appliqu&#233;e aux m&#233;tiers de la communication n'&#233;chappe pas &#224; cette loi historique. Elle l'acc&#233;l&#232;re, simplement, et de fa&#231;on brutale. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'IA a d'abord produit un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;trangement familier dans ce que nous traversons. Quand Gutenberg a d&#233;mocratis&#233; l'imprimerie au XV&#233; si&#232;cle, les scribes les plus habiles n'ont pas disparu : ils sont devenus des &#233;diteurs. Quand la photographie a &#233;merg&#233;, les peintres les plus visionnaires ont invent&#233; l'impressionnisme. L'intelligence artificielle appliqu&#233;e aux m&#233;tiers de la communication n'&#233;chappe pas &#224; cette loi historique. Elle l'acc&#233;l&#232;re, simplement, et de fa&#231;on brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA a d'abord produit un abaissement spectaculaire des barri&#232;res &#224; l'entr&#233;e. R&#233;diger un communiqu&#233;, construire une strat&#233;gie de contenu, produire des visuels : tout cela est d&#233;sormais accessible &#224; quiconque dispose d'un abonnement &#224; quelques dizaines d'euros. Les r&#233;dacteurs et les commerciaux affichent les scores d'applicabilit&#233; &#224; l'IA les plus &#233;lev&#233;s parmi tous les m&#233;tiers analys&#233;s par Microsoft en 2024. Le r&#233;sultat ? Des clients historiques qui s'interrogent, l&#233;gitimement, sur la valeur de ce qu'ils nous ach&#232;tent. Mais cette d&#233;mocratisation n'est qu'une apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce que l'IA r&#233;v&#232;le, avec une clart&#233; clinique, c'est ce qui n'a jamais vraiment &#233;t&#233; de la communication : la m&#233;canique sans la pens&#233;e, la forme sans le fond. Elle expose, sans piti&#233;, ceux qui se contentaient de ma&#238;triser les outils plut&#244;t que les enjeux. Un r&#233;dacteur qui n'avait jamais compris les dynamiques de r&#233;putation de ses clients peut d&#233;sormais &#234;tre remplac&#233; par un prompt bien construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, pour ceux qui ont toujours travaill&#233; &#224; un niveau strat&#233;gique (lecture des rapports de force, ing&#233;nierie narrative, gestion de crise en temps r&#233;el&#8230;), l'IA est une b&#233;n&#233;diction d'une ampleur in&#233;dite. Elle leur offre une puissance de production et une vitesse d'analyse qui permettent de d&#233;livrer une valeur ajout&#233;e dix fois sup&#233;rieure. La bifurcation est nette et irr&#233;versible : d'un c&#244;t&#233; ceux qui produisent du m&#233;diocre acceptable &#224; grande vitesse, de l'autre ceux dont la valeur devient exponentiellement plus visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un moment darwinien, pas une apocalypse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin ne disait pas que les plus forts survivent. Il disait que survivent ceux qui s'adaptent le mieux &#224; leur environnement changeant. D&#232;s lors et &#224; mon sens, les communicants qui sortiront renforc&#233;s sont ceux qui comprennent trois choses : leur valeur n'est plus dans la production mais dans la prescription ; l'IA ne remplace pas l'expertise sectorielle ; ma&#238;triser l'IA comme outil, non comme b&#233;quille, est une comp&#233;tence diff&#233;renciante, au m&#234;me titre qu'Excel l'&#233;tait pour les financiers il y a vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte ouest-africain, dans lequel j'op&#232;re, la disruption sera encore plus violente, parce que le terrain de d&#233;part est diff&#233;rent. Le d&#233;ficit de professionnels form&#233;s de nos march&#233;s a en effet laiss&#233; prosp&#233;rer une communication trop souvent r&#233;duite &#224; sa dimension ex&#233;cutoire. Il apparait clairement que l'IA va y r&#233;v&#233;ler le vide l&#224;, o&#249; il y avait l'illusion de la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour les cabinets qui ont investi dans l'intelligence de terrain et la compr&#233;hension des enjeux politiques et institutionnels, c'est un avantage comp&#233;titif consid&#233;rable qui se creuse. L'IA n'a pas de source dans les couloirs du minist&#232;re. Elle ne comprend pas &#8211; ou tr&#232;s mal &#8211; ce qui se dit en wolof, en soussou ou en dioula. Elle ne sait pas pourquoi un arbitrage r&#233;glementaire a pris trois mois de plus que pr&#233;vu. Cette intelligence-l&#224; reste &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bienvenue dans l'&#232;re du communicant augment&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tout professionnel qui souhaiterait perdurer, il est crucial de comprendre que le moment que nous traversons marque, non pas la fin des m&#233;tiers de la communication, mais la purification de notre secteur. En ce sens, et pour filer la m&#233;taphore, l'IA agit comme un r&#233;v&#233;lateur chimique : elle fait appara&#238;tre, en creux, ce qui avait toujours de la valeur et ce qui n'en avait que l'apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ceux qui sortiront renforc&#233;s par ce moment, justement, seront ceux qui auront compris que l'outil ne fait pas le strat&#232;ge, de m&#234;me que la possession d'un piano ne fait pas le pianiste. Augment&#233;s, plus rapides, plus pr&#233;cis &#8211; leur avantage comp&#233;titif restera profond&#233;ment humain : lire des situations complexes, construire des r&#233;cits qui tiennent face &#224; l'adversit&#233;, conseiller dans l'incertitude, incarner la confiance dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin avait raison. L'adaptation n'est plus une option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alpha Macky Saada LY, Directeur G&#233;n&#233;ral de K&#212;MIAN et de Palabres Consulting&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://cio-mag.com/l&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CIO Mag&lt;/a&gt;, 26 juin 202-6&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Euro num&#233;rique et l'interop&#233;rabilit&#233; de la BCEAO : pourquoi Wave et Orange Money doivent r&#233;inventer leur mod&#232;le &#233;conomique </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;UN : LE PARLEMENT EUROP&#201;EN A DONN&#201; SON FEU VERT &#192; L'EURO NUM&#201;RIQUE &lt;br class='autobr' /&gt;
le 23 juin 2026, la commission des affaires &#233;conomiques et mon&#233;taires du parlement europ&#233;en a adopt&#233; par 43 voix contre 14 le cadre l&#233;gislatif de l'euro num&#233;rique. cette monnaie num&#233;rique de banque centrale, &#233;mise directement par la banque centrale europ&#233;enne, ne remplacera pas le cash mais le compl&#233;tera avec un mode hors ligne pour pr&#233;server la confidentialit&#233; des petits paiements. Le projet pr&#233;voit un plafond de d&#233;tention (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UN : LE PARLEMENT EUROP&#201;EN A DONN&#201; SON FEU VERT &#192; L'EURO NUM&#201;RIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le 23 juin 2026, la commission des affaires &#233;conomiques et mon&#233;taires du parlement europ&#233;en a adopt&#233; par 43 voix contre 14 le cadre l&#233;gislatif de l'euro num&#233;rique. cette monnaie num&#233;rique de banque centrale, &#233;mise directement par la banque centrale europ&#233;enne, ne remplacera pas le cash mais le compl&#233;tera avec un mode hors ligne pour pr&#233;server la confidentialit&#233; des petits paiements. Le projet pr&#233;voit un plafond de d&#233;tention encore en discussion entre 500 et 3 000 euros, et son d&#233;ploiement effectif est estim&#233; &#224; 2029 apr&#232;s un pilote en 2027. L'enjeu strat&#233;gique est de r&#233;duire la d&#233;pendance de l'europe aux r&#233;seaux de paiement am&#233;ricains visa et mastercard qui traitent aujourd'hui 61% des paiements par carte sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DEUX : LA BCEAO IMPOSE L'INTEROP&#201;RABILIT&#201; ET DONNE UN DERNIER D&#201;LAI &#192; WAVE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque centrale des &#233;tats de l'Afrique de l'ouest a annonc&#233; le 25 juin 2026 le report des &#233;ch&#233;ances de connexion obligatoire &#224; sa plateforme interop&#233;rable du syst&#232;me de paiement instantan&#233; pi-spi. les banques, &#233;tablissements de monnaie &#233;lectronique et &#233;tablissements de paiement ont d&#233;sormais jusqu'au 30 septembre 2026, tandis que les institutions de microfinance disposent d'un d&#233;lai jusqu'au 30 juin 2027. Au 24 juin, 80 &#233;tablissements &#233;taient d&#233;j&#224; connect&#233;s et 74 autres poursuivaient leurs tests en conditions r&#233;elles. cette interop&#233;rabilit&#233; obligatoire signifie la fin des silos propri&#233;taires : un client Wave pourra d&#233;sormais envoyer de l'argent instantan&#233;ment et gratuitement &#224; un client Orange money ou &#224; un compte bancaire, ce qui &#233;rode le fondement m&#234;me du mod&#232;le &#233;conomique de Wave b&#226;ti sur un &#233;cosyst&#232;me ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TROIS : LES STABLECOINS NE SONT PAS UNE ISSUE DE SECOURS POUR WAVE ET ORANGE MONEY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la commoditisation du transfert p2p, l'id&#233;e que Wave ou Orange money pourraient contourner l'interop&#233;rabilit&#233; en migrant vers des stablecoins est un mirage. la BCEAO r&#233;gule l'activit&#233; de transfert de valeur quelle que soit la technologie utilis&#233;e, et un stablecoin tomberait sous le m&#234;me r&#233;gime d'interop&#233;rabilit&#233;. sur le plan technique, les frais de blockchain, la latence et l'absence de connectivit&#233; permanente rendent les stablecoins inadapt&#233;s aux paiements de tr&#232;s petit montant caract&#233;ristiques de l'UEMOA. sur le plan &#233;conomique, la confiance des utilisateurs repose sur les institutions locales et le franc CFA, pas sur des monnaies num&#233;riques priv&#233;es &#233;trang&#232;res. La BCEAO a d'ailleurs d&#233;j&#224; annonc&#233; le d&#233;veloppement d'un e-cfa en r&#233;ponse &#224; la menace des monnaies priv&#233;es, renfor&#231;ant son contr&#244;le sur l'&#233;cosyst&#232;me num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;QUATRE : L'AVENIR DE WAVE ET ORANGE MONEY PASSERA PAR LA VALEUR AJOUT&#201;E, PAS PAR L'&#201;VASION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wave et Orange money ne dispara&#238;tront pas mais leur mod&#232;le de super-app ferm&#233;e est condamn&#233;. le transfert p2p deviendra une infrastructure invisible et gratuite, comme le SEPA en Europe. la survie de ces acteurs d&#233;pendra de leur capacit&#233; &#224; pivoter vers des services &#224; valeur ajout&#233;e : microcr&#233;dit, &#233;pargne, assurance, paiements b2b, et services financiers pour les petites entreprises. Wave pourrait aussi exploiter sa base utilisateur massive comme distributeur de services tiers ou comme on-ramp pour les envois de fonds internationaux de la diaspora. ceux qui r&#233;sisteront &#224; l'ouverture seront marginalis&#233;s ou acquis, tandis que les n&#233;obanques et fintechs agiles qui exploitent nativement le pi-spi &#233;mergeront comme nouveaux comp&#233;titeurs. L'&#232;re des silos est termin&#233;e, celle de la finance ouverte commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum&lt;br class='autobr' /&gt;
Economiste h&#233;t&#233;rodoxe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe WhatsApp du RASA, 26 juin 2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plaidoyer pour une doctrine s&#233;n&#233;galaise de cyber r&#233;silience : Une condition de la souverainet&#233; num&#233;rique r&#233;elle &#224; l'&#232;re du New Deal Technologique</title>
		<link>https://osiris.sn/plaidoyer-pour-une-doctrine-senegalaise-de-cyber-resilience-une-condition-de-la.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/plaidoyer-pour-une-doctrine-senegalaise-de-cyber-resilience-une-condition-de-la.html</guid>
		<dc:date>2026-06-16T09:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entre octobre 2025 et mai 2026, quatre incidents cyber majeurs ont frapp&#233; l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais en moins d'un an. La Direction G&#233;n&#233;rale des Imp&#244;ts et des Domaines, la Direction de l'Automatisation des Fichiers, la Direction G&#233;n&#233;rale de la Comptabilit&#233; Publique et du Tr&#233;sor, S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique : trois administrations centrales au c&#339;ur du dispositif financier et r&#233;galien, et l'op&#233;rateur public num&#233;rique de l'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce calendrier resserr&#233; n'est pas une co&#239;ncidence. Il signale un changement de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre octobre 2025 et mai 2026, quatre incidents cyber majeurs ont frapp&#233; l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais en moins d'un an. La Direction G&#233;n&#233;rale des Imp&#244;ts et des Domaines, la Direction de l'Automatisation des Fichiers, la Direction G&#233;n&#233;rale de la Comptabilit&#233; Publique et du Tr&#233;sor, S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique : trois administrations centrales au c&#339;ur du dispositif financier et r&#233;galien, et l'op&#233;rateur public num&#233;rique de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce calendrier resserr&#233; n'est pas une co&#239;ncidence. Il signale un changement de r&#233;gime : la compromission n'est plus al&#233;atoire &#8212; elle devient syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plaidoyer part de ce signal pour d&#233;fendre une th&#232;se. La cybers&#233;curit&#233; des &#201;tats engag&#233;s dans une transformation digitale rapide n'&#233;choue pas par manque de normes. Elle &#233;choue par d&#233;pendance structurelle &#224; des architectures qu'ils ne ma&#238;trisent pas. Tant que ce constat reste implicite, les strat&#233;gies cyber qui se succ&#232;dent traitent les cons&#233;quences sans toucher la cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal dispose, &#224; ce moment pr&#233;cis, d'une fen&#234;tre strat&#233;gique rare. La phase d'ex&#233;cution 2025-2029 du New Deal Technologique est en cours. Les arbitrages budg&#233;taires de la nouvelle l&#233;gislature s'ouvrent. Les partenaires institutionnels observent. La doctrine qui peut orienter ces choix doit &#234;tre pos&#233;e maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plaidoyer en propose une &#8212; la Cyber R&#233;silience 360 (CR-360) &#8212; articul&#233;e &#224; la souverainet&#233; num&#233;rique r&#233;elle et con&#231;ue pour r&#233;ussir le New Deal Technologique plut&#244;t que pour le subir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un risque qui touche la souverainet&#233; de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre incidents nationaux r&#233;cents ne sont pas une suite d'accidents. Ils s'inscrivent dans une &#233;conomie de l'attaque structur&#233;e. Le cybergang francophone OPERA1ER, document&#233; par GroupIB et Orange CERT-CC, a men&#233; 35 attaques contre des banques, services financiers et op&#233;rateurs t&#233;l&#233;coms d'une quinzaine de pays principalement africains entre 2018 et 2022. Il n'est pas seul. La cybercriminalit&#233; organis&#233;e s'installe en r&#233;gime structurel dans notre &#233;cosyst&#232;me &#8212; aucun &#201;tat de la sous-r&#233;gion ne peut traiter cela comme une exception passag&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque cyber au S&#233;n&#233;gal a, dans cette configuration, cess&#233; d'&#234;tre un risque op&#233;rationnel parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il touche la cha&#238;ne financi&#232;re publique &#8212; une administration fiscale qui ne peut plus encaisser, une cha&#238;ne de paiement publique paralys&#233;e, une compromission de la comptabilit&#233; publique &#233;rodent la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; se financer et la confiance des partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il touche l'identit&#233; num&#233;rique nationale &#8212; quand des donn&#233;es biom&#233;triques et &#233;lectorales sont exfiltr&#233;es, ce qui est perdu n'est pas seulement la confidentialit&#233; d'un fichier ; on peut changer un mot de passe, on ne change pas une empreinte digitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il touche l'infrastructure num&#233;rique souveraine &#8212; un op&#233;rateur public num&#233;rique compromis expose toutes les plateformes qu'il h&#233;berge pour le compte des minist&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il touche aussi quelque chose de moins visible et plus profond : la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; arbitrer ses propres choix technologiques. Quand les architectures qui h&#233;bergent les fonctions critiques sont con&#231;ues hors de nos fronti&#232;res, op&#233;r&#233;es par des acteurs sur lesquels nous n'avons pas de prise effective, &#233;voluant selon des feuilles de route que nous ne ma&#238;trisons pas, nous perdons graduellement la possibilit&#233; de d&#233;finir nous-m&#234;mes nos priorit&#233;s num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce risque-l&#224; qu'une doctrine de cyber r&#233;silience doit nommer frontalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique n'est pas un slogan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; souverainet&#233; num&#233;rique &#187; est devenu omnipr&#233;sent dans les politiques publiques africaines. Mais cette pr&#233;sence rh&#233;torique cache parfois une absence pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons d&#233;finir la souverainet&#233; politique. Nous savons d&#233;finir la souverainet&#233; &#233;conomique. Nous savons m&#234;me d&#233;finir la souverainet&#233; alimentaire &#8212; nous mesurons des taux de couverture, nous pilotons des politiques de production locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique, dans la plupart des discours, reste un mot.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique ne saurait &#234;tre une autarcie technologique : c'est d'abord la ma&#238;trise du risque technologique, ensuite la r&#233;duction de la d&#233;pendance aux solutions &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel pourcentage de nos donn&#233;es nationales sensibles est h&#233;berg&#233; dans la zone juridique s&#233;n&#233;galaise ? Quelle est la capacit&#233; de nos &#233;quipes nationales &#224; reprendre l'op&#233;ration d'un syst&#232;me critique en cas de rupture avec un prestataire ? Quelle part des solutions logicielles utilis&#233;es par l'&#201;tat, nous comprenons et nous pouvons faire &#233;voluer ? Combien de temps s'&#233;coulerait entre une cyberattaque s&#233;v&#232;re sur une infrastructure critique et le retour &#224; un service minimum acceptable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions n'ont pas, aujourd'hui, de r&#233;ponses partag&#233;es. Et tant qu'elles n'en ont pas, la souverainet&#233; num&#233;rique reste une intention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une souverainet&#233; qui ne se mesure pas est une souverainet&#233; qui ne se gouverne pas. Et une souverainet&#233; qui ne se gouverne pas n'est, &#224; terme, qu'une formule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour transformer ce mot en r&#233;alit&#233; pilotable, la doctrine Cyber R&#233;silience 360 propose trois indicateurs op&#233;rationnels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; un Indice de Souverainet&#233; R&#233;elle (ISR) qui mesure le degr&#233; effectif de ma&#238;trise d'un syst&#232;me num&#233;rique critique en croisant capacit&#233; interne, ma&#238;trise op&#233;rationnelle et d&#233;pendance externe critique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; un Seuil de Non-Ma&#238;trise Critique (SNMC) qui identifie les zones de bascule &#224; partir desquelles le contr&#244;le souverain n'est plus assur&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; un Taux de R&#233;silience Op&#233;rationnelle (TRO) qui mesure, apr&#232;s un incident r&#233;el ou un exercice de crise, la fraction des services critiques effectivement maintenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois indicateurs ne sont pas une nouveaut&#233; absolue. Ils sont, dans la doctrine que nous d&#233;fendons, l'outillage qui permet de transformer un principe politique en objet de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ISR a vocation &#224; devenir un indicateur de pilotage gouvernemental, suivi au plus haut niveau de l'&#201;tat, au m&#234;me titre que les indicateurs macro&#233;conomiques qui orientent les arbitrages budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cyber R&#233;silience 360 &#8212; une doctrine au service du New Deal Technologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'innovation centrale de CR-360 n'est pas conceptuelle, elle est organisationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun minist&#232;re, aucun op&#233;rateur, aucune entreprise s&#233;n&#233;galaise ne peut, seul, financer et op&#233;rer les capacit&#233;s cyber qu'exige la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'aucun acteur ne peut faire seul doit &#234;tre mutualis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre Centres Op&#233;rationnels de S&#233;curit&#233; sectoriels constituent l'&#233;pine dorsale op&#233;rationnelle de la doctrine &#8212; un SOC bancaire sous l'&#233;gide de la BCEAO, un SOC t&#233;l&#233;communications sous l'&#233;gide de l'ARTP, un SOC souverain pour les administrations centrales op&#233;r&#233; par l'autorit&#233; nationale, et un SOC industriel critique pour l'&#233;nergie, les hydrocarbures et les mines sous l'&#233;gide des autorit&#233;s sectorielles concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mutualisation transforme une exigence inaccessible isol&#233;ment en standard atteignable collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette innovation organisationnelle suppose trois conditions doctrinales que CR-360 explicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pivot intellectuel d'abord.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cyber s&#233;curit&#233; classique raisonne en 5D &#8212; Deter, Detect, Deny, Delay, Defeat : emp&#234;cher l'attaque par couches successives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CR-360 fait un autre choix : raisonner en 4T &#8212; Treat, Transfer, Tolerate, Terminate : organiser la continuit&#233; de la mission quand la compromission survient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense p&#233;rim&#233;trique ne dispara&#238;t pas ; elle cesse d'&#234;tre l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui devient central, c'est la capacit&#233; &#224; fonctionner sous compromission &#8212; parce qu'&#224; l'&#233;chelle o&#249; nous sommes, la compromission s&#233;v&#232;re n'est plus une hypoth&#232;se mais un fait &#224; organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pilotage par indicateurs ensuite.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ISR, SNMC, TRO rendent la souverainet&#233; num&#233;rique mesurable au niveau organisationnel, sectoriel et national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans cette instrumentation, la mutualisation est un slogan administratif de plus ; avec elle, elle devient un objet de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une gouvernance consolid&#233;e enfin.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de la DCSSI vers une Agence Nationale de la Cyber R&#233;silience et de l'IA (ANCIA) &#8212; log&#233;e &#224; la Pr&#233;sidence ou &#224; la Primature, dot&#233;e d'autonomie budg&#233;taire, d'une capacit&#233; de recrutement et d'attraction d'expertise, de pouvoirs propres d'audit et d'opposabilit&#233;, et d'une articulation interminist&#233;rielle de plein droit &#8212; prolonge et consolide le travail engag&#233; en lui donnant les moyens institutionnels que la situation appelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble s'inscrit dans quatre programmes prioritaires du New Deal Technologique qui se renforcent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la souverainet&#233; num&#233;rique et la cyber r&#233;silience (PR-P_03),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; l'Infrastructure Publique Num&#233;rique comme pivot autour duquel s'articulent identit&#233;, signature, paiement et interop&#233;rabilit&#233; (PR-P_04),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la modernisation du syst&#232;me d'information de l'&#201;tat (PR-P_05),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la d&#233;mat&#233;rialisation des proc&#233;dures administratives (PR-P_06).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quatre programmes ne se traitent pas s&#233;par&#233;ment ; ils fonctionnent comme un syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CR-360 propose le cadre doctrinal qui leur permet de le faire &#8212; et qui les inscrit dans les standards internationaux (NIST CSF 2.0, NIS2, ISO/IEC 27001, IEC 62443) sans s'y soumettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinq propositions pour la phase 2025-2029&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette doctrine n'a de valeur que par les arbitrages qu'elle permet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq propositions structurantes nous semblent imm&#233;diatement actionnables dans la phase d'ex&#233;cution 2025-2029 du NDT, dont l'enveloppe globale de 1 105 milliards de francs CFA est programm&#233;e sur dix ans (2025-2034).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopter formellement la doctrine CR-360 comme cadre national de r&#233;f&#233;rence pour la cyber r&#233;silience, par acte pr&#233;sidentiel d'engagement et int&#233;gration explicite dans la strat&#233;gie nationale de cybers&#233;curit&#233; actualis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans portage politique au plus haut niveau, la doctrine reste un document parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de l'Infrastructure Publique Num&#233;rique (PR-P_04) le p&#233;rim&#232;tre prioritaire d'application avec exigences QSP critiques &#8212; qualit&#233;, s&#233;curit&#233;, performance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DPI concentre identit&#233;, signature, paiement et interop&#233;rabilit&#233;, c'est-&#224;-dire les briques que toute administration et tout op&#233;rateur public consommeront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vuln&#233;rabilit&#233; unique sur la DPI se propage par cascade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense en profondeur n'y est pas optionnelle, elle est condition de viabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trajectoire passwordless doit y &#234;tre inscrite d&#232;s la phase de conception pour l'e-ID national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire la mutualisation sectorielle des capacit&#233;s cyber par le lancement parall&#232;le, &#224; six mois, des quatre SOC sectoriels : bancaire (BCEAO), t&#233;l&#233;communications (ARTP), souverain pour les administrations centrales (autorit&#233; nationale), industriel critique pour l'&#233;nergie, les hydrocarbures et les mines (autorit&#233;s sectorielles concern&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mutualisation est la r&#233;ponse &#233;conomiquement viable au d&#233;ficit capacitaire structurel de la sous-r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatri&#232;me proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lancer un label QSP national &#8212; triptyque Qualit&#233; &#215; S&#233;curit&#233; &#215; Performance &#8212; opposable aux march&#233;s publics critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois niveaux gradu&#233;s (basique, avanc&#233;, critique), port&#233; par l'&#233;cosyst&#232;me institutionnel s&#233;n&#233;galais avec l'appui d'organismes de certification reconnus (Bureau Veritas, T&#252;V, ISA, BSI, sur le mod&#232;le de la Certification de S&#233;curit&#233; de Premier Niveau de l'ANSSI fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le label tire le march&#233; vers le haut sans coercition et structure le secteur priv&#233; national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinqui&#232;me proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engager un programme massif de d&#233;veloppement du capital humain articul&#233; au programme PR-P_07 du NDT (Formation et d&#233;veloppement des comp&#233;tences num&#233;riques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cibles 2034 &#8212; 100 000 dipl&#244;m&#233;s du num&#233;rique et 150 000 emplois directs dans le secteur &#8212; sont ambitieuses et atteignables si la trajectoire est financ&#233;e et coordonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans ce socle humain, les quatre autres propositions restent lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Choisir, dans la &lt;strong&gt;dur&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre conditions politiques d&#233;cident de la r&#233;ussite de cette trajectoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; de l'engagement &#8212; plusieurs ex&#233;cutifs se succ&#233;deront d'ici 2034 ; aucun ne doit red&#233;marrer le chantier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de programmation pluriannuelle est l'outil constitutionnel qui sanctuarise les engagements au-del&#224; des alternances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement prot&#233;g&#233; &#8212; la cyber r&#233;silience ne se discute pas chaque ann&#233;e dans un budget contraint ; elle se sanctuarise par loi, compl&#233;t&#233;e par des cofinancements internationaux structur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coordination effective &#8212; aucun minist&#232;re ne porte seul un risque qui traverse toutes les fonctions de l'&#201;tat ; le portage primatorial et l'arbitrage pr&#233;sidentiel sont d&#233;terminants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiance citoyenne &#8212; la transformation digitale s&#233;curis&#233;e n'aboutit que si les citoyens, les entreprises et la soci&#233;t&#233; civile y adh&#232;rent, par la transparence sur les incidents, la qualit&#233; de la communication de crise et le respect des libert&#233;s fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le S&#233;n&#233;gal est &#224; un moment charni&#232;re.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine que ce plaidoyer d&#233;fend est, dans son fond, &#224; notre port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons les concepts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons les cadres internationaux dont nous pouvons nous inspirer sans nous y soumettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons les femmes et les hommes capables de la porter &#8212; agents publics, ing&#233;nieurs, RSSI, chercheurs, &#233;tudiants, citoyens engag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il nous reste &#224; faire, c'est de l'assumer politiquement et collectivement, dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un choix strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats qui ma&#238;trisent leur cyber espace construisent leur souverainet&#233; ; les autres organisent leur d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Idy Demba Thiam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Fondateur &amp; CEO de Cybernum, cabinet sp&#233;cialis&#233; en transformation digitale et cybers&#233;curit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;CISSP, ISO 27001 Lead Implementer, IEC 62443 Expert.&lt;br class='manualbr' /&gt;Consultant Banque Mondiale &#8212; Projet WARDIP.&lt;br class='manualbr' /&gt;Consultant GIZ / Union Europ&#233;enne &#8212; Projet Going Digital.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ancien Conseiller technique Digital &amp; Cyber au Minist&#232;re de la Communication, des T&#233;l&#233;communications et du Num&#233;rique du S&#233;n&#233;gal (2024-2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://lesoleil.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Soleil&lt;/a&gt;, 16 juin 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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