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	<title>OSIRIS</title>
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	<description>Osiris sensibilise, informe et produit des analyses sur tous les sujets relatifs &#224; l'utilisation et &#224; l'appropriation des technologies de l'information et de la communication au S&#233;n&#233;gal et en Afrique.</description>
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		<title>OSIRIS</title>
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		<title>Starlink, wifi communautaire : la promesse pr&#233;sidentielle rattrap&#233;e par le r&#233;gulateur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; mesure que le S&#233;n&#233;gal s'ouvre aux nouvelles fronti&#232;res du num&#233;rique, une dissonance s'installe. D'un c&#244;t&#233;, un discours politique volontariste, incarn&#233; par le pr&#233;sident Bassirou Diomaye Faye, qui promet inclusion digitale, d&#233;mocratisation de l'acc&#232;s &#224; Internet et souverainet&#233; technologique. Dans son discours &#224; la Nation du 31 d&#233;cembre 2025, il avait annonc&#233; l'ambition du S&#233;n&#233;gal de franchir une nouvelle &#233;tape vers la connectivit&#233; universelle avec le d&#233;ploiement d'antennes satellitaires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-70-a1eb4.jpg?1775144227' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; mesure que le S&#233;n&#233;gal s'ouvre aux nouvelles fronti&#232;res du num&#233;rique, une dissonance s'installe. D'un c&#244;t&#233;, un discours politique volontariste, incarn&#233; par le pr&#233;sident Bassirou Diomaye Faye, qui promet inclusion digitale, d&#233;mocratisation de l'acc&#232;s &#224; Internet et souverainet&#233; technologique. Dans son discours &#224; la Nation du 31 d&#233;cembre 2025, il avait annonc&#233; l'ambition du S&#233;n&#233;gal de franchir une nouvelle &#233;tape vers la connectivit&#233; universelle avec le d&#233;ploiement d'antennes satellitaires permettant &#224; pr&#232;s d'un million de personnes d'acc&#233;der gratuitement &#224; Internet en 2026. C'est ainsi que Starlink a &#233;t&#233; officiellement reconnu le 4 f&#233;vrier 2026, comme fournisseur d'acc&#232;s Internet (FAI) pour am&#233;liorer la connectivit&#233;. De l'autre, une mise en garde ferme de Autorit&#233; de R&#233;gulation des T&#233;l&#233;communications et des Postes (ARTP), qui brandit le b&#226;ton juridique face &#224; des pratiques pourtant n&#233;es de ce m&#234;me besoin d'acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;lescopage est frontal. Dans un communiqu&#233; dat&#233; du 31 mars 2026, le r&#233;gulateur des t&#233;l&#233;communications alerte sur la prolif&#233;ration de &#171; Wifi communautaires &#187;, ces r&#233;seaux permettant de partager une connexion Internet dans des quartiers ou des zones enclav&#233;es. Derri&#232;re ces installations, souvent des terminaux de Starlink, solution satellitaire qui promet de contourner les limites des infrastructures classiques. Mais pour l'ARTP, il y a une ligne rouge toute trac&#233;e. Fournir un acc&#232;s &#224; Internet sans licence constitue une infraction p&#233;nale. Les sanctions &#233;voqu&#233;es sont lourdes et pourraient aller jusqu'&#224; cinq ans d'emprisonnement et 60 millions de francs CFA d'amende. Une fermet&#233; juridique qui tranche avec la rh&#233;torique politique r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son accession au pouvoir, le r&#233;gime multiplie les engagements en faveur de la r&#233;duction de la fracture num&#233;rique. L'acc&#232;s &#224; Internet est pr&#233;sent&#233; comme un outil de transformation &#233;conomique, d'&#233;mancipation sociale et un droit quasi fondamental. Dans ce cadre, l'arriv&#233;e de Starlink au S&#233;n&#233;gal a &#233;t&#233; per&#231;ue comme une opportunit&#233; historique. En effet, connecter les zones rurales, d&#233;senclaver les territoires, court-circuiter les lenteurs des d&#233;ploiements terrestres, permet un acc&#232;s rapide et relativement abordable &#224; Internet, stimule l'entrepreneuriat local, facilite l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation en ligne et aux services de sant&#233; num&#233;riques, renforce l'inclusion financi&#232;re via les solutions digitales et, plus largement, acc&#233;l&#232;re l'int&#233;gration des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur le terrain, la r&#233;alit&#233; prend une autre forme. Faute d'offres accessibles ou de couverture suffisante, des citoyens s'organisent. Ils mutualisent les co&#251;ts, installent des &#233;quipements, redistribuent la connexion. Ces &#171; Wifi communautaires &#187; ne sont pas seulement des bricolages technologiques mais bien l'expression d'un besoin vital d'acc&#232;s &#224; l'information, &#224; l'&#233;ducation, aux services num&#233;riques.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pr&#233;cis&#233;ment cette dynamique que l'ARTP vient freiner. En rappelant que la fourniture d'acc&#232;s Internet est une activit&#233; strictement encadr&#233;e, r&#233;serv&#233;e aux op&#233;rateurs titulaires de licences, le r&#233;gulateur r&#233;affirme la primaut&#233; du droit sur l'innovation spontan&#233;e. Le message est sans ambigu&#239;t&#233;. Toute initiative, aussi utile soit-elle, doit s'inscrire dans le cadre l&#233;gal existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce cadre, justement, appara&#238;t de plus en plus en d&#233;calage avec les mutations du secteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arriv&#233;e de technologies satellitaires comme Starlink bouleverse les &#233;quilibres traditionnels. L&#224; o&#249; les op&#233;rateurs historiques d&#233;ploient des infrastructures lourdes, lentes et co&#251;teuses, ces solutions offrent une connectivit&#233; quasi imm&#233;diate, ind&#233;pendante des r&#233;seaux nationaux. Elles red&#233;finissent les rapports entre &#201;tats, r&#233;gulateurs et fournisseurs de services. Et posent la question de savoir comment r&#233;guler un Internet qui &#233;chappe, par nature, aux fronti&#232;res physiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal n'est pas le seul &#224; &#234;tre confront&#233; &#224; ce dilemme. Partout en Afrique, les r&#233;gulateurs oscillent entre ouverture &#224; l'innovation et protection des cadres existants. Mais dans le cas s&#233;n&#233;galais, la contradiction est accentu&#233;e par la force du discours politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#171; criminalisant &#187; des pratiques issues d'un besoin d'acc&#232;s, le risque d'envoyer un signal paradoxal est pris. D'un c&#244;t&#233;, l'innovation et l'entrepreneuriat num&#233;rique, l'inclusion, sont encourag&#233;s. De l'autre, des formes d'appropriation populaire de ces m&#234;mes technologies sont sanctionn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE RISQUE EST DOUBLE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, celui d'un ralentissement de la diffusion d'Internet dans les zones les plus recul&#233;es. L&#224; o&#249; les op&#233;rateurs tardent &#224; investir, les initiatives communautaires comblent un vide. Les interdire sans alternative cr&#233;dible revient &#224; maintenir des poches d'exclusion num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, lorsque la r&#233;glementation appara&#238;t comme un obstacle plut&#244;t qu'un facilitateur, elle perd en l&#233;gitimit&#233;. Et dans un secteur aussi dynamique que le num&#233;rique, cette perte de l&#233;gitimit&#233; peut rapidement se traduire par une multiplication des pratiques informelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, la position de l'ARTP n'est pas d&#233;nu&#233;e de fondement. La r&#233;gulation vise aussi &#224; garantir la qualit&#233; de service, la s&#233;curit&#233; des r&#233;seaux, la protection des consommateurs. Laisser prolif&#233;rer des r&#233;seaux non contr&#244;l&#233;s comporte des risques comme les interf&#233;rences, la cybercriminalit&#233;, l'absence de responsabilit&#233; en cas de litige. La question n'est donc pas tant celle de la l&#233;galit&#233; que celle de l'adaptation du cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'irruption de nouveaux acteurs comme Starlink et &#224; l'ing&#233;niosit&#233; des usages locaux, une r&#233;forme de la r&#233;gulation appara&#238;t in&#233;vitable. Il ne s'agit plus seulement de contr&#244;ler, mais d'accompagner. D'int&#233;grer ces initiatives dans un cadre souple, capable de concilier innovation et s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut, le S&#233;n&#233;gal pourrait se retrouver dans une situation paradoxale qui est celle de promouvoir l'&#233;conomie num&#233;rique tout en en bridant les formes les plus accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la promesse politique et la r&#233;alit&#233; r&#233;glementaire, le foss&#233; se creuse. Et au c&#339;ur de cette tension, l'Internet du futur ne se d&#233;cr&#233;tera pas uniquement dans les discours, ni ne se contiendra dans les textes actuels. Il se construit d&#233;j&#224;, sur le terrain, parfois en marge des r&#232;gles. Reste &#224; savoir si l'&#201;tat choisira de l'accompagner&#8230; ou de le sanctionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alioune BA&lt;br class='autobr' /&gt;
Sp&#233;cialiste en Ethique de l'IA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.dakaractu.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dakar Actu&lt;/a&gt;, 1er avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nos &#233;tats sont num&#233;riquement d&#233;pendants : Le Cloud, le nouvel empire invisible des Etats-Unis</title>
		<link>https://osiris.sn/nos-etats-sont-numeriquement-dependants-le-cloud-le-nouvel-empire-invisible-des.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/nos-etats-sont-numeriquement-dependants-le-cloud-le-nouvel-empire-invisible-des.html</guid>
		<dc:date>2026-03-29T08:43:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1. LE CLOUD EST DEVENU L'INFRASTRUCTURE INVISIBLE DE L'&#201;CONOMIE MONDIALE &lt;br class='autobr' /&gt;
le fonctionnement quotidien des administrations, des universit&#233;s et des entreprises repose d&#233;sormais largement sur des plateformes num&#233;riques h&#233;berg&#233;es dans le cloud. des outils comme Microsoft 365 permettent de produire des documents, d'&#233;changer des informations et de stocker des donn&#233;es strat&#233;giques &#224; distance. cette transformation num&#233;rique a cr&#233;&#233; une nouvelle d&#233;pendance structurelle envers quelques grandes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-69-b6c75.jpg?1774774120' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. LE CLOUD EST DEVENU L'INFRASTRUCTURE INVISIBLE DE L'&#201;CONOMIE MONDIALE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le fonctionnement quotidien des administrations, des universit&#233;s et des entreprises repose d&#233;sormais largement sur des plateformes num&#233;riques h&#233;berg&#233;es dans le cloud. des outils comme Microsoft 365 permettent de produire des documents, d'&#233;changer des informations et de stocker des donn&#233;es strat&#233;giques &#224; distance. cette transformation num&#233;rique a cr&#233;&#233; une nouvelle d&#233;pendance structurelle envers quelques grandes entreprises technologiques, notamment Microsoft, Google et Amazon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. LA CONCENTRATION DES INFRASTRUCTURES NUM&#201;RIQUES CR&#201;E UNE D&#201;PENDANCE STRAT&#201;GIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la majorit&#233; des infrastructures de cloud utilis&#233;es dans le monde appartiennent &#224; des entreprises am&#233;ricaines. cette concentration signifie qu'une part importante des donn&#233;es publiques, &#233;conomiques et institutionnelles de nombreux pays est stock&#233;e dans des syst&#232;mes qui ne sont pas sous leur contr&#244;le direct. la transformation num&#233;rique, pr&#233;sent&#233;e comme une modernisation, peut ainsi produire une nouvelle forme de d&#233;pendance technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. L'AFFAIRE MICROSOFT IRELAND A R&#201;V&#201;L&#201; L'EXTRATERRITORIALIT&#201; DES DONN&#201;ES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'affaire Microsoft Corp. v. United States a montr&#233; que les donn&#233;es stock&#233;es dans un autre pays peuvent &#234;tre r&#233;clam&#233;es par la justice am&#233;ricaine lorsqu'elles sont d&#233;tenues par une entreprise am&#233;ricaine. cette situation a conduit &#224; l'adoption du CLOUD Act, qui permet aux autorit&#233;s des &#233;tats-unis d'exiger l'acc&#232;s &#224; certaines donn&#233;es, m&#234;me lorsque celles-ci sont h&#233;berg&#233;es hors du territoire am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. LES R&#201;V&#201;LATIONS SNOWDEN ONT CHANG&#201; LA PERCEPTION DU CLOUD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en 2013, Edward Snowden a r&#233;v&#233;l&#233; l'existence du programme PRISM, utilis&#233; par la National Security Agency. ces r&#233;v&#233;lations ont aliment&#233; un d&#233;bat mondial sur la s&#233;curit&#233; des donn&#233;es et sur la capacit&#233; des &#233;tats &#224; prot&#233;ger leurs informations strat&#233;giques dans un environnement num&#233;rique globalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. LA SOUVERAINET&#201; NUM&#201;RIQUE DEVIENT UN ENJEU MAJEUR POUR LES &#201;TATS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;face &#224; cette situation, de nombreux pays commencent &#224; r&#233;fl&#233;chir au d&#233;veloppement de clouds souverains et d'infrastructures num&#233;riques nationales. l'objectif n'est pas de rejeter la technologie mondiale, mais de garantir que les donn&#233;es strat&#233;giques d'un pays puissent &#234;tre prot&#233;g&#233;es et g&#233;r&#233;es selon ses propres int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;conomiste h&#233;t&#233;rodoxe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 29 mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Danger num&#233;rique : nos enfants sont-ils les cobayes de Meta et Google ? L'urgence d'une r&#233;forme parlementaire au S&#233;n&#233;gal </title>
		<link>https://osiris.sn/danger-numerique-nos-enfants-sont-ils-les-cobayes-de-meta-et-google-l-urgence-d.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/danger-numerique-nos-enfants-sont-ils-les-cobayes-de-meta-et-google-l-urgence-d.html</guid>
		<dc:date>2026-03-27T07:16:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CONDAMNATION HISTORIQUE DE META ET GOOGLE ET PR&#201;C&#201;DENT JURIDIQUE &lt;br class='autobr' /&gt;
un jury californien a r&#233;cemment condamn&#233; meta et google &#224; verser 6 millions de dollars de dommages et int&#233;r&#234;ts, reconnaissant officiellement que leurs algorithmes sont intentionnellement con&#231;us pour &#234;tre addictifs et nocifs pour la sant&#233; mentale des mineurs. ce verdict historique brise l'immunit&#233; dont jouissaient les g&#233;ants du num&#233;rique en prouvant que l'architecture m&#234;me de leurs plateformes, comme le d&#233;filement infini, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/1000376409-3-bcd1d.jpg?1774596065' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CONDAMNATION HISTORIQUE DE META ET GOOGLE ET PR&#201;C&#201;DENT JURIDIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un jury californien a r&#233;cemment condamn&#233; meta et google &#224; verser 6 millions de dollars de dommages et int&#233;r&#234;ts, reconnaissant officiellement que leurs algorithmes sont intentionnellement con&#231;us pour &#234;tre addictifs et nocifs pour la sant&#233; mentale des mineurs. ce verdict historique brise l'immunit&#233; dont jouissaient les g&#233;ants du num&#233;rique en prouvant que l'architecture m&#234;me de leurs plateformes, comme le d&#233;filement infini, cause un pr&#233;judice direct aux enfants. pour les dirigeants s&#233;n&#233;galais, cette d&#233;cision constitue une base juridique solide pour exiger des comptes aux big tech et entamer une r&#233;forme profonde de la protection des citoyens en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APPEL &#192; UNE LOI S&#201;N&#201;GALAISE SUR L'ACC&#200;S DES MOINS DE 18 ANS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;face &#224; cette vuln&#233;rabilit&#233; d&#233;montr&#233;e, le parlement s&#233;n&#233;galais doit imp&#233;rativement l&#233;gif&#233;rer pour instaurer une &#171; majorit&#233; num&#233;rique &#187; fix&#233;e &#224; 18 ans. cette loi devrait imposer un syst&#232;me de v&#233;rification d'&#226;ge par &#171; double aveugle &#187; via un tiers de confiance, permettant de valider l'&#226;ge sans collecter les donn&#233;es d'identit&#233; personnelles. de plus, la l&#233;gislation devrait interdire les algorithmes pr&#233;dictifs pour les mineurs, imposant un fil d'actualit&#233; purement chronologique afin de briser les cycles d'addiction et de prot&#233;ger la jeunesse s&#233;n&#233;galaise des contenus inappropri&#233;s ou radicalisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CR&#201;ATION DE LA HAUTE AUTORIT&#201; CONTRE LA CYBERCRIMINALIT&#201;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour garantir l'application effective de ces mesures, la cr&#233;ation d'une haute autorit&#233; contre la cybercriminalit&#233; est une priorit&#233; nationale. cette institution ind&#233;pendante serait charg&#233;e de surveiller les activit&#233;s des plateformes sur le territoire s&#233;n&#233;galais, de recueillir les plaintes des familles et de sanctionner les manquements par des amendes lourdes index&#233;es sur le chiffre d'affaires mondial des entreprises concern&#233;es. elle aurait &#233;galement pour mission d'imposer un droit &#224; l'effacement radical, permettant &#224; tout jeune s&#233;n&#233;galais d'obtenir la suppression totale de ses traces num&#233;riques d&#232;s sa majorit&#233; ou sur demande de son tuteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RENFORCEMENT DE LA D&#201;FENSE CONTRE LE CYBERWARE ET SOUVERAINET&#201;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;au-del&#224; de la protection sociale, le s&#233;n&#233;gal doit int&#233;grer une strat&#233;gie de d&#233;fense contre le &#171; cyberware &#187; (guerre cybern&#233;tique) pour assurer sa souverainet&#233; num&#233;rique. cette nouvelle autorit&#233;, en collaboration avec les forces de s&#233;curit&#233;, doit d&#233;velopper des capacit&#233;s offensives et d&#233;fensives pour prot&#233;ger les infrastructures critiques contre les ing&#233;rences &#233;trang&#232;res et les attaques de masse. en codifiant ces r&#232;gles techniques et &#233;thiques, le s&#233;n&#233;gal ne se contente plus de subir les innovations des g&#233;ants de la silicon valley, mais devient un acteur souverain capable de dicter ses propres conditions pour un cyberespace national s&#251;r et prot&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 27 mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le New Deal doit r&#233;pondre aux fondements de la transformation num&#233;rique</title>
		<link>https://osiris.sn/le-new-deal-doit-repondre-aux-fondements-de-la-transformation-numerique.html</link>
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		<dc:date>2026-03-25T18:04:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'IDENTIT&#201; NUM&#201;RIQUE ENFIN PRIORITAIRE, MAIS SA MISE EN &#338;UVRE RESTE &#192; CONCR&#201;TISER &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2021, j'ai form&#233; des cadres du Pastef sur une &#233;vidence, conforme au cadre de l'identification unique pour l'int&#233;gration r&#233;gionale et l'inclusion (ID4D) promu par la Banque Mondiale : la premi&#232;re chose avant toute application, c'est de s&#233;curiser et de num&#233;riser notre identit&#233; nationale. Cinq ans plus tard, je constate que le New Deal Technologique a enfin int&#233;gr&#233; cette s&#233;quence comme un pilier. C'est une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-68-b68aa.jpg?1774462488' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'IDENTIT&#201; NUM&#201;RIQUE ENFIN PRIORITAIRE, MAIS SA MISE EN &#338;UVRE RESTE &#192; CONCR&#201;TISER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2021, j'ai form&#233; des cadres du Pastef sur une &#233;vidence, conforme au cadre de l'identification unique pour l'int&#233;gration r&#233;gionale et l'inclusion (ID4D) promu par la Banque Mondiale : la premi&#232;re chose avant toute application, c'est de s&#233;curiser et de num&#233;riser notre identit&#233; nationale. Cinq ans plus tard, je constate que le New Deal Technologique a enfin int&#233;gr&#233; cette s&#233;quence comme un pilier. C'est une avanc&#233;e majeure : l'identit&#233; num&#233;rique unique est d&#233;sormais affich&#233;e comme le socle de la souverainet&#233; num&#233;rique s&#233;n&#233;galaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la prudence reste de mise. La suspension de la production des cartes d'identit&#233; en f&#233;vrier 2026, suite &#224; une tentative de piratage du fichier national, rappelle une v&#233;rit&#233; essentielle : la fiabilit&#233; et la s&#233;curit&#233; du syst&#232;me doivent primer sur l'effet d'annonce. Construire une identit&#233; num&#233;rique souveraine exige un socle technique infalsifiable, pas une pr&#233;cipitation commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Estonie a mis dix ans &#224; b&#226;tir son syst&#232;me avant de le g&#233;n&#233;raliser. Le Rwanda a fait de m&#234;me. Nous avons d&#233;sormais la strat&#233;gie ; il nous faut maintenant la patience et la rigueur pour ex&#233;cuter sans faille. Sans identit&#233; num&#233;rique souveraine, fiable et s&#233;curis&#233;e, il n'y a pas de transformation digitale durable. Le New Deal l'a compris sur le papier ; les prochains mois diront s'il le concr&#233;tise sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE CLOUD ALIBABA : UNE OPPORTUNIT&#201; &#192; CONDITION DE RESPECTER L'ARCHITECTURE EDGE/CORE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde exigence technique que je soulevais en 2021 reste d'actualit&#233; : l'architecture num&#233;rique moderne distingue le c&#339;ur (core) de la p&#233;riph&#233;rie (edge). Le datacenter souverain de Diamniadio, dans lequel l'&#201;tat a d&#233;j&#224; massivement investi, doit rester le c&#339;ur de notre cloud national : il h&#233;berge nos donn&#233;es sensibles, nos applications critiques, notre patrimoine national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le partenariat avec Alibaba Cloud pour les JOJ Dakar 2026 n'est pas une aberration en soi. Il devient une aberration si, au lieu d'utiliser cette infrastructure comme un edge computing (un relais p&#233;riph&#233;rique pour les services non sensibles, les pics de charge ou les capacit&#233;s sp&#233;cifiques), on en fait une infrastructure parall&#232;le qui sous-utilise nos &#233;quipements nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est donc pas de refuser Alibaba, mais de l'int&#233;grer correctement : Diamniadio comme socle souverain, Alibaba comme compl&#233;ment op&#233;rationnel ma&#238;tris&#233;. C'est ainsi qu'on construit une autonomie num&#233;rique sans se priver des alliances technologiques. Le New Deal doit garantir cette coh&#233;rence architecturale, sous peine de gaspiller l'argent public et de fragiliser notre souverainet&#233;. J'appelle le gouvernement &#224; clarifier cette architecture et &#224; rendre compte de l'utilisation du datacenter national dans ce dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum&lt;br class='autobr' /&gt;
formateur des cadres Pastef le 08-09 mai 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 25 mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le droit douanier &#224; l'assaut de l'&#233;conomie num&#233;rique : l'aval du d&#233;douanement des services en gestation</title>
		<link>https://osiris.sn/le-droit-douanier-a-l-assaut-de-l-economie-numerique-l-aval-du-dedouanement-des.html</link>
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		<dc:date>2026-03-24T11:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La jurisprudence du num&#233;rique illustre la tension entre la port&#233;e du moratoire de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) sur l'imposition de droits de douane sur les transmissions &#233;lectroniques et la souverainet&#233; des Etats en mati&#232;re de l&#233;gislation. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'en veux pour preuve, la d&#233;cision rendue en France, dans l'affaire Yahoo qui, au-del&#224; des controverses qu'elle a suscit&#233;es autour notamment de son application aux USA, est aussi, assez symptomatique du trouble juridique devant lequel se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La jurisprudence du num&#233;rique illustre la tension entre la port&#233;e du moratoire de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) sur l'imposition de droits de douane sur les transmissions &#233;lectroniques et la souverainet&#233; des Etats en mati&#232;re de l&#233;gislation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en veux pour preuve, la d&#233;cision rendue en France, dans l'affaire Yahoo qui, au-del&#224; des controverses qu'elle a suscit&#233;es autour notamment de son application aux USA, est aussi, assez symptomatique du trouble juridique devant lequel se trouvent les Etats face &#224; la diffusion sur leur territoire de contenus illicites depuis d'autres Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de conflits commerciaux autour des droits de douane applicables aux entreprises technologiques Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft (GAFAM), l'application de la fiscalit&#233; aux actifs num&#233;riques annonce une jurisprudence douani&#232;re adapt&#233;e au monde virtuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par pr&#233;monition, les infractions num&#233;riques transfrontali&#232;res viseront les faits d'importation ou d'exportation de services sans d&#233;claration, de contrebande de services, de cybercriminalit&#233; et de cybercontrefa&#231;on transfrontali&#232;res en plus de ceux portant d&#233;j&#224; sur les violations de la r&#233;glementation des changes et les atteintes au syst&#232;me automatis&#233; de traitement des donn&#233;es douani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux fins de leur r&#233;pression et sans pour autant mettre en place un r&#233;gime de surveillance &#233;lectronique de type orwellien, il urge d'instituer un personnel de douane judiciaire qui, &#224; l'instar du personnel de police judiciaire pourra acc&#233;der aux donn&#233;es de connexions informatiques pour poursuivre leurs investigations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci, d'autant plus que pour la d&#233;fense de la s&#233;curit&#233; nationale, un brevet de constitutionnalit&#233; a &#233;t&#233; d&#233;cern&#233; &#224; la police judiciaire relativement &#224; l'utilisation des technologies de l'information et de la communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la lumi&#232;re des enjeux, l'intervention de la douane, en tant que police des fronti&#232;res, se justifie donc par la n&#233;cessit&#233; de collaboration avec les autorit&#233;s judiciaires et les exigences de lutte contre la fraude num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours &#224; l'intelligence artificielle et &#224; la blockchain aidant, cette intervention disruptive voire pr&#233;dictive a pour effet d'introduire de nouveaux crit&#232;res dans le contentieux douanier, autant dans les techniques de rechercher et de poursuivre l'infraction num&#233;rique, dans les modalit&#233;s d'&#233;tablir les comp&#233;tences et attributions, que dans la mani&#232;re de d&#233;terminer les responsabilit&#233;s et sanctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res probl&#233;matiques juridiques apparaitront quand il s'agira de d&#233;terminer les comp&#233;tences et attributions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, Il faudra bien s'assurer de la qualit&#233; pour agir, de l'agent des douanes habilit&#233;, &#224; poursuivre ce type d'infraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la question de la d&#233;termination du tribunal comp&#233;tent se posera avec acuit&#233; puisque l'&#233;conomie num&#233;rique ne connait pas de fronti&#232;res g&#233;ographiques contrairement &#224; la comp&#233;tence juridictionnelle qui incorpore une notion de territorialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, relativement &#224; une affaire li&#233;e &#224; une saisie de drogue r&#233;alis&#233;e dans les eaux internationales de la zone &#233;conomique exclusive, le tribunal de grande instance de Dakar s'est d&#233;clar&#233; incomp&#233;tent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'adviendra-t-il, alors, pour des affaires contentieuses relev&#233;es dans les plateformes et autres paradis num&#233;riques o&#249; les souverainet&#233;s s'entrechoquent dans les nuages (cloud computing) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le contentieux douanier des services fait apparaitre une autre probl&#233;matique li&#233;e au conflit de qualification surtout quand l'infraction est incrimin&#233;e aussi bien par le droit commun que par le droit douanier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'exemple, le nouveau R&#232;glement num&#233;ro 06/2024/CM/UEMOA relatif aux relations financi&#232;res ext&#233;rieures des Etats membres pr&#233;voit l'obligation de rapatriement des recettes issues des exportations de biens et de services, dans le m&#234;me temps, le Code des douanes pr&#233;voit la comp&#233;tence du receveur poursuivant des douanes &#224; poursuivre l'infraction de change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de la d&#233;termination des responsabilit&#233;s douani&#232;res, elles pourront &#234;tre engag&#233;es contre les importateurs ou exportateurs de services s'ils ont eu, effectivement, connaissance de leur caract&#232;re illicite ou si, d&#232;s le moment o&#249; elles en ont eu connaissance, elles n'ont pas pu agir, promptement, pour retirer ces donn&#233;es ou en rendre l'acc&#232;s impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le jeu du m&#233;canisme de la responsabilit&#233; en cascade emprunt&#233;e au droit de la presse, les fournisseurs d'acc&#232;s &#224; Internet, les diffuseurs, les h&#233;bergeurs, les int&#233;ress&#233;s &#224; la fraude qui auront particip&#233;, sciemment, aux infractions num&#233;riques seront poursuivis directement comme auteurs principaux, auteurs subsidiaires ou complices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d'usage dans le monde num&#233;rique, les d&#233;cisions rendues par le juge seront, alors scrut&#233;es &#224; la loupe sur les r&#233;seaux et, l'autorit&#233; de la chose jug&#233;e &#233;prouv&#233;e par la reconnaissance mutuelle voire par la menace de destruction des donn&#233;es informatiques gel&#233;es &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'assaut de l'&#233;conomie num&#233;rique, le contentieux douanier subit des revers notables relativisant son autonomie, dans le m&#234;me temps, &#171; le juge voit son office, se remodeler et ses outils de travail se renouveler consid&#233;rablement par des mutations et des m&#233;tamorphoses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224;, marqu&#233; par la combinaison du tryptique ''infractions mat&#233;rielles-interdiction de se pr&#233;valoir de sa bonne-foi-force probante des proc&#232;s-verbaux, faisant des personnes poursuivies des coupables tout d&#233;sign&#233;s, dont le sort se r&#233;sume &#224; l'alternative entre la prison et le paiement d'une transaction qui prend souvent les allures d'un chantage, le droit douanier est contraint de se judiciariser pour assurer, efficacement, la surveillance de l'&#233;conomie num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pr&#233;alable, l'action douani&#232;re de r&#233;pression de la fraude num&#233;rique implique la r&#233;solution de questions li&#233;es au droit international. Lex &#233;lectronica et cyber juridictions ayant tendance &#224; se substituer aux lois et juridictions &#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore l&#224;, un autre &#171; verrou de Bercy ou de l'Avenue Carde &#187; qui risque de c&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Docteur Ndiaga SOUMARE,&lt;br class='autobr' /&gt;
Inspecteur principal des Douanes de Classe exceptionnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.leral.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;ral&lt;/a&gt;, 24 mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reconfiguration ou redistribution des r&#244;les avec l'arriv&#233;e de Starlink</title>
		<link>https://osiris.sn/reconfiguration-ou-redistribution-des-roles-avec-l-arrivee-de-starlink.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/reconfiguration-ou-redistribution-des-roles-avec-l-arrivee-de-starlink.html</guid>
		<dc:date>2026-03-16T16:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis l'annonce de l'arriv&#233;e de Starlink au S&#233;n&#233;gal, tous les projecteurs se sont braqu&#233;s sur le GROUPE SONATELcomme &#233;tant le principal impact&#233;. Il est cependant utile de prendre du recul et d'analyser la situation avec beaucoup plus de lucidit&#233;. Sonatel/Orange est un op&#233;rateur de t&#233;l&#233;communications titulaire d'une licence globale et exer&#231;ant dans tous les segments de march&#233; alors que Starlink dispose d'une autorisation de Fournisseur d'Acc&#232;s Internet (FAI) intervenant uniquement sur le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-66-77b25.jpg?1774088168' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'annonce de l'arriv&#233;e de Starlink au S&#233;n&#233;gal, tous les projecteurs se sont braqu&#233;s sur le GROUPE SONATELcomme &#233;tant le principal impact&#233;. Il est cependant utile de prendre du recul et d'analyser la situation avec beaucoup plus de lucidit&#233;. Sonatel/Orange est un op&#233;rateur de t&#233;l&#233;communications titulaire d'une licence globale et exer&#231;ant dans tous les segments de march&#233; alors que Starlink dispose d'une autorisation de Fournisseur d'Acc&#232;s Internet (FAI) intervenant uniquement sur le segment de l'Internet fixe. Starlink n'est donc qu'un acteur au m&#234;me titre que les autres FAI, ARC TELECOM, WAW Telecom et AFRICA ACCESS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le FAI #AFRICAACCESS, apr&#232;s plus de 10 ans, n'est toujours pas op&#233;rationnel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par cons&#233;quent, dans un &#233;cosyst&#232;me dynamique et &#233;quilibr&#233;, la pr&#233;occupation devrait plut&#244;t tourner autour de la redistribution des r&#244;les au niveau des FAI et surtout voir dans quelle mesure ARC TELECOM et WAW Telecom pourront rivaliser puisqu'&#233;voluant dans le m&#234;me segment de march&#233; que Starlink.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les op&#233;rateurs globaux que sont le GROUPE SONATEL, Yas Senegal et Expresso Senegal ne devraient &#234;tre que tr&#232;s peu impact&#233;s. Alors, comment expliquer que les regards des S&#233;n&#233;galais se soient exclusivement dirig&#233;s sur le GROUPE SONATEL ? La r&#233;ponse qui me vient &#224; l'esprit est celle du v&#233;cu que les S&#233;n&#233;galais ont avec ce groupe et de la perception re&#231;ue de Starlink qui les poussent &#224; se dire : &#171; voil&#224; enfin venu, un vrai rival du GROUPE SONATEL. Un concurrent qui peut changer la donne, faire baisser les tarifs et offrir une v&#233;ritable alternative &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le v&#233;cu avec le GROUPE SONATEL et la perception vis-&#224;-vis de Starlink se traduisent, en partie, par les &#233;l&#233;ments ci-dessous :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la domination &#171; sans partage &#187; du march&#233; des t&#233;l&#233;communications par le GROUPE SONATEL pendant plusieurs d&#233;cennies ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la d&#233;tention par le GROUPE SONATEL de la &#171; quasi-totalit&#233; &#187; des infrastructures de t&#233;l&#233;communications ouvertes au public ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la familiarit&#233; des S&#233;n&#233;galais avec les services et les offres du GROUPE SONATEL ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'absence d'une &#171; v&#233;ritable alternative &#187; au GROUPE SONATEL ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la fortune colossale et l'influence d'Elon Musk, propri&#233;taire du nouvel entrant Starlink ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la technologie satellitaire et l'&#233;tendue de la constellation de SpaceX sur laquelle s'appuie Starlink ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'ind&#233;pendance et l'autonomie de Starlink sur le plan infrastructurel &#224; tous les niveaux (terminaux, r&#233;seaux acc&#232;s et transport, capacit&#233; internationale et bande passante Internet) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la diversit&#233; des domaines d'intervention et les perspectives d'&#233;volution de la technologie satellitaire de SpaceX(Starlink direct-to-cell, IoT, &#8230;).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En parcourant ces &#233;l&#233;ments, on arrive ais&#233;ment &#224; la conclusion que la concurrence risque d'&#234;tre farouche entre le GROUPE SONATEL et Starlink. Cependant, &#224; l'&#233;tat actuel de la r&#233;glementation au S&#233;n&#233;gal, cette rivalit&#233; ne peut s'exercer que sur un seul segment du march&#233;. Starlink n'intervient que dans le segment l'Internet fixe bien qu'il dispose d'une technologie satellitaire lui conf&#233;rant des avantages notamment en termes d'autonomie sur le plan infrastructurel, de couverture totale du territoire en altitude basse, de taux de disponibilit&#233; avec plus de 99,99%, de garantie de qualit&#233; de service, de performance en d&#233;bit et en temps de latence consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces avantages sont tout de m&#234;me &#224; relativiser car la fibre optique demeure de loin le support de t&#233;l&#233;communications le plus performant compar&#233; au satellite, au sans-fil ou au cuivre. Les op&#233;rateurs de t&#233;l&#233;communications fournissant le FTTH (Fiber-To-The-Home) peuvent donc facilement offrir des d&#233;bits plus importants et une latence bien meilleure que ceux obtenus avec les offres satellitaires. Aujourd'hui, les r&#233;seaux GPON (Gigabit Passive Optical Network) peuvent offrir un d&#233;bit par abonn&#233; allant de 1 &#224; 2,5 Gbps avec une latence de 1 &#224; 10 ms. Avec, l'&#233;volution XGS-PON qui succ&#232;de au GPON, le d&#233;bit offert &#224; un abonn&#233; peut atteindre 10 Gbits/s en full duplex (10 Gbit/s descendant et montant). N&#233;anmoins, au S&#233;n&#233;gal, les r&#233;seaux fibres optiques (dont FTTH) subissent des inconv&#233;nients majeurs tels que la forte r&#233;currence des coupures de fibre optique et des incidents impactant la qualit&#233; de service chez les abonn&#233;s tandis que le fournisseur aura l'obligation de consentir un investissement lourd et optimiser les d&#233;lais de d&#233;ploiement longs et complexes pour faire face &#224; la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les op&#233;rateurs ont donc plusieurs atouts pour offrir mieux que Starlink dans les zones dites &#171; rentables &#187; (urbaines) o&#249; le retour sur investissement peut &#234;tre assur&#233;, en misant sur la technologie GPON pour le FTTH, en la faisant &#233;voluer et en assurant des temps de rel&#232;ve correspondants &#224; l'attente des abonn&#233;s. En revanche, dans les zones semi urbaines, rurales et isol&#233;es la technologie satellitaire est la mieux adapt&#233;e, la plus rentable et offre plus de garantie de couverture et de qualit&#233; de service. Toujours est-il que, les op&#233;rateurs globaux, avec leur r&#233;seau mobile et notamment la 5G, peuvent valablement comp&#233;tir avec Starlink dans les zones semi urbaines et m&#234;me rurales en y &#233;tendant leur couverture. La 5G aura l'avantage d'offrir la connexion directe sur le smartphone et la mobilit&#233; contrairement au satellite qui offre une connectivit&#233; statique et exige un terminal d'acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, sur le plan r&#233;glementaire, rien n'emp&#234;che les op&#233;rateurs globaux, en partenariat avec des op&#233;rateurs satellitaires tels que Amazon Kuiper, Eutelsat, China Satellite Network Group (Guowang), Intelsat, etc., de recourir &#224; des solutions satellitaires et en faire des offres aux S&#233;n&#233;galais. Un tel partenariat, &#233;largissant et diversifiant leur panoplie de solutions, pourrait &#234;tre une v&#233;ritable alternative car leur permettant de b&#233;n&#233;ficier d'une infrastructure couvrant totalement le territoire, disposant d'une haute disponibilit&#233;, offrant une r&#233;silience renforc&#233;e et une solution de backhauling imm&#233;diat pour les r&#233;seaux mobiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;bits offerts versus d&#233;bits r&#233;els des offres des r&#233;seaux terrestres et satellitaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nativement, les r&#233;seaux terrestres et satellitaires se basent sur des architectures point-&#224;-multipoint et fonctionnent g&#233;n&#233;ralement en &#8216;best effort'. L'ensemble des abonn&#233;s se connectent &#224; une m&#234;me source et se partage les ressources disponibles. Il est ainsi &#8216;quasi impossible' pour un op&#233;rateur ou un fournisseur d'acc&#232;s utilisant une technologie bas&#233;e sur architecture point-&#224;-multipoint de garantir aux abonn&#233;s les d&#233;bits annonc&#233;s. G&#233;n&#233;ralement, le d&#233;bit garanti est jusqu'&#224; 5 fois inf&#233;rieur que celui annonc&#233;. Les ressources &#233;tant pr&#233;cis&#233;ment limit&#233;es, plus le nombre d'abonn&#233;s augmente moins les capacit&#233;s allou&#233;es &#224; un client sont importantes. En outre, tactiquement, les fournisseurs r&#233;servent une partie de leurs capacit&#233;s pour pr&#233;venir les congestions et la forte d&#233;gradation des flux afin de bien g&#233;rer la qualit&#233; de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, tout comme les offres des r&#233;seaux terrestres, ne soyons donc pas surpris que les d&#233;bits annonc&#233;s via les offres satellitaires connaissent une baisse progressive avec l'augmentation du nombre d'abonn&#233;s m&#234;me si Starlink a la flexibilit&#233; de rediriger d'autres satellites pour mieux couvrir le territoire s&#233;n&#233;galais et g&#233;rer la forte demande afin de maintenir des d&#233;bits &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les FAI dans cet &#233;cosyst&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de ce qui pr&#233;c&#232;de, les FAI, ARC TELECOM et WAW Telecom, exer&#231;ant exclusivement sur le segment de l'Internet fixe seront les plus impact&#233;s par ce nouvel entrant. En effet, Starlink &#233;volue dans le m&#234;me segment et a l'avantage de disposer de sa propre technologie, d'une infrastructure autonome, des moyens gigantesques et des capacit&#233;s incomparables &#224; celles des technologies et offres propos&#233;es jusque-l&#224; par ces FAI. Avec ce d&#233;s&#233;quilibre, les FAI seraient bien avis&#233;s de revoir leur strat&#233;gie afin de trouver des m&#233;canismes leur permettant d'&#234;tre des alternatives cr&#233;dibles malgr&#233; leurs possibilit&#233;s et moyens limit&#233;s. Conscients de cette situation et dans un &#233;lan de survie, ARC TELECOM et WAW Telecom ont adopt&#233; la posture de revendeurs agr&#233;es de Starlink. Si cette posture peut se justifier par leur incapacit&#233; &#224; concurrencer Starlink, elle pose quand m&#234;me plusieurs pr&#233;occupations sur le plan de la r&#233;glementation et de la r&#233;gulation dont notamment :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la sous-traitance des activit&#233;s d'un concurrent sur le m&#234;me segment de march&#233; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la coexistence de cette sous-traitance avec la poursuite de leurs propres activit&#233;s de FAI ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le sort des autorisations d&#233;livr&#233;es, en cas de constat de non-poursuite ou de suspension de leurs activit&#233;s de FAI.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces pr&#233;occupations interpellent directement le r&#233;gulateur qui est charg&#233; d'assurer une saine concurrence, un &#233;quilibre du march&#233; et surtout une disponibilit&#233; d'offres diverses pour les citoyens dans tous les segments de march&#233;. Le r&#233;gulateur doit n&#233;cessairement fixer des limites et clarifier les r&#244;les des diff&#233;rents acteurs. Sinon, le S&#233;n&#233;gal court le risque de se retrouver dans une situation o&#249; Starlink serait le seul FAI sur l'Internet fixe. En outre, pour assurer l'&#233;quilibre de l'&#233;cosyst&#232;me, l'&#233;quit&#233; entre les acteurs et le dynamisme du secteur, le r&#233;gulateur doit veiller &#224; la viabilit&#233; des FAI en encourageant le partage d'infrastructures par le d&#233;groupage des r&#233;seaux d'acc&#232;s en particulier les r&#233;seaux fibres optiques sur le dernier kilom&#232;tre. Il doit &#233;galement rendre accessible les fr&#233;quences en octroyant de larges canaux afin de favoriser l'impl&#233;mentation des r&#233;seaux sans fil haut d&#233;bit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, il convient de souligner qu'en plus de 10 ans d'existence, les FAI n'ont pas r&#233;ellement r&#233;ussi &#224; atteindre leur vitesse de croisi&#232;re en raison de la configuration de l'&#233;cosyst&#232;me o&#249; les op&#233;rateurs globaux comp&#233;tissent avec eux dans leur unique segment de march&#233;, l'Internet fixe. De plus, ne disposant pas de leur propre infrastructure de transport, ils d&#233;pendent exclusivement de celle des op&#233;rateurs globaux. Cette situation cr&#233;e une forte d&#233;pendance et ne favorise pas une bonne comp&#233;titivit&#233; des FAI. Bien que quelques mesures d'assouplissement relatives aux tarifs d'interconnexion aient &#233;t&#233; prises par le pass&#233;, elles demeurent toutefois tr&#232;s insuffisantes pour permettre le d&#233;collage des FAI et rendre l'&#233;cosyst&#232;me plus dynamique et plus responsif aux demandes des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arona DIALLO&lt;br class='autobr' /&gt;
Sp&#233;cialiste en R&#233;seaux et Services des T&#233;l&#233;communications,&lt;br class='autobr' /&gt;
Infrastructures Datacenter et Gestion de Projet&lt;br class='autobr' /&gt; arona.diallo@gmail.com&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.linkedin.com/in/arona-diallo-85149751/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.linkedin.com/in/arona-diallo-85149751/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://lesoleil.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Soleil&lt;/a&gt;, 16 mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le FAI #AFRICAACCESS, apr&#232;s plus de 10 ans, n'est toujours pas op&#233;rationnel et nous ignorons si son autorisation demeure encore valide.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>STARLINK vs SONATEL ORANGE : Une concurrence asym&#233;trique au S&#233;n&#233;gal ?</title>
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		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Starlink au S&#233;n&#233;gal en f&#233;vrier 2026 a boulevers&#233; le paysage num&#233;rique. En offrant une connexion satellitaire rapide et accessible dans les zones rurales, SpaceX a imm&#233;diatement occup&#233; un espace que les op&#233;rateurs traditionnels peinaient &#224; couvrir. Face &#224; lui, Sonatel/Orange, acteur historique et leader incontest&#233;, se retrouve contraint de d&#233;fendre son territoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Starlink s'impose comme une solution d'urgence : &lt;br class='autobr' /&gt;
Il connecte les villages isol&#233;s, les foyers &#233;loign&#233;s des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/1000376409-2-4df23.jpg?1774390975' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Starlink au S&#233;n&#233;gal en f&#233;vrier 2026 a boulevers&#233; le paysage num&#233;rique. En offrant une connexion satellitaire rapide et accessible dans les zones rurales, SpaceX a imm&#233;diatement occup&#233; un espace que les op&#233;rateurs traditionnels peinaient &#224; couvrir. Face &#224; lui, Sonatel/Orange, acteur historique et leader incontest&#233;, se retrouve contraint de d&#233;fendre son territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Starlink s'impose comme une solution d'urgence :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il connecte les villages isol&#233;s, les foyers &#233;loign&#233;s des infrastructures, et les petites entreprises en qu&#234;te de fiabilit&#233;. Son mod&#232;le repose sur une couverture globale, ind&#233;pendante des c&#226;bles et antennes locales. Mais son co&#251;t reste &#233;lev&#233; pour les particuliers, et son implantation soul&#232;ve des inqui&#233;tudes sur la souverainet&#233; num&#233;rique, puisque les donn&#233;es transitent par une constellation priv&#233;e am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sonatel/Orange, de son c&#244;t&#233;, mise sur la profondeur de son r&#233;seau et sur ses investissements massifs dans la fibre et la 5G. Avec plus de 97 % de la population couverte, l'op&#233;rateur revendique une strat&#233;gie nationale de long terme. Il se pr&#233;sente comme garant de la r&#233;gulation locale et de la ma&#238;trise des infrastructures, mais il doit composer avec la lenteur du d&#233;ploiement dans certaines zones rurales et la perception d'un service parfois in&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La concurrence est donc asym&#233;trique :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Starlink joue la carte de l'imm&#233;diatet&#233; et de la rupture technologique, tandis que Sonatel d&#233;fend la continuit&#233; et la souverainet&#233; nationale. Pour les citoyens, le choix se fait entre rapidit&#233; et autonomie, entre une solution import&#233;e et une infrastructure locale. Pour l'&#201;tat, le dilemme est plus profond : comment concilier inclusion num&#233;rique urgente et protection strat&#233;gique &#224; long terme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, Starlink et Sonatel ne se contentent pas de rivaliser sur le march&#233; : ils incarnent deux visions du num&#233;rique s&#233;n&#233;galais. L'une connecte aujourd'hui, l'autre construit demain. La vraie bataille n'est pas seulement commerciale, elle est politique et strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONS&#201;QUENCE DU RETARD CHRONIQUE DE LA MISE EN &#338;UVRE DU SERVICE UNIVERSEL DES T&#201;L&#201;COMS...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant le dire, l'essor de Starlink au S&#233;n&#233;gal est en grande partie la cons&#233;quence du retard chronique dans la mise en &#339;uvre du service universel des t&#233;l&#233;communications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le service universel, cens&#233; garantir l'acc&#232;s de tous les citoyens, y compris dans les zones rurales et enclav&#233;es, &#224; des t&#233;l&#233;communications de qualit&#233;, n'a jamais &#233;t&#233; pleinement r&#233;alis&#233;. Les op&#233;rateurs historiques, malgr&#233; leurs investissements, n'ont pas r&#233;ussi &#224; couvrir efficacement l'ensemble du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sultat : des zones blanches persistent, et la demande sociale pour une connexion fiable reste insatisfaite. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce vide, Starlink s'est engouffr&#233;. Sa promesse est simple : une couverture imm&#233;diate, sans attendre les infrastructures terrestres. Mais cette solution d'urgence r&#233;v&#232;le un paradoxe : l&#224; o&#249; l'&#201;tat et les op&#233;rateurs locaux n'ont pas rempli leur mission de service universel, une entreprise &#233;trang&#232;re prend la rel&#232;ve, au prix d'une d&#233;pendance technologique et d'une souverainet&#233; num&#233;rique fragilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, Starlink est la r&#233;ponse &#224; une carence nationale. Le S&#233;n&#233;gal n'a pas perdu seulement du temps, il a ouvert la porte &#224; une d&#233;pendance strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doit-on fermer les yeux sur sa souverainet&#233; num&#233;rique ...pour gagner en imm&#233;diatete num&#233;rique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Iyok&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source &lt;a href=&#034;http://www.facebook.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Facebook&lt;/a&gt;, 11 mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souverainet&#233; num&#233;rique et d&#233;pendance technologique en afrique : Qui contr&#244;le l'intelligence artificielle contr&#244;le l'avenir</title>
		<link>https://osiris.sn/souverainete-numerique-et-dependance-technologique-en-afrique-qui-controle-l.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/souverainete-numerique-et-dependance-technologique-en-afrique-qui-controle-l.html</guid>
		<dc:date>2026-03-06T12:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Intelligence Artificielle redessine les &#233;quilibres de puissance mondiaux. Dans cette recomposition, l'Afrique occupe une position critique : elle consomme des technologies qu'elle ne con&#231;oit pas, h&#233;berge ses donn&#233;es sur des serveurs qu'elle ne contr&#244;le pas et forme des talents qui s'exportent. Entre partenariats avec les g&#233;ants mondiaux, ambitions d'infrastructures r&#233;gionales et &#233;mergence de mod&#232;les locaux, le continent fait face &#224; des choix structurants. Le co&#251;t de l'inaction est immense. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-65-72b59.jpg?1774088168' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Intelligence Artificielle redessine les &#233;quilibres de puissance mondiaux. Dans cette recomposition, l'Afrique occupe une position critique : elle consomme des technologies qu'elle ne con&#231;oit pas, h&#233;berge ses donn&#233;es sur des serveurs qu'elle ne contr&#244;le pas et forme des talents qui s'exportent. Entre partenariats avec les g&#233;ants mondiaux, ambitions d'infrastructures r&#233;gionales et &#233;mergence de mod&#232;les locaux, le continent fait face &#224; des choix structurants. Le co&#251;t de l'inaction est immense. Celui d'une mauvaise strat&#233;gie pourrait l'&#234;tre tout autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UN CONSTAT BRUTAL, UNE ABSENCE STRUCTURELLE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique repr&#233;sente 18 % de la population mondiale mais moins de 1 % de la capacit&#233; mondiale en centres de donn&#233;es. Or l'IA repose sur trois piliers : mod&#232;les, donn&#233;es, puissance de calcul. Qui contr&#244;le ces trois dimensions contr&#244;le la valeur. Sur chacun de ces fronts, le continent est en d&#233;ficit. Les entreprises africaines utilisent des mod&#232;les con&#231;us ailleurs, entra&#238;n&#233;s sur des corpus peu repr&#233;sentatifs de leurs r&#233;alit&#233;s, et ex&#233;cut&#233;s sur des serveurs situ&#233;s en Europe, aux &#201;tats-Unis ou en Asie. Cette d&#233;pendance n'est pas conjoncturelle ; elle est structurelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence artificielle est projet&#233;e pour contribuer 15 700 milliards de dollars &#224; l'&#233;conomie mondiale d'ici 2030. Sur ce montant colossal, seulement 10% sera captur&#233; par les pays du Sud. L'Afrique, selon les projections les plus optimistes, pourrait saisir jusqu'&#224; 1 500 milliards de dollars si elle investit intelligemment dans l'IA et d&#233;veloppe des infrastructures num&#233;riques avanc&#233;es. Ce montant repr&#233;sente pr&#232;s de la moiti&#233; de son PIB actuel. Mais, il ne se mat&#233;rialisera pas spontan&#233;ment. Il suppose des choix politiques, des investissements massifs et une gouvernance continentale coh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; actuelle est bien diff&#233;rente. Aucun pays africain n'a encore d&#233;pass&#233; un taux d'adoption de l'IA de 20%, selon le rapport Microsoft AI Adoption 2025. L'Afrique du Sud concentre &#224; elle seule plus des deux tiers de la capacit&#233; en centres de donn&#233;es du continent. L'&#201;gypte, le Nigeria, le Kenya et le Maroc disposent &#233;galement de concentrations plus importantes que le reste des pays. Mais &#224; l'&#233;chelle continentale, 223 centres de donn&#233;es pour 54 pays repr&#233;sentent une infrastructure d&#233;risoire face aux ambitions num&#233;riques affich&#233;es. Cette situation est conjoncturelle, elle ne se r&#233;soudra pas sans intervention d&#233;lib&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; LA GEOPOLITIQUE DE L'IA : UNE NOUVELLE EXTRACTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands mod&#232;les comme ChatGPT sont entra&#238;n&#233;s sur d'immenses volumes de donn&#233;es principalement anglophones ou sinophones. Les langues africaines y sont marginales. Ce qui entraine des performances d&#233;grad&#233;es pour des millions d'utilisateurs swahili, yoruba ou amhariques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du biais linguistique, les donn&#233;es africaines sont collect&#233;es, trait&#233;es et stock&#233;es hors du continent. Cette externalisation place la m&#233;moire num&#233;rique africaine sous juridictions &#233;trang&#232;res. Le terme de &#171; colonialisme num&#233;rique &#187; n'est pas rh&#233;torique, il d&#233;crit une extraction de valeur o&#249; les donn&#233;es brutes quittent le continent et o&#249; la valeur ajout&#233;e revient sous forme de services payants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, les &#201;tats-Unis, la Chine et l'Europe rivalisent d'investissements en Afrique. Mais cette comp&#233;tition traite souvent le continent comme march&#233; et r&#233;servoir de donn&#233;es plut&#244;t que comme centre d&#233;cisionnel. Ensuite, et c'est l&#224; que l'enjeu devient g&#233;opolitique, les donn&#233;es africaines qui alimentent ces mod&#232;les sont collect&#233;es, trait&#233;es et stock&#233;es hors du continent, g&#233;n&#233;ralement sur des serveurs localis&#233;s aux &#201;tats-Unis ou en Europe. Cette r&#233;alit&#233; place la &#171; m&#233;moire num&#233;rique &#187; de l'Afrique sous des juridictions &#233;trang&#232;res, privant les gouvernements africains de la capacit&#233; &#224; prot&#233;ger la vie priv&#233;e de leurs citoyens ou &#224; tirer une valeur &#233;conomique de leurs donn&#233;es brutes. Il y a une expression qui circule dans les cercles acad&#233;miques et diplomatiques : &#171; colonialisme num&#233;rique &#187;. Elle peut sembler excessive, mais elle d&#233;signe une r&#233;alit&#233; &#233;conomique pr&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE DEFICIT D'INFRASTRUCTURE : UN VERROU MATERIEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un centre de donn&#233;es d'IA n&#233;cessite &#233;lectricit&#233; stable, connectivit&#233; tr&#232;s haut d&#233;bit et refroidissement performant. Dans de nombreux pays africains, ces conditions ne sont pas r&#233;unies. Si on prend le cas du Nigeria, avec ses 17 centres de donn&#233;es, dont 14 concentr&#233;s &#224; Lagos, le pays n&#233;cessite d&#233;j&#224; environ 137 MW de capacit&#233; &#233;lectrique pour ses installations existantes. Or le r&#233;seau &#233;lectrique nig&#233;rian fournit en moyenne quatre heures d'&#233;lectricit&#233; par jour. Les op&#233;rateurs de centres de donn&#233;es sont contraints de d&#233;pendre de g&#233;n&#233;rateurs diesel. Le co&#251;t op&#233;rationnel est consid&#233;rable, l'empreinte carbone, significative. Pourtant, des dynamiques &#233;mergent. Le partenariat entre Microsoft et G42 au Kenya autour d'un campus aliment&#233; par la g&#233;othermie d'Olkaria montre qu'un mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique durable est possible. Mais, ces initiatives demeurent concentr&#233;es et insuffisantes face aux besoins continentaux. Le Forum &#233;conomique mondial et l'Africa Data Centres Association estiment que l'Afrique repr&#233;sente moins de 1% de la capacit&#233; mondiale en GPU, l'unit&#233; de traitement qui propulse l'entra&#238;nement des mod&#232;les d'IA. Ce chiffre illustre mieux que tout autre l'ampleur du foss&#233; &#224; combler. Sans GPU locaux, aucun mod&#232;le comp&#233;titif ne peut &#234;tre d&#233;velopp&#233;. La souverainet&#233; logicielle suppose une souverainet&#233; de calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES DONNEES : UN PATRIMOINE STRATEGIQUE SOUS-PROTEGE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique dispose d'actifs de donn&#233;es uniques : biodiversit&#233;, g&#233;nomique, agriculture, diversit&#233; linguistique exceptionnelle. Entre 1 000 et 2 000 langues sont parl&#233;es sur le continent. Cette richesse reste largement absente des syst&#232;mes d'IA. Chaque langue non int&#233;gr&#233;e repr&#233;sente des millions d'utilisateurs exclus des gains de productivit&#233; ; malgr&#233; des avanc&#233;es comme African Next Voices ou InkubaLM, d&#233;velopp&#233; par Lelapa AI, premier grand mod&#232;le multilingue africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES MODELES LOCAUX : NECESSITE TECHNIQUE ET POLITIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mod&#232;les d'IA reproduisent les structures statistiques de leurs donn&#233;es d'entra&#238;nement. Un mod&#232;le entra&#238;n&#233; principalement sur des donn&#233;es occidentales transporte des biais contextuels. En sant&#233;, agriculture ou finance, ces biais r&#233;duisent la pertinence des solutions. L'objectif africain ne doit pas &#234;tre la course &#224; la superintelligence, mais le d&#233;veloppement d'une IA frugale, adapt&#233;e &#224; des environnements contraints. Des acteurs comme Data Science Nigeria ou Alliance4AI illustrent cette approche pragmatique : mod&#232;les compacts, ex&#233;cution locale, applications sectorielles concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES CENTRES DE DONNEES REGIONAUX : L'ECHELLE PERTINENTE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de pays peuvent, &#224; eux seuls, amortir les co&#251;ts d'infrastructures hyperscale. Une approche r&#233;gionale (Nairobi pour l'Est, Lagos pour l'Ouest, Johannesburg pour le Sud, Casablanca pour le Nord) permettrait de mutualiser les investissements. Cassava Technologies, en partenariat avec Nvidia, a annonc&#233; le d&#233;ploiement massif de GPU &#224; travers plusieurs march&#233;s africains. Ce mod&#232;le hybride (capital international, pilotage africain) pourrait servir de r&#233;f&#233;rence. La question d&#233;cisive demeure le contr&#244;le juridique et strat&#233;gique de ces infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PARTENARIATS : ACCELERATION OU DEPENDANCE ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autarcie technologique est irr&#233;aliste. Les capitaux et architectures de pointe n&#233;cessitent des alliances. L'enjeu n'est pas d'&#233;viter les partenariats, mais de les structurer par le transfert de technologie, la formation locale, le stockage sous juridiction africaine et la participation au capital. L'exemple d'Instadeep, acquise par BioNTech, montre qu'une valeur mondiale peut &#233;merger du continent. Mais la question de la propri&#233;t&#233; intellectuelle reste centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GOUVERNANCE : FRAGMENTATION ET RETARD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union africaine a adopt&#233; une strat&#233;gie continentale d'IA. Mais, incoh&#233;rences institutionnelles, lenteurs l&#233;gislatives et divergences nationales fragilisent la coh&#233;rence d'ensemble. Sans harmonisation en mati&#232;re de protection des donn&#233;es, fiscalit&#233; num&#233;rique et r&#233;gulation algorithmique, les co&#251;ts de conformit&#233; augmentent et les vuln&#233;rabilit&#233;s persistent. La souverainet&#233; num&#233;rique est aussi fiscale (capter la valeur produite sur le territoire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CAPITAL HUMAIN : RICHESSE FRAGILE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le continent ne concentre qu'environ 3 % des talents mondiaux en IA. Pourtant, il forme des ing&#233;nieurs comp&#233;tents et innovants. Le d&#233;fi est la r&#233;tention. Cr&#233;er des &#233;cosyst&#232;mes attractifs (infrastructures, financements, stabilit&#233;) est essentiel pour &#233;viter que les meilleurs profils rejoignent syst&#233;matiquement Zurich, New York, Londres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TROIS SCENARIOS STRATEGIQUES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces r&#233;alit&#233;s, trois strat&#233;gies non mutuellement exclusives s'offrent &#224; l'Afrique. Chacune a ses m&#233;rites, ses risques et son co&#251;t. Le premier sc&#233;nario est celui des mod&#232;les locaux. Il consiste &#224; investir massivement dans le d&#233;veloppement de mod&#232;les d'IA con&#231;us pour les r&#233;alit&#233;s africaines, entra&#238;n&#233;s sur des donn&#233;es africaines, dans des langues africaines. Le deuxi&#232;me sc&#233;nario est celui des centres de donn&#233;es r&#233;gionaux. Il mise sur la mutualisation d'infrastructures &#224; l'&#233;chelle continentale, permettant de cr&#233;er des &#233;conomies d'&#233;chelle qui rendent les investissements financi&#232;rement viables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me sc&#233;nario est celui des partenariats strat&#233;giques n&#233;goci&#233;s. Il reconna&#238;t la n&#233;cessit&#233; d'engager les g&#233;ants technologiques mondiaux, mais cherche &#224; maximiser les conditions de ces engagements. Ce sc&#233;nario s'inspire des meilleures pratiques des pays qui ont r&#233;ussi &#224; tirer parti des investissements &#233;trangers sans perdre leur autonomie strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE COUT DE L'INACTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rester simple consommateur d'IA signifierait capturer une part marginale de la valeur mondiale g&#233;n&#233;r&#233;e. Sur le plan &#233;conomique, si le continent reste consommateur plut&#244;t que cr&#233;ateur d'IA, il risque de capturer moins de 3% de la valeur &#233;conomique mondiale g&#233;n&#233;r&#233;e par cette technologie. La majeure partie de ce maigre pourcentage passerait par des outils import&#233;s, des abonnements et des plateformes &#233;trang&#232;res. Les startups africaines d&#233;pendraient d'API externes. Les entreprises africaines s'appuieraient sur des outils de productivit&#233; &#233;trangers. Les gouvernements africains contracteraient des vendeurs externes pour des fonctions d'intelligence num&#233;rique basiques. &#192; long terme, le continent serait incapable de construire des industries d'IA comp&#233;titives parce que la propri&#233;t&#233; intellectuelle et les gains &#233;conomiques resteraient offshore. Sur le plan sectoriel, les risques sont tout aussi concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En agriculture, sant&#233;, finance, des solutions import&#233;es et mal adapt&#233;es limiteront les gains de productivit&#233;. Sur le plan strat&#233;gique, la d&#233;pendance &#224; des infrastructures &#233;trang&#232;res expose &#224; des contraintes juridiques extraterritoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FEUILLE DE ROUTE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che qui incombe aux entreprises africaines est d'investir t&#244;t dans des solutions d'IA localement pertinentes. Les premiers acteurs b&#233;n&#233;ficieront d'avantages comp&#233;titifs significatifs dans des secteurs comme la fintech, l'agritech, la sant&#233; et la logistique. Elles doivent aussi constituer des bases de donn&#233;es propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux investisseurs et institutions de financement du d&#233;veloppement, la priorit&#233; est de financer l'infrastructure de calcul verte. Les centres de donn&#233;es aliment&#233;s par les &#233;nergies renouvelables africaines repr&#233;sentent &#224; la fois un investissement rentable et une contribution &#224; la souverainet&#233; num&#233;rique du continent. Pour les acad&#233;miques et les chercheurs, construire des corpus de donn&#233;es africaines de qualit&#233; est la contribution la plus imm&#233;diatement n&#233;cessaire. Sans donn&#233;es, pas de mod&#232;les. Pour les diplomates, les institutions multilat&#233;rales et les n&#233;gociateurs, la cl&#233; est de traiter les donn&#233;es africaines comme un actif strat&#233;gique dans les n&#233;gociations commerciales. Exiger une r&#233;ciprocit&#233; dans les accords num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE FENETRE STRATEGIQUE ETROITE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les technologies num&#233;riques ob&#233;issent &#224; des effets de r&#233;seau. Les premiers acteurs capturent l'essentiel de la valeur. Les infrastructures construites aujourd'hui structureront les &#233;quilibres de demain. L'Afrique poss&#232;de des atouts consid&#233;rables : ressources &#233;nerg&#233;tiques renouvelables, diversit&#233; linguistique, d&#233;mographie dynamique, entrepreneurs ambitieux. Ce qui manque encore est la coh&#233;rence strat&#233;gique, le financement &#224; l'&#233;chelle et une gouvernance unifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION : LA SOUVERAINETE COMME CONDITION ECONOMIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique n'est pas id&#233;ologique. Elle est &#233;conomique. Contr&#244;ler mod&#232;les, donn&#233;es et infrastructures signifie contr&#244;ler la cr&#233;ation de valeur. L'Afrique a une opportunit&#233; historique. Elle poss&#232;de les ressources naturelles pour alimenter des centres de donn&#233;es verts. Elle poss&#232;de la diversit&#233; linguistique et culturelle qui constitue un actif de donn&#233;es unique. Elle poss&#232;de une population jeune, num&#233;rique et en croissance rapide qui repr&#233;sente &#224; la fois un march&#233; et un vivier de talents. La fen&#234;tre est ouverte mais, elle ne le restera pas ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alioune BA&lt;br class='autobr' /&gt;
Sp&#233;cialiste en Ethique de l'IA&lt;br class='autobr' /&gt;
baalioune87@gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;&#034;&gt;Dakar Actu&lt;/a&gt;,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jeunes et &#233;crans : apprendre &#224; habiter le num&#233;rique</title>
		<link>https://osiris.sn/jeunes-et-ecrans-apprendre-a-habiter-le-numerique.html</link>
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		<dc:date>2026-03-03T12:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ils sont n&#233;s dans la lumi&#232;re bleue des &#233;crans. Pour eux, le num&#233;rique n'est ni une r&#233;volution ni une menace abstraite : c'est un milieu naturel. Mais derri&#232;re les 3h30 quotidiennes pass&#233;es sur le t&#233;l&#233;phone, derri&#232;re les vid&#233;os consomm&#233;es sans fin et les notifications incessantes, une question demeure : comment &#233;duquer sans interdire, accompagner sans c&#233;der, cr&#233;er des espaces sans &#233;cran dans un monde satur&#233; d'images ? Regards crois&#233;s sur une g&#233;n&#233;ration connect&#233;e&#8230; et sur les adultes qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-64-417c0.jpg?1774088168' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils sont n&#233;s dans la lumi&#232;re bleue des &#233;crans. Pour eux, le num&#233;rique n'est ni une r&#233;volution ni une menace abstraite : c'est un milieu naturel. Mais derri&#232;re les 3h30 quotidiennes pass&#233;es sur le t&#233;l&#233;phone, derri&#232;re les vid&#233;os consomm&#233;es sans fin et les notifications incessantes, une question demeure : comment &#233;duquer sans interdire, accompagner sans c&#233;der, cr&#233;er des espaces sans &#233;cran dans un monde satur&#233; d'images ? Regards crois&#233;s sur une g&#233;n&#233;ration connect&#233;e&#8230; et sur les adultes qui cherchent encore la juste distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne naissent plus avec une cuill&#232;re d'argent, mais avec un &#233;cran &#224; port&#233;e de main. Le geste est devenu r&#233;flexe, presque organique. &#192; peine r&#233;veill&#233;s, ils consultent. Avant de dormir, ils d&#233;filent. Entre les deux, ils naviguent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres ne surprennent plus, mais ils interpellent : les 15-24 ans passent en moyenne 3h30 par jour sur leur t&#233;l&#233;phone. Un jeune sur deux regarde des vid&#233;os en ligne plus de deux heures quotidiennement. Pour 70 % des 18-24 ans, les &#233;crans constituent d&#233;sormais la premi&#232;re source d'information. Nous ne parlons plus d'un outil. Nous parlons d'un environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cet environnement a des noms. Il s'appelle TikTok, o&#249; l'attention se fragmente en s&#233;quences br&#232;ves, rythm&#233;es par un algorithme redoutablement efficace. Il s'appelle Instagram, royaume de l'image filtr&#233;e, de la comparaison silencieuse et du d&#233;filement sans fin. Il s'appelle Facebook, espace d'interactions continues et de notifications persistantes. Ces plateformes ne sont pas de simples supports : elles sont con&#231;ues pour capter, retenir, fid&#233;liser. Chaque &#171; like &#187;, chaque vid&#233;o suivante, chaque alerte agit comme une micro-r&#233;compense. Le temps des jeunes devient une donn&#233;e. Leur attention, une valeur. On ne consulte plus seulement un &#233;cran : on entre dans un flux ininterrompu qui ne conna&#238;t ni pause naturelle ni limite &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le psychiatre Serge Tisseron &#233;voque ce &#171; troisi&#232;me lieu &#187; que repr&#233;sentent les &#233;crans pour les adolescents, apr&#232;s la maison et l'&#233;cole. La formule est forte. Elle dit que le num&#233;rique n'est pas une simple distraction : c'est un espace o&#249; l'on se construit, o&#249; l'on s'expose, o&#249; l'on cherche validation et appartenance. C'est l&#224; que se jouent des amiti&#233;s, des conflits, des identit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tout lieu fa&#231;onne autant qu'il accueille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'&#233;crans, c'est souvent plus de fatigue, des troubles du sommeil, des risques pour la vue. Le rapport UNICEF 2023 &#233;voque un impact r&#233;el sur la sant&#233; mentale : anxi&#233;t&#233;, difficult&#233;s d'endormissement, fragilit&#233;s &#233;motionnelles. Sant&#233; publique France notait d&#233;j&#224; qu'un jeune sur dix se reconnaissait dans un &#171; usage probl&#233;matique &#187; des &#233;crans. Le mot addiction, autrefois r&#233;serv&#233; aux d&#233;pendances chimiques, circule d&#233;sormais dans les conversations adolescentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;a, 17 ans, confie : &#171; Je suis sur Insta toute la journ&#233;e, mais je me sens vide apr&#232;s. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce vide apr&#232;s m&#233;rite qu'on s'y attarde. Il r&#233;v&#232;le une tension silencieuse : hyperconnexion et solitude int&#233;rieure peuvent cohabiter. On peut &#234;tre reli&#233; au monde entier et se sentir &#233;trangement absent &#224; soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, il serait simpliste de dresser un r&#233;quisitoire sans appel. Les &#233;crans sont aussi des bou&#233;es. Tom, 20 ans, le dit sans d&#233;tour : &#171; Les &#233;crans, c'est ma bou&#233;e pour bosser&#8230; mais je fais des nuits blanches. &#187; Voil&#224; toute l'ambivalence contemporaine. L'outil qui ouvre des horizons peut aussi grignoter les heures de repos. Le num&#233;rique &#233;mancipe, mais il &#233;puise s'il n'est pas apprivois&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de cette tension se tiennent les parents. Souvent d&#233;sempar&#233;s. Faut-il interdire ? Confisquer ? Installer des applications de contr&#244;le parental ? N&#233;gocier des horaires ? Beaucoup oscillent entre la fermet&#233; inqui&#232;te et le l&#226;cher-prise r&#233;sign&#233;. L'interdiction totale appara&#238;t pourtant comme une illusion d'autorit&#233; : elle fabrique du secret plus que de la maturit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable enjeu est &#233;ducatif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le rappelle C&#233;dric Villani, il faut enseigner le num&#233;rique, mais aussi apprendre &#224; &#171; d&#233;crocher &#187;. Bruno Patino parle d'&#171; habiter le num&#233;rique &#187;. Le verbe est juste. Habiter, ce n'est ni fuir ni se laisser envahir. C'est occuper un espace avec conscience. Comprendre les m&#233;canismes d'attention capt&#233;e. Savoir que derri&#232;re la gratuit&#233; apparente se cachent des mod&#232;les &#233;conomiques fond&#233;s sur le temps d'&#233;cran. Apprendre &#224; choisir plut&#244;t qu'&#224; subir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que les espaces sans &#233;cran prennent tout leur sens. Non comme une punition archa&#239;que, mais comme une respiration n&#233;cessaire. Un d&#238;ner sans t&#233;l&#233;phone pos&#233; sur la table. Une soir&#233;e consacr&#233;e &#224; la conversation. Une chambre pr&#233;serv&#233;e des notifications nocturnes. Ces espaces recr&#233;ent du silence dans un monde satur&#233; de sollicitations. Ils r&#233;habilitent l'ennui fertile, la concentration longue, la pr&#233;sence pleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la question n'est pas seulement technologique. Elle est relationnelle. Quelle place laissons-nous au regard direct ? &#192; l'&#233;coute attentive ? &#192; la lenteur ? Les &#233;crans acc&#233;l&#232;rent tout : l'information, la r&#233;action, l'&#233;motion. L'&#233;ducation, elle, exige du temps, de la constance, une parole r&#233;p&#233;t&#233;e et incarn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes face &#224; une g&#233;n&#233;ration pour qui le num&#233;rique n'est pas une r&#233;volution, mais une &#233;vidence. Il ne s'agit ni de c&#233;der &#224; la panique morale ni de sombrer dans une na&#239;vet&#233; technophile. Il s'agit d'assumer une responsabilit&#233; collective. Les &#233;crans ne sont ni totalement ennemis ni totalement sauveurs. Ils sont des amplificateurs. Ils amplifient les fragilit&#233;s comme les talents, l'isolement comme la cr&#233;ativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;duquer plut&#244;t qu'interdire. Accompagner plut&#244;t que surveiller. Cr&#233;er des espaces sans &#233;cran pour mieux habiter ceux avec &#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La modernit&#233; num&#233;rique ne se combat pas contre les jeunes. Elle se construit avec eux. Et peut-&#234;tre qu'au fond, la question n'est pas de savoir combien d'heures ils passent connect&#233;s, mais quelle qualit&#233; de pr&#233;sence nous leur offrons lorsqu'ils se d&#233;connectent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car une soci&#233;t&#233; ne tient pas seulement par ses connexions permanentes, mais par la densit&#233; de ses relations r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de revenir en arri&#232;re. Le monde d'avant ne reviendra pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit d'avancer autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Offrir &#224; nos enfants non pas moins de technologie, mais plus de conscience. Non pas la peur de l'&#233;cran, mais la ma&#238;trise de soi. Non pas le silence impos&#233;, mais des espaces choisis o&#249; l'on se retrouve, vraiment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car au fond, l'enjeu n'est pas num&#233;rique. Il est humain. Et ce qui sauvera nos soci&#233;t&#233;s hyperconnect&#233;es ne sera jamais la vitesse des r&#233;seaux, mais la qualit&#233; des liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de revenir en arri&#232;re. Le monde d'avant ne reviendra pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'avancer autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Offrir &#224; nos enfants non pas moins de technologie, mais plus de conscience. Non pas la peur de l'&#233;cran, mais la ma&#238;trise de soi. Non pas le silence impos&#233;, mais des espaces choisis o&#249; l'on se retrouve, vraiment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car au fond, l'enjeu n'est pas num&#233;rique. Il est humain. Et ce qui sauvera nos soci&#233;t&#233;s hyperconnect&#233;es ne sera jamais la vitesse des r&#233;seaux, mais la qualit&#233; des liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie Barboza MENDY&lt;br class='autobr' /&gt;
Regards crois&#233;s d'une Franco-S&#233;n&#233;galaise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.pressafrik.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pressafrik&lt;/a&gt;, 3 mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>JUBANTI CONNEXION : Pourquoi l'Internet s&#233;n&#233;galais co&#251;te jusqu'&#224; 150 fois plus cher qu'en France ?</title>
		<link>https://osiris.sn/jubanti-connexion-pourquoi-l-internet-senegalais-coute-jusqu-a-150-fois-plus.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/jubanti-connexion-pourquoi-l-internet-senegalais-coute-jusqu-a-150-fois-plus.html</guid>
		<dc:date>2026-02-28T11:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te comparative rigoureuse, s'appuyant sur des relev&#233;s de terrain, les rapports de l'ARTP et les indicateurs d'organismes internationaux (GSMA), r&#233;v&#232;le un constat alarmant : l'acc&#232;s &#224; la fibre optique au S&#233;n&#233;gal affiche des tarifs similaires &#224; ceux pratiqu&#233;s en France, mais pour des performances techniquement d&#233;risoires. Avec des d&#233;bits jusqu'&#224; 50 fois inf&#233;rieurs en t&#233;l&#233;chargement et 150 fois inf&#233;rieurs en envoi. C'est le moment du JUBANTI &lt;br class='autobr' /&gt;
CONNEXION.1. Le Paradoxe de la Fibre : Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-63-857f6.jpg?1774088168' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une enqu&#234;te comparative rigoureuse, s'appuyant sur des relev&#233;s de terrain, les rapports de l'ARTP et les indicateurs d'organismes internationaux (GSMA), r&#233;v&#232;le un constat alarmant : l'acc&#232;s &#224; la fibre optique au S&#233;n&#233;gal affiche des tarifs similaires &#224; ceux pratiqu&#233;s en France, mais pour des performances techniquement d&#233;risoires. Avec des d&#233;bits jusqu'&#224; 50 fois inf&#233;rieurs en t&#233;l&#233;chargement et 150 fois inf&#233;rieurs en envoi. C'est le moment du JUBANTI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONNEXION.1. Le Paradoxe de la Fibre : Un tarif de luxe pour un service au rabais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse des offres de fibre optique met en lumi&#232;re une anomalie &#233;conomique flagrante. Pour&lt;br class='autobr' /&gt;
un budget identique d'environ 22 000 FCFA (35 &#8364;), les r&#233;alit&#233;s num&#233;riques divergent&lt;br class='autobr' /&gt;
radicalement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Vitesse de t&#233;l&#233;chargement : L&#224; o&#249; l'abonn&#233; fran&#231;ais navigue &#224; la vitesse de l'&#233;clair (1 &#224; 2 Gbit/s), l'usager s&#233;n&#233;galais doit se contenter d'un d&#233;bit faible oscillant entre 20 et 60 Mbps. &#192; investissement &#233;gal, les s&#233;n&#233;galais b&#233;n&#233;ficient d'une connexion 50 fois plus&lt;br class='autobr' /&gt;
lente.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; L'omerta sur le d&#233;bit montant : V&#233;ritable moteur du t&#233;l&#233;travail et de la cr&#233;ation de contenu, le d&#233;bit d'envoi est le grand sacrifi&#233;. Alors que les offres fran&#231;aises affichent environ 700 Mbit/s, les d&#233;bits montants sont rarement visibles dans les offres au S&#233;n&#233;gal. En r&#233;alit&#233;, avec une moyenne mesur&#233;e &#224; 4 Mbit/s, le d&#233;bit ascendant au S&#233;n&#233;gal est 150 fois plus faible. Envoyer des fichiers lourds ou tenir une r&#233;union virtuelle devient ainsi une source de frustration permanente pour les professionnels, les &#233;tudiants et les familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. R&#233;seau Mobile : Faillite de la qualit&#233; et citoyennet&#233; num&#233;rique &#224; deux vitesses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'in&#233;galit&#233; ne se limite pas au prix ; elle frappe au c&#339;ur de l'exp&#233;rience utilisateur mobile, le service le plus utilis&#233; au S&#233;n&#233;gal :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Qualit&#233; de service d&#233;faillante (QoS) : Les donn&#233;es r&#233;v&#232;lent que certains acteurs majeurs &#233;chouent &#224; respecter les normes minimales de performance &#233;dict&#233;es par l'ARTP.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; Navigation entrav&#233;e : Le taux de succ&#232;s de navigation en moins de 10 secondes tombe parfois &#224; un inqui&#233;tant 66,55 %, rendant l'usage du Web instable pour une large partie de la population.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; Injustice g&#233;ographique : Une rupture profonde s&#233;pare les grandes villes des zones rurales. Bien qu'ils s'acquittent du m&#234;me tarif, les abonn&#233;s en zone p&#233;riurbaine ou rurale subissent un service d&#233;grad&#233;, illustrant une application in&#233;gale du droit &#224; la connectivit&#233; sur l'ensemble du territoire national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. L'Internet : Un &#171; Service Vital &#187; devenu un luxe inaccessible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le co&#251;t, un mur infranchissable qui bloque l'&#233;mergence num&#233;rique du pays :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Un sacrifice financier d&#233;mesur&#233; : Comparativement au revenu par habitant, les forfaits Internet p&#232;sent bien plus lourd au S&#233;n&#233;gal qu'en Europe. Les m&#233;nages doivent consacrer une part disproportionn&#233;e de leurs revenus pour une connexion de faible qualit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; Le prix comme principal facteur d'exclusion : Pour 65,6 % des m&#233;nages non-abonn&#233;s, le co&#251;t de l'abonnement est l'obstacle majeur. Ce qui devrait &#234;tre un levier de d&#233;veloppement est aujourd'hui un privil&#232;ge financier qui renforce l'exclusion num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Appel &#224; l'Action (JUBANTI CONNEXION)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation qui bloque l'avenir num&#233;rique du S&#233;n&#233;gal, le JUBANTI CONNEXION est sans d&#233;lai :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Appliquer les normes : L'Autorit&#233; devra intensifier les contr&#244;les voire appliquer une discipline dissuasive pour obliger les op&#233;rateurs &#224; respecter leurs cahiers des charges.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Afficher les vrais d&#233;bits : Les op&#233;rateurs devront afficher les vrais d&#233;bits (envoi et t&#233;l&#233;chargement) dans tous les supports commerciaux et contractuels. Le S&#233;n&#233;galais a le droit de savoir ce qu'il paie.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. R&#233;duire les tarifs et Augmenter les d&#233;bits : Le S&#233;n&#233;galais veut &#234;tre un citoyen connect&#233;, comme tous les citoyens num&#233;riques du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Momar FALL, Chercheur en IA&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://x.com/Dr_Momar_Fall&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://x.com/Dr_Momar_Fall&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.linkedin.com/in/momar-fall-phd/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.linkedin.com/in/momar-fall-phd/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Social Net Link&lt;/a&gt;, 28 f&#233;vrier 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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