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	<title>OSIRIS</title>
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	<description>Osiris sensibilise, informe et produit des analyses sur tous les sujets relatifs &#224; l'utilisation et &#224; l'appropriation des technologies de l'information et de la communication au S&#233;n&#233;gal et en Afrique.</description>
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		<title>OSIRIS</title>
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		<title>Starlink au S&#233;n&#233;gal : une bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne num&#233;rique et le miroir tendu aux monopoles d'un autre &#226;ge</title>
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		<dc:date>2026-05-19T22:55:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

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&lt;p&gt;Starlink arrive au S&#233;n&#233;gal et fissure un monopole de fait vieux de plusieurs d&#233;cennies. Pour les zones rurales et les territoires oubli&#233;s, l'espoir d'un Internet enfin accessible rena&#238;t provoquant un v&#233;ritable &#233;lectrochoc politique dans un secteur aussi strat&#233;gique que vital pour la Nation. Ce choc n'est pas anodin : il r&#233;v&#232;le, expose et oblige &#224; penser autrement, marquant un tournant historique o&#249;, pour la premi&#232;re fois depuis des d&#233;cennies, un acteur de rupture bouscule une h&#233;g&#233;monie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-83-1467d.jpg?1779281801' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Starlink arrive au S&#233;n&#233;gal et fissure un monopole de fait vieux de plusieurs d&#233;cennies. Pour les zones rurales et les territoires oubli&#233;s, l'espoir d'un Internet enfin accessible rena&#238;t provoquant un v&#233;ritable &#233;lectrochoc politique dans un secteur aussi strat&#233;gique que vital pour la Nation. Ce choc n'est pas anodin : il r&#233;v&#232;le, expose et oblige &#224; penser autrement, marquant un tournant historique o&#249;, pour la premi&#232;re fois depuis des d&#233;cennies, un acteur de rupture bouscule une h&#233;g&#233;monie solidement install&#233;e dans un secteur strat&#233;gique transformant ce qui aurait pu n'&#234;tre qu'un choc technique en un enjeu profond&#233;ment politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Starlink constitue une avanc&#233;e r&#233;elle. Dans les zones rurales, les r&#233;gions mal desservies ainsi que dans les nombreuses zones blanches encore constat&#233;es au sein m&#234;me des grandes villes, le service peut contribuer &#224; r&#233;duire la fracture num&#233;rique, renforcer la r&#233;silience du r&#233;seau et am&#233;liorer l'acc&#232;s &#224; Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la convergence entre l'informatique, les t&#233;l&#233;communications et l'audiovisuel ayant donn&#233; naissance au num&#233;rique, ce dernier n'est plus une simple marchandise. Il structure d&#233;sormais l'&#233;ducation, la sant&#233;, l'&#233;conomie et, plus largement, l'organisation de nos soci&#233;t&#233;s, ce qui en fait un enjeu majeur de pouvoir, de souverainet&#233; et de destin national. Devenu vital, au m&#234;me titre que l'eau et l'&#233;lectricit&#233;, il conditionne d&#233;sormais l'acc&#232;s au savoir, au travail et &#224; la participation sociale, faisant ainsi de cette question un enjeu profond&#233;ment politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que l'arriv&#233;e de Starlink ne saurait &#234;tre analys&#233;e uniquement sous l'angle technologique ou commercial. &#192; l'heure o&#249; Internet devient un droit social essentiel. Reconna&#238;tre un progr&#232;s ne signifie pas pour autant renoncer &#224; la vigilance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il est l&#233;gitime de s'interroger sur les m&#233;canismes d'accompagnement d&#233;j&#224; mis en &#339;uvre par l'&#201;tat, le Minist&#232;re de la Communication, des T&#233;l&#233;communications et du Num&#233;rique (MCTN) et l'Autorit&#233; de R&#233;gulation des T&#233;l&#233;communications et des Postes (ARTP) afin d'encadrer cette ouverture technologique. Cette d&#233;marche traduit une volont&#233; de concilier innovation, accessibilit&#233; et pr&#233;servation des int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re limite, souvent absente des discours technophiles, appara&#238;t alors de mani&#232;re &#233;vidente : la contrainte financi&#232;re. Si la constellation de satellites permet de r&#233;duire instantan&#233;ment la fracture g&#233;ographique, le co&#251;t d'acquisition du mat&#233;riel et de l'abonnement mensuel demeure encore hors de port&#233;e pour une large partie des m&#233;nages ruraux. Sans m&#233;canismes de subvention ou de mutualisation, l'inclusion g&#233;ographique risque ainsi de se transformer en une nouvelle forme d'exclusion &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient n&#233;anmoins de saluer les mesures d'accompagnement envisag&#233;es par l'&#201;tat afin de faciliter l'acc&#232;s au service notamment &#224; travers un programme pr&#233;voyant environ 5 000 kits Starlink n&#233;goci&#233;s dont 1 000 kits gratuits destin&#233;s aux zones prioritaires, aux territoires mal desservis et &#224; certains usages communautaires. Une initiative importante qui peut contribuer &#224; r&#233;duire la fracture num&#233;rique &#224; condition qu'elle soit durable, transparente et suffisamment &#233;tendue pour toucher les populations les plus marginalis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de l'enjeu d'accessibilit&#233;, une autre question plus sensible demeure : celle du pouvoir r&#233;el qu'exercent d&#233;sormais certains acteurs technologiques priv&#233;s sur des infrastructures devenues vitales. Starlink repose sur une infrastructure satellitaire enti&#232;rement contr&#244;l&#233;e hors du territoire national. Les inqui&#233;tudes li&#233;es &#224; Elon Musk et &#224; ses prises de position publiques ne sont ni fantaisistes ni exag&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elon Musk incarne parfaitement cette ambivalence. Dans certains contextes, l'acc&#232;s &#224; Starlink a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; ajust&#233; plusieurs fois &#224; la suite de d&#233;cisions unilat&#233;rales de son groupe notamment durant le conflit entre la Russie et l'Ukraine o&#249; certaines limitations auraient &#233;t&#233; appliqu&#233;es dans des zones strat&#233;giques sensibles affectant l'usage de syst&#232;mes connect&#233;s tels que les drones militaires d&#233;pendant de la connexion satellitaire. Ce pr&#233;c&#233;dent est loin d'&#234;tre anodin : il d&#233;montre qu'un acteur priv&#233;, aussi innovant soit-il, peut &#224; lui seul influencer des capacit&#233;s de communication devenues critiques dans un contexte g&#233;opolitique majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pr&#233;c&#233;dents doivent interpeller. Ils montrent qu'un service pr&#233;sent&#233; comme purement technologique peut, dans les faits, devenir un levier de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il lorsqu'un droit essentiel d&#233;pend d'une d&#233;cision prise hors du territoire national ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, Starlink dispose &#233;galement de la capacit&#233; technique de d&#233;sactiver &#224; distance des terminaux ou de limiter l'acc&#232;s au r&#233;seau par g&#233;olocalisation rendant inop&#233;rants certains &#233;quipements lorsqu'ils sont utilis&#233;s hors des zones autoris&#233;es ou dans des territoires o&#249; le service n'est pas valid&#233;. Dans plusieurs pays africains et asiatiques confront&#233;s &#224; des p&#233;riodes de tension politique ou &#233;lectorale, l'introduction ou l'activation de Starlink a &#233;t&#233; retard&#233;e, conditionn&#233;e ou suspendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces constats imposent une r&#232;gle claire. L'ouverture ne doit jamais signifier la d&#233;possession. Le S&#233;n&#233;gal ne peut remplacer une d&#233;pendance ancienne par une d&#233;pendance plus diffuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le v&#233;ritable enjeu d&#233;passe l'acc&#232;s &#224; Internet. Il concerne d&#233;sormais le contr&#244;le des infrastructures, des donn&#233;es et des flux. Les r&#233;seaux num&#233;riques sont devenus le c&#339;ur m&#234;me de la souverainet&#233; moderne. Les r&#232;gles applicables sont souvent externes et sans garde-fous solides ni contr&#244;le local des points d'interconnexion, l'&#201;tat peut perdre une partie de sa capacit&#233; de supervision technique. La perte de ma&#238;trise devient alors progressive puis structurelle tandis qu'une d&#233;pendance silencieuse peut progressivement s'installer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la r&#233;gulation est centrale. Il ne s'agit pas de freiner l'innovation mais de la structurer. L'ARTP joue ici un r&#244;le strat&#233;gique dans l'encadrement de Starlink, un service qui ne s'inscrit pas dans le m&#234;me mod&#232;le que les op&#233;rateurs t&#233;l&#233;coms classiques relevant du Code des communications &#233;lectroniques du S&#233;n&#233;gal et du r&#233;gime de licences traditionnel. Il s'agit plut&#244;t d'une autorisation sp&#233;cifique d'exploitation, assortie de conditions techniques et r&#233;glementaires renforc&#233;es notamment en mati&#232;re de pr&#233;sence locale, de s&#233;curit&#233; et de qualit&#233; de service. Ce cadre devra toutefois &#234;tre consolid&#233; et adapt&#233; aux enjeux &#233;mergents en particulier sur la localisation des donn&#233;es, la souverainet&#233; des flux et la continuit&#233; de service afin de garantir un &#233;quilibre durable entre ouverture technologique et ma&#238;trise nationale des infrastructures critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence n'a de sens que lorsqu'elle sert l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Briser un monopole est n&#233;cessaire mais cr&#233;er une nouvelle d&#233;pendance serait une erreur strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Orange comme Starlink sont deux soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res. L'une n'est ni plus nationale ni plus l&#233;gitime que l'autre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce d&#233;bat, Sonatel ne peut &#234;tre sanctuaris&#233;e, pas plus qu'elle ne peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme le mod&#232;le absolu de souverainet&#233; nationale m&#234;me si l'&#201;tat d&#233;tient environ 21 % du capital et que l'entreprise repr&#233;sente pr&#232;s de 10 % du PIB. Elle est souvent pr&#233;sent&#233;e comme un pilier national, presque un symbole de souverainet&#233; &#171; parfaitement ma&#238;tris&#233;e &#187;. Pourtant, son histoire raconte une r&#233;alit&#233; plus nuanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, Sonatel n'est pas n&#233;e comme une entreprise priv&#233;e performante qu'il faudrait prot&#233;ger. Elle est n&#233;e des cendres de la d&#233;funte Soci&#233;t&#233; des T&#233;l&#233;communications Internationales du S&#233;n&#233;gal (T&#233;l&#233;-S&#233;n&#233;gal), soci&#233;t&#233; nationale strat&#233;gique d'&#233;conomie mixte cog&#233;r&#233;e par l'Office des postes et t&#233;l&#233;communications (OPT) pour le compte du S&#233;n&#233;gal et par France C&#226;ble Radio (FCR) &#224; partir d'ao&#251;t 1968, avec 24 % des parts, puis 51 % &#224; partir de 1976. Ce processus aboutira &#224; la nationalisation de T&#233;l&#233;-S&#233;n&#233;gal en 1981 avec le rachat des 49 % d&#233;tenus par France C&#226;bles et Radio (FCR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1985, l'&#201;tat proc&#233;dera &#224; la premi&#232;re grande r&#233;forme du secteur, d&#233;bouchant sur l'&#233;clatement de l'OPT avec la cr&#233;ation, d'une part, de l'Office de la Poste et de la Caisse d'&#201;pargne (OPCE) et, d'autre part, de la Soci&#233;t&#233; nationale des t&#233;l&#233;communications du S&#233;n&#233;gal (Sonatel). Cette derni&#232;re a &#233;t&#233; mise en place le 1er octobre 1985 par M. Alassane Dialy Ndiaye, &#224; qui nous rendons un vibrant hommage pour sa clairvoyance. Que son &#226;me repose en paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, contre toute attente, par d&#233;cret n&#176;97-715 du 19 juillet 1997, le Pr&#233;sident Abdou Diouf prit une d&#233;cision qui sera durablement contest&#233;e en proc&#233;dant &#224; la privatisation de la Sonatel, consid&#233;r&#233;e alors comme une fiert&#233; nationale. Il c&#233;da 10 % au personnel, 17 % &#224; la sous-r&#233;gion, aux nationaux et &#224; l'IPRES, ainsi que 33,33 % &#224; France T&#233;l&#233;com pour 75 milliards de FCFA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus marquant encore, cette op&#233;ration s'accompagna d'un contrat de concession portant sur des infrastructures strat&#233;giques de l'&#201;tat (fibres optiques, canalisations, pyl&#244;nes, appuis a&#233;riens, fourreaux, etc.), reconduit de mani&#232;re tacite &#224; chaque renouvellement de licence. Et ce, alors que la m&#234;me ann&#233;e, en 1997, ann&#233;e de sa privatisation, la Sonatel avait r&#233;alis&#233; un chiffre d'affaires de 45 milliards de FCFA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus regrettable encore, rien ne semblait freiner la mont&#233;e en puissance de France T&#233;l&#233;com sous le magist&#232;re du Pr&#233;sident Abdou Diouf. En 1999, celui-ci signa avec France T&#233;l&#233;com un protocole d'accord lui permettant d'acqu&#233;rir 9,87 % suppl&#233;mentaires portant ainsi sa participation totale &#224; 42,33 % du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, la Sonatel cr&#233;a la filiale Sonatel Mobiles avec la marque Aliz&#233;. Cependant, en 2006, sous le regard impuissant des syndicalistes, France T&#233;l&#233;com entama progressivement la disparition du caract&#232;re &#171; national &#187; associ&#233; &#224; Sonatel. Une ann&#233;e plus tard, les marques commerciales Aliz&#233; (t&#233;l&#233;phonie mobile), Sentoo (Internet) et Keurgui TV (t&#233;l&#233;vision sur Internet) furent remplac&#233;es par la marque Orange, enseigne commerciale universelle de France T&#233;l&#233;com.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 avril 2009, le Pr&#233;sident Abdoulaye Wade signa un protocole avec France T&#233;l&#233;com qui devait conduire &#224; la vente de 9,87 % suppl&#233;mentaires afin de permettre &#224; cette derni&#232;re de devenir actionnaire majoritaire de la Sonatel avec 52,2 % des parts avant qu'une importante lev&#233;e de boucliers nationale ne le fasse reculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ricochet, le 12 ao&#251;t 2011, conscient des enjeux socio-&#233;conomiques et de souverainet&#233; nationale, le Pr&#233;sident Abdoulaye Wade proclama son intention de racheter les 42,33 % d&#233;tenus par France T&#233;l&#233;com afin que la Sonatel redevienne pleinement un patrimoine national. Toutefois, sous la pression de l'ancienne m&#233;tropole et face &#224; l'opposition des syndicalistes, ce projet fut finalement abandonn&#233; laissant perdurer une perte strat&#233;gique majeure dans le domaine des t&#233;l&#233;communications s&#233;n&#233;galaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, ann&#233;e de sa privatisation, la Sonatel avait r&#233;alis&#233; un chiffre d'affaires de 45 milliards de FCFA avec 2 060 salari&#233;s permanents. En 2013, son chiffre d'affaires atteignait 738 milliards de FCFA avec 1 769 salari&#233;s permanents. En seize ans, cela repr&#233;sente une hausse du chiffre d'affaires de plus de 1 540 %, tandis que les effectifs permanents diminuaient d'environ 14 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus alarmant encore, en 2022, apr&#232;s vingt-six ann&#233;es de privatisation, malgr&#233; une hausse continue et exponentielle du chiffre d'affaires atteignant 1 455 milliards de FCFA, le nombre de salari&#233;s permanents &#233;tait estim&#233; &#224; environ 1 800, avec pr&#232;s de 800 int&#233;rimaires. Cette &#233;volution traduit une croissance consid&#233;rable des performances financi&#232;res sans progression proportionnelle de l'emploi durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le S&#233;n&#233;gal compte une population jeune confront&#233;e &#224; d'importantes difficult&#233;s d'insertion professionnelle, plusieurs jeunes restent sans activit&#233; et perdent progressivement espoir dans la qu&#234;te d'un emploi stable. L'&#201;tat devrait tirer les enseignements de l'histoire r&#233;cente du secteur des t&#233;l&#233;communications. Entre les ann&#233;es 1990 et la fin des ann&#233;es 2000, des milliers de S&#233;n&#233;galais travaillant dans les t&#233;l&#233;centres ont perdu leurs emplois dans une indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale, &#224; mesure que les &#233;volutions technologiques transformaient le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces compatriotes d&#233;sesp&#233;r&#233;s, souvent candidats malheureux &#224; l'&#233;migration irr&#233;guli&#232;re vers l'Europe, beaucoup ont perdu la vie dans les eaux de l'oc&#233;an Atlantique et ce drame humain continue malheureusement de se r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'on ne s'y trompe pas, les v&#233;ritables cr&#233;ateurs d'emplois et de richesse dans notre pays demeurent les PME/PMI qui, avec leurs propres moyens, innovent, prennent des risques et cr&#233;ent de la valeur ajout&#233;e pour l'&#233;conomie nationale. Elles se distinguent de certaines multinationales qui favorisent essentiellement des emplois pr&#233;caires &#224; travers des contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e (CDD) ou des prestations de services n'offrant que peu de garanties d'insertion durable pour la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet effet, la directive du Pr&#233;sident de la R&#233;publique Macky Sall adress&#233;e au gouvernement lors du Conseil des ministres du 10 mars 2021 visant &#224; trouver des solutions &#224; la question lancinante de l'emploi des jeunes, aurait d&#251; encourager ces grandes entreprises &#224; repenser davantage leurs politiques sociales et &#233;conomiques afin de contribuer plus activement &#224; la cr&#233;ation d'emplois durables, &#224; l'accompagnement de l'entrepreneuriat, de l'innovation et des initiatives num&#233;riques port&#233;es par la jeunesse s&#233;n&#233;galaise. De telles initiatives constitueraient des alternatives cr&#233;dibles &#224; l'&#233;migration irr&#233;guli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arguments mis en avant &#224; travers certaines fondations ou actions sociales demeurent parfois insuffisants face &#224; l'ampleur des attentes &#233;conomiques et sociales des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre paradoxe, la tarification des services de t&#233;l&#233;communications &#233;volue g&#233;n&#233;ralement &#224; la baisse avec les progr&#232;s technologiques. En principe, l'augmentation de l'offre devrait entra&#238;ner une diminution progressive des prix ainsi qu'une mise &#224; jour r&#233;guli&#232;re des abonnements et contrats ant&#233;rieurs de l'&#201;tat. Cependant, il n'existe pas de m&#233;canisme suffisamment transparent permettant de v&#233;rifier syst&#233;matiquement le r&#233;ajustement de ces abonnements en fonction des nouveaux catalogues tarifaires, ce qui pourrait entra&#238;ner des pertes financi&#232;res importantes pour l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il convient de reconna&#238;tre l'initiative du Pr&#233;sident de la R&#233;publique Macky Sall pour avoir pris une d&#233;cision forte visant &#224; rationaliser la t&#233;l&#233;phonie de l'&#201;tat en mettant en mode restriction plusieurs lignes de t&#233;l&#233;phone mobile prises en charge aux frais de l'administration. Cette mesure a permis de r&#233;duire significativement la facture annuelle de t&#233;l&#233;phonie de l'&#201;tat, pass&#233;e progressivement d'environ 22 milliards de FCFA au d&#233;but des ann&#233;es 2010 &#224; pr&#232;s de 6 milliards de FCFA gr&#226;ce aux politiques de rationalisation engag&#233;es sous la pr&#233;sidence de Macky Sall. &#192; cette &#233;poque, j'&#233;tais le ma&#238;tre d'&#339;uvre (MOE) de cette r&#233;forme en ma qualit&#233; de Directeur de l'Exploitation de l'Agence de l'Informatique de l'Etat (ADIE). Le Minist&#232;re des finance &#233;tat le MOA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, j'&#233;tais le ma&#238;tre d'&#339;uvre (MOE) de cette r&#233;forme en ma qualit&#233; de Directeur de l'Exploitation de l'Agence de l'Informatique de l'&#201;tat (ADIE), tandis que le Minist&#232;re des Finances en assurait la ma&#238;trise d'ouvrage (MOA). Le comit&#233; technique &#233;tait pr&#233;sid&#233; par le Doyen Ibrahima Niang, &#224; qui je rends un hommage m&#233;rit&#233; au passage, ainsi qu'&#224; nos vaillants collaborateurs pour leur engagement et leur contribution d&#233;terminante &#224; la r&#233;ussite de cette r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat pourrait &#233;galement r&#233;aliser d'importantes &#233;conomies suppl&#233;mentaires &#224; travers l'inventaire, la mutualisation et le r&#233;ajustement de l'ensemble des abonnements de liaisons sp&#233;cialis&#233;es (LS) et ADSL aux tarifs actuels des catalogues de services. Pour cela, il serait n&#233;cessaire de disposer d'un inventaire exhaustif et r&#233;guli&#232;rement actualis&#233; de ces lignes, suivi d'un audit administratif et physique permettant d'identifier et de supprimer les abonnements devenus inutiles ou non optimis&#233;s. Toutefois, l'acc&#232;s consolid&#233; &#224; certaines informations techniques et administratives n'a pas toujours &#233;t&#233; facilit&#233;, ce qui a parfois limit&#233; les capacit&#233;s de rationalisation compl&#232;te des d&#233;penses publiques dans ce domaine.Une d&#233;claration demeure particuli&#232;rement r&#233;v&#233;latrice m&#234;me plusieurs ann&#233;es apr&#232;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est l'unique op&#233;rateur historique au monde ayant cr&#251; sans interruption pendant une vingtaine d'ann&#233;es, en chiffre d'affaires et en marge &#187;, se r&#233;jouissait en avril 2016 &#224; Dakar Bruno Mettling, alors pr&#233;sident du conseil d'administration d'Orange Middle East and Africa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre point essentiel : la contribution au PIB. Le fait qu'une seule entreprise repr&#233;sente une part significative de l'&#233;conomie nationale n'est pas n&#233;cessairement un signe de robustesse mais peut aussi r&#233;v&#233;ler une concentration importante et une forme de d&#233;pendance structurelle &#224; un acteur dominant. Une &#233;conomie r&#233;siliente repose avant tout sur un tissu dense de PME et de PMI nationales capables de cr&#233;er de la valeur de mani&#232;re diversifi&#233;e et r&#233;partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si l'argument formul&#233; &#224; l'encontre de Starlink repose sur la localisation de ses revenus au sein du groupe SpaceX &#224; l'&#233;tranger, il convient de rester coh&#233;rent. Une part importante de la valeur g&#233;n&#233;r&#233;e par Sonatel est &#233;galement consolid&#233;e au niveau de son actionnaire majoritaire &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique ne se mesure pas uniquement au poids dans le PIB ou aux montants d'imp&#244;ts vers&#233;s. Elle s'&#233;value surtout &#224; travers le contr&#244;le strat&#233;gique, la capacit&#233; de d&#233;cision locale, la cr&#233;ation d'emplois durables et la ma&#238;trise effective des infrastructures sans d&#233;pendance structurelle excessive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prot&#233;ger un op&#233;rateur national peut relever d'un choix l&#233;gitime de politique &#233;conomique. Mais &#233;riger une entreprise privatis&#233;e dont le contr&#244;le majoritaire appartient &#224; un groupe &#233;tranger, en symbole absolu de souverainet&#233; &#233;conomique rel&#232;ve davantage du r&#233;cit que d'une analyse strictement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, qui d&#233;tient r&#233;ellement le pouvoir de d&#233;cision strat&#233;gique, qui contr&#244;le les infrastructures et les flux et o&#249; se situe la captation de la valeur et des dividendes ? C'est l&#224; que se joue le v&#233;ritable d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu sous cet angle, Starlink appara&#238;t comme un v&#233;ritable &#233;lectrochoc, une occasion historique de repenser les r&#232;gles du jeu et de renforcer la souverainet&#233; num&#233;rique du S&#233;n&#233;gal. La r&#233;ponse ne sera pas le repli mais l'organisation. Cela implique trois priorit&#233;s claires : la construction d'infrastructures de donn&#233;es souveraines, le renforcement des capacit&#233;s locales et la structuration d'un v&#233;ritable &#233;cosyst&#232;me num&#233;rique national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette dynamique, l'arriv&#233;e de Starlink constitue &#233;galement une remise en question des m&#233;canismes existants pour l'Etat notamment du FDSUT dont le mod&#232;le est appel&#233; &#224; &#233;voluer pour s'adapter &#224; ces nouvelles r&#233;alit&#233;s. La logique consistant &#224; financer principalement l'extension g&#233;ographique d'infrastructures terrestres est profond&#233;ment bouscul&#233;e par la capacit&#233; des solutions satellitaires &#224; d&#233;senclaver rapidement les zones blanches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le FDSUT doit imp&#233;rativement red&#233;finir ses missions en pivotant de la couverture technique vers l'accessibilit&#233; &#233;conomique. Le satellite r&#233;sout le probl&#232;me de l'acc&#232;s mais son co&#251;t mat&#233;riel et d'abonnement reste hors de port&#233;e pour les m&#233;nages ruraux. Le r&#244;le du fonds doit donc &#234;tre de subventionner cet acc&#232;s pour &#233;viter qu'une fracture g&#233;ographique ne se transforme en exclusion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pr&#233;server l'&#233;quit&#233; ne consistera pas &#224; sanctuariser un monopole d'un autre &#226;ge dont la souverainet&#233; est d&#233;j&#224; dilu&#233;e par des d&#233;cisions et des dividendes pilot&#233;s depuis l'&#233;tranger mais &#224; imposer une r&#233;gulation forte via l'ARTP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal doit contraindre Starlink &#224; contribuer financi&#232;rement au FDSUT tout en exigeant le contr&#244;le local de nos donn&#233;es. La souverainet&#233; num&#233;rique ne se proclame pas mais elle s'organise en refusant de remplacer une d&#233;pendance ancienne par une d&#233;possession moderne et repose sur trois piliers fondamentaux, &#224; savoir le contr&#244;le des infrastructures, la capacit&#233; de d&#233;cision et la cr&#233;ation durable de valeur locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;rique est devenu trop vital pour &#234;tre abandonn&#233; &#224; des logiques ext&#233;rieures sans r&#233;ciprocit&#233; ni vision nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elhadji Wack Ndiaye&lt;br class='autobr' /&gt;
Acteur du Num&#233;rique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Social Net Link&lt;/a&gt;, 19 mai 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et si le S&#233;n&#233;gal se dotait d'une arm&#233;e num&#233;rique ?</title>
		<link>https://osiris.sn/et-si-le-senegal-se-dotait-d-une-armee-numerique.html</link>
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		<dc:date>2026-05-15T15:11:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;cemment, le Tr&#233;sor public du S&#233;n&#233;gal a &#233;t&#233; victime d'une cyberattaque. Auparavant, la Direction g&#233;n&#233;rale des imp&#244;ts et des domaines (Dgid) et la Direction de l'automatisation du fichier (Daf) ont &#233;t&#233; vis&#233;es. Une pratique r&#233;currente qui rappelle la fragilit&#233; de notre patrimoine num&#233;rique et remet au go&#251;t du jour les risques qui vont avec. Environ 70 Go de donn&#233;es qualifi&#233;es de sensibles seraient d&#233;tourn&#233;es lors de cette cyberattaque. Mais la Direction g&#233;n&#233;rale de la comptabilit&#233; publique et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-82-445d9.jpg?1779208320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cemment, le Tr&#233;sor public du S&#233;n&#233;gal a &#233;t&#233; victime d'une cyberattaque. Auparavant, la Direction g&#233;n&#233;rale des imp&#244;ts et des domaines (Dgid) et la Direction de l'automatisation du fichier (Daf) ont &#233;t&#233; vis&#233;es. Une pratique r&#233;currente qui rappelle la fragilit&#233; de notre patrimoine num&#233;rique et remet au go&#251;t du jour les risques qui vont avec. Environ 70 Go de donn&#233;es qualifi&#233;es de sensibles seraient d&#233;tourn&#233;es lors de cette cyberattaque. Mais la Direction g&#233;n&#233;rale de la comptabilit&#233; publique et du tr&#233;sor (Dgcpt) a soutenu que des mesures sont prises en charge conform&#233;ment &#224; son plan de continuit&#233; de ses activit&#233;s. Dans tous les cas, ce sont des faits qui interrogent &#224; l'heure o&#249; on parle de New Deal technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins que l'on puisse dire, c'est que le S&#233;n&#233;gal n'&#233;chappe pas &#224; la mont&#233;e inqui&#233;tante des cyberattaques. Selon un rapport de Kaspersky s&#233;curit&#233; network (Ksn) publi&#233; au mois de janvier dernier, au S&#233;n&#233;gal, plus de 10 millions de cybermenaces ont &#233;t&#233; d&#233;tect&#233;es et bloqu&#233;es en 2024. &#192; l'&#233;chelle mondiale, Ksn d&#233;nombre 4,9 milliards d'attaques bloqu&#233;es. Ces attaques cybercriminelles ont souvent pour finalit&#233; le paiement d'une ran&#231;on ou l'acquisition d'informations strat&#233;giques qu'on utilise souvent contre les victimes. Tout comme les &#201;tats, les entreprises et les particuliers sont les cibles des cyberattaques. Dans la plupart des cas, les auteurs, tr&#232;s souvent anonymes, demandent des ran&#231;ons. Toutefois, il y a tout un d&#233;bat autour de son paiement. Certains estiment que payer une ran&#231;on &#224; un cybercriminel encourage cette activit&#233; malveillante et vuln&#233;rabilise les victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers peuvent se laisser entra&#238;ner dans un cycle infernal o&#249; ils doivent toujours payer davantage. D'apr&#232;s une enqu&#234;te men&#233;e en 2024 par le cabinet Comparitech sur les cyberattaques, 1 204 attaques confirm&#233;es ont engendr&#233; le piratage de plus de 195 millions de fichiers de donn&#233;es, ainsi que le paiement de 133,5 millions de dollars de ran&#231;on. Le rapport de Comparitech nous apprend &#233;galement que la demande de ran&#231;on moyenne s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 3,5 millions de dollars, mais que la moyenne des ran&#231;ons pay&#233;es atteint 9,5 millions de dollars (environ 9,2 millions d'euros). Ces cyberattaques se font entre &#201;tats dans le cas de ce qu'on appelle la guerre hybride. Et c'est l'Estonie qui en a &#233;t&#233; la plus victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le pays baltique a transform&#233; cette crise en opportunit&#233;. En avril 2007, des attaques par d&#233;ni de service (DDoS) ont paralys&#233; plus de 150.000 sites gouvernementaux, bancaires et m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dur&#233;e moyenne d'indisponibilit&#233; a atteint 72 heures, g&#233;n&#233;rant des pertes estim&#233;es &#224; 12 millions d'euros pour les services publics. L'incident a expos&#233; la d&#233;pendance du pays &#224; des infrastructures informatiques centralis&#233;es. En r&#233;ponse, le gouvernement a lanc&#233; un programme de renforcement des capacit&#233;s cyber, incluant la cr&#233;ation d'une &#233;quipe d'intervention rapide et la mise en place d'une l&#233;gislation sur la cybers&#233;curit&#233;. En 2008, l'Estonie a cr&#233;&#233; le Centre de coop&#233;ration informatique (Cci), premier organe d&#233;di&#233; &#224; la diplomatie cyber. L'Estonie a &#233;galement pr&#233;sid&#233; le groupe de travail de l'Otan sur la cybers&#233;curit&#233; en 2018, contribuant &#224; la r&#233;daction du &#171; Cyber Defence Capability Framework &#187;. Le pays est devenu un mod&#232;le achev&#233; de la lutte contre les cyberattaques au point d'inspirer les grandes nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aly Diouf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://lesoleil.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Soleil&lt;/a&gt;, 15 mai 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fibre de la d&#233;pendance</title>
		<link>https://osiris.sn/la-fibre-de-la-dependance.html</link>
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		<dc:date>2026-05-14T21:21:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2024 le S&#233;n&#233;gal c&#233;l&#232;bre les premiers barils de p&#233;trole de Sangomar et le gaz de GTA, propulsant sa balance commerciale vers des exc&#233;dents in&#233;dits (+183,8 milliards de FCFA en mars 2026). Pourtant, derri&#232;re ces chiffres flatteurs du sous-sol se cache une h&#233;morragie invisible : le d&#233;ficit de la balance des services num&#233;riques. Si les c&#226;bles sous-marins apportent la connectivit&#233;, ils servent aussi de conduits &#224; une fuite massive de devises vers les serveurs de la Silicon Valley et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-81-3379e.jpg?1779208320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2024 le S&#233;n&#233;gal c&#233;l&#232;bre les premiers barils de p&#233;trole de Sangomar et le gaz de GTA, propulsant sa balance commerciale vers des exc&#233;dents in&#233;dits (+183,8 milliards de FCFA en mars 2026). Pourtant, derri&#232;re ces chiffres flatteurs du sous-sol se cache une h&#233;morragie invisible : le d&#233;ficit de la balance des services num&#233;riques. Si les c&#226;bles sous-marins apportent la connectivit&#233;, ils servent aussi de conduits &#224; une fuite massive de devises vers les serveurs de la Silicon Valley et d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'H&#233;morragie Invisible : Donn&#233;es Macro&#233;conomiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit num&#233;rique ne se voit pas dans les ports, mais dans les relev&#233;s bancaires. En Afrique de l'Ouest, les importations de services num&#233;riques (SaaS, Cloud, Publicit&#233;, Streaming) d&#233;passent largement les exportations de logiciels locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chiffre cl&#233; : Selon les estimations de la BCEAO pour 2025-2026, plus de 1 200 milliards de FCFA quittent chaque ann&#233;e la zone UEMOA sous forme de paiements vers les GAFAM et les plateformes de streaming, sans contrepartie fiscale directe significative.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6199 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L500xH251/image1-2-71e54.png?1779208320' width='500' height='251' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Importations de services digitaux selon le World Trade Organization&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L500xH317/image2-2-26741.png?1779208320' width='500' height='317' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comparaison entre importations et Exportations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Les 4 Principaux Postes de Fuite de Devises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identification des &#171; trous noirs &#187; financiers est cruciale pour stopper l'&#233;rosion des r&#233;serves de change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	&lt;strong&gt;Cloud et SaaS (Software as a Service) &lt;/strong&gt; : Microsoft 365, Google Workspace et AWS dominent 90% du march&#233; des entreprises s&#233;n&#233;galaises. Chaque licence pay&#233;e est une sortie de devises.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.	&lt;strong&gt;Publicit&#233; Num&#233;rique&lt;/strong&gt; : Meta (Facebook/Instagram) et Alphabet (Google) captent l'essentiel des budgets marketing des PME locales, souvent via des paiements par carte bancaire internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.	&lt;strong&gt;Divertissement et Streaming&lt;/strong&gt; : Le passage &#224; la TV num&#233;rique et l'acc&#232;s mobile ont fait exploser les abonnements Netflix, dont 0% de la TVA revenait &#224; l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais jusqu'aux r&#233;centes r&#233;formes.&lt;br class='autobr' /&gt;
4.	&lt;strong&gt;Commissions de Plateformes &lt;/strong&gt; : Les commissions pr&#233;lev&#233;es par Apple Store et Google Play (15 &#224; 30%) sur les applications d&#233;velopp&#233;es localement constituent une taxe &#171; priv&#233;e &#187; sur l'innovation africaine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6201 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L500xH309/image3-2-2fc48.png?1779208320' width='500' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Structuration des Exports&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6202 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L500xH350/image4-3-2a508.png?1779208320' width='500' height='350' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Structuration des Imports&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour inverser la tendance, le S&#233;n&#233;gal et ses voisins doivent passer de la consommation &#224; la production :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	&lt;strong&gt;Souverainet&#233; des Donn&#233;es (Cloud National)&lt;/strong&gt; : Imposer l'h&#233;bergement des donn&#233;es r&#233;galiennes (sant&#233;, &#233;tat civil) sur des infrastructures locales pour r&#233;duire les factures AWS/Azure.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.	&lt;strong&gt;Harmonisation R&#233;gionale&lt;/strong&gt; : Adopter une taxe num&#233;rique commune au niveau de la CEDEAO pour &#233;viter le &#171; dumping fiscal &#187; entre pays voisins.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.	&lt;strong&gt;Soutien &#224; l'Exportation de Code&lt;/strong&gt; : Cr&#233;er des zones franches num&#233;riques o&#249; les entreprises exportant des services logiciels (SaaS local) b&#233;n&#233;ficient d'une exon&#233;ration totale de charges sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
4.	&lt;strong&gt;Le Mod&#232;le &#171; Content Quota &#187;&lt;/strong&gt; : Obliger les plateformes de streaming &#224; r&#233;investir 20% de leur chiffre d'affaires local dans la production cin&#233;matographique et musicale du pays d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit num&#233;rique n'est pas une fatalit&#233; technologique, mais un choix politique. Tant que la connectivit&#233; servira uniquement &#224; consommer des services ext&#233;rieurs, la fibre optique restera, selon l'expression de certains &#233;conomistes africains, &#171; une paille g&#233;ante aspirant la richesse locale vers le Nord &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ahmath Bamba Mback&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 mai 2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mort lente de la BCEAO : quand Sendwave et les plateformes redessinent la souverainet&#233; mon&#233;taire</title>
		<link>https://osiris.sn/la-mort-lente-de-la-bceao-quand-sendwave-et-les-plateformes-redessinent-la.html</link>
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		<dc:date>2026-05-05T09:56:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I. L'ILLUSION DE L'INTEROP&#201;RABILIT&#201; SENDWAVE-BCEAO &lt;br class='autobr' /&gt;
la BCEAO croit encore contr&#244;ler son territoire mon&#233;taire parce que Sendwave lui rend des comptes agr&#233;g&#233;s en francs cfa. cette interop&#233;rabilit&#233; technique est une fa&#231;ade : la bceao voit le sang qui circule, mais ne comprend plus pleinement d'o&#249; il vient ni qui le capte &#224; l'autre bout du monde. elle compte les francs cfa qui sortent de la plateforme, mais ne distingue plus clairement si derri&#232;re chaque conversion se cache du travail r&#233;el ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-80-e7ad8.jpg?1779208320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. L'ILLUSION DE L'INTEROP&#201;RABILIT&#201; SENDWAVE-BCEAO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la BCEAO croit encore contr&#244;ler son territoire mon&#233;taire parce que Sendwave lui rend des comptes agr&#233;g&#233;s en francs cfa. cette interop&#233;rabilit&#233; technique est une fa&#231;ade : la bceao voit le sang qui circule, mais ne comprend plus pleinement d'o&#249; il vient ni qui le capte &#224; l'autre bout du monde. elle compte les francs cfa qui sortent de la plateforme, mais ne distingue plus clairement si derri&#232;re chaque conversion se cache du travail r&#233;el ou des arbitrages financiers adoss&#233;s &#224; des dynamiques globales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. LA RECONFIGURATION DES FLUX ET LA MENACE DES STABLECOINS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les diasporas ouest-africaines repr&#233;sentent des dizaines de milliards de francs cfa annuels qui irriguaient les circuits bancaires tra&#231;ables. aujourd'hui, ces flux transitent de plus en plus par des infrastructures num&#233;riques globales pilot&#233;es par des acteurs comme Sendwave. dans ce contexte, l'&#233;mergence des stablecoins tels que USDC ou USDT ouvre une br&#232;che structurelle : non pas encore une substitution totale, mais une possibilit&#233; cr&#233;dible de contournement des circuits mon&#233;taires traditionnels. sendwave devient ainsi un point de passage strat&#233;gique dans une architecture financi&#232;re hybride que la bceao ne ma&#238;trise qu'imparfaitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. L'ATROPHIE DES LEVIERS DE POLITIQUE MON&#201;TAIRE FACE AUX PLATEFORMES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;quand une banque centrale perd la lecture fine d'une partie des flux mon&#233;taires qui traversent son territoire, ses instruments deviennent partiellement aveugles. la BCEAO peut augmenter ses taux, mais leur transmission reste concentr&#233;e sur le syst&#232;me bancaire formel. elle peut injecter de la liquidit&#233;, mais celle-ci ne diffuse qu'imparfaitement dans des &#233;cosyst&#232;mes num&#233;riques parall&#232;les. la politique de change elle-m&#234;me devient plus fragile, dans un contexte o&#249; des conversions rapides vers des actifs globaux peuvent contourner les m&#233;canismes traditionnels. la banque centrale conserve ses pouvoirs juridiques, mais voit son efficacit&#233; op&#233;rationnelle s'&#233;roder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. LA R&#201;SURRECTION SOUVERAINE OU LE D&#201;CLASSEMENT MON&#201;TAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la bceao doit choisir entre une marginalisation progressive ou une mutation strat&#233;gique. cette mutation passe par la cr&#233;ation d'une monnaie num&#233;rique de banque centrale capable de r&#233;int&#233;grer les flux dans un cadre souverain, en ligne avec les r&#233;flexions port&#233;es par la Banque des r&#232;glements internationaux et la Banque centrale europ&#233;enne. elle implique aussi d'imposer des exigences de transparence et de tra&#231;abilit&#233; aux infrastructures priv&#233;es op&#233;rant dans l'espace umoa. faute de quoi, dans quelques ann&#233;es, la bceao risque de devenir une institution pr&#233;sente juridiquement mais affaiblie dans sa capacit&#233; r&#233;elle &#224; structurer l'&#233;conomie mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum &lt;br class='autobr' /&gt;
Economiste h&#233;t&#233;rodoxe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 5 mai 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Etat num&#233;rique et ses fondements</title>
		<link>https://osiris.sn/l-etat-numerique-et-ses-fondements.html</link>
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		<dc:date>2026-04-23T17:04:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Gallo Fall est un expert en cybers&#233;curit&#233;, souverainet&#233; num&#233;rique et en gouvernance des risques, fort de plus d'une d&#233;cennie d'exp&#233;rience ; il r&#233;dige actuellement un guide strat&#233;gique in&#233;dit sur la souverainet&#233; num&#233;rique et la strat&#233;gie de cybers&#233;curit&#233; &#224; l'intention des gouvernements africains. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est licenci&#233; en Informatique et S&#233;curit&#233; des R&#233;seaux avec une mineure en Informatique Forensique &#224; Dakota State University, un centre d'excellence acad&#233;mique en cybers&#233;curit&#233; reconnu &#224; l'&#233;chelle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-79-e14c6.jpg?1779208320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Gallo Fall est un expert en cybers&#233;curit&#233;, souverainet&#233; num&#233;rique et en gouvernance des risques, fort de plus d'une d&#233;cennie d'exp&#233;rience ; il r&#233;dige actuellement un guide strat&#233;gique in&#233;dit sur la souverainet&#233; num&#233;rique et la strat&#233;gie de cybers&#233;curit&#233; &#224; l'intention des gouvernements africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est licenci&#233; en Informatique et S&#233;curit&#233; des R&#233;seaux avec une mineure en Informatique Forensique &#224; Dakota State University, un centre d'excellence acad&#233;mique en cybers&#233;curit&#233; reconnu &#224; l'&#233;chelle nationale et d&#233;sign&#233; par l' Agence de S&#233;curit&#233; Nationale (NSA), proposant des programmes complets et pratiques sur la s&#233;curit&#233; des r&#233;seaux, les cyber-op&#233;rations et la d&#233;fense. Suivi d'un Masters M.S. en Technologies de la S&#233;curit&#233; &#224; l'Universit&#233; du Minnesota au sein de l' Institut de Leadership Technologique (TLI) sp&#233;cialis&#233; en cybers&#233;curit&#233;, infrastructures critiques et gestion des risques. Un programme concue pour proteger les 16 secteurs d'infrastructures critiques aux Etats Unis dont les actifs et les syst&#232;mes sont consid&#233;r&#233;s comme si vitaux que leur destruction ou leur neutralisation affaiblirait la s&#233;curit&#233; nationale, la stabilit&#233; &#233;conomique ou la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; publiques. Ces annees de maitrise lui a permis de comprendre et de concevoir des syst&#232;mes r&#233;silients, d'identifier et d'att&#233;nuer les probl&#232;mes dans les infrastructures critiques et d'am&#233;liorer la planification de la r&#233;ponse aux incidents tels que les cyberattaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique sans souverainet&#233; des infrastructures n'est qu'une illusion. Un gouvernement qui stocke les donn&#233;es de ses citoyens sur des plateformes cloud &#233;trang&#232;res, achemine son trafic internet via des points d'&#233;change &#233;trangers, et d&#233;pend de mat&#233;riels et logiciels &#233;trangers pour ses syst&#232;mes critiques est vuln&#233;rable &#8212; peu importe la solidit&#233; apparente de ses lois sur le papier. La d&#233;pendance cr&#233;e la vuln&#233;rabilit&#233;. Si les communications, les syst&#232;mes financiers, les r&#233;seaux &#233;lectriques et les services gouvernementaux d'un &#201;tat reposent sur des plateformes ou des &#233;quipements appartenant &#224; l'&#233;tranger, un adversaire &#8212; ou une entreprise &#8212; peut contraindre, surveiller ou paralyser cet &#201;tat sans tirer un seul coup de feu. Il s'agit d'une d&#233;pendance structurelle, que nous avons historiquement reconnue comme &#233;tant de nature &#224; compromettre la souverainet&#233; &#8212; nous n'en avions simplement pas encore de version num&#233;rique jusqu'&#224; r&#233;cemment. L'infrastructure n'est pas simplement le substrat technique de l'&#201;tat num&#233;rique. C'est le terrain sur lequel la souverainet&#233; se gagne ou se perd. La souverainet&#233; num&#233;rique n'est plus une simple aspiration ; elle constitue une exigence tangible en mati&#232;re d'op&#233;rations et de contr&#244;le, qui fa&#231;onne la responsabilit&#233; d'un gouvernement. La d&#233;cision r&#233;cemment prise par la France de r&#233;duire sa d&#233;pendance strat&#233;gique vis-&#224;-vis des infrastructures num&#233;riques non europ&#233;ennes &#8212; faisant &#233;cho &#224; une &#233;volution plus large &#224; l'&#233;chelle de l'Union europ&#233;enne &#8212; marque un tournant d&#233;cisif. Le Canada aussi s'emploie, pour sa part, &#224; conserver la ma&#238;trise de son propre avenir num&#233;rique &#8212; y compris de ses donn&#233;es, de ses technologies et de ses services en ligne essentiels &#8212; plut&#244;t que de s'en remettre &#224; des entreprises, des syst&#232;mes ou des l&#233;gislations &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable question n'a jamais et&#233; dans la provenance d'un service num&#233;rique. Cette d&#233;marche n'est mue ni par l'id&#233;ologie, ni par un rejet des technologies &#233;trang&#232;res ; elle rel&#232;ve d'une approche pragmatique de la gestion des risques. Une fois les consid&#233;rations politiques &#233;cart&#233;es, il ne reste qu'un principe fondamental : un gouvernement ne saurait assumer de mani&#232;re cr&#233;dible la responsabilit&#233; de la continuit&#233; et de l'int&#233;grit&#233; des services critiques si les conditions r&#233;gissant leur fonctionnement &#8212; sur les plans juridique, technique et op&#233;rationnel &#8212; &#233;chappent &#224; sa port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre &#224; quel point une nation est r&#233;ellement expos&#233;e, nous devons examiner trois prismes distincts : la Carte Physique, la Carte Juridique et la Carte de R&#233;silience. Ensemble, ils forment un cadre de diagnostic &#8212; les Trois Piliers de l'&#201;tat Num&#233;rique &#8212; qui dissipe la rh&#233;torique politique et r&#233;v&#232;le la r&#233;alit&#233; structurelle sous-jacente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pilier Un : R&#233;sidence des Donn&#233;es &#8212; La Carte Physique&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re question est la plus fondamentale : o&#249; se trouvent les serveurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de l'Afrique, pour l'instant, est largement : ailleurs. L'informatique en nuage sur le continent est domin&#233;e par une poign&#233;e d'hyperscalers &#233;trangers &#8212; Amazon, Microsoft, Google, Alibaba, et entre autres &#8212; dont les centres de donn&#233;es africains sont concentr&#233;s en Afrique du Sud, en &#201;gypte, au Kenya et au Nigeria. Pour la grande majorit&#233; du continent, cela signifie que les donn&#233;es nationales traversent des connexions transatlantiques avant d'atteindre une infrastructure capable de les traiter. La carte physique, dans la plupart des cas, pointe vers l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'un simple inconv&#233;nient. C'est une vuln&#233;rabilit&#233; structurelle. Lorsque les machines qui h&#233;bergent les donn&#233;es d'une nation se trouvent au-del&#224; de ses fronti&#232;res, la souverainet&#233; sur ces donn&#233;es devient conditionnelle &#8212; soumise &#224; la bonne volont&#233; de corporations &#233;trang&#232;res et &#224; la stabilit&#233; de c&#226;bles sous-marins que les gouvernements africains ne poss&#232;dent en grande partie pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces c&#226;bles m&#233;ritent d'&#234;tre examin&#233;s attentivement. La connectivit&#233; internet internationale de l'Afrique passe presque enti&#232;rement par un r&#233;seau de c&#226;bles &#224; fibres optiques sous-marins encerclant le continent. En 2024, environ 30 syst&#232;mes de c&#226;bles actifs et planifi&#233;s desservent l'Afrique &#8212; pourtant, les gouvernements et entit&#233;s africains d&#233;tiennent des participations significatives dans tr&#232;s peu d'entre eux. Les art&#232;res de la connectivit&#233;, en d'autres termes, appartiennent &#224; d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprendre du terrain sur la Carte Physique exige une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e. Les gouvernements doivent participer aux consortiums de propri&#233;t&#233; de c&#226;bles, m&#234;me avec des participations minoritaires qui conf&#232;rent des droits de gouvernance. Les stations d'atterrissage de c&#226;bles doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des infrastructures nationales strat&#233;giques, soumises &#224; des licences et &#224; une surveillance s&#233;curitaire. Les nations c&#244;ti&#232;res doivent imposer plusieurs c&#226;bles pour &#233;liminer les points de d&#233;faillance uniques, et l'investissement dans la fibre terrestre transcontinentale doit r&#233;duire la dangereuse d&#233;pendance du continent aux seules routes c&#244;ti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'infrastructure cloud, la voie la plus viable pour la plupart des gouvernements africains est une architecture souveraine hybride : un cloud op&#233;r&#233; par le gouvernement h&#233;bergeant toutes les donn&#233;es sensibles sur le territoire national, combin&#233; &#224; des plateformes cloud &#233;trang&#232;res r&#233;gul&#233;es pour les services non sensibles &#8212; sous r&#233;serve de protections contractuelles de la souverainet&#233; des donn&#233;es et d'audits de s&#233;curit&#233; r&#233;guliers. L'objectif n'est pas de rejeter globalement les capacit&#233;s &#233;trang&#232;res, mais de s'assurer que les charges de travail les plus critiques ne quittent jamais le sol national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pilier Deux : Juridiction &#8212; La Carte Juridique&lt;br class='autobr' /&gt;
La localisation physique, cependant, n'est qu'une partie de l'histoire. Le deuxi&#232;me prisme pose une question plus difficile : quelle loi r&#233;git l'acc&#232;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un serveur peut se trouver sur le territoire national tout en restant l&#233;galement soumis &#224; un tribunal &#233;tranger. C'est le pi&#232;ge silencieux de la Carte Juridique &#8212; et c'est un pi&#232;ge que le paysage actuel des t&#233;l&#233;communications africaines tend avec une r&#233;gularit&#233; inqui&#233;tante. Les r&#233;seaux mobiles et l'infrastructure &#224; large bande du continent sont principalement desservis par un petit nombre de grands op&#233;rateurs internationaux, tandis que les fournisseurs d'&#233;quipements chinois Huawei et ZTE approvisionnent une part significative du mat&#233;riel r&#233;seau sous-jacent. Il en r&#233;sulte une d&#233;pendance en couches : des donn&#233;es africaines circulant &#224; travers des r&#233;seaux appartenant &#224; des &#233;trangers, fonctionnant sur des &#233;quipements construits par des &#233;trangers, potentiellement soumis &#224; une contrainte juridique &#233;trang&#232;re. Huawei et ZTE sont bannies aux &#201;tats-Unis principalement parce que la Commission F&#233;d&#233;rale des Communications (FCC) et les agences de renseignement am&#233;ricaines consid&#232;rent l'entreprise comme un risque pour la s&#233;curit&#233; nationale. En raison de ses liens avec le gouvernement chinois, on craint que les &#233;quipements de Huawei et ZTE ne soient utilis&#233;s &#224; des fins d'espionnage, de surveillance ou de perturbation des infrastructures critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La juridiction sur les donn&#233;es appartient en d&#233;finitive non pas &#224; celui qui les h&#233;berge, mais &#224; celui qui peut en imposer la divulgation. Lorsque cette autorit&#233; r&#233;side &#224; l'&#233;tranger, la souverainet&#233; devient une fiction polie &#8212; que nulle loi nationale de protection des donn&#233;es ne peut pleinement corriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements doivent faire face &#224; cette r&#233;alit&#233; directement. La diversification des fournisseurs d'&#233;quipements est essentielle, en particulier pour les composants de r&#233;seau sensibles o&#249; la d&#233;pendance &#224; un seul fournisseur cr&#233;e &#224; la fois des risques s&#233;curitaires et juridiques. Les cadres R&#233;seau d'Acc&#232;s Radio Ouvert (Open RAN), qui s&#233;parent le mat&#233;riel du logiciel et favorisent des &#233;cosyst&#232;mes comp&#233;titifs et interop&#233;rables, offrent une voie structurelle pour sortir de l'enfermement propri&#233;taire. Les cadres de licences satellitaires doivent &#233;galement garantir que l'infrastructure de connectivit&#233; serve l'int&#233;r&#234;t national, et non uniquement les int&#233;r&#234;ts commerciaux d'op&#233;rateurs &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La carte juridique doit, avec le temps, &#234;tre redessin&#233;e de sorte que les lois r&#233;gissant l'acc&#232;s aux donn&#233;es d'une nation soient celles de la nation elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pilier Trois : Autonomie Num&#233;rique &#8212; La Carte de R&#233;silience&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les nations qui progressent sur les deux premiers piliers doivent affronter un dernier d&#233;fi : que se passe-t-il lorsque la connexion est coup&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question de la Carte de R&#233;silience, et c'est une question &#224; laquelle l'architecture internet de l'Afrique est actuellement mal &#233;quip&#233;e pour r&#233;pondre. Le continent compte moins de 50 points d'&#233;change internet &#8212; des installations o&#249; les r&#233;seaux locaux se connectent et &#233;changent du trafic en interne &#8212; contre plusieurs centaines en Europe. La cons&#233;quence est que le trafic internet entre deux villes africaines parcourt souvent des milliers de kilom&#232;tres hors du continent et revient, en transitant par des points d'&#233;change europ&#233;ens avant de compl&#233;ter ce qui devrait &#234;tre un trajet local. Coupez les connexions internationales, et de vastes portions du continent s'&#233;teignent &#8212; non pas en raison d'une attaque contre l'infrastructure africaine, mais parce qu'il existe si peu d'infrastructure v&#233;ritablement locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Points d'&#201;change Internet repr&#233;sentent peut-&#234;tre l'investissement &#224; la valeur la plus &#233;lev&#233;e et au co&#251;t le plus faible qu'un gouvernement puisse r&#233;aliser en mati&#232;re de r&#233;silience num&#233;rique. En maintenant le trafic sur le territoire national, ils r&#233;duisent la latence, diminuent les co&#251;ts et &#8212; &#233;l&#233;ment crucial &#8212; garantissent que les communications locales peuvent survivre aux perturbations des liaisons internationales. Les gouvernements devraient imposer ou encourager la cr&#233;ation de points d'&#233;change internet dans toutes les capitales et grandes villes, et &#339;uvrer au sein de l'Union Africaine pour construire le r&#233;seau panafricain de points d'&#233;change envisag&#233; dans la Strat&#233;gie de Transformation Num&#233;rique de l'UA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie num&#233;rique, en fin de compte, ne porte pas sur l'isolement. Elle porte sur la capacit&#233; &#224; endurer. A mon avis la souverainet&#233; num&#233;rique n'est pas du protectionnisme. C'est la condition pr&#233;alable pour garantir que l'Afrique capture son propre dividende num&#233;rique plut&#244;t que de subventionner les &#233;conomies des autres. Une liaison coup&#233;e avec le r&#233;seau mondial devrait &#234;tre une contingence g&#233;rable &#8212; non pas une catastrophe civilisationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis disponible si vous avez des questions ou souhaitez un suivi, merci de m'envoyer un e-mail &#224; fallgallo@gmail.com.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respectueusement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gallo Fall&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.seneweb.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Seneweb&lt;/a&gt;, 22 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour une politique d'adoption num&#233;rique &#224; la hauteur de la politique d'infrastructure</title>
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		<dc:date>2026-04-20T21:17:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal vient de mettre en ligne ses premiers services administratifs d&#233;mat&#233;rialis&#233;s : casier judiciaire, certificat de nationalit&#233;, attestation de non-appartenance &#224; la fonction publique, le tout accessible depuis un portail unique. Le New Deal technologique entre dans le concret, et c'est une bonne nouvelle sur le papier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sauf que 7,5 millions de S&#233;n&#233;galais n'utilisent pas internet. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le rapport Digital 2026 de DataReportal, publi&#233; sur la base des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-78-52ec4.jpg?1779208320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal vient de mettre en ligne ses premiers services administratifs d&#233;mat&#233;rialis&#233;s : casier judiciaire, certificat de nationalit&#233;, attestation de non-appartenance &#224; la fonction publique, le tout accessible depuis un portail unique. Le New Deal technologique entre dans le concret, et c'est une bonne nouvelle sur le papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que 7,5 millions de S&#233;n&#233;galais n'utilisent pas internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le rapport Digital 2026 de DataReportal, publi&#233; sur la base des donn&#233;es d'octobre 2025. Le taux de p&#233;n&#233;tration internet au S&#233;n&#233;gal est de 60,6 %, un chiffre qui n'a pas boug&#233; d'un seul point en douze mois. Quatre habitants sur dix n'ont aucun contact avec le web, ni navigateur, ni messagerie, ni service en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent que le probl&#232;me viendrait de la couverture r&#233;seau, que des localit&#233;s enti&#232;res resteraient dans l'ombre et que le signal ne passerait pas. Les chiffres racontent une tout autre histoire. Le pays totalise 23,3 millions de connexions mobiles pour 19 millions d'habitants, dont 91,3 % en haut d&#233;bit 3G, 4G ou 5G, et le d&#233;bit fixe m&#233;dian a progress&#233; de 6,3 % en un an. Le r&#233;seau couvre large, monte en puissance chaque trimestre, et n'a franchement plus grand-chose &#224; prouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors o&#249; est le trou ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se situe entre le r&#233;seau et le citoyen, entre la carte SIM et la capacit&#233; &#224; s'en servir pour autre chose qu'un appel vocal ou un transfert d'argent. &#192; peine 28,5 % de la population est active sur un r&#233;seau social, Facebook touche 3,6 millions de personnes dans un pays de 19 millions, et sur X on d&#233;nombre 263 000 comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;mat&#233;rialiser un casier judiciaire est une avanc&#233;e n&#233;cessaire, mais dans un pays o&#249; quatre personnes sur dix n'utilisent pas internet, l'avanc&#233;e reste invisible pour ceux qui en ont le plus besoin, pas parce que la porte est ferm&#233;e, mais parce que personne ne leur a montr&#233; qu'elle existait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui manque au S&#233;n&#233;gal, ce n'est pas un satellite de plus ou une antenne suppl&#233;mentaire, c'est une politique d'adoption num&#233;rique &#224; la hauteur de la politique d'infrastructure : des interfaces en wolof, en pulaar, en s&#233;r&#232;re, des relais humains dans les points d'acc&#232;s communautaires, de la formation de masse dans les r&#233;gions et pas uniquement des pilotes &#224; Dakar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans cette couche-l&#224;, la transformation digitale de l'&#201;tat ne manquera pas son objectif, elle l'atteindra &#224; moiti&#233; : elle servira d'abord ceux qui savaient d&#233;j&#224; se d&#233;brouiller sans elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mansour Ndao&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Sources : &lt;a href=&#034;https://www.linkedin.com/f&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LinkedIn&lt;/a&gt;, 20 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Taxer le mobile money : l'erreur que l'Afrique s'appr&#234;te &#224; r&#233;p&#233;ter</title>
		<link>https://osiris.sn/taxer-le-mobile-money-l-erreur-que-l-afrique-s-apprete-a-repeter.html</link>
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		<dc:date>2026-04-16T11:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pr&#232;s d'une vingtaine de pays africains ont instaur&#233; des pr&#233;l&#232;vements sur les transactions de mobile money. Les donn&#233;es disponibles en 2026 dressent un constat s&#233;v&#232;re : le rendement budg&#233;taire est modeste, les effets sur l'inclusion financi&#232;re sont r&#233;els, et les populations les plus vuln&#233;rables paient la note la plus lourde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelque chose d'instructif dans la trajectoire du Ghana. En mai 2022, le gouvernement d'Accra avait instaur&#233; une taxe de 1,5 % sur les transactions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-77-f6fa1.jpg?1779208320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#232;s d'une vingtaine de pays africains ont instaur&#233; des pr&#233;l&#232;vements sur les transactions de mobile money. Les donn&#233;es disponibles en 2026 dressent un constat s&#233;v&#232;re : le rendement budg&#233;taire est modeste, les effets sur l'inclusion financi&#232;re sont r&#233;els, et les populations les plus vuln&#233;rables paient la note la plus lourde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'instructif dans la trajectoire du Ghana. En mai 2022, le gouvernement d'Accra avait instaur&#233; une taxe de 1,5 % sur les transactions &#233;lectroniques, esp&#233;rant engranger des recettes substantielles dans un contexte de crise budg&#233;taire s&#233;v&#232;re. L'effet fut imm&#233;diat, mais inverse &#224; l'intention : les usagers ont massivement contourn&#233; le pr&#233;l&#232;vement, les transactions ont chut&#233; et le rendement fiscal a d&#233;&#231;u les projections initiales. Le taux a &#233;t&#233; ramen&#233; &#224; 1 % en 2023, puis la taxe a &#233;t&#233; purement et simplement supprim&#233;e en 2025. Trois ans, deux r&#233;visions, un abandon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accra n'est ni la premi&#232;re ni la derni&#232;re &#224; avoir emprunt&#233; ce chemin. La Tanzanie, l'Ouganda, le Kenya &#8212; tous ont t&#226;tonn&#233;, corrig&#233;, parfois recul&#233;. En Ouganda, une &#233;tude du Fonds d'&#233;quipement des Nations unies (UNCDF) &#233;tablissait qu'en quinze jours, 47 % des usagers avaient cess&#233; d'utiliser le service, et certains segments de paiements marchands avaient enregistr&#233; des chutes de transactions atteignant 60 %. Au lieu d'en tirer une le&#231;on continentale, d'autres gouvernements ont regard&#233; ailleurs et recommenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'histoire que raconte, avec une pr&#233;cision accablante, le rapport publi&#233; en mars 2026 par la GSMA et un document de travail que le FMI a consacr&#233; l'an dernier &#224; cette question. Leur verdict commun m&#233;rite d'&#234;tre lu par tout ministre des Finances du continent : ces taxes rapportent peu, co&#251;tent beaucoup, et frappent d'abord les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une cacophonie fiscale au c&#339;ur m&#234;me de l'UEMOA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vingtaine de pays d'Afrique subsaharienne avaient, au troisi&#232;me trimestre 2025, introduit une forme de pr&#233;l&#232;vement sp&#233;cifique sur le mobile money. Les architectures varient &#224; l'extr&#234;me : certains taxent la valeur brute de la transaction, d'autres les frais de l'op&#233;rateur, d'autres encore le chiffre d'affaires des plateformes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui devrait alarmer davantage, c'est la cacophonie qui r&#232;gne au sein m&#234;me de la zone UEMOA, dont l'ambition historique est pr&#233;cis&#233;ment l'harmonisation des politiques &#233;conomiques. Le B&#233;nin taxe &#224; 5 % les frais de transaction. Le Mali pr&#233;l&#232;ve 1 % sur les retraits depuis mars 2025. La C&#244;te d'Ivoire a opt&#233; pour une taxation du chiffre d'affaires des op&#233;rateurs, mod&#232;le moins visible pour les usagers mais non moins r&#233;el dans son effet sur les prix. Depuis lors, d'autres pays de la zone ont rejoint le mouvement. Aucune doctrine commune, aucune coordination. Chacun improvise sa propre fiscalit&#233; sur une infrastructure qui, par d&#233;finition, transcende les fronti&#232;res nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le seuil que personne ne respecte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La GSMA a fait un travail que les minist&#232;res des Finances auraient d&#251; faire avant de l&#233;gif&#233;rer. En croisant les donn&#233;es de prix, les volumes transactionnels et les comportements des usagers dans cinq pays, le rapport &#233;tablit un seuil analytique d'une clart&#233; d&#233;sarmante : toute taxe d&#233;passant 0,2 % de la valeur de la transaction provoque des distorsions comportementales mesurables et une substitution vers le cash. L'IMF Working Paper WP/25/255, produit par des &#233;conomistes du D&#233;partement des Affaires fiscales du Fonds, confirme cette m&#233;canique avec des donn&#233;es transactionnelles r&#233;elles. Au Cameroun, les cinq premiers mois suivant l'introduction de la taxe en 2022 ont suffi &#224; provoquer une baisse de 40 % de la valeur mensuelle moyenne des transactions tax&#233;es par usager. En R&#233;publique centrafricaine, la taxe de 1 % introduite en avril 2024 a fait chuter le nombre mensuel de transactions de 51 % par usager. L'&#233;lasticit&#233;-prix mesur&#233;e est de -2,1 : quand le co&#251;t augmente de 10 %, les transactions reculent de 21 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'International centre for tax and development (ICTD), qui a suivi ces dynamiques dans sept pays &#224; travers son programme DIGITAX, confirme que l'incidence de ces pr&#233;l&#232;vements est structurellement r&#233;gressive : les petites transactions, celles des m&#233;nages modestes et des micro-commer&#231;ants, supportent proportionnellement une charge bien plus lourde que les transferts de valeur &#233;lev&#233;e. En taxant le mobile money, les &#201;tats risquent moins de capter une rente que de rench&#233;rir des flux num&#233;riques qui contribuaient &#224; rendre une partie de l'&#233;conomie informelle plus visible et tra&#231;able, tout en favorisant un retour vers le cash.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or presque tous les pays qui ont l&#233;gif&#233;r&#233; se situent bien au-del&#224; de ce seuil de 0,2 % : autant de dispositifs qui, selon les donn&#233;es disponibles, produiront des effets que leurs concepteurs n'ont manifestement pas calcul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La GSMA documente que dans tous les pays &#233;tudi&#233;s, les femmes accusent un retard de 8 &#224; 16 points sur les hommes en mati&#232;re de possession d'un compte mobile money. Une taxe qui rench&#233;rit le service r&#233;duit d'abord l'acc&#232;s de celles qui ont le moins d'alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements attendent des centaines de milliards de francs CFA. Des projections qui omettent ce que la GSMA chiffre de l'autre c&#244;t&#233; du registre : une hausse de 10 points du taux d'adoption du mobile money g&#233;n&#232;re entre 0,4 % et 1 % de PIB suppl&#233;mentaire par an. Freiner cette dynamique, c'est r&#233;duire la base imposable future. La recette directe risque d'amputer la recette indirecte, exactement ce que la Zambie a v&#233;cu apr&#232;s avoir doubl&#233; sa taxe en janvier 2025, au d&#233;triment de ses propres rentr&#233;es d'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taxer le cash, pas le num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse existe, et elle a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; formul&#233;e publiquement. &#192; Kigali, en mars 2026, le gouverneur de la BEAC Yvon Sana Bangui a propos&#233; d'inverser la logique : alourdir le co&#251;t du num&#233;raire pour rendre les paiements &#233;lectroniques plus attractifs que le cash, plut&#244;t que l'inverse. Le Kenya, de son c&#244;t&#233;, a choisi de num&#233;riser la collecte fiscale elle-m&#234;me, via une plateforme publique qui agr&#232;ge d&#233;sormais l'&#233;quivalent d'un milliard de shillings par jour. On peut utiliser le mobile money pour collecter l'imp&#244;t sans taxer chaque transaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique a mis vingt ans &#224; construire ce que d'autres r&#233;gions du monde n'ont toujours pas : un syst&#232;me de paiement populaire, d&#233;centralis&#233;, repr&#233;sentant une part majoritaire des transactions de mobile money mondiales selon la GSMA State of the Industry Report 2025. Le Tchad veut supprimer sa taxe. Le Ghana l'a fait. Le Gabon l'a rejet&#233;e au Parlement. Ces renoncements ne sont pas des d&#233;faites : ce sont des lucidit&#233;s tardives. Il serait moins co&#251;teux, pour les &#201;tats qui h&#233;sitent encore, de les traiter comme des avertissements plut&#244;t que comme des pr&#233;c&#233;dents &#224; ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fiacre E. Kakpo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Social Net Link&lt;/a&gt;, 16 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'IA, l'AGI, la superintelligence : et le S&#233;n&#233;gal dans tout &#231;a ?</title>
		<link>https://osiris.sn/l-ia-l-agi-la-superintelligence-et-le-senegal-dans-tout-ca.html</link>
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		<dc:date>2026-04-13T11:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;AGI, ASI, superintelligence : ces mots envahissent les discours des grandes puissances technologiques. Mais que signifient-ils r&#233;ellement ? Et surtout, que doit faire le S&#233;n&#233;gal face &#224; cette r&#233;volution en marche ? Entre New Deal Technologique, risques d'exclusion et enjeux de souverainet&#233;, voici pourquoi ce d&#233;bat mondial nous concerne d&#232;s aujourd'hui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que les laboratoires am&#233;ricains, chinois et europ&#233;ens se disputent la course &#224; l'intelligence artificielle g&#233;n&#233;rale, le mot &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-76-81500.jpg?1779208320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;AGI, ASI, superintelligence : ces mots envahissent les discours des grandes puissances technologiques. Mais que signifient-ils r&#233;ellement ? Et surtout, que doit faire le S&#233;n&#233;gal face &#224; cette r&#233;volution en marche ? Entre New Deal Technologique, risques d'exclusion et enjeux de souverainet&#233;, voici pourquoi ce d&#233;bat mondial nous concerne d&#232;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les laboratoires am&#233;ricains, chinois et europ&#233;ens se disputent la course &#224; l'intelligence artificielle g&#233;n&#233;rale, le mot &#171; superintelligence &#187; s'invite dans tous les discours. Patrons de la tech, chercheurs, gouvernements : tout le monde en parle. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et surtout, qu'est-ce que cela change pour un pays comme le S&#233;n&#233;gal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse ne se trouve pas dans les hypoth&#232;ses sur une machine surhumaine encore fictive. Elle se trouve dans une question bien plus imm&#233;diate : comment l'intelligence artificielle d'aujourd'hui peut-elle devenir un levier de d&#233;veloppement concret, sans aggraver les in&#233;galit&#233;s d&#233;j&#224; existantes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois concepts, trois r&#233;alit&#233;s tr&#232;s diff&#233;rentes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, il faut dissiper une confusion fr&#233;quente. Les termes IA, AGI et ASI ne d&#233;signent pas la m&#234;me chose, et les confondre m&#232;ne &#224; de mauvaises d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA &#233;troite (ANI) que nous utilisons aujourd'hui traduit, recommande, d&#233;tecte, r&#233;pond. Elle est performante, parfois impressionnante, mais limit&#233;e &#224; des t&#226;ches pr&#233;cises. Elle ne &#171; comprend &#187; pas le monde au sens humain du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AGI (Artificial General Intelligence) est encore hypoth&#233;tique. Elle d&#233;signerait une machine capable d'apprendre, de raisonner et de s'adapter &#224; n'importe quelle situation avec la souplesse d'un &#234;tre humain. En 2026, ce syst&#232;me n'existe pas encore, m&#234;me si des prototypes avanc&#233;s s'en rapprochent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ASI (Artificial Superintelligence) repr&#233;sente une &#233;tape suppl&#233;mentaire : une intelligence qui d&#233;passerait l'humain dans presque tous les domaines, y compris la cr&#233;ativit&#233;, le raisonnement moral et la strat&#233;gie. Pour l'heure, elle n'existe que dans les th&#233;ories des chercheurs et les sc&#233;narios de science-fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un d&#233;bat mondial qui s'acc&#233;l&#232;re, mais qui reste divis&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de superintelligence n'est plus seulement un sujet de laboratoire. Elle est devenue un enjeu industriel et g&#233;opolitique. En 2025 et 2026, les principales entreprises tech am&#233;ricaines ont red&#233;fini la course &#224; l'AGI comme leur priorit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que cela pourrait arriver d&#232;s 2026, m&#234;me s'il existe aussi des sc&#233;narios o&#249; cela pourrait prendre beaucoup plus longtemps. &#187; &#8212; Dario Amodei, fondateur d'Anthropic, essai &#171; Machines of Loving Grace &#187; (2024)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sam Altman, patron d'OpenAI, estime pouvoir cr&#233;er d'ici 2028 une IA capable d'effectuer des d&#233;couvertes scientifiques autonomes. Meta a investi des centaines de millions de dollars pour constituer une &#233;quipe sp&#233;cialis&#233;e dans la superintelligence. Ces annonces doivent &#234;tre lues avec discernement : les syst&#232;mes actuels les plus avanc&#233;s peinent encore &#224; d&#233;passer 50 % de r&#233;ussite sur les tests de r&#233;f&#233;rence en intelligence g&#233;n&#233;rale. Le cap de l'AGI reste lointain. En revanche, les d&#233;bats autour de cette id&#233;e ont un effet concret d&#232;s aujourd'hui : ils poussent gouvernements et entreprises &#224; penser aux questions de s&#233;curit&#233;, de transparence et de souverainet&#233; num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le S&#233;n&#233;gal face au d&#233;fi : se positionner, ne pas subir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le S&#233;n&#233;gal, l'urgence n'est pas dans l'ASI. Elle est dans la capacit&#233; &#224; transformer l'IA d'aujourd'hui en levier de d&#233;veloppement. Et sur ce terrain, le pays a pris des engagements notables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 f&#233;vrier 2025, le pr&#233;sident Bassirou Diomaye Faye a officiellement lanc&#233; le New Deal Technologique, nouvelle strat&#233;gie num&#233;rique nationale inscrite dans l'agenda &#171; S&#233;n&#233;gal 2050 &#187;. L'objectif est clair : faire du pays un leader de l'&#233;conomie num&#233;rique en Afrique de l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons longtemps &#233;t&#233; spectateurs des r&#233;volutions technologiques mondiales. Aujourd'hui, le S&#233;n&#233;gal ne veut plus suivre, il veut mener. &#187; &#8212; Pr&#233;sident Bassirou Diomaye Faye, 24 f&#233;vrier 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ambition se traduit par des chiffres concrets : 1 097 milliards de FCFA d'investissement sur la p&#233;riode 2025-2029, 12 programmes prioritaires, 50 projets phares, et la formation de 100 000 dipl&#244;m&#233;s sp&#233;cialis&#233;s dans le num&#233;rique d'ici 2034. Le plan pr&#233;voit &#233;galement la cr&#233;ation de supercalculateurs, de datacenters et d'un cloud souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;ducation, plus de 105 000 enseignants seront form&#233;s &#224; l'usage responsable de l'IA, en partenariat avec l'Universit&#233; num&#233;rique Cheikh Hamidou Kane. Et 5 000 ordinateurs portables seront distribu&#233;s aux &#233;l&#232;ves des fili&#232;res scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des opportunit&#233;s r&#233;elles, des risques tout aussi concrets&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA peut apporter des gains consid&#233;rables dans un pays o&#249; les besoins sont immenses et les ressources limit&#233;es. En agriculture, elle peut aider &#224; anticiper les rendements et mieux g&#233;rer l'eau. En sant&#233;, elle peut soutenir le triage des patients et la t&#233;l&#233;m&#233;decine dans les zones &#233;loign&#233;es. Dans l'&#233;ducation, elle peut produire des contenus p&#233;dagogiques adapt&#233;s, y compris en langues locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces promesses ne doivent pas masquer les fragilit&#233;s structurelles. Si l'IA est d&#233;ploy&#233;e sans politiques publiques adapt&#233;es, elle risque de b&#233;n&#233;ficier d'abord aux groupes d&#233;j&#224; connect&#233;s, form&#233;s et financ&#233;s. L'&#233;cart entre ville et campagne, entre hommes et femmes, entre grandes entreprises et petits acteurs locaux pourrait alors se creuser davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple illustre la gravit&#233; du probl&#232;me : en 2024, une vid&#233;o truqu&#233;e g&#233;n&#233;r&#233;e par IA impliquant un d&#233;put&#233; s&#233;n&#233;galais a circul&#233; jusqu'&#224; tromper des journalistes avant d'&#234;tre d&#233;mentie. Ce type de deepfake illustre &#224; quel point l'IA g&#233;n&#233;rative peut &#234;tre d&#233;tourn&#233;e pour manipuler l'opinion publique dans un contexte &#233;lectoral tendu. La r&#233;gulation n'est pas un luxe : c'est une n&#233;cessit&#233; urgente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vraie question : qui d&#233;cide, qui contr&#244;le, qui b&#233;n&#233;ficie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur l'AGI et l'ASI peut sembler lointain depuis Dakar ou Saint-Louis. Pourtant, il rejoint une question tr&#232;s concr&#232;te : le S&#233;n&#233;gal sera-t-il simplement utilisateur de technologies con&#231;ues ailleurs, ou deviendra-t-il producteur de solutions adapt&#233;es &#224; ses propres besoins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est avant tout politique. Former des ing&#233;nieurs, produire des donn&#233;es de qualit&#233;, encadrer les usages, prot&#233;ger les citoyens, soutenir l'innovation locale : ces choix ne se feront pas seuls. La strat&#233;gie nationale IA s'appuie sur quatre piliers : l'IA comme moteur &#233;conomique, l'IA for Good, l'IA dans l'esprit Ubuntu de coop&#233;ration africaine, et l'IA de confiance, &#233;thique et transparente. Ces ambitions sont coh&#233;rentes. Reste &#224; les concr&#233;tiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne s'agit pas seulement de consommer des technologies venues d'ailleurs, mais de cr&#233;er nos propres solutions, adapt&#233;es &#224; nos r&#233;alit&#233;s et &#224; nos besoins. &#187; &#8212; Pr&#233;sident Bassirou Diomaye Faye&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La superintelligence reste une hypoth&#232;se. L'AGI aussi. Mais l'IA d'aujourd'hui transforme d&#233;j&#224; les &#233;conomies, les administrations, les m&#233;dias et les syst&#232;mes &#233;ducatifs. Pour le S&#233;n&#233;gal, la priorit&#233; n'est pas de sp&#233;culer sur une machine surhumaine : c'est de b&#226;tir les conditions d'un usage utile, &#233;quitable et souverain de l'intelligence artificielle. Cette r&#233;volution ne sera pas une chance par hasard. Elle le sera par choix &#8212; ou elle ne le sera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Sedar Ndiaye&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le Club de Mediapart&lt;/a&gt;, 13 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le syst&#232;me de transfert &#171; ras&#233; &#187; : le moteur invisible de la souverainet&#233; num&#233;rique s&#233;n&#233;galaise</title>
		<link>https://osiris.sn/le-systeme-de-transfert-rase-le-moteur-invisible-de-la-souverainete-numerique.html</link>
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		<dc:date>2026-04-12T11:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I. RUPTURE RADICALE AVEC LES D&#201;PENDANCES PROTOCOLAIRES &#201;TRANG&#200;RES &lt;br class='autobr' /&gt;
Le transfert de donn&#233;es &#171; ras&#233; &#187; permet au S&#233;n&#233;gal de s'affranchir des standards de transport TCP/IP inadapt&#233;s aux r&#233;alit&#233;s africaines pour imposer ses propres normes techniques. En d&#233;veloppant une architecture de communication r&#233;siliente, strictement ma&#238;tris&#233;e et distribu&#233;e sur le territoire national, l'&#201;tat sanctuarise ses flux d'informations qui ne transitent plus par des infrastructures &#233;trang&#232;res incontr&#244;l&#233;es. Cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-75-6799c.jpg?1779208320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. RUPTURE RADICALE AVEC LES D&#201;PENDANCES PROTOCOLAIRES &#201;TRANG&#200;RES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le transfert de donn&#233;es &#171; ras&#233; &#187; permet au S&#233;n&#233;gal de s'affranchir des standards de transport TCP/IP inadapt&#233;s aux r&#233;alit&#233;s africaines pour imposer ses propres normes techniques. En d&#233;veloppant une architecture de communication r&#233;siliente, strictement ma&#238;tris&#233;e et distribu&#233;e sur le territoire national, l'&#201;tat sanctuarise ses flux d'informations qui ne transitent plus par des infrastructures &#233;trang&#232;res incontr&#244;l&#233;es. Cette autonomie technologique, inspir&#233;e du mod&#232;le NASA de tol&#233;rance aux interruptions, marque la fin de la d&#233;pendance num&#233;rique et transforme nos r&#233;seaux en un outil de d&#233;cision souverain, capable de prot&#233;ger les secrets strat&#233;giques de la R&#233;publique et les donn&#233;es personnelles de chaque citoyen s&#233;n&#233;galais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. OPTIMISATION RADICALE DES RESSOURCES POUR UNE ADMINISTRATION EN TEMPS DIFF&#201;R&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoption d'une architecture de donn&#233;es r&#233;siliente est le socle indispensable &#224; la fusion entre le Government Resource Planning (GRP) et les services financiers num&#233;riques. En &#233;liminant le superflu technique des protocoles occidentaux con&#231;us pour des r&#233;seaux stables, l'administration s&#233;n&#233;galaise gagne une agilit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent : les transactions financi&#232;res et les actes administratifs s'ex&#233;cutent avec une fiabilit&#233; totale malgr&#233; les interruptions de connectivit&#233;. Ce &#171; rasage &#187; de la bureaucratie num&#233;rique permet de passer d'une gestion publique fragile &#224; une gouvernance de pr&#233;cision, o&#249; la r&#233;silience technique devient le premier levier de la croissance &#233;conomique nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. S&#201;CURISATION PAR L'&#201;PH&#201;M&#201;RIT&#201; ET LA FRAGMENTATION SOUVERAINE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique du S&#233;n&#233;gal ne r&#233;side pas seulement dans le stockage, mais surtout dans la ma&#238;trise absolue du mouvement de l'information. Le syst&#232;me &#171; ras&#233; &#187; privil&#233;gie un transfert fragment&#233; en bundles et une transmission &#233;ph&#233;m&#232;re par store-and-forward, ne laissant aucune trace r&#233;siduelle exploitable sur les n&#339;uds de transit nationaux. Cette m&#233;thode, adapt&#233;e du protocole spatial NASA, rend les cyberattaques inop&#233;rantes et garantit que l'information strat&#233;gique appartient exclusivement aux acteurs autoris&#233;s. C'est une barri&#232;re de d&#233;fense vitale pour l'int&#233;grit&#233; de l'identit&#233; num&#233;rique nationale et la stabilit&#233; du syst&#232;me financier souverain en construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. INCLUSION &#201;CONOMIQUE TOTALE PAR LA L&#201;G&#200;RET&#201; DU FLUX&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le num&#233;rique soit le moteur de la sortie de la pauvret&#233; au S&#233;n&#233;gal, il doit &#234;tre accessible partout, de Dakar aux zones rurales les plus recul&#233;es. Un syst&#232;me de transfert &#171; ras&#233; &#187; consomme une bande passante minimale et tol&#232;re les interruptions prolong&#233;es, permettant aux acteurs du secteur informel et aux populations rurales de b&#233;n&#233;ficier de services de pointe malgr&#233; une connectivit&#233; intermittente. En rendant la technologie frugale et r&#233;siliente, le pays int&#232;gre durablement sa force vive dans un circuit de valeur moderne, faisant de la l&#233;g&#232;ret&#233; technique le catalyseur d'une prosp&#233;rit&#233; sociale et &#233;conomique partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 12 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>UMOA : L'illusion de la souverainet&#233; bancaire &#224; l'&#232;re des algorithmes &#233;trangers</title>
		<link>https://osiris.sn/umoa-l-illusion-de-la-souverainete-bancaire-a-l-ere-des-algorithmes-etrangers.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/umoa-l-illusion-de-la-souverainete-bancaire-a-l-ere-des-algorithmes-etrangers.html</guid>
		<dc:date>2026-04-10T13:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1.	LE TRANSFERT DE PROPRI&#201;T&#201; : UNE SOUVERAINET&#201; DE FA&#199;ADE SOUS TUTELLE DIGITALE &lt;br class='autobr' /&gt;
le d&#233;part physique des g&#233;ants comme bnp paribas ou soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale au profit de groupes panafricains (sunu, vista, coris) marque la fin d'une &#233;poque, mais pas celle de la d&#233;pendance. si le capital social est d&#233;sormais africain, le &#171; syst&#232;me d'exploitation &#187; bancaire reste profond&#233;ment europ&#233;en. le franc cfa continue de servir de pont mon&#233;taire pour l'achat de licences logicielles et de services cloud (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-73-06ba1.jpg?1779208320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.	LE TRANSFERT DE PROPRI&#201;T&#201; : UNE SOUVERAINET&#201; DE FA&#199;ADE SOUS TUTELLE DIGITALE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le d&#233;part physique des g&#233;ants comme bnp paribas ou soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale au profit de groupes panafricains (sunu, vista, coris) marque la fin d'une &#233;poque, mais pas celle de la d&#233;pendance. si le capital social est d&#233;sormais africain, le &#171; syst&#232;me d'exploitation &#187; bancaire reste profond&#233;ment europ&#233;en. le franc cfa continue de servir de pont mon&#233;taire pour l'achat de licences logicielles et de services cloud &#233;trangers. nous avons chang&#233; les enseignes sur les boulevards de dakar, mais les flux de donn&#233;es et de redevances technologiques continuent de nourrir les centres financiers du nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.	L'ALGORITHME EXOG&#200;NE : L'ARME D'EXCLUSION MASSIVE DE L'&#201;CONOMIE INFORMELLE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'int&#233;gration de l'ia europ&#233;enne (780 cas d'usage chez bnp, massivement export&#233;s) impose un mod&#232;le de scoring standardis&#233; qui ignore les sp&#233;cificit&#233;s de l'uemoa. dans une &#233;conomie &#224; 70% informelle, la confiance et la proximit&#233; humaine &#233;taient les seuls vecteurs d'inclusion. en rempla&#231;ant le banquier local par un agent conversationnel ou un algorithme de risque con&#231;u &#224; paris, les banques panafricaines risquent de durcir involontairement l'exclusion financi&#232;re. le paradoxe est total : la banque est africaine, mais sa &#171; pens&#233;e &#187; d&#233;cisionnelle est cod&#233;e selon des normes occidentales inadapt&#233;es &#224; nos r&#233;alit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.	LES RAILS NUM&#201;RIQUES : LA NOUVELLE G&#201;OPOLITIQUE DES DONN&#201;ES FINANCI&#200;RES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la souverainet&#233; mon&#233;taire ne se joue plus seulement &#224; la bceao, mais sur les serveurs qui h&#233;bergent 60% des flux financiers de la zone. les &#171; rails &#187; num&#233;riques (cloud, cybers&#233;curit&#233;, swift) sont des infrastructures sous contr&#244;le &#233;tranger. toute crise syst&#233;mique en europe se transmet instantan&#233;ment &#224; nos banques locales via ces interconnexions technologiques. le franc cfa circule sur une autoroute dont nous ne poss&#233;dons ni le bitume, ni les p&#233;ages. sans une infrastructure cloud souveraine uemoa, la lib&#233;ration mon&#233;taire reste une promesse inachev&#233;e, une autonomie sous surveillance &#233;lectronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.	LA CAPTURE DES FINTECHS : LE RISQUE D'UN NOUVEL IMP&#201;RIALISME PAR LE CODE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;face &#224; l'ia offensive des banques fran&#231;aises (750 millions d'euros de valeur cr&#233;&#233;e d'ici fin 2026), nos fintechs locales (paydunya, MOBILE CASH SA) sont des cibles de rachat ou de copie. le franc cfa, par sa convertibilit&#233; garantie, facilite l'entr&#233;e de capitaux pr&#233;dateurs qui cherchent &#224; s'emparer des donn&#233;es de paiement des citoyens africains. l'&#233;cosyst&#232;me num&#233;rique local risque de devenir une simple sous-traitance de l'architecture bancaire europ&#233;enne. la mnbc (monnaie num&#233;rique de banque centrale) est l'ultime rempart, &#224; condition qu'elle ne soit pas une simple r&#233;plique des standards de l'euro num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;conomiste h&#233;t&#233;rodoxe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 10 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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