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	<title>OSIRIS</title>
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	<description>Osiris sensibilise, informe et produit des analyses sur tous les sujets relatifs &#224; l'utilisation et &#224; l'appropriation des technologies de l'information et de la communication au S&#233;n&#233;gal et en Afrique.</description>
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		<title>OSIRIS</title>
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		<title>Boubacar Roger Thiam, Directeur de l'&#201;conomie num&#233;rique et des Partenariats : &#8220;Nous voulons cr&#233;er nos propres ordinateurs, nos propres smartphones...&#8221;</title>
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		<dc:date>2026-05-01T21:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Membre de Pastef France, le directeur de l'&#201;conomie num&#233;rique et des Partenariats, Roger Thiam, revient dans cette interview sur le vaste chantier de son d&#233;partement, pilier essentiel du New Deal technologique. Il a lanc&#233; avant-hier l'Unipod (University Innovation Pod) &#224; l'UAM, avec pour objectif &#224; terme d'assembler des ordinateurs et des smartphones au S&#233;n&#233;gal. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on parle de num&#233;rique, on pense surtout &#224; S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique. Parlez-nous un peu de votre direction, de ses missions et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/boubacar_roger_thiam-19ef7.jpg?1778212024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Membre de Pastef France, le directeur de l'&#201;conomie num&#233;rique et des Partenariats, Roger Thiam, revient dans cette interview sur le vaste chantier de son d&#233;partement, pilier essentiel du New Deal technologique. Il a lanc&#233; avant-hier l'Unipod (University Innovation Pod) &#224; l'UAM, avec pour objectif &#224; terme d'assembler des ordinateurs et des smartphones au S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand on parle de num&#233;rique, on pense surtout &#224; S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique. Parlez-nous un peu de votre direction, de ses missions et de ce qui la distingue avec une entit&#233; comme S&#233;n&#233;gal num&#233;rique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;n&#233;gal num&#233;rique, c'est le bras technique. Lorsqu'il s'agit d'ex&#233;cuter une commande num&#233;rique, ils sont outill&#233;s en termes de ressources humaines et de moyens qu'ils peuvent mobiliser&#8230;. La direction de l'&#233;conomie num&#233;rique fait un focus sur les entreprises qui vont proposer des services num&#233;riques &#224; forte valeur ajout&#233;e. Une entreprise qui propose des services num&#233;riques, c'est d'abord une entreprise qui peut faire dans l'informatique, une entreprise qui peut &#234;tre dans les services postaux -Paps par exemple- une entreprise dans les t&#233;l&#233;communications comme Orange, Expresso, Yas, etc. Cela peut aussi &#234;tre une entreprise qui fait dans l'audiovisuel. Par exemple une entreprise de presse contribue &#233;galement &#224; l'&#233;conomie num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre travail, &#231;a va &#234;tre justement d'&#234;tre &#224; leur &#233;coute au quotidien, comprendre leurs probl&#233;matiques. J'aime beaucoup cette phrase que je dis aux patrons des entreprises qui proposent des services num&#233;riques : je leur dis &#8220;je suis votre meilleur commercial&#8221;. C'est-&#224;-dire qu'il faut qu'ils viennent &#224; mon bureau, qu'ils m'exposent les freins, les obstacles qu'ils ont par rapport &#224; l'acc&#232;s au march&#233;, au recrutement, &#224; la formation de leurs ressources humaines, pour que moi aussi j'arrive avec des partenaires qui peuvent r&#233;soudre leurs probl&#232;mes&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je joue un r&#244;le de commercial pour les entreprises qui proposent des services num&#233;riques, parce que j'esp&#232;re qu'&#224; travers mes actions, elles pourront contribuer davantage au PIB de l'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, je fais un travail d'animation. Le num&#233;rique, c'est quelque chose d'abstrait pour beaucoup de S&#233;n&#233;galais. Il y a une acculturation du num&#233;rique sur le plan national et il faut y rem&#233;dier. Raison pour laquelle mes &#233;quipes d'animation, de promotion de l'&#233;conomie num&#233;rique, vont promouvoir les usages du num&#233;rique au quotidien. Mes &#233;quipes vont faire de telle sorte que, par exemple, un produit de Wave ou de Orange ou de Eyone -qui est une grande startup s&#233;n&#233;galaise- soit connu sur le plan national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de communiquer sur les produits des entreprises, on va cr&#233;er des &#233;v&#233;nements sur la cybers&#233;curit&#233;, sur l'intelligence artificielle et surtout essayer d'attirer des &#233;v&#233;nements internationaux pour attirer en m&#234;me temps des investisseurs et faire de telle sorte que le monde soit braqu&#233; sur les innovations technologiques du S&#233;n&#233;gal&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quid du volet partenariat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan, Senum va par exemple ex&#233;cuter, cr&#233;er les applications, faire en sorte que la fibre fonctionne bien en tant que bras technique. Mais nous, nous allons chercher l'argent qui va financer tout &#231;a. C'est pour &#231;a que nous compl&#233;tons l'offre des autres directions. Nous allons chercher des partenaires, mod&#233;liser les projets avec la delivry unit&#8230;. Et naturellement, nous comptons privil&#233;gier le secteur priv&#233; national dans tout ce que nous faisons. Avec l'application e-senegal, nous l'avons d&#233;velopp&#233; avec des entreprises s&#233;n&#233;galaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que p&#232;se le secteur dans l'&#233;conomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, cette contribution est de 655 milliards de francs CFA. Et nous voulons pousser la contribution &#224; 2 500 milliards &#224; horizon 2034. Je dois pr&#233;ciser que ces chiffres ne sont pas forc&#233;ment exhaustifs. Ils ne sont pas pr&#233;cis. Pour les chiffres de l'Ansd par exemple, c'est sur la base d'un &#233;chantillon. Mais surtout, le secteur des t&#233;l&#233;communications pr&#233;domine, alors que ces derni&#232;res ann&#233;es, on a vu l'&#233;mergence du e-commerce, des fintechs&#8230;. Aujourd'hui, les agregateurs comme Intech, paydunya&#8230;. font des chiffres d'affaires importants et je ne crois pas que &#231;a soit suffisamment comptabilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut consolider toutes ces donn&#233;es. C'est pour &#231;a que nous avons d&#233;clench&#233;, depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, des travaux de consolidation de toutes ces donn&#233;es pour vraiment pr&#233;senter le vrai visage de la contribution du num&#233;rique sur le PIB de l'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'ailleurs une partie de mes &#233;quipes qui y travaillent et qui, je l'esp&#232;re, avant la fin de l'ann&#233;e, vont pr&#233;senter les premiers chiffres consolid&#233;s avec l'ANSD et les autres acteurs de la place... Pour moi, si on consolide l'existant, je suis s&#251;r qu'on d&#233;passe la barre des 1 000 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui peut-on avoir une id&#233;e du nombre d'acteurs dans le secteur de l'&#233;conomie num&#233;rique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai dit : les donn&#233;es manquent v&#233;ritablement dans le secteur. On a tout de m&#234;me une cartographie entre 18 et 25 entreprises majeures qui contribuent. Et ces entreprises-l&#224; sont hors cartographie des startups que nous avons lanc&#233;es depuis novembre. Je ne veux pas trop m'avancer sur des chiffres parce qu'il y en a beaucoup qui divergent. Par exemple la chambre de commerce a ses chiffres, l'Adpme a ses chiffres, le MFB a ses chiffres, l'Ansd aussi a ses chiffres. Il y a aussi l'Observatoire national du num&#233;rique (ONN) qui nous a pr&#233;sent&#233; un &#233;chantillon de 15000 soci&#233;t&#233;s. C'est un travail remarquable qu'ils ont fait, mais nous voulons aller plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on veut c'est vraiment un recensement clair et exhaustif. Pour les startups, on a lanc&#233; une plateforme qui s'appelle Ecosystemstartup.sn. Aujourd'hui, on a 416 entreprises qui y sont enregistr&#233;es &#224; date (vendredi dernier). Sur la base de ces donn&#233;es, on va mettre en place un Dashboard public. Parce que lorsque nous allons lever des fonds, ce que les partenaires nous disent, c'est : au-del&#224; des data rooms o&#249; on met des PowerPoints bien jolis avec des chiffres, ils nous disent : &#8220;on veut avoir acc&#232;s &#224; ces entreprises-l&#224; pour parfois les contacter en one-to-one&#8221;. D'o&#249; l'importance d'avoir ces plateformes avec des informations fiables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va donc publier un dashboard public avec l'ensemble des entreprises qui ont &#233;t&#233; labellis&#233;es et m&#234;me les entreprises qui ont juste &#233;t&#233; enr&#244;l&#233;es, pour que le monde puisse pouvoir les contacter. Les entreprises doivent aussi nous aider en se d&#233;clarant comme cela se fait dans les autres pays comme le Rwanda, qui a mis en place un data warehouse, o&#249; chacun met ses donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous &#233;valu&#233; les taxes mises en place par le gouvernement notamment sur le mobile money et les importations des mat&#233;riels &#233;lectroniques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas encore. Il faut naturellement laisser le MFB faire le travail de consolidation. Mais ce qui est certain, c'est que nous avons un &#233;cosyst&#232;me qui a compris les enjeux. Et un &#233;cosyst&#232;me qui a compris que l'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal compte sur eux pour trouver les moyens de ses ambitions. L'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal compte sur des partenaires, mais sur l'&#233;cosyst&#232;me s&#233;n&#233;galais d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, cette loi, c'est une contribution que les S&#233;n&#233;galais font &#224; l'effort de guerre. Ce plan de redressement intervient dans un contexte particulier. Il fallait mettre en place des dispositifs qui consistent &#224; aller chercher des niches, &#224; exploiter les ressources, en interne, pour aller justement r&#233;investir dans des secteurs prioritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour moi l'occasion de remercier l'&#233;cosyst&#232;me des FinTechs s&#233;n&#233;galaises, de remercier &#233;galement le minist&#232;re des Finances et du Budget. Le minist&#232;re de la Communication, des T&#233;l&#233;communications et du Num&#233;rique sera toujours disponible pour accompagner ce genre de proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les S&#233;n&#233;galais doivent le savoir, les fonds qui seront consolid&#233;s et publi&#233;s ont &#233;t&#233; assign&#233;s &#224; des projets &#224; forte valeur ajout&#233;e. On parle de la sant&#233;, de l'agriculture&#8230; A mon avis, cette loi sur la taxation du mobile money, c'est un effort collectif qui a &#233;t&#233; consenti. C'est le peuple qui a dit oui, on accepte de mettre 0,5 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que vous lui avez laiss&#233; le choix ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, on a expliqu&#233; les raisons qui ont pouss&#233; ce genre de d&#233;marche. Moi je pense que c'est l&#224; o&#249; il faut vraiment qu'on soit tous honn&#234;te envers nous-m&#234;mes. Nous voulons &#234;tre autonomes, nous voulons &#234;tre souverains. Il faut s'en donner les moyens. On ne peut pas l'&#234;tre si nous restons perfus&#233;s de l'ext&#233;rieur, si nous continuons de nous endetter &#224; outrance. C'est une question de coh&#233;rence. M&#234;me &#224; l'&#233;chelle individuelle, tout ce qui est possible de faire avec ses propres ressources, vaut mieux le faire plut&#244;t que de recourir &#224; l'endettement et aux banques&#8230;. L'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal ne pourra jamais faire autrement que de compter sur son &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne nous contentons pas de taxer les entreprises. L'&#201;tat d&#233;ploie &#233;galement de nombreuses initiatives pour permettre &#224; ces entreprises de se d&#233;velopper. Il y a l'initiative &#8220;Sunu Champions&#8221; qui est port&#233;e par le pr&#233;sident de la R&#233;publique ; la loi Startup Act ; la r&#233;forme du Code g&#233;n&#233;ral des imp&#244;ts qui est en cours&#8230;. Cet &#233;quilibre est indispensable pour sortir de la situation dans laquelle on se trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La suppression de ces taxes avait permis de rendre les mat&#233;riels &#233;lectroniques accessibles. Avez-vous &#233;valu&#233; les effets pervers que leur restauration peut avoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons lanc&#233;, &#224; partir du 27 avril, l'inauguration de ce qu'on appelle Unipod, avec le PNUD. Unipod, c'est un fab lab. Ce sont des laboratoires qui vont nous permettre de prototyper et de cr&#233;er nos propres composants hardware num&#233;riques. Lesquels vont nous permettre de cr&#233;er nos propres ordinateurs, de cr&#233;er nos propres smartphones, de cr&#233;er nos propres claviers, nos propres logiciels, etc. C'est le programme 8 du New Deal technologique. &#199;a s'appelle &#8220;S&#233;n&#233;gal Digital Factory : de l'id&#233;e au produit&#8221;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien beau de lancer l'identit&#233; num&#233;rique, le cloud souverain, l'interop&#233;rabilit&#233;, c'est tr&#232;s important. Mais si le S&#233;n&#233;galais n'a pas les moyens d'avoir acc&#232;s aux smartphones compatibles 5G, &#231;a risque de ne pas &#234;tre efficace. Il y a dans le monde des smartphones compatibles 5G qui co&#251;tent moins de 15 dollars. Mais pour pouvoir y arriver, il faut les assembler ici au S&#233;n&#233;gal, avec le bon partenaire qui am&#232;ne les mati&#232;res premi&#232;res. Et c'est en fonction des connaissances acquises lors de l'assemblage qu'on pourra ensuite industrialiser. Nous allons lancer l'initiative le 27 avril (hier) avec 8 laboratoires. Il faut le voir pour y croire. C'est &#231;a le cha&#238;non qui manquait, et qui peut r&#233;duire l'importation de ces smartphones, de ces ordinateurs portables, etc. PNUD l'a occup&#233; pour un million de dollars, toute la machinerie. L'UAM a apport&#233; le b&#226;timent ; on va apporter la formation, on va apporter les partenaires&#8230;. Et on a mis&#233; sur le transfert de savoir-faire. On veut qu'il y ait un champion s&#233;n&#233;galais sur ce sectoriel-l&#224;. On va donc brancher des startups s&#233;n&#233;galaises avec ces partenaires, et ces entreprises vont assembler ici au S&#233;n&#233;gal gr&#226;ce aux Fab Labs. Le premier c'est le 27 &#224; l'UAM avec le PNUD. Nous avons aussi trois autres : un &#224; Ziguinchor, &#224; l'universit&#233; Assane Seck, et le deuxi&#232;me &#224; Saint-Louis. Si on arrive &#224; faire nos preuves en 2027 sur la gestion de ces Unipods, ils sont pr&#234;ts &#224; en d&#233;ployer davantage et &#224; aller jusqu'&#224; huit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous, nous voulons huit gros Fab Labs dans les huit p&#244;les &#233;conomiques. C'est ce que nous avons structur&#233;, c'est le projet S&#233;n&#233;gal Digital Factory.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus exactement, on conna&#238;t tous dans nos quartiers un jeune qui n'a jamais &#233;tudi&#233; et &#224; chaque fois qu'il y a une t&#233;l&#233; qui est en panne ou une t&#233;l&#233;commande, c'est lui qu'on appelle, c'est lui qui rafistole. Ce sont ces talents qu'on veut orienter vers les Fab Labs pour qu'ils apprennent &#224; pratiquer et &#224; se professionnaliser. C'&#233;tait le cha&#238;non manquant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire en sorte que leur pratique puisse &#234;tre p&#233;renne, on va ramener des partenaires qui vont utiliser leurs comp&#233;tences pour justement permettre d'assembler des dispositifs prioritaires : smartphones, serveurs, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais pu vous donner l'exemple de March&#233; Aliz&#233;. C'est impressionnant le vivier qu'on a retrouv&#233; l&#224;-bas. C'est des jeunes qui n'ont jamais &#233;tudi&#233;, mais lorsqu'il s'agit d'assembler des composants type smartphone, en cinq minutes, ils le font. On a pris contact avec leur consortium pour travailler avec eux sur la fa&#231;on dont nous pouvons assembler et &#234;tre compl&#232;tement ind&#233;pendants pour des dispositifs smartphones accessibles. Ce qu'on veut, c'est que le composant soit accessible &#224; quiconque, surtout dans les zones rurales, o&#249; le gap de connectivit&#233; est assez important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le montant du financement pr&#233;vu pour ce projet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet global a &#233;t&#233; matur&#233; &#224; 115 milliards. &#199;a, c'est la maturation pour avoir les huit gros Fab Labs en mod&#232;le PPP, en partenariat public-priv&#233;. Quelqu'un qui d&#233;cide d'ouvrir un Fab Lab peut vendre des formations, des produits aux entreprises... Par exemple : March&#233; Aliz&#233;, ils ont besoin des coques de t&#233;l&#233;phones qui sont import&#233;es &#224; 100 %. Ils nous disent que, pour couvrir leurs demandes, il faut tant de coques&#8230;. Si nous arrivons &#224; cr&#233;er un Fab Lab qui les rend autonome en termes de cr&#233;ativit&#233; pour faire de l'impression 3D, on comble un gap extraordinaire. C'est bien possible. Regardez le Fab Lab qu'on a ouvert : 1 million de dollars, 650 millions de francs CFA. Cela veut dire qu'on peut ne pas atteindre les 100 milliards. Le plus important c'est de le rendre attractif pour les priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parlons de la digitalisation. Depuis des ann&#233;es, on en parle mais on a l'impression que &#231;a n'avance pas ou timidement. O&#249; en &#234;tes-vous dans ce processus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que beaucoup parlent de digitalisation : prendre un processus manuel pour le remplacer par un processus technologique. Nous on parle plus de transformation digitale qui allie acculturation, le &#8220;change management&#8221; (c'est-&#224;-dire amener un individu &#224; accepter le processus num&#233;rique)&#8230;. Dans les pays d&#233;velopp&#233;s, on parle m&#234;me de transformation augment&#233;e. Ce qu'on a fait c'est d'engager d'abord l'infrastructure, pas mal de choses ont &#233;t&#233; faites sur ce plan. Nous avons aussi engag&#233; la formation des agents pour qu'ils puissent s'approprier ces innovations. Quelqu'un qui a l'habitude de faire une proc&#233;dure manuelle pendant 15 ans, ce n'est pas &#233;vident de le faire changer d'habitude. Aujourd'hui, si E-Senegal est n&#233; c'est parce que l'administration a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e, parce que l'infrastructure a &#233;t&#233; mise en place, parce qu'une communaut&#233; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, avec diff&#233;rentes entit&#233;s publiques. C'est pourquoi e-senegal a fonctionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a l'impression &#224; vous entendre que toutes les r&#233;ticences ont &#233;t&#233; lev&#233;es. Est-ce que vous disposez de chiffres pour illustrer que l'administration et le citoyen se sont justement appropri&#233;s ces processus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ne peut pas se faire imm&#233;diatement. Mais avoir une communaut&#233; qui accepte de se mettre d'accord autour de cet id&#233;al c'est d&#233;j&#224; une r&#233;ussite. L'&#234;tre humain a tendance &#224; avoir des r&#233;ticences. C'est pourquoi quand on arrive &#224; se mettre d'accord, c'est d&#233;j&#224; une victoire. Dans la transformation digitale, le plus grand frein ce n'est pas la machine, c'est l'homme. &#192; m'entendre, je suis tr&#232;s content que tous ces minist&#232;res d&#233;cident de se mettre autour d'une table et discutent de mutualiser les processus. Il y a encore du travail, mais il faut saluer ces efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez beaucoup de l'acceptation par les acteurs, mais est-ce que le challenge n'est pas dans la mise en &#339;uvre, il y a eu tant de strat&#233;gies avant le New Deal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez, c'est l&#224; o&#249; je crois que le ministre Alioune Sall va r&#233;ussir l&#224; o&#249; d'autres ont eu des difficult&#233;s. Il a compris que l'homme est la cl&#233; de la r&#233;ussite d'une transformation digitale. S'il y a des r&#233;ticences, peu importe la solution que tu mets en &#339;uvre, &#231;a ne fonctionnera pas. Et c'est l&#224; o&#249; je suis confiant parce que j'ai vu les diff&#233;rentes administrations, j'ai vu leur engagement, leur prise de conscience. &#192; partir de ce moment, il n'y a pas de raison qu'on ne r&#233;ussisse pas. E-S&#233;n&#233;gal en est une parfaite illustration. On peut dire ce qu'on veut mais c'est un grand pas pour l'humanit&#233;. Si l'option extrait de naissance que Senum est en train de mettre en place sort, je suis persuad&#233; que l'impact sera extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, le travail de fond c'&#233;tait les hommes. Et c'est l&#224; o&#249; le ministre a &#233;t&#233; extr&#234;mement rassembleur. Et l&#224; o&#249; les autres ministres aussi ont &#233;t&#233; extr&#234;mement rassembleurs. C'est une chose de comprendre une vision, mais c'en est une autre de convaincre ses propres &#233;quipes de l'adopter. Ils ont tous accept&#233; de mettre en place une seule et unique plateforme, pour tous les services. Aujourd'hui e-senegal existe et va devenir le guichet unique de services. Et on va continuer de travailler les hommes pour qu'ils prennent conscience de l'impact que le num&#233;rique peut avoir dans leur quotidien, mais surtout pour que le S&#233;n&#233;gal puisse rayonner. Aujourd'hui nous sommes cit&#233;s en exemple gr&#226;ce aux produits que nous mettons sur le march&#233; : e-senegal ; Pinse pour l'interop&#233;rabilit&#233; ; ecosystemstartup&#8230; C'est un grand pas pour l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez revenir un peu plus sur Pinse et l'interop&#233;rabilit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pinse est une plateforme d'interop&#233;rabilit&#233;. Par exemple : vous allez aux imp&#244;ts et domaines, ils vous demandent votre pi&#232;ce d'identit&#233;. Vous allez &#224; la justice, on vous demande votre pi&#232;ce d'identit&#233;. L'id&#233;e, c'est que vous d&#233;posiez la pi&#232;ce d'identit&#233; une fois. Si vous allez demander un autre document qui n&#233;cessite la pi&#232;ce d'identit&#233;, le syst&#232;me aura d&#233;j&#224; fait l'analyse que votre pi&#232;ce est d&#233;j&#224; dans le dispositif et toujours valable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme &#231;a, par exemple, que des pays ont pu faire en sorte que les contr&#244;les routiers soient automatis&#233;s. Les plateformes d'interop&#233;rabilit&#233; permettent d'abord &#224; l'administration de communiquer efficacement. Et enfin, l'usager se fatigue de moins en moins parce que ses documents sont dans le syst&#232;me. Et comme c'est l&#224; o&#249; l'identit&#233; num&#233;rique joue un r&#244;le extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en &#234;tes-vous avec cette interop&#233;rabilit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a fonctionne, mais comme dans toute technologie : on commence d'abord par un proof of concept. Vous mettez en &#339;uvre la technologie et vous partez d'un &#233;chantillon. L&#224; aujourd'hui, SenTr&#233;sor l'utilise, il travaille avec le MFB pour vraiment valider le concept, valider la technologie. Durant l'utilisation, il y aura beaucoup de bugs, beaucoup de retours d'exp&#233;rience, d'am&#233;liorations. Et c'est en fonction de cela que les &#233;quipes vont d&#233;velopper des correctifs. Ce qui fait que lorsque le backlog de d&#233;veloppement sera ex&#233;cut&#233;, tu auras un produit mature qui peut passer &#224; l'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour &#231;a qu'on interdit aux entreprises tech, apr&#232;s d&#233;veloppement, de mettre directement sur le march&#233; un produit. Il faut toujours l'&#233;prouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez parl&#233; de l'identification num&#233;rique. Pouvez-vous revenir sur les enjeux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui on a vu l'impact de l'identification manuelle. C'est ton extrait de naissance, ta carte d'identit&#233;, etc. C'est tr&#232;s bien, mais &#231;a reste incomplet, surtout si on veut faire communiquer des technologies. L'avantage majeure de l'identit&#233; num&#233;rique c'est de permettre aux technologies de parler entre elles. Cela va faciliter la vie &#224; tout le monde. L'identit&#233; num&#233;rique permet de compl&#233;ter et renforcer l'existant. &#199;a permet de mettre en place ce genre de wallet pour permettre &#224; l'assurance de communiquer avec le transport, avec la DAF&#8230;, &#224; telle enseigne que demain, en cas de contr&#244;le, si vous n'avez pas avec vous vos documents, on peut facilement faire les v&#233;rifications n&#233;cessaires. Il faut qu'on ait tous un ID unique. M&#234;me les visiteurs doivent en disposer. L'enjeu est s&#233;curitaire, &#233;conomique, mais surtout &#231;a facilite la vie au citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour mettre en &#339;uvre tous ces projets on a besoin de connecter les populations. Quels sont les d&#233;fis &#224; ce niveau ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, c'est la connexion satellitaire -pour ne pas chercher midi &#224; quatorze heures- c'est ce qui se fait de mieux aujourd'hui en zone rurale. Dans les zones urbaines, les op&#233;rateurs sont excellents. Ces derniers ne sont malheureusement pas int&#233;ress&#233;s par les petits villages en milieu rural. Et il faut les comprendre, c'est des choix de rentabilit&#233;. La connexion satellitaire, c'est la seule technologie qui permet, sans infrastructure lourde, de mettre un niveau de connectivit&#233; tr&#232;s comp&#233;titive et de d&#233;velopper une &#233;conomie locale. Il n'y a plus besoin de faire des benchmarks, tout a &#233;t&#233; fait. Il faut continuer &#224; encourager cette technologie. Faire en sorte que les entreprises s&#233;n&#233;galaises soient fortes aussi pour proposer des offres de VSAT, des connexions satellitaires. C'est comme &#231;a qu'il faut comprendre l'arriv&#233;e de Starlink. Je dois pr&#233;ciser qu'avant Starlink, Sonatel offrait &#233;galement ce genre de service. Et c'est une excellente chose qui va profiter &#224; l'usager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon avis, il faut continuer &#224; d&#233;velopper cette offre-l&#224; pour permettre &#224; des villageois comme moi de pouvoir, depuis chez eux, regarder des matchs sans interruption, envoyer des mails sans interruption, cr&#233;er leur entreprise sans probl&#232;me. Et effectivement, vous avez raison : toutes ces initiatives, sans connexion, ce n'est pas possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est l'&#233;tat des lieux par rapport &#224; la connectivit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 83,5 % de connexion en zone urbaine et 33 % en zone rurale. En zone urbaine, les op&#233;rateurs sont l&#224; parce que la demande existe. Mais en zone rurale, cette demande est faible, parce que l'activit&#233; est plus agricole. Et l'agriculteur n'a pas forc&#233;ment besoin d'ordinateur ou de connexion. Mais il faut noter que de plus en plus des services num&#233;riques se d&#233;veloppent pour la mise en relation entre producteurs et acheteurs. Le probl&#232;me est de moins en moins de produire, mais de vendre. Et pour vendre, on a besoin de ces services. Au-del&#224; m&#234;me de la connectivit&#233;, il y a aussi l'&#233;nergie qui est essentielle. C'est pourquoi le ministre Alioune Sall a dit : partout o&#249; l'Aser passe, il doit passer derri&#232;re pour cr&#233;er de l'&#233;conomie. C'est comme &#231;a que nous parviendrons &#224; r&#233;sorber les gaps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous voulez connecter le monde rural avec une connexion starlink plus cher. Quel est le m&#233;canisme pour y parvenir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons connecter les S&#233;n&#233;galais gratuitement -en tout cas certains profils qui sont dans des secteurs prioritaires. Aujourd'hui, il y a des partenaires qui financent ce type de programmes pour r&#233;duire la fracture num&#233;rique. Notre objectif c'est de connecter un million de S&#233;n&#233;galais. Le pr&#233;sident en veut plus et je pense qu'il a raison. La connexion ne doit pas &#234;tre un luxe. Les h&#244;pitaux, les &#233;coles, les agriculteurs ne doivent pas &#234;tre priv&#233;s de connectivit&#233; pour ces histoires de co&#251;ts. Il faut faire en sorte que le maximum de S&#233;n&#233;galais soient connect&#233;s et rapidement. &#199;a, c'est notre ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le montant de la subvention d&#233;gag&#233;e pour permettre &#224; ces S&#233;n&#233;galais d'acc&#233;der gratuitement &#224; internet avec Starlink ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, ce n'est pas l'essentiel. L'essentiel, c'est le service public que nous offrons aux s&#233;n&#233;galais. Il faut mesurer l'impact de cette subvention. Pour ce faire, il faut mettre sur une balance la subvention et les r&#233;sultats de la subvention. L&#224; on sera plus &#224; m&#234;me d'en juger. Il ne faut pas non plus oublier que beaucoup de kits ont &#233;t&#233; offerts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a l'impression que vous n'&#234;tes pas trop disert, quand il s'agit de parler des incidences financi&#232;res avec Starlink ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez, beaucoup de gens seront surpris quand on parlera de ces subventions. Nous on a aucun probl&#232;me de publication de ces chiffres. Vous avez vu ce qu'on a fait avec le FADP. Ne vous inqui&#233;tez pas, tant qu'on sera l&#224; on fera preuve de transparence. Je pense que depuis que nous sommes l&#224;, on vous a montr&#233; suffisamment de preuves. Pour Starlink, c'est juste qu'il y a eu plusieurs acteurs et chacun a jou&#233; son r&#244;le, c'est vraiment un travail d'&#233;quipe. Je pense qu'il y a de quoi &#234;tre fier dans le domaine du num&#233;rique, il y a de quoi &#234;tre optimiste et confiant. C'est parce que nous avons des ressources humaines tr&#232;s comp&#233;tentes qu'on a pu discuter avec ce g&#233;ant et trouver les meilleurs formules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mor Amar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.enqueteplus.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Enqu&#234;te&lt;/a&gt;, 1er mai 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>San Traor&#233;, Country Manager Yango Delivery S&#233;n&#233;gal : &#8220;Notre ambition est de contribuer &#224; structurer durablement le secteur de la livraison au S&#233;n&#233;gal&#8221;</title>
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		<dc:date>2026-04-29T18:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; la transformation num&#233;rique redessine en profondeur les usages urbains, le secteur de la livraison s'impose comme un maillon strat&#233;gique de l &#1407;&#1398;&#1407;&#1381;&#1405;me digital au S&#233;n&#233;gal. Entre mont&#233;e en puissance du e-commerce, exigence croissante des consommateurs et structuration progressive d'un march&#233; longtemps informel, les enjeux sont multiples. Dans cet entretien accord&#233; &#224; Tech Observateur, San Traor&#233;, Country Manager de Yango Delivery S&#233;n&#233;gal, revient sur les dynamiques &#224; l'&#339;uvre, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-avril-2026-.html" rel="directory"&gt;Avril 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L129xH143/san_traore-f57d3.jpg?1778181727' class='spip_logo spip_logo_right' width='129' height='143' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; la transformation num&#233;rique redessine en profondeur les usages urbains, le secteur de la livraison s'impose comme un maillon strat&#233;gique de l &#1407;&#1398;&#1407;&#1381;&#1405;me digital au S&#233;n&#233;gal. Entre mont&#233;e en puissance du e-commerce, exigence croissante des consommateurs et structuration progressive d'un march&#233; longtemps informel, les enjeux sont multiples. Dans cet entretien accord&#233; &#224; Tech Observateur, San Traor&#233;, Country Manager de Yango Delivery S&#233;n&#233;gal, revient sur les dynamiques &#224; l'&#339;uvre, les d&#233;fis de la formalisation du secteur et les leviers technologiques mobilis&#233;s pour construire un &#233;cosyst&#232;me plus fiable, inclusif et durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : Comment analysez-vous aujourd'hui l'&#233;volution du secteur de la livraison au S&#233;n&#233;gal, notamment &#224; Dakar, ces derni&#232;res ann&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : Le secteur de la livraison au S&#233;n&#233;gal a connu une transformation rapide ces derni&#232;res ann&#233;es. Nous sommes pass&#233;s d'un mod&#232;le largement informel, reposant sur des r&#233;seaux de proximit&#233;, &#224; un secteur de plus en plus structur&#233; par la technologie. &#192; Dakar, la croissance urbaine, l'essor du e-commerce et l'&#233;volution des habitudes de consommation ont fortement acc&#233;l&#233;r&#233; cette dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la livraison est devenue un service essentiel du quotidien pour les particuliers comme pour les entreprises. Les attentes ont chang&#233; : les clients recherchent d&#233;sormais rapidit&#233;, fiabilit&#233;, transparence et suivi en temps r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution montre que la livraison n'est plus seulement un service pratique : elle devient un pilier de l'&#233;conomie num&#233;rique urbaine et un levier de modernisation pour les grandes villes africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : Yango Delivery se positionne comme un acteur structurant : concr&#232;tement, quelles actions menez-vous pour accompagner la formalisation du secteur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : Notre ambition est de contribuer &#224; structurer durablement le secteur de la livraison au S&#233;n&#233;gal. Cela passe d'abord par des solutions adapt&#233;es aux besoins r&#233;els du march&#233;, accessibles depuis une seule application.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Yango Delivery propose plusieurs offres compl&#233;mentaires &#224; Dakar : Express Moto pour les petits colis urgents, Express Voiture pour les envois plus volumineux ou fragiles, et Yango Cargo pour les biens plus lourds et volumineux destin&#233;es notamment aux commer&#231;ants et PME. Cette derni&#232;re solution s&#233;duit d&#233;j&#224; de nombreuses entreprises depuis son lancement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; des services propos&#233;s, notre contribution porte aussi sur la structuration m&#234;me du march&#233;. Nous apportons des outils technologiques qui am&#233;liorent la tra&#231;abilit&#233;, la transparence des op&#233;rations et la qualit&#233; de service. Nous contribuons &#233;galement &#224; diffuser de meilleurs standards en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, de relation client et d'efficacit&#233; op&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, la digitalisation permet de mieux organiser l'activit&#233;, de cr&#233;er des opportunit&#233;s &#233;conomiques durables et de renforcer la confiance entre commer&#231;ants, livreurs et consommateurs. C'est ainsi que se construit un &#233;cosyst&#232;me plus formel, plus fiable et plus inclusif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : La question des revenus des livreurs est centrale : comment garantir une activit&#233; durable et rentable pour vos partenaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : La durabilit&#233; &#233;conomique des partenaires est un enjeu central. Un r&#233;seau de livreurs performant repose avant tout sur des opportunit&#233;s de revenus r&#233;guli&#232;res et sur de bonnes conditions d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre approche consiste &#224; utiliser la technologie pour am&#233;liorer la productivit&#233; : meilleure attribution des courses, r&#233;duction des temps d'attente, optimisation des trajets et meilleure utilisation du temps de connexion. Cela permet aux partenaires d'effectuer davantage de livraisons de mani&#232;re plus efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous investissons &#233;galement dans l'accompagnement, la formation et l'am&#233;lioration continue de l'exp&#233;rience partenaire. Notre conviction est simple : lorsque les partenaires r&#233;ussissent, l'ensemble de l'&#233;cosyst&#232;me progresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : Quel r&#244;le peut jouer l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais dans l'encadrement de ces nouvelles formes d'emploi li&#233;es aux plateformes num&#233;riques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : L'&#201;tat a un r&#244;le cl&#233; &#224; jouer pour accompagner le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie des plateformes. L'enjeu est de b&#226;tir un cadre moderne, &#233;quilibr&#233; et adapt&#233; aux nouvelles r&#233;alit&#233;s du travail num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela passe par des r&#232;gles claires, favorables &#224; l'innovation tout en renfor&#231;ant la protection des travailleurs et la structuration des activit&#233;s. Il existe &#233;galement un levier important autour de la formation, de l'inclusion num&#233;rique et de l'accompagnement entrepreneurial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le dialogue entre les autorit&#233;s publiques et les acteurs priv&#233;s est essentiel. Les meilleures solutions naissent souvent d'une coop&#233;ration pragmatique, fond&#233;e sur les r&#233;alit&#233;s du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : En quoi la livraison repr&#233;sente-t-elle aujourd'hui un levier cl&#233; pour le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie num&#233;rique locale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : La livraison est un maillon strat&#233;gique de l'&#233;conomie num&#233;rique, car elle transforme les transactions digitales en services concrets. Sans logistique efficace, le commerce en ligne reste limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les entreprises, en particulier les TPE et PME, l'impact est d&#233;j&#224; tr&#232;s visible. Plus de 52 % des utilisateurs de Yango Delivery au S&#233;n&#233;gal sont justement des petites et moyennes entreprises. Cela montre &#224; quel point la livraison r&#233;pond &#224; un besoin r&#233;el de structuration et de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au digital, ces entreprises acc&#232;dent &#224; des outils modernes de gestion, &#224; une logistique plus fiable et &#224; une meilleure organisation de leurs op&#233;rations. Elles gagnent du temps, am&#233;liorent leur productivit&#233;, &#233;largissent leur client&#232;le et peuvent se concentrer sur leur c&#339;ur de m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les consommateurs, la livraison apporte confort, rapidit&#233; et accessibilit&#233; aux produits et services du quotidien. Enfin, elle cr&#233;e aussi des opportunit&#233;s de revenus pour de nombreux partenaires. &#192; ce titre, la livraison n'accompagne pas seulement la transformation num&#233;rique du S&#233;n&#233;gal : elle en est l'un des moteurs les plus concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : Quelles innovations technologiques Yango Delivery d&#233;veloppe-t-elle ou pr&#233;voit-elle pour am&#233;liorer l'exp&#233;rience des utilisateurs et des partenaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : L'innovation technologique est au c&#339;ur de notre mod&#232;le. Nous am&#233;liorons en permanence nos algorithmes afin de r&#233;duire les d&#233;lais, optimiser les trajets et fluidifier l'attribution des courses. Gr&#226;ce &#224; cette technologie, le temps moyen entre la commande et la livraison effective pour notre offre Express Moto est aujourd'hui d'environ 30 minutes &#224; Dakar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le suivi en temps r&#233;el reste &#233;galement essentiel : il apporte davantage de transparence et de s&#233;r&#233;nit&#233; aux utilisateurs. L'exp&#233;diteur comme le destinataire peuvent suivre la livraison &#224; chaque &#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons aussi des fonctionnalit&#233;s pens&#233;es pour les entreprises, comme le multi-stop, qui permet de livrer plusieurs adresses dans une seule commande, ou encore des options adapt&#233;es &#224; diff&#233;rents volumes de colis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les partenaires, nous d&#233;veloppons des outils plus simples et plus performants pour g&#233;rer leur activit&#233; au quotidien. Nous travaillons &#233;galement sur des solutions bas&#233;es sur l'intelligence artificielle afin d'anticiper la demande et d'am&#233;liorer encore l'efficacit&#233; op&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : Enfin, quelles sont vos perspectives de d&#233;veloppement pour Yango Delivery au S&#233;n&#233;gal et dans la sous-r&#233;gion &#224; moyen terme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : Nos perspectives s'inscrivent dans une logique de croissance durable. Au S&#233;n&#233;gal, nous voulons continuer &#224; renforcer la qualit&#233; de service, &#233;largir progressivement notre couverture g&#233;ographique et consolider notre r&#233;seau de partenaires livreurs et commer&#231;ants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous souhaitons &#233;galement jouer un r&#244;le croissant dans la professionnalisation du secteur, en contribuant &#224; l'&#233;l&#233;vation des standards op&#233;rationnels et technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle sous-r&#233;gionale, notre ambition est de poursuivre un d&#233;veloppement progressif en Afrique de l'Ouest, avec des mod&#232;les adapt&#233;s aux r&#233;alit&#233;s locales. Partout, les besoins en logistique urbaine moderne progressent rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre objectif est clair : faire de Yango Delivery un acteur num&#233;rique de r&#233;f&#233;rence du dernier kilom&#232;tre, capable de soutenir la croissance des entreprises locales et d'am&#233;liorer durablement le quotidien des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://letechobservateur.sn/f&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Techobservateur&lt;/a&gt;, 29 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fatou Sow Kane, Directrice g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;communication de la filiale Expresso S&#233;n&#233;gal : &#171; Il est important de sortir de sa zone de confort et de ne pas avoir peur de l'inconnu &#187;</title>
		<link>https://osiris.sn/fatou-sow-kane-directrice-generale-de-la-societe-de-telecommunication-de-la.html</link>
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		<dc:date>2026-04-21T10:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nomm&#233;e directrice g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;communication Expresso S&#233;n&#233;gal en 2022 dans un contexte de post-pand&#233;mie, Fatou Sow Kane a su redresser la barre gr&#226;ce &#224; un management participatif et une vision centr&#233;e sur la rentabilit&#233; durable. Dans cet entretien exclusif, elle se confie sur son passage de simple commerciale &#224; directrice g&#233;n&#233;rale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Votre parcours au sein d'Expresso S&#233;n&#233;gal est souvent pr&#233;sent&#233; comme un exemple d'&#233;volution interne r&#233;ussie. Comment votre aventure dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-avril-2026-.html" rel="directory"&gt;Avril 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L127xH150/fatou_sow_kane-47aeb.jpg?1778212024' class='spip_logo spip_logo_right' width='127' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nomm&#233;e directrice g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;communication Expresso S&#233;n&#233;gal en 2022 dans un contexte de post-pand&#233;mie, Fatou Sow Kane a su redresser la barre gr&#226;ce &#224; un management participatif et une vision centr&#233;e sur la rentabilit&#233; durable. Dans cet entretien exclusif, elle se confie sur son passage de simple commerciale &#224; directrice g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre parcours au sein d'Expresso S&#233;n&#233;gal est souvent pr&#233;sent&#233; comme un exemple d'&#233;volution interne r&#233;ussie. Comment votre aventure dans les t&#233;l&#233;communications a-t-elle commenc&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon parcours a d&#233;but&#233; de mani&#232;re assez impr&#233;visible. &#192; l'origine, je me destinais au droit avec l'ambition de devenir avocate. Apr&#232;s deux ann&#233;es &#224; la facult&#233;, une opportunit&#233; s'est pr&#233;sent&#233;e &#224; Expresso S&#233;n&#233;gal. J'ai int&#233;gr&#233; l'entreprise sans avoir une vision pr&#233;cise de carri&#232;re &#224; long terme dans ce secteur. &#192; l'&#233;poque, je cherchais surtout &#224; apprendre et &#224; d&#233;couvrir un nouvel environnement professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; par des fonctions en back-office et en relation client, avant d'&#233;voluer progressivement vers des postes commerciaux. C'&#233;tait une &#233;cole d'humilit&#233;. On y apprend ce qu'est r&#233;ellement un client : ses frustrations, ses attentes, sa fid&#233;lit&#233;. Tr&#232;s vite, ma curiosit&#233; m'a pouss&#233;e vers le terrain, vers le commercial. J'ai r&#233;alis&#233; que vendre un service de t&#233;l&#233;communication, ce n'est pas vendre de la technique, c'est vendre du lien humain. Cette transition du droit vers le business s'est faite naturellement, car au fond, les deux domaines exigent la m&#234;me chose : comprendre l'autre pour le convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles ont &#233;t&#233; les &#233;tapes marquantes de votre progression ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une progression construite sur la dur&#233;e. Apr&#232;s mes premi&#232;res exp&#233;riences op&#233;rationnelles, j'ai &#233;volu&#233; vers des fonctions de chef de produit, puis de manager marketing. Un moment cl&#233; a &#233;t&#233; ma nomination en tant que &#171; Chief business officer &#187;. J'ai eu l'honneur d'&#234;tre la premi&#232;re femme &#224; int&#233;grer un poste de direction de niveau Cxo au sein de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, j'ai occup&#233; des fonctions strat&#233;giques en tant que Chief strategic and business planning officer. Chaque poste m'a permis d'acqu&#233;rir une compr&#233;hension plus globale du fonctionnement de l'entreprise, jusqu'&#224; ma nomination &#224; la Direction g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre parcours est consid&#233;r&#233; comme atypique et inspirant. Ne pas avoir suivi au pr&#233;alable une formation technique en t&#233;l&#233;communications a-t-il &#233;t&#233; une emb&#251;che dans votre ascension ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout. C'est m&#234;me un message que je tiens &#224; d&#233;fendre. J'ai suivi des formations orient&#233;es vers le leadership et la strat&#233;gie, notamment &#224; Columbia University et &#224; Paris. La dimension technique, je l'ai acquise sur le terrain, au fil des exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un secteur comme les t&#233;l&#233;communications, la capacit&#233; d'adaptation, la curiosit&#233; et l'apprentissage continu sont essentiels. L'absence de formation technique initiale ne doit pas &#234;tre per&#231;ue comme un frein, mais plut&#244;t comme une opportunit&#233; de d&#233;velopper d'autres comp&#233;tences compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est votre approche du management ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai adopt&#233; un management participatif et inclusif. Je crois profond&#233;ment &#224; la valeur du collectif. Les &#233;quipes sont plus performantes lorsqu'elles se sentent &#233;cout&#233;es, impliqu&#233;es et responsabilis&#233;es. L'intelligence &#233;motionnelle joue un r&#244;le important dans la gestion des ressources humaines. Cela permet de cr&#233;er un climat de confiance et de favoriser l'engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre &#224; l'&#233;coute ne signifie pas &#234;tre dans le compromis permanent, mais plut&#244;t savoir concilier exigence et bienveillance pour atteindre les objectifs fix&#233;s. C'est une strat&#233;gie de performance pure. En 2016, j'ai lanc&#233; le programme &#171; Objectif 2020 &#187;. L'id&#233;e &#233;tait simple mais audacieuse : impliquer chaque employ&#233; dans la trajectoire financi&#232;re de la bo&#238;te. Nous avons d&#233;pass&#233; nos objectifs de revenus de 20 %. Parce que les &#233;quipes ne travaillaient plus pour une Direction anonyme, mais pour un projet qu'elles avaient aid&#233; &#224; dessiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez pris la t&#234;te d'Expresso dans un contexte particulier, marqu&#233; par des d&#233;fis &#233;conomiques et sociaux. Comment avez-vous abord&#233; cette transition ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon arriv&#233;e &#224; la Direction g&#233;n&#233;rale s'est faite dans un contexte exigeant, marqu&#233; par les s&#233;quelles de la pand&#233;mie et des tensions internes. Il a fallu restaurer la confiance, aussi bien en interne qu'en externe. Cela passait par un dialogue constant avec les &#233;quipes et une clarification des priorit&#233;s strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise doit rester humaine, mais elle doit aussi &#234;tre performante. Aujourd'hui, nous avons engag&#233; une dynamique positive qui commence &#224; porter ses fruits, avec une am&#233;lioration progressive de nos indicateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un march&#233; concurrentiel o&#249; Expresso occupe une position de challenger, quelle est votre strat&#233;gie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre objectif n'est pas uniquement de gagner des parts de march&#233; &#224; tout prix, mais de construire un mod&#232;le durable et rentable. Nous mettons l'accent sur la qualit&#233; de service, la proximit&#233; avec nos clients et l'efficacit&#233; op&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la r&#233;-internalisation de certaines fonctions, comme le service client, nous permet d'am&#233;liorer la r&#233;activit&#233; et la satisfaction. Nous ciblons &#224; la fois le grand public, mais aussi les entreprises, notamment les PME, avec des solutions adapt&#233;es &#224; leurs besoins sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intelligence artificielle et la transformation digitale sont aujourd'hui au c&#339;ur des transformations du secteur. Comment Expresso s'inscrit-elle dans cette dynamique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence artificielle repr&#233;sente une opportunit&#233; majeure pour notre secteur. Elle permet d'optimiser les op&#233;rations, d'am&#233;liorer l'exp&#233;rience client et de d&#233;velopper de nouveaux services. Plus largement, la transformation digitale est devenue incontournable pour rester comp&#233;titif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Expresso, nous int&#233;grons ces &#233;volutions dans notre strat&#233;gie globale afin d'anticiper les mutations du march&#233; et de proposer des solutions innovantes &#224; nos clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment parvenez-vous &#224; concilier vos responsabilit&#233;s de dirigeante avec votre vie personnelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un &#233;quilibre qui demande une attention constante. Le soutien de l'entourage est essentiel, notamment celui du partenaire, qui doit &#234;tre impliqu&#233; et compr&#233;hensif face aux exigences du poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, je fais en sorte de dissocier mes r&#244;les : lorsque je quitte le travail, je laisse la fonction de directrice g&#233;n&#233;rale au bureau pour retrouver ma vie de famille. J'accorde &#233;galement une grande importance &#224; la spiritualit&#233;, ainsi qu'&#224; des activit&#233;s comme le sport ou les moments de d&#233;tente, qui permettent de maintenir un &#233;quilibre mental et physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes &#233;galement tr&#232;s engag&#233;e dans des actions de Responsabilit&#233; soci&#233;tale d'entreprise. Quelles causes vous tiennent particuli&#232;rement &#224; c&#339;ur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation est au centre de mes engagements. Je suis particuli&#232;rement sensible &#224; la question de l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation des filles. &#192; travers diff&#233;rents programmes, nous soutenons des initiatives dans plusieurs localit&#233;s, notamment en milieu rural, afin de favoriser l'acc&#232;s au savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif est de donner &#224; chaque jeune fille les moyens de r&#233;aliser son potentiel, quel que soit son environnement d'origine. Nous accompagnons &#233;galement des initiatives visant &#224; promouvoir l'autonomisation &#233;conomique des femmes, notamment &#224; travers le soutien &#224; des associations f&#233;minines. Pour nous, l'entreprise ne se limite pas &#224; une activit&#233; commerciale ; elle doit aussi jouer un r&#244;le dans le d&#233;veloppement social et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes qui vous consid&#232;rent comme un mod&#232;le ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon message est simple : osez. Il est important de sortir de sa zone de confort et de ne pas avoir peur de l'inconnu. Les d&#233;fis et les moments d'incertitude font partie du parcours et constituent des opportunit&#233;s d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiance en soi, la curiosit&#233; et le travail sont des &#233;l&#233;ments essentiels pour progresser. Il ne faut pas se limiter par des barri&#232;res que l'on s'impose soi-m&#234;me. Avec de la pers&#233;v&#233;rance et de la d&#233;termination, chacun peut tracer son propre chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Propos recuillis par Matel Bocoum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://lesoleil.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Soleil&lt;/a&gt;, 21 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'Afrique risque de rester un simple march&#233; d'exploitation algorithmique &#187;</title>
		<link>https://osiris.sn/l-afrique-risque-de-rester-un-simple-marche-d-exploitation-algorithmique.html</link>
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		<dc:date>2026-04-17T12:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Emmanuel Elolo Agbenonwossi est consultant international en cyberdiplomatie, gouvernance du num&#233;rique et expert en politiques d'IA. Ce Togolais a contribu&#233; &#224; l'&#233;laboration de la strat&#233;gie nationale d'IA de la Guin&#233;e pour le compte du PNUD, et s'est impos&#233; comme l'une des voix africaines les plus engag&#233;es sur les questions de souverainet&#233; num&#233;rique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Actif au sein de la communaut&#233; Internet Society et l'ICANN depuis le NetMundial en 2014 et consultant de Smart Africa, il a jou&#233; un r&#244;le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH110/emmanuel_elolo_agbenonwossi-3e96b.jpg?1778212024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Emmanuel Elolo Agbenonwossi est consultant international en cyberdiplomatie, gouvernance du num&#233;rique et expert en politiques d'IA. Ce Togolais a contribu&#233; &#224; l'&#233;laboration de la strat&#233;gie nationale d'IA de la Guin&#233;e pour le compte du PNUD, et s'est impos&#233; comme l'une des voix africaines les plus engag&#233;es sur les questions de souverainet&#233; num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actif au sein de la communaut&#233; Internet Society et l'ICANN depuis le NetMundial en 2014 et consultant de Smart Africa, il a jou&#233; un r&#244;le central dans la mobilisation internationale autour de la crise d'Afrinic, le registre africain des adresses IP, dont la survie a &#233;t&#233; menac&#233;e par une tentative de captation aux ramifications internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet entretien avec l'Agence Ecofin, il livre une analyse sans concession sur l'&#233;tat r&#233;el de la transformation num&#233;rique africaine : strat&#233;gies d'IA trop souvent symboliques, d&#233;ficits de financement structurels, fragilit&#233; des institutions num&#233;riques du continent et n&#233;cessit&#233; de construire une gouvernance de l'IA ancr&#233;e dans les r&#233;alit&#233;s et les philosophies africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agence Ecofin : Vous avez contribu&#233; &#224; l'&#233;laboration de la strat&#233;gie nationale d'intelligence artificielle de la Guin&#233;e. Dans un continent o&#249; les financements ext&#233;rieurs conditionnent souvent l'agenda des r&#233;formes num&#233;riques, dans quelle mesure ces strat&#233;gies sont-elles v&#233;ritablement africaines dans leur conception, leurs priorit&#233;s et leurs arbitrages ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Elolo Agbenonwossi (EEA) : La question de l'&#171; africanit&#233; &#187; des strat&#233;gies d'intelligence artificielle doit &#234;tre appr&#233;hend&#233;e &#224; travers une grille d'analyse technique int&#233;grant les dimensions normatives, op&#233;rationnelles et capacitaires. Si les financements ext&#233;rieurs jouent un r&#244;le d'impulsion, leur influence s'inscrit dans des architectures nationales qui reposent sur des cadres juridiques et r&#233;glementaires en cours de structuration, incluant la protection des donn&#233;es, la cybers&#233;curit&#233;, la gouvernance algorithmique et, de mani&#232;re croissante, les principes d'&#233;thique de l'IA. Ces cadres visent &#224; encadrer les usages, &#224; pr&#233;venir les risques syst&#233;miques et &#224; garantir l'alignement des syst&#232;mes d'IA avec les valeurs sociales et les priorit&#233;s de d&#233;veloppement. Parall&#232;lement, les strat&#233;gies nationales s'articulent avec des politiques num&#233;riques existantes, tout en int&#233;grant des exigences sp&#233;cifiques &#224; l'IA telles que l'acc&#232;s &#224; des capacit&#233;s de calcul, la disponibilit&#233; de jeux de donn&#233;es de qualit&#233; et la structuration d'un &#233;cosyst&#232;me scientifique capable de soutenir la recherche, l'exp&#233;rimentation et l'innovation. L'enjeu central r&#233;side dans la capacit&#233; &#224; internaliser ces composantes pour &#233;viter une d&#233;pendance structurelle et favoriser une appropriation souveraine des technologies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la Guin&#233;e, l'approche m&#233;thodologique a consist&#233; &#224; &#233;tablir un diagnostic approfondi de l'&#233;tat de pr&#233;paration &#224; l'IA, fond&#233; sur 78 entretiens couvrant l'ensemble de l'&#233;cosyst&#232;me national. Cette analyse a permis d'&#233;valuer le capital humain sp&#233;cialis&#233;, en particulier les comp&#233;tences en science des donn&#233;es, en ing&#233;nierie des syst&#232;mes et en gouvernance de l'IA, ainsi que les dispositifs de formation et de recherche existants. Elle a &#233;galement port&#233; sur les capacit&#233;s de calcul disponibles, qu'il s'agisse d'infrastructures locales ou d'un recours aux services cloud, sur la structuration du dispositif scientifique et sur la disponibilit&#233; de donn&#233;es pertinentes pour des cas d'usage prioritaires. Une attention particuli&#232;re a &#233;t&#233; accord&#233;e aux besoins concrets exprim&#233;s par les secteurs cl&#233;s tels que la sant&#233;, l'agriculture, l'administration publique ou l'&#233;ducation, afin d'ancrer la strat&#233;gie dans des applications &#224; fort impact. L'&#233;valuation a enfin int&#233;gr&#233; les contraintes li&#233;es aux infrastructures num&#233;riques et &#233;nerg&#233;tiques, d&#233;terminantes pour le d&#233;ploiement de solutions d'IA &#224; l'&#233;chelle. Cette d&#233;marche a permis de produire une lecture coh&#233;rente des &#233;carts structurels et des leviers d'action, en vue d'orienter les choix publics vers une trajectoire r&#233;aliste, &#233;thique et align&#233;e sur les priorit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Concr&#232;tement, comment r&#233;siste-t-on &#224; la pression du bailleur dans la d&#233;finition d'une strat&#233;gie comme celle de la Guin&#233;e ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : Le bailleur souhaitait une strat&#233;gie sur trois ans. En tant que consultant ayant r&#233;alis&#233; le diagnostic national, nous avons propos&#233; une approche diff&#233;rente : trois ans, c'est trop court pour une strat&#233;gie de transformation num&#233;rique quand les infrastructures n&#233;cessitent des investissements colossaux et que la technologie &#233;volue tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc plaid&#233; pour une vision d&#233;cennale structur&#233;e en trois phases : d'abord une phase de fondation : poser les infrastructures essentielles, d&#233;velopper un cloud souverain, augmenter la capacit&#233; de calcul, former des ing&#233;nieurs. La Guin&#233;e ne disposait d'aucun supercalculateur, ni dans les universit&#233;s ni dans le secteur public. Ensuite une phase de d&#233;ploiement dans le secteur public, puis une phase d'acc&#233;l&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la d&#233;cennie, l'objectif &#233;tait de former 5000 ing&#233;nieurs et de monter en comp&#233;tence 50 000 agents publics sur les outils d'IA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA constitue la seule r&#233;volution technologique qu'aucun pays ne ma&#238;trise encore totalement. C'est une fen&#234;tre d'opportunit&#233; exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : L'IA est-elle aujourd'hui une vraie urgence pour des &#201;tats africains qui ont encore tout &#224; construire sur le plan des infrastructures de base ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : C'est une urgence, sans aucun doute. On dit souvent que l'Afrique a rat&#233; les pr&#233;c&#233;dentes r&#233;volutions industrielles. M&#234;me si je nuance ce r&#233;cit, car l'Afrique y a contribu&#233; en mati&#232;res premi&#232;res et en travail contraint. Mais l'intelligence artificielle constitue la seule r&#233;volution technologique qu'aucun pays ne ma&#238;trise encore totalement. C'est une fen&#234;tre d'opportunit&#233; exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;s&#233;quilibre est pourtant r&#233;el : l'Afrique repr&#233;sente 17 % de la population mondiale, mais produit moins de 1 % des technologies d'IA d&#233;velopp&#233;es &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire. Sans strat&#233;gie volontariste, le continent risque de rester un simple march&#233; d'exploitation algorithmique, comme le caoutchouc envoy&#233; brut vers les usines de la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois imp&#233;ratifs s'imposent selon moi. Premi&#232;rement, &#233;viter la marginalisation en construisant des capacit&#233;s propres. Deuxi&#232;mement, d&#233;velopper des usages contextualis&#233;s : l'IA appliqu&#233;e &#224; l'agriculture de pr&#233;cision, &#224; la gestion &#233;nerg&#233;tique, &#224; la sant&#233;, l&#224; o&#249; l'&#233;conomie r&#233;elle africaine en a le plus besoin, pas l&#224; o&#249; l'Europe l'applique parce que ses propres enjeux le dictent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, et c'est fondamental, financer r&#233;ellement ces strat&#233;gies. Des &#233;tudes montrent que si la moiti&#233; des pays africains ont publi&#233; une strat&#233;gie IA, une minorit&#233; seulement dispose des budgets d&#233;di&#233;s pour l'ex&#233;cuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Justement, o&#249; en est-on sur la mise en &#339;uvre r&#233;elle de ces strat&#233;gies ? Car un document de politique publique n'est pas une politique publique. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : Le vrai probl&#232;me en Afrique, ce n'est pas la production de strat&#233;gies. Les strat&#233;gies actives dans nos pays sont concurrentes, souvent contradictoires, chacune align&#233;e sur les priorit&#233;s d'un bailleur diff&#233;rent. Le principal d&#233;ficit que j'ai identifi&#233; dans les diff&#233;rentes &#233;valuations que j'ai conduites sur le continent, c'est le financement de la mise en &#339;uvre, pas la capacit&#233; &#224; r&#233;diger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la meilleure approche consiste souvent &#224; interroger chaque bailleur sur ses priorit&#233;s pour les cinq prochaines ann&#233;es, identifier o&#249; l'IA s'inscrit dans ces priorit&#233;s, puis aligner la strat&#233;gie nationale en cons&#233;quence. Ce n'est pas l'id&#233;al en termes de souverainet&#233;, mais c'est du r&#233;alisme car dans les pays du Nord, les strat&#233;gies num&#233;riques sont financ&#233;es par le secteur priv&#233; et l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique, tant que nous n'avons pas de fonds souverains capables de financer une strat&#233;gie de bout en bout, les bailleurs conservent une certaine place. Il faut se le dire clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand moins de 500 000 personnes sont connect&#233;es dans un pays, aucun investisseur rationnel n'y concentrera ses ressources. C'est pour cela que l'acc&#233;l&#233;ration du march&#233; num&#233;rique unique est la priorit&#233; absolue. Le roaming sous-r&#233;gional qui commence &#224; &#233;merger entre certains pays de la CEDEAO nous montre que c'est faisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Comment mobiliser le secteur priv&#233; africain sur le num&#233;rique et l'IA, dans des &#233;conomies &#224; faible pouvoir d'achat et aux march&#233;s tr&#232;s fragment&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : Le probl&#232;me est structurel. Quand peu de personnes sont connect&#233;es dans un pays, aucun investisseur rationnel n'y concentrera ses ressources. C'est pour cela que l'acc&#233;l&#233;ration du march&#233; num&#233;rique unique est, pour moi, la priorit&#233; absolue. Nos pays ont les m&#234;mes r&#233;alit&#233;s agricoles, les m&#234;mes d&#233;fis en mati&#232;re de sant&#233;, de logistique. Une solution d&#233;velopp&#233;e pour un march&#233; de 500 000 utilisateurs ne sera jamais viable. D&#233;velopp&#233;e pour un march&#233; de 400 millions d'habitants dans l'espace CEDEAO, elle peut l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce march&#233; unique, je le con&#231;ois autour de trois piliers. D'abord le partage d'infrastructures : chaque pays apporte ce qu'il a de meilleur, qu'il s'agisse de capacit&#233; de data center, d'&#233;nergie ou de bande passante. L'interop&#233;rabilit&#233; des syst&#232;mes de paiement, pour qu'une startup togolaise puisse encaisser dans toute la sous-r&#233;gion sans recourir &#224; des solutions &#233;trang&#232;res. Et la portabilit&#233; des identit&#233;s num&#233;riques, pour qu'un citoyen se d&#233;place en Afrique comme on circule dans l'Union europ&#233;enne. Ce n'est pas utopique : le roaming sous-r&#233;gional qui commence &#224; &#233;merger entre certains pays de la CEDEAO nous montre que c'est faisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les start-up, je veux &#234;tre direct : une start-up qui survit cinq ans gr&#226;ce aux concours et aux subventions n'est pas une start-up viable. Ce dont nous avons besoin, ce sont des champions nationaux que les &#201;tats accompagnent jusqu'au scale-up, pas seulement au stade du prototype.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Les instances continentales comme Smart Africa, le Conseil africain de l'IA, les d&#233;clarations de l'UA sont-elles, selon vous, de vrais leviers d'action, ou surtout des drapeaux symboliques ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : Il y a eu trop d'empilements symboliques de cadres normatifs en Afrique. Nous avons suivi la tendance mondiale &#224; &#233;laborer des politiques publiques sans m&#233;canismes de financement, sans indicateurs d'&#233;valuation, sans calendrier d'ex&#233;cution. Pour moi, la priorit&#233; de la prochaine d&#233;cennie, qui sera la d&#233;cennie de l'IA, n'est pas la production de nouvelles d&#233;clarations ou de nouveaux conseils scientifiques. C'est la consolidation institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie n'est cr&#233;dible que quand elle est financ&#233;e. Elle n'est cr&#233;dible que quand on peut en mesurer les r&#233;sultats &#224; la fin de chaque cycle. Si nous voulons saisir l'opportunit&#233; de cette d&#233;cennie, il faudra avoir le courage de faire des choses que nous n'avons jamais faites : financer sur fonds propres, mesurer, rendre compte, consolider plut&#244;t qu'empiler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Vous avez &#233;t&#233; tr&#232;s actif dans la crise d'Afrinic, le registre africain des adresses IP, qui a travers&#233; plusieurs ann&#233;es de dysfonctionnement institutionnel, d'&#233;lections annul&#233;es et de batailles judiciaires, toujours en cours d'ailleurs. Que r&#233;v&#232;le cette crise sur la capacit&#233; de l'Afrique &#224; g&#233;rer ses propres institutions num&#233;riques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : La crise d'Afrinic est l'un des paradoxes les plus pr&#233;occupants de la gouvernance num&#233;rique africaine. Afrinic est la seule infrastructure num&#233;rique que les Africains ont r&#233;ellement construite eux-m&#234;mes, au prix d'un accouchement difficile en 2005, &#224; l'&#233;poque, aucun pays au monde ne faisait confiance aux Africains pour g&#233;rer un registre d'adresses IP sans compromettre le routage mondial. Vingt ans plus tard, cette institution est devenue une cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise est n&#233;e d'une vuln&#233;rabilit&#233; que nos &#201;tats n'avaient pas identifi&#233;e : l'Afrique d&#233;tient moins de 5 % des adresses IPv4 mondiales pour 17 % de la population de la plan&#232;te. Un op&#233;rateur priv&#233; &#8212; une soci&#233;t&#233;-&#233;cran enregistr&#233;e aux Seychelles, contr&#244;l&#233;e par un ressortissant chinois &#8212; a compris que ces adresses africaines, sous-utilis&#233;es et peu surveill&#233;es, avaient une valeur consid&#233;rable sur le march&#233; noir mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En corrompant un agent du registre, cet acteur a obtenu des millions d'adresses IP, devenant ainsi le troisi&#232;me plus gros d&#233;tenteur d'adresses sur le continent, devant MTN et Orange qu'il louait ensuite jusqu'&#224; 41 $ l'unit&#233; &#224; des sites illicites. Quand Afrinic a voulu r&#233;cup&#233;rer ces adresses, cet acteur a asphyxi&#233; juridiquement le registre avec une cinquantaine de proc&#233;dures simultan&#233;es devant les juridictions mauriciennes, paralysant ses comptes, emp&#234;chant le renouvellement de son Conseil d'administration et for&#231;ant le d&#233;part de son directeur g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Comment la situation a-t-elle finalement &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : La sortie de crise a &#233;t&#233; le fruit d'une strat&#233;gie &#224; plusieurs niveaux sur plusieurs ann&#233;es. Avec Smart Africa, nous avons d'abord men&#233; un travail de p&#233;dagogie et de sensibilisation aupr&#232;s des 2300 membres du registre, pour qu'ils comprennent ce qu'Afrinic repr&#233;sente r&#233;ellement, non pas une association de techniciens, mais une infrastructure critique de souverainet&#233; num&#233;rique pour tout le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;galement conduit plusieurs r&#233;unions minist&#233;rielles en ligne, &#224; Istanbul, Seattle, Prague pour convaincre les gouvernements d'impliquer directement leurs directeurs d'op&#233;rateurs dans le processus &#233;lectoral, ce qui a permis d'invalider les 800 procurations que l'acteur en question avait collect&#233;es &#224; prix d'argent. Les &#233;lections de septembre 2025, boycott&#233;es par l'acteur en cause, ont finalement donn&#233; 7 des 8 si&#232;ges du conseil d'administration &#224; la liste soutenue par Smart Africa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise r&#233;v&#232;le combien la souverainet&#233; num&#233;rique africaine peut &#234;tre un colosse aux pieds d'argile : l'institution la plus strat&#233;gique du num&#233;rique africain &#233;tait une simple association de droit mauricien, sans protection par trait&#233; international, sans reconnaissance en tant qu'organisation continentale. C'est cela qu'il faut corriger en priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile africaine est structurellement d&#233;sarm&#233;e&#8230; Elle est financ&#233;e par des bourses et des fellowships accord&#233;s par ces m&#234;mes acteurs &#233;trangers. Elle se retrouve &#224; discuter des agendas qu'on lui propose, non ceux qu'elle a construits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Vous parlez d'un r&#233;seau de corruption. O&#249; &#233;taient les soci&#233;t&#233;s civiles africaines dans cette affaire ? P&#232;sent-elles vraiment dans les espaces de gouvernance mondiale de l'Internet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : Franchement, non. Et je peux le dire avec l'autorit&#233; d'une personne qui participe &#224; ces forums depuis 2016 : la soci&#233;t&#233; civile africaine y est pr&#233;sente, parfois massivement en termes de nombre de participants, mais elle est structurellement d&#233;sarm&#233;e. Elle participe, mais elle ne p&#232;se pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison est simple et profonde &#224; la fois : les soci&#233;t&#233;s civiles am&#233;ricaine et europ&#233;enne qui si&#232;gent dans ces forums sont adoss&#233;es &#224; des acteurs priv&#233;s puissants qui les financent et leur fournissent des expertises juridiques et techniques de haut niveau. Ce ne sont pas des repr&#233;sentants d'utilisateurs innocents. Ce sont, pour beaucoup, des lobbyistes qui d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts de Google, d'Amazon ou d'Alibaba dans des habits de soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile africaine, elle, est financ&#233;e par des bourses et des fellowships accord&#233;s par ces m&#234;mes acteurs &#233;trangers. Elle se retrouve donc &#224; discuter des agendas qu'on lui propose, non ceux qu'elle a construits. Dans les n&#233;gociations sur le Pacte num&#233;rique mondial, combien de gouvernements africains ont r&#233;ussi &#224; faire inscrire leurs priorit&#233;s r&#233;elles dans le texte final ? La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e sans complaisance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, quand des pays africains construisent des data centers, il faut que les Africains aient la capacit&#233; de les auditer, de v&#233;rifier les m&#233;canismes de s&#233;curit&#233;, d'en contr&#244;ler l'architecture. Localiser les donn&#233;es ne suffit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Qu'implique concr&#232;tement la souverainet&#233; num&#233;rique pour les &#201;tats africains aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : La souverainet&#233; num&#233;rique, ce n'est pas seulement voter des lois et signer des d&#233;clarations. C'est une question d'infrastructures, de donn&#233;es, de capacit&#233;s humaines et de contr&#244;le technologique. Et sur ces quatre dimensions, l'Afrique part de tr&#232;s loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les infrastructures, la plupart des c&#226;bles sous-marines qui connectent notre continent sont financ&#233;es et contr&#244;l&#233;es par des acteurs &#233;trangers. Les backbones terrestres sont majoritairement &#233;quip&#233;s par le secteur priv&#233; &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les donn&#233;es, l'Afrique ne dispose pas de cloud souverain. Nos donn&#233;es &#233;tatiques pour la plupart sont h&#233;berg&#233;es ailleurs. On ne peut pas parler de souverainet&#233; dans ces conditions. Sur la connectivit&#233;, elle se limite aux zones urbaines dans la plupart de nos pays, les populations rurales un peu abandonn&#233;es. Sur la capacit&#233; de calcul : nos universit&#233;s et nos &#201;tats n'en ont quasiment pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, quand des pays africains construisent des data centers, il faut que les Africains aient la capacit&#233; de les auditer, de v&#233;rifier les m&#233;canismes de s&#233;curit&#233;, d'en contr&#244;ler l'architecture. Sans cette capacit&#233; d'audit et de contr&#244;le, localiser les donn&#233;es ne suffit pas. Ce sont ces fondations structurelles qu'il faut poser si l'on veut que la souverainet&#233; soit autre chose qu'un mot d'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fa est un syst&#232;me de savoir, d'anticipation et de pr&#233;diction, ce que nous appellerions aujourd'hui un syst&#232;me d'aide &#224; la d&#233;cision. Ce qui est frappant, c'est la prudence constitutive du syst&#232;me : on ne tranche pas sans avoir &#233;puis&#233; les possibilit&#233;s d'interpr&#233;tation. Les syst&#232;mes d'IA actuels &#171; hallucinent &#187; pr&#233;cis&#233;ment parce que cette prudence-l&#224; leur fait d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Vos r&#233;cents travaux explorent une gouvernance de l'IA ancr&#233;e dans les philosophies africaines notamment le Fa, ce syst&#232;me divinatoire du Golfe de Guin&#233;e. Est-ce l&#224; une piste s&#233;rieuse, ou une forme d'afrocentrisme militant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : C'est une conviction intellectuelle et politique que je d&#233;fends s&#233;rieusement. L'Afrique n'a pas vocation &#224; reproduire m&#233;caniquement les cadres normatifs &#233;labor&#233;s au Nord, con&#231;us &#224; partir d'une anthropologie et d'une histoire qui ne sont pas les siennes. La gouvernance de l'intelligence artificielle sur le continent doit &#233;merger d'une matrice propre, ancr&#233;e dans nos r&#233;alit&#233;s sociales, nos structures communautaires et nos philosophies politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai mobilis&#233; notamment la philosophie de l'Ubuntu &#171; Je suis parce que nous sommes &#187; comme fondement &#233;thique pour l'IA. Cette philosophie rappelle que la personne n'existe qu'&#224; travers la relation qu'elle entretient avec sa communaut&#233;. Elle nous invite &#224; penser la responsabilit&#233; algorithmique, la souverainet&#233; des donn&#233;es et la justice technologique &#224; partir du lien social, plut&#244;t qu'&#224; partir du seul contrat juridique individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le Fa, le syst&#232;me divinatoire du Golfe de Guin&#233;e, il y a une richesse math&#233;matique, algorithmique et m&#233;morielle consid&#233;rable. Le Fa est un syst&#232;me de savoir, d'anticipation et de pr&#233;diction. Ce que nous appellerions aujourd'hui un syst&#232;me d'aide &#224; la d&#233;cision. Ce qui est frappant, c'est la prudence constitutive de ce syst&#232;me : on ne tranche pas sans avoir &#233;puis&#233; les possibilit&#233;s d'interpr&#233;tation. Les syst&#232;mes d'IA actuels &#171; hallucinent &#187;, produisent des erreurs factuelles pr&#233;sent&#233;es avec assurance, pr&#233;cis&#233;ment parce que cette prudence-l&#224; leur fait d&#233;faut. Int&#233;grer cette logique dans la conception de syst&#232;mes d'IA africains est une piste s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu n'est pas de rejeter les normes internationales, ni de se refermer sur soi. C'est de les contextualiser, de les reformuler sous le prisme de nos philosophies, pour contribuer au d&#233;bat mondial depuis une perspective qui nous appartient. Une gouvernance africaine de l'IA digne de ce nom ne serait pas une d&#233;clinaison de ce qui se d&#233;cide &#224; Bruxelles ou &#224; Washington. Ce serait un mod&#232;le endog&#232;ne, capable d'articuler dignit&#233; humaine, solidarit&#233; communautaire et souverainet&#233; technologique et de l'apporter comme contribution au concert mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233;e par Fiacre E. Kakpo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.agenceecofin.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agence Ecofin&lt;/a&gt;, 17 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Avec MTN Satellite, nous brisons les limites de la connectivit&#233; en C&#244;te d'Ivoire &#187;</title>
		<link>https://osiris.sn/avec-mtn-satellite-nous-brisons-les-limites-de-la-connectivite-en-cote-d-ivoire.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://osiris.sn/avec-mtn-satellite-nous-brisons-les-limites-de-la-connectivite-en-cote-d-ivoire.html</guid>
		<dc:date>2026-04-14T13:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A l'occasion du lancement de MTN Satellite, une solution innovante de connectivit&#233; par satellite, Honor&#233; Kouame, General Manager de MTN Business en C&#244;te d'Ivoire revient sur les ambitions du groupe et les enjeux de couverture de l'ensemble du territoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel constat et quels enjeux vous ont conduits &#224; lancer MTN Satellite aujourd'hui ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Honor&#233; KOUAME : La connectivit&#233; est aujourd'hui au c&#339;ur du d&#233;veloppement &#233;conomique et social. Pourtant, certaines zones restent difficiles &#224; couvrir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-avril-2026-.html" rel="directory"&gt;Avril 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH84/honore_kouame-f6e6d.jpg?1778212024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'occasion du lancement de MTN Satellite, une solution innovante de connectivit&#233; par satellite, Honor&#233; Kouame, General Manager de MTN Business en C&#244;te d'Ivoire revient sur les ambitions du groupe et les enjeux de couverture de l'ensemble du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel constat et quels enjeux vous ont conduits &#224; lancer MTN Satellite aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : La connectivit&#233; est aujourd'hui au c&#339;ur du d&#233;veloppement &#233;conomique et social. Pourtant, certaines zones restent difficiles &#224; couvrir avec les infrastructures classiques. Avec MTN Satellite, notre objectif est clair : faire en sorte que la connectivit&#233; ne soit plus une contrainte, mais un levier accessible partout. C'est une &#233;volution naturelle de notre dispositif de connectivit&#233;, qui vient compl&#233;ter nos investissements en mobile et en fibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les entreprises et les communaut&#233;s &#233;loign&#233;es, quels changements concrets cette solution apporte-t-elle sur le terrain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Cela change beaucoup. Aujourd'hui, des activit&#233;s essentielles (agricoles, mini&#232;res, p&#233;troli&#232;res, industrielles, logistiques&#8230;) se d&#233;roulent dans des zones o&#249; la connectivit&#233; est limit&#233;e. Avec MTN Satellite, ces sites peuvent communiquer en temps r&#233;el, acc&#233;der &#224; leurs donn&#233;es et coordonner leurs op&#233;rations, de fa&#231;on fiable et continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, c'est la possibilit&#233; de travailler avec la m&#234;me efficacit&#233;, quel que soit l'endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les profils et secteurs prioritaires, et quels cas d'usage visez-vous en premier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Nous avons con&#231;u cette solution pour r&#233;pondre &#224; des besoins tr&#232;s concrets. Elle s'adresse notamment &#224; l'agro-industrie, aux mines, aux chantiers BTP, aux activit&#233;s offshore ou aux populations en zones rurales, via des solutions comme le WiFi communautaire. L'ambition est de g&#233;n&#233;rer un impact &#224; la fois &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi MTN Satellite s'inscrit-il dans votre strat&#233;gie r&#233;seau et renforce-t-il votre positionnement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Tout le monde m&#233;rite de b&#233;n&#233;ficier des avantages d'une vie moderne et connect&#233;e. Avec MTN Satellite, nous franchissons un nouveau cap vers cette ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit plus seulement de couverture, mais de pr&#233;sence partout o&#249; nos clients ont besoin d'&#234;tre connect&#233;s. C'est une preuve concr&#232;te de notre engagement : investir dans des solutions innovantes, utiles et adapt&#233;es aux r&#233;alit&#233;s du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se structure la gamme MTN Satellite (communautaire, domicile, PME/entreprises) et &#224; quels besoins r&#233;pond chaque offre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Nous proposons une gamme structur&#233;e autour de trois grands usages :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une offre communautaire, destin&#233;e aux populations dans les villages (WiFi communautaire)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Une offre pour les domiciles, pour connecter les foyers situ&#233;s en dehors des zones bien couvertes&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Des offres pour les PME et les entreprises, avec des niveaux de service et de d&#233;bit adapt&#233;s aux besoins professionnels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est simple : rendre la connectivit&#233; accessible, avec une offre claire et adapt&#233;e &#224; chaque profil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il de l'installation et de l'accompagnement client, notamment pour les domiciles et les villages ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Nous avons con&#231;u un parcours simple, avec l'appui de nos &#233;quipes et de nos partenaires, afin de faciliter le d&#233;ploiement selon le contexte : installation au niveau d'un point communautaire pour le WiFi villageois, ou mise en place d'un kit d&#233;di&#233; pour les domiciles et les sites professionnels. L'objectif est d'assurer une mise en service rapide et un support de proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel impact attendez-vous, &#224; la fois &#233;conomique et social, pour la C&#244;te d'Ivoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : L'impact est multiple. Sur le plan &#233;conomique, cela permet notamment d'assurer la continuit&#233; des activit&#233;s, d'am&#233;liorer la productivit&#233;, de renforcer la comp&#233;titivit&#233; des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan social, cela contribue &#224; r&#233;duire la fracture num&#233;rique, &#224; faciliter l'acc&#232;s aux services essentiels et &#224; cr&#233;er de nouvelles opportunit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux connecter, c'est permettre d'agir davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la fiabilit&#233; et la s&#233;curit&#233;, quelles garanties donnez-vous aux clients ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : La priorit&#233;, c'est la continuit&#233; de service. Nous nous appuyons sur une infrastructure satellite robuste, un suivi op&#233;rationnel et un dispositif de support pour accompagner nos clients. Selon les besoins (domicile, PME, entreprise), nous proposons des options de service adapt&#233;es, afin de s&#233;curiser les usages et garantir une exp&#233;rience stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un dernier mot : quel message souhaitez-vous adresser aux Ivoiriens et aux acteurs &#233;conomiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Avec MTN Satellite, nous franchissons une &#233;tape importante. Notre ambition reste inchang&#233;e : connecter tous les Ivoiriens et accompagner tous les acteurs &#233;conomiques, partout o&#249; ils se trouvent. Nous apportons ainsi une r&#233;ponse concr&#232;te &#224; un besoin r&#233;el. Et nous continuerons d'investir pour aller encore plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.agenceecofin.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agence Ecofin&lt;/a&gt;, 14 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mamadou Ndao, du pionnier de l'Internet au c&#339;ur du gateway de Starlink avec Waw Telecom</title>
		<link>https://osiris.sn/mamadou-ndao-du-pionnier-de-l-internet-au-coeur-du-gateway-de-starlink-avec-waw.html</link>
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		<dc:date>2026-03-23T10:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dakar, dans un secteur des t&#233;l&#233;communications en pleine recomposition, le nom de Mamadou Ndao circule avec une certaine constance. Sans mise en sc&#232;ne ni effet d'annonce, cet ing&#233;nieur form&#233; en France fait partie de ceux qui ont vu na&#238;tre Internet au S&#233;n&#233;gal et qui, trois d&#233;cennies plus tard, participent &#224; en redessiner les contours &#224; l'&#232;re du satellite. Son parcours &#233;pouse, presque &#224; la lettre, l'histoire num&#233;rique du pays. Tout commence au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Dipl&#244;m&#233; en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-mars-2026-.html" rel="directory"&gt;Mars 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH138/mamadou_ndao-c4446.jpg?1778212024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='138' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dakar, dans un secteur des t&#233;l&#233;communications en pleine recomposition, le nom de Mamadou Ndao circule avec une certaine constance. Sans mise en sc&#232;ne ni effet d'annonce, cet ing&#233;nieur form&#233; en France fait partie de ceux qui ont vu na&#238;tre Internet au S&#233;n&#233;gal et qui, trois d&#233;cennies plus tard, participent &#224; en redessiner les contours &#224; l'&#232;re du satellite. Son parcours &#233;pouse, presque &#224; la lettre, l'histoire num&#233;rique du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout commence au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Dipl&#244;m&#233; en T&#233;l&#233;communications et R&#233;seaux &#224; Paris et Computer Science &#224; New-York, il fait ses premi&#232;res armes chez British Telecom. Mais tr&#232;s t&#244;t, une d&#233;cision s'impose : rentrer au S&#233;n&#233;gal. &#171; Le secteur en &#233;tait &#224; ses d&#233;buts. Il y avait tout &#224; construire &#187;, confie-t-il, sobrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, il est aux premi&#232;res loges du lancement de l'Internet dans le pays, au sein de Telecom Plus, alors filiale de Sonatel et de France T&#233;l&#233;com. &#192; l'&#233;poque, la priorit&#233; est institutionnelle : connecter la pr&#233;sidence, les minist&#232;res, les ambassades. Une infrastructure embryonnaire, mais fondatrice. &#171; C'est &#224; ce moment-l&#224; que tout a commenc&#233; &#187;, r&#233;sume-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vient le temps de l'expatriation. Pendant plus de vingt ans, Mamadou Ndao poursuit sa carri&#232;re aux &#201;tats-Unis, dans un environnement technologique en avance de phase. Une exp&#233;rience qui affine son regard et nourrit, en filigrane, une conviction : le S&#233;n&#233;gal devra, t&#244;t ou tard, combler son retard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il rentre au pays, au milieu des ann&#233;es 2010, le constat est sans appel. &#171; L'ADSL dominait encore, alors que la fibre s'imposait ailleurs &#187;, observe-t-il. Pour lui, l'enjeu n'est plus seulement d'&#233;tendre l'acc&#232;s &#224; Internet, mais d'en acc&#233;l&#233;rer la qualit&#233; et la disponibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'il prend la t&#234;te de la direction des op&#233;rations de Waw Telecom, un fournisseur d'acc&#232;s qui fait rapidement le pari de l'agilit&#233;. L'entreprise se distingue par des d&#233;lais d'installation r&#233;duits parfois moins de 48 heures et par une approche technologique alternative, baptis&#233;e &#171; fibre par air &#187;. Une solution radio avanc&#233;e, capable d'offrir des performances proches de la fibre, sans les contraintes des travaux lourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il fallait adapter les mod&#232;les aux r&#233;alit&#233;s locales. &#187;, explique-t-il. Une mani&#232;re, aussi, de bousculer un march&#233; longtemps domin&#233; par des infrastructures classiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des ann&#233;es, Waw Telecom &#233;largit son offre. Fibre, radio, solutions hybrides : l'op&#233;rateur se positionne progressivement sur tous les segments, du r&#233;sidentiel aux grandes entreprises. Mais c'est l'arriv&#233;e du satellite qui marque un tournant plus net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En devenant revendeur agr&#233;&#233; de Starlink au S&#233;n&#233;gal, l'entreprise entre dans une nouvelle phase. Elle assure notamment l'installation des &#233;quipements pour les clients professionnels et institutionnels. Une &#233;volution que Mamadou Ndao analyse sans emphase : &#171; Le satellite vient compl&#233;ter ce qui existe d&#233;j&#224;. Il permet surtout d'atteindre des zones qui restaient hors de port&#233;e. Contrairement &#224; certaines id&#233;es re&#231;ues, les donn&#233;es ne quittent pas directement le pays via le satellite. Elles transitent d'abord par un Gateway local avant d'&#234;tre achemin&#233;es via les c&#226;bles sous-marins. WAW Telecom a &#233;t&#233; choisi pour installer ce Gateway au S&#233;n&#233;gal pour Starlink. Cela garantit que les donn&#233;es restent sous contr&#244;le local, ce qui est essentiel en mati&#232;re de souverainet&#233; num&#233;rique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le d&#233;fi reste immense. Selon lui, plusieurs centaines de localit&#233;s &#233;chappent encore &#224; une couverture Internet fiable. Dans ces territoires, le satellite offre une r&#233;ponse imm&#233;diate. &#171; On peut aujourd'hui connecter des zones rurales avec des d&#233;bits &#233;lev&#233;s, parfois sup&#233;rieurs &#224; ceux de certaines zones urbaines &#187;, souligne-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;859&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/r_RQNvKOlEA&#034; title=&#034;Mamadou Ndao, du pionnier de l'Internet au c&#339;ur du gateway de Starlink avec Waw Telecom&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re cette avanc&#233;e technologique se joue une autre bataille, plus discr&#232;te : celle de la souverainet&#233; des donn&#233;es. Pour Mamadou Ndao, l'enjeu est manifeste : &#171; Le contr&#244;le local des flux est essentiel. Cela garantit que les donn&#233;es restent encadr&#233;es dans un environnement conforme aux r&#232;gles nationales. Contrairement &#224; une id&#233;e r&#233;pandue, les informations ne transitent pas directement vers l'&#233;tranger via les satellites. Elles passent d'abord par des infrastructures locales, les gateways ; avant d'&#234;tre achemin&#233;es vers les r&#233;seaux internationaux. Waw Telecom a &#233;t&#233; choisi pour participer &#224; leur d&#233;ploiement au S&#233;n&#233;gal. &#187; Une question strat&#233;gique, &#224; mesure que les usages num&#233;riques se g&#233;n&#233;ralisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette architecture, le r&#244;le des infrastructures neutres devient &#233;galement central. Waw Telecom a ainsi install&#233; son c&#339;ur de r&#233;seau au sein du data center de Onix, un hub qui permet de diversifier les acc&#232;s aux c&#226;bles sous-marins et de r&#233;duire la d&#233;pendance &#224; un nombre limit&#233; d'acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des infrastructures, Mamadou Ndao insiste sur les usages. Pour lui, la connectivit&#233; n'a de sens que si elle s'accompagne de services &#224; valeur ajout&#233;e : cloud local, objets connect&#233;s, solutions agricoles intelligentes. &#171; Un agriculteur peut aujourd'hui suivre ses cultures &#224; distance, optimiser l'irrigation, anticiper les rendements. Nous voulons aller au-del&#224; des infrastructures pour d&#233;velopper des services &#224; valeur ajout&#233;e. Cela inclut le triple play (internet, t&#233;l&#233;vision IP et t&#233;l&#233;phonie), mais aussi le cloud souverain et l'Internet des objets (IoT). L'objectif est de permettre &#224; tous les S&#233;n&#233;galais, y compris dans les zones rurales, de cr&#233;er, h&#233;berger et d&#233;velopper des solutions num&#233;riques. La comp&#233;tition se jouera d&#233;sormais au niveau des services &#187;, explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les zones rurales, Waw Telecom exp&#233;rimente aussi des mod&#232;les d'acc&#232;s &#224; bas co&#251;t, notamment &#224; travers des points Wi-Fi communautaires. Une approche pragmatique pour r&#233;duire la fracture num&#233;rique, encore marqu&#233;e entre centres urbains et p&#233;riph&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question du positionnement du S&#233;n&#233;gal dans l'&#233;cosyst&#232;me num&#233;rique africain. Sur ce point, Mamadou Ndao se veut mesur&#233;, mais d&#233;termin&#233;. &#171; Le pays a des atouts. Avec les bonnes infrastructures et les bons investissements, il peut jouer un r&#244;le r&#233;gional &#187;, estime-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence artificielle, notamment appliqu&#233;e aux langues locales, fait partie des pistes &#233;voqu&#233;es. Un levier, selon lui, pour &#233;largir l'acc&#232;s aux services num&#233;riques et renforcer l'inclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 30 ans de carri&#232;re, Mamadou Ndao ne revendique ni statut ni h&#233;ritage. Mais son parcours raconte, en creux, l'&#233;volution d'un secteur pass&#233; de quelques connexions institutionnelles &#224; une ambition de couverture quasi totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un paysage en mutation rapide, il continue d'avancer avec une ligne constante : adapter la technologie aux r&#233;alit&#233;s du terrain, sans perdre de vue les enjeux de long terme. Une mani&#232;re, peut-&#234;tre, de construire patiemment les fondations d'un S&#233;n&#233;gal connect&#233; &#8212; au-del&#224; des effets de mode et des annonces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;social Net Link&lt;/a&gt;, 23 mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bouna Manel Fall, expert en droit des m&#233;dias : &#171; La loi cr&#233;ant le Cnrm peut &#234;tre qualifi&#233;e d'avant-gardiste&#8230; &#187;</title>
		<link>https://osiris.sn/bouna-manel-fall-expert-en-droit-des-medias-la-loi-creant-le-cnrm-peut-etre.html</link>
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		<dc:date>2026-03-04T12:03:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Juriste sp&#233;cialis&#233; en droit des m&#233;dias, Bouna Manel Fall a pris part aux travaux d'&#233;laboration du projet de loi portant cr&#233;ation du Conseil national de r&#233;gulation des m&#233;dias (Cnrm). Il revient sur les enjeux de cette r&#233;forme, ses implications pour la libert&#233; de la presse et les d&#233;fis techniques li&#233;s &#224; la r&#233;gulation du paysage m&#233;diatique et num&#233;rique s&#233;n&#233;galais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est la pertinence du remplacement du Cnra par le Conseil national de r&#233;gulation des m&#233;dias ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le remplacement du Cnra par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-mars-2026-.html" rel="directory"&gt;Mars 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L109xH90/bouna_manel_fall-d705a.jpg?1778177980' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Juriste sp&#233;cialis&#233; en droit des m&#233;dias, Bouna Manel Fall a pris part aux travaux d'&#233;laboration du projet de loi portant cr&#233;ation du Conseil national de r&#233;gulation des m&#233;dias (Cnrm). Il revient sur les enjeux de cette r&#233;forme, ses implications pour la libert&#233; de la presse et les d&#233;fis techniques li&#233;s &#224; la r&#233;gulation du paysage m&#233;diatique et num&#233;rique s&#233;n&#233;galais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la pertinence du remplacement du Cnra par le Conseil national de r&#233;gulation des m&#233;dias ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le remplacement du Cnra par le Cnrm peut se justifier par la n&#233;cessit&#233; de renforcer la r&#233;gulation des m&#233;dias dans un contexte de profonde mutation du paysage m&#233;diatique s&#233;n&#233;galais. Le Cnrm a pour mission de r&#233;guler l'ensemble de la cha&#238;ne de valeur de l'information et de la communication, y compris les plateformes num&#233;riques et les cr&#233;ateurs de contenus, ce qui n'&#233;tait pas le cas du Cnra. Cette &#233;volution devrait permettre de mieux r&#233;pondre aux d&#233;fis actuels de la r&#233;gulation, notamment la lutte contre la d&#233;sinformation, la protection des droits des citoyens, ainsi que celle des professionnels de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains estiment que le Conseil national de r&#233;gulation des m&#233;dias remet en cause la libert&#233; de la presse &#224; travers certaines de ses dispositions. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que certaines dispositions de la loi cr&#233;ant le Cnrm ont suscit&#233; des inqui&#233;tudes quant au respect de la libert&#233; de la presse. Par exemple, les sanctions pr&#233;vues en cas de manquement aux obligations de r&#233;gulation peuvent &#234;tre per&#231;ues comme s&#233;v&#232;res et susceptibles de restreindre l'exercice de la libert&#233; d'expression. Toutefois, il convient de rappeler que le Cnrm a &#233;galement pour mission de prot&#233;ger les droits des citoyens et de promouvoir la diversit&#233; des m&#233;dias, notamment par une exigence accrue de transparence dans leur d&#233;marche &#233;ditoriale. Ces objectifs peuvent justifier certaines limitations, &#224; condition qu'elles soient proportionn&#233;es et conformes aux standards constitutionnels et internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi cette r&#233;forme prot&#232;ge-t-elle les citoyens, comme l'affirme l'autorit&#233; minist&#233;rielle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme instituant le Cnrm vise &#224; prot&#233;ger les citoyens en garantissant l'acc&#232;s &#224; une information de qualit&#233; et en assurant la protection de leurs droits fondamentaux, notamment le droit &#224; la vie priv&#233;e et le droit &#224; la protection contre les contenus faisant l'apologie de la violence ou de la haine. Le Cnrm est &#233;galement charg&#233; de promouvoir la diversit&#233; des m&#233;dias et de lutter contre la d&#233;sinformation, contribuant ainsi &#224; pr&#233;munir les citoyens contre les contenus toxiques ou manipulatoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette loi peut-elle &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme avant-gardiste au regard des tendances mondiales en mati&#232;re de r&#233;gulation des m&#233;dias et de la communication num&#233;rique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi cr&#233;ant le Cnrm peut &#234;tre qualifi&#233;e d'avant-gardiste dans la mesure o&#249; elle prend en compte les d&#233;fis contemporains li&#233;s &#224; la r&#233;gulation des plateformes num&#233;riques, &#224; la protection des droits des citoyens en ligne et &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des professionnels de l'information, notamment &#224; travers la question de la r&#233;mun&#233;ration des contenus repris par les plateformes. Toutefois, la r&#233;gulation des m&#233;dias et de la communication num&#233;rique demeure un domaine en constante &#233;volution, et les approches varient selon les contextes nationaux et r&#233;gionaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Cnrm disposera de comp&#233;tences larges, incluant la r&#233;gulation des r&#233;seaux sociaux, des cr&#233;ateurs de contenus et des Gafam. Techniquement, aura-t-il les moyens d'agir efficacement ? Cette mission n'est-elle pas trop lourde pour une seule entit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil national de r&#233;gulation des m&#233;dias disposera effectivement de comp&#233;tences &#233;tendues, ce qui soul&#232;ve des d&#233;fis techniques et op&#233;rationnels majeurs. Ces d&#233;fis sont de trois ordres. Premi&#232;rement, la r&#233;gulation des r&#233;seaux sociaux, des cr&#233;ateurs de contenus et des Gafam requiert des comp&#233;tences pointues en technologies num&#233;riques et en droit international. Deuxi&#232;mement, le Cnrm devra disposer de ressources humaines, techniques et financi&#232;res suffisantes pour exercer efficacement ses missions. Troisi&#232;mement, la coop&#233;ration avec les autorit&#233;s &#233;trang&#232;res et les entreprises technologiques sera indispensable pour garantir l'effectivit&#233; de la r&#233;gulation. Il est l&#233;gitime de consid&#233;rer que l'ampleur de cette mission peut para&#238;tre lourde pour une seule entit&#233;, compte tenu de la complexit&#233; et de la transversalit&#233; des enjeux. D&#232;s lors, une approche collaborative semble n&#233;cessaire. &#192; cet &#233;gard, plusieurs pistes peuvent &#234;tre envisag&#233;es : la mise en place d'un m&#233;canisme de r&#233;gulation concert&#233;e avec d'autres autorit&#233;s, telles que l'Autorit&#233; de r&#233;gulation des t&#233;l&#233;communications et des postes (Artp) et la Commission de protection des donn&#233;es personnelles (Cdp) ; le renforcement des capacit&#233;s techniques et institutionnelles du Cnrm, notamment en mati&#232;re de capital humain et de financement ; la clarification des r&#244;les et des responsabilit&#233;s respectifs des diff&#233;rentes autorit&#233;s impliqu&#233;es, dans le cadre d'une plateforme de r&#233;gulation coordonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par Elhadji Ibrahima Thiam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://lesoleil.sn/,&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Soleil&lt;/a&gt;, 4 mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien exclusif avec El Hadji Malick Gueye, Directeur g&#233;n&#233;ral de Wave Digital Finance</title>
		<link>https://osiris.sn/entretien-exclusif-avec-el-hadji-malick-gueye-directeur-general-de-wave-digital.html</link>
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		<dc:date>2026-02-19T14:36:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Wave S&#233;n&#233;gal porte le mobile money au-del&#224; du simple transfert d'argent, vers la mobilit&#233; urbaine et l'e-commerce &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au S&#233;n&#233;gal, l'inclusion financi&#232;re ne se limite plus au simple transfert d'argent : elle passe par l'acc&#232;s &#224; une palette &#233;largie de services num&#233;riques qui touchent le quotidien des citoyens et des entreprises. Wave, acteur majeur du mobile money dans le pays, a fait de cette vision sa priorit&#233;, sous l'impulsion de son Directeur g&#233;n&#233;ral, El Hadji Malick Gueye, Directeur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-fevrier-2026-.html" rel="directory"&gt;F&#233;vrier 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH90/el-hadji-malick-gueye-a5a24.png?1778212024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Wave S&#233;n&#233;gal porte le mobile money au-del&#224; du simple transfert d'argent, vers la mobilit&#233; urbaine et l'e-commerce &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au S&#233;n&#233;gal, l'inclusion financi&#232;re ne se limite plus au simple transfert d'argent : elle passe par l'acc&#232;s &#224; une palette &#233;largie de services num&#233;riques qui touchent le quotidien des citoyens et des entreprises. Wave, acteur majeur du mobile money dans le pays, a fait de cette vision sa priorit&#233;, sous l'impulsion de son Directeur g&#233;n&#233;ral, El Hadji Malick Gueye, Directeur g&#233;n&#233;ral de Wave Digital Finance. En &#233;largissant son offre au-del&#224; des paiements mobiles, vers des services tels que la mobilit&#233; urbaine et l'e-commerce, l'entreprise cherche &#224; connecter le paiement digital aux besoins &#233;conomiques concrets de millions de S&#233;n&#233;galais. Gr&#226;ce &#224; des innovations comme le ticket &#233;lectronique pour le Bus Rapid Transit (BRT) et le Train Express R&#233;gional (TER), ou la carte virtuelle Visa pour les achats en ligne, Wave transforme le paiement mobile en v&#233;ritable infrastructure &#233;conomique. Dans ce contexte, l'entreprise s'adapte &#233;galement aux r&#233;formes r&#233;glementaires r&#233;centes de la Banque Centrale des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), tout en pr&#233;parant de nouvelles solutions de cr&#233;dit, d'&#233;pargne et d'assurance, visant &#224; renforcer la digitalisation de l'&#233;conomie et &#224; favoriser une inclusion financi&#232;re durable. Cette interview explore la strat&#233;gie de diversification de Wave, les d&#233;fis &#224; relever et les perspectives de la fintech sur le march&#233; s&#233;n&#233;galais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Wave &#233;largit progressivement son offre au-del&#224; du paiement mobile. En quoi la diversification vers des services comme la mobilit&#233; urbaine ou l'e-commerce peut-elle renforcer l'inclusion financi&#232;re au S&#233;n&#233;gal ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inclusion financi&#232;re commence par l'acc&#232;s aux services financiers, mais elle ne peut plus se limiter aujourd'hui aux usages de base. Apr&#232;s les services dits de premi&#232;re et de deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration, l'enjeu pour Wave S&#233;n&#233;gal est devenu de connecter le paiement digital aux besoins &#233;conomiques concrets du quotidien, partout o&#249; un acte de paiement existe. C'est dans cette logique que nous avons &#233;largi notre offre vers des services &#224; fort impact, comme la mobilit&#233; urbaine. Avec le ticket &#233;lectronique int&#233;gr&#233; &#224; notre application, les usagers du Bus Rapid Transit (BRT) et du Train Express R&#233;gional (TER) peuvent acheter leurs titres de transport directement depuis leur t&#233;l&#233;phone. Au-del&#224; de la simplicit&#233;, cela contribue &#224; r&#233;duire l'usage du cash, &#224; fluidifier les d&#233;placements urbains et &#224; familiariser des millions de voyageurs avec le paiement num&#233;rique dans un contexte r&#233;current et structurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;galement travaill&#233; &#224; d&#233;mocratiser l'acc&#232;s &#224; l'e-commerce. La carte virtuelle Visa permet d&#233;sormais &#224; nos clients de payer en ligne sur des plateformes de commerce &#233;lectronique, d'abonnement, de billetterie, de streaming ou de services num&#233;riques, avec un haut niveau de s&#233;curit&#233;. Pour de nombreux utilisateurs, il s'agit d'un premier acc&#232;s aux paiements en ligne, l&#224; o&#249; les moyens de paiement traditionnels restent peu accessibles. Cette diversification renforce l'inclusion financi&#232;re parce qu'elle multiplie les usages utiles du paiement digital, au-del&#224; du simple transfert d'argent. Elle permet aux utilisateurs d'exp&#233;rimenter les services financiers num&#233;riques tout au long de leur journ&#233;e (se d&#233;placer, consommer, acc&#233;der &#224; des services) sans recourir &#224; la liquidit&#233;. C'est ainsi que le mobile money devient une v&#233;ritable infrastructure &#233;conomique, au service de l'inclusion, mais aussi de la transformation digitale du S&#233;n&#233;gal. Bien entendu, Wave entend jouer dans ce cadre un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont aujourd'hui les obstacles majeurs &#224; l'int&#233;gration de services comme le transport ou l'e-commerce dans l'&#233;cosyst&#232;me Wave ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de d&#233;fis, les obstacles &#224; l'int&#233;gration de services tels que le transport ou l'e-commerce sont moins technologiques que structurels et comportementaux. Sur la mobilit&#233; urbaine, le principal d&#233;fi reste la g&#233;n&#233;ralisation du paiement digital au-del&#224; des transports formels. Aujourd'hui, pr&#232;s de 90 % des d&#233;placements urbains s'effectuent encore via des transports classiques (cars rapides, bus Tata, clandos) largement domin&#233;s par le cash. L'enjeu est donc de b&#226;tir des partenariats pragmatiques avec cet &#233;cosyst&#232;me fragment&#233; afin de d&#233;ployer des solutions simples, adapt&#233;es aux r&#233;alit&#233;s des transporteurs et accept&#233;es par les usagers. Concernant l'e-commerce, le d&#233;fi est avant tout celui de l'appropriation des usages. Beaucoup d'utilisateurs acc&#232;dent pour la premi&#232;re fois au paiement en ligne. Cela n&#233;cessite un travail continu de p&#233;dagogie, de confiance et de s&#233;curisation, pour permettre aux consommateurs comme aux commer&#231;ants de tirer pleinement parti de ces services. Nous restons convaincus que l'int&#233;gration du paiement digital dans ces secteurs est un processus progressif, qui repose autant sur l'innovation que sur l'adh&#233;sion des acteurs et des utilisateurs. C'est l&#224; que se joue la prochaine &#233;tape de l'inclusion financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;formes r&#233;centes appliqu&#233;es sur l'industrie du mobile money. Comment Wave per&#231;oit-elle l'&#233;volution r&#233;cente du cadre r&#233;glementaire ? Comment Wave s'adapte-t-elle aux nouvelles exigences de la BCEAO, notamment en mati&#232;re de conformit&#233;, KYC et gestion des risques ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre r&#233;glementaire du mobile money &#233;volue naturellement avec la mont&#233;e en puissance du secteur. L'arriv&#233;e de nouveaux acteurs, la multiplication des partenariats et l'augmentation rapide des volumes ont conduit les autorit&#233;s, notamment la BCEAO, &#224; renforcer les exigences en mati&#232;re de conformit&#233;, de KYC et de gestion des risques. Ces r&#233;formes r&#233;pondent &#224; un double objectif : s&#233;curiser l'&#233;cosyst&#232;me tout en consolidant les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s en mati&#232;re d'inclusion financi&#232;re au sein de l'UEMOA, particuli&#232;rement au S&#233;n&#233;gal. Chez Wave, nous abordons ces &#233;volutions r&#233;glementaires comme un levier de structuration et de confiance, et non comme une contrainte. En tant qu'entit&#233; r&#233;gul&#233;e, nous appliquons strictement l'ensemble des dispositions qui encadrent nos op&#233;rations. En mati&#232;re de KYC, un travail rigoureux de mise &#224; niveau et de fiabilisation de notre base de donn&#233;es a &#233;t&#233; men&#233;, afin d'am&#233;liorer la qualit&#233; de l'identification des utilisateurs, la tra&#231;abilit&#233; des transactions et la capacit&#233; de d&#233;tection des risques, dans le respect du cadre juridique national et r&#233;gional. La question de l'identification est en effet centrale, car elle constitue la premi&#232;re &#233;tape de l'inclusion financi&#232;re. Selon la Banque mondiale, pr&#232;s de 22 % de la population mondiale ne dispose pas de documents d'identit&#233; reconnus, un taux qui d&#233;passe 40 % dans certains pays africains. Au S&#233;n&#233;gal, ce chiffre est estim&#233; autour de 18 %, ce qui montre &#224; la fois les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s et le travail restant &#224; accomplir. Dans ce contexte, notre r&#244;le consiste &#224; concilier exigences r&#233;glementaires, innovation technologique et r&#233;alit&#233; sociale, afin de permettre une inclusion financi&#232;re durable et s&#233;curis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#233;valuez-vous l'environnement des affaires au S&#233;n&#233;gal pour une fintech comme Wave aujourd'hui ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous comptons environ 38 millions de comptes mobile money ouverts, avec une utilisation en forte progression. En 2023, le volume des transactions a augment&#233; de pr&#232;s de 45 %, pour atteindre environ 2,1 milliards d'op&#233;rations, repr&#233;sentant une valeur cumul&#233;e de plus de 38 000 milliards de FCFA &#224; fin d&#233;cembre. Ces chiffres illustrent l'int&#233;gration croissante du paiement digital dans l'&#233;conomie s&#233;n&#233;galaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Wave S&#233;n&#233;gal, cette dynamique est &#224; la fois un motif de satisfaction et un levier d'encouragement pour aller plus loin dans la d&#233;mocratisation des services financiers, au b&#233;n&#233;fice des m&#233;nages, des commer&#231;ants et de l'&#233;conomie informelle. Cet environnement reste toutefois exigeant et &#233;volutif. Le renforcement du cadre r&#233;glementaire et les discussions fiscales, notamment autour de la nouvelle taxe dite TTA, introduisent une part d'incertitude. Nous en comprenons pleinement les motivations et adh&#233;rons &#224; l'objectif de contribution du secteur &#224; l'effort national. N&#233;anmoins, il est important que la conception et la mise en &#339;uvre de cette taxe restent justes et &#233;quilibr&#233;es, afin de pr&#233;server la dynamique du secteur et de ne pas peser excessivement sur le pouvoir d'achat des usagers, qui sont au c&#339;ur de l'inclusion financi&#232;re. Dans ce contexte, le dialogue entre autorit&#233;s et acteurs du secteur est essentiel pour garantir un cadre &#224; la fois soutenable, pr&#233;visible et favorable &#224; l'innovation. Le mobile money demeure un pilier de l'inclusion financi&#232;re et un moteur cl&#233; de la transformation &#233;conomique du S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec la concurrence croissante dans le mobile money, quelles sont les priorit&#233;s de Wave pour consolider sa pr&#233;sence sur le march&#233; s&#233;n&#233;galais ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, notre priorit&#233; reste claire : d&#233;mocratiser durablement l'acc&#232;s aux services financiers en ancrant le paiement num&#233;rique dans le quotidien des S&#233;n&#233;galaises et des S&#233;n&#233;galais. Cela passe par le d&#233;ploiement de solutions de paiement partout o&#249; un besoin &#233;conomique existe. Apr&#232;s la mobilit&#233; urbaine et l'e-commerce, nous poursuivons une diversification sectorielle cibl&#233;e vers d'autres secteurs &#224; forte valeur ajout&#233;e et &#224; fort volume d'usages, afin de multiplier les occasions d'utilisation du paiement digital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie vise &#224; installer des habitudes durables de paiement num&#233;rique, au-del&#224; des transferts classiques. Dans un march&#233; concurrentiel, la diff&#233;renciation repose avant tout sur la valeur cr&#233;&#233;e pour les usagers, en termes de simplicit&#233;, d'accessibilit&#233; et d'utilit&#233;. &#192; terme, cette approche contribue &#224; renforcer la pr&#233;sence de Wave sur le march&#233; s&#233;n&#233;galais tout en accompagnant la digitalisation progressive de l'&#233;conomie et l'inclusion financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels investissements ou nouvelles offres la population s&#233;n&#233;galaise peut-elle attendre de Wave dans les prochaines ann&#233;es ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les prochains mois, notre objectif est clair : &#233;largir progressivement la gamme de services financiers accessibles via Wave, au-del&#224; du paiement. Nous travaillons activement sur des services autour du cr&#233;dit, de l'&#233;pargne et, &#224; terme, de l'assurance, avec une approche adapt&#233;e aux r&#233;alit&#233;s du march&#233; s&#233;n&#233;galais. L'ambition est de proposer des solutions simples, responsables et accessibles, qui r&#233;pondent &#224; des besoins concrets du quotidien, notamment pour des populations et des acteurs &#233;conomiques encore peu servis par les circuits financiers traditionnels. Ces services seront con&#231;us de mani&#232;re progressive, en tenant compte des exigences r&#233;glementaires, de la gestion des risques et de la protection des usagers. L'enjeu n'est pas de reproduire des mod&#232;les bancaires classiques, mais de tirer parti du digital et de la donn&#233;e pour offrir des services financiers plus inclusifs, mieux cibl&#233;s et int&#233;gr&#233;s aux usages existants. &#192; travers ces investissements, Wave entend accompagner une nouvelle &#233;tape de la finance digitale au S&#233;n&#233;gal : une finance plus compl&#232;te, plus utile et plus proche des besoins r&#233;els de l'&#233;conomie et des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;http://www.financialafrik.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Financial Afrik&lt;/a&gt;, 18 f&#233;vrier 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Les cr&#233;ateurs de contenus ont r&#233;ussi &#224; transformer leur influence digitale en un levier de mobilisation des masses &#187; (2/3)</title>
		<link>https://osiris.sn/les-createurs-de-contenus-ont-reussi-a-transformer-leur-influence-digitale-en.html</link>
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		<dc:date>2026-02-17T16:50:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; 30 ans, Omar Africa, de son vrai nom Oumar Soumar&#233;, fait partie de cette nouvelle g&#233;n&#233;ration de cr&#233;ateurs de contenus qui a fa&#231;onn&#233; la mobilisation politique et citoyenne au S&#233;n&#233;gal. Apr&#232;s plusieurs ann&#233;es pass&#233;es dans le Royaume ch&#233;rifien, il rentre au S&#233;n&#233;gal en 2021, m&#251; par le d&#233;sir de servir son pays et d'accompagner un projet politique qu'il juge porteur d'espoir. M. Soumar&#233; revient, dans cet entretien, sur son r&#244;le aux c&#244;t&#233;s de Pastef, l'impact des r&#233;seaux sociaux, &#171; nouveaux m&#233;dias (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://osiris.sn/-fevrier-2026-.html" rel="directory"&gt;F&#233;vrier 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/oumar-ba352.webp?1778212024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; 30 ans, Omar Africa, de son vrai nom Oumar Soumar&#233;, fait partie de cette nouvelle g&#233;n&#233;ration de cr&#233;ateurs de contenus qui a fa&#231;onn&#233; la mobilisation politique et citoyenne au S&#233;n&#233;gal. Apr&#232;s plusieurs ann&#233;es pass&#233;es dans le Royaume ch&#233;rifien, il rentre au S&#233;n&#233;gal en 2021, m&#251; par le d&#233;sir de servir son pays et d'accompagner un projet politique qu'il juge porteur d'espoir. M. Soumar&#233; revient, dans cet entretien, sur son r&#244;le aux c&#244;t&#233;s de Pastef, l'impact des r&#233;seaux sociaux, &#171; nouveaux m&#233;dias &#187;, la vie publique et la responsabilit&#233; qui incombe aux cr&#233;ateurs de contenus dans l'espace public s&#233;n&#233;galais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le parti Pastef a b&#226;ti une grande partie de sa victoire sur la mobilisation des jeunes via les plateformes num&#233;riques. Comment analysez-vous le r&#244;le jou&#233; par les cr&#233;ateurs de contenus lors de l'&#233;lection de mars 2024 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire du parti Pastef lors de la derni&#232;re pr&#233;sidentielle du 24 mars 2024 est la cons&#233;cration des r&#233;seaux sociaux sur les m&#233;dias traditionnels. En r&#233;alit&#233;, derri&#232;re cette victoire remport&#233;e haut la main, on voit clairement, au fil des ann&#233;es, que les r&#233;seaux sociaux sont devenus de v&#233;ritables terrains de chasse pour le Pastef. C'est la raison pour laquelle beaucoup de personnalit&#233;s de l'ancien r&#233;gime surnommaient Ousmane Sonko &#171; candidat des r&#233;seaux sociaux &#187; et on a bien vu o&#249; &#231;a les a men&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, si on remonte dans le temps, avec ses d&#233;buts fulgurants jusqu'&#224; l'exercice du pouvoir, on voit bien le grand apport de ces plateformes digitales depuis l'arriv&#233;e de Pastef au pouvoir. Pour la premi&#232;re fois, les cr&#233;ateurs de contenus ont r&#233;ussi &#224; transformer leur influence digitale en un levier de mobilisation des masses. Gr&#226;ce aux diff&#233;rentes plateformes comme TikTok, Facebook, X (ex-Twitter) ou encore WhatsApp, nous avons &#233;veill&#233; une conscience critique chez les jeunes qui n'avaient pas toujours acc&#232;s aux m&#233;dias traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu de ces vid&#233;os produites &#233;tait vari&#233;, avec de petites s&#233;quences explicatives et des appels &#224; la mobilisation lors des manifestations politiques du parti. Cette diversit&#233; de contenus propos&#233;s sur les r&#233;seaux sociaux a permis de toucher toutes les cat&#233;gories de jeunes, des &#233;l&#232;ves aux &#233;tudiants, des travailleurs aux S&#233;n&#233;galais de la diaspora. Les cr&#233;ateurs de contenus ont ainsi jou&#233; un r&#244;le de passerelle entre la politique et la population en rendant l'information accessible instantan&#233;ment, toujours avec comme cible pr&#233;cise la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis l'av&#232;nement de Pastef jusqu'&#224; son accession au pouvoir, en mars 2024, les m&#233;dias traditionnels ont &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233; au profit des r&#233;seaux sociaux. En tant que cr&#233;ateur de contenus, comment le voyez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que cela s'explique par plusieurs raisons. Aujourd'hui, les m&#233;dias occupent certes une place importante dans la soci&#233;t&#233; s&#233;n&#233;galaise, mais il faut reconna&#238;tre qu'&#224; l'&#233;poque il y avait une bonne partie de ces supports traditionnels trop proche du pouvoir. Ceci ne permettait pas une diffusion &#233;quilibr&#233;e et sans filtre des messages de l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une occasion en or saisie par Pastef et son leader qui ont utilis&#233; les r&#233;seaux sociaux pour vulgariser leur message et atteindre directement la population cibl&#233;e sans filtre ni d&#233;formation des &#233;v&#233;nements. Parall&#232;lement &#224; ces m&#233;dias traditionnels, les r&#233;seaux sociaux ont offert un espace de libert&#233;, o&#249; la communication du parti &#233;tait plus directe avec les jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces plateformes digitales, Pastef et ses leaders ont trouv&#233; des cr&#233;ateurs de contenus capables de faire passer les informations selon leur convenance. C'est bien gr&#226;ce &#224; ce lien familier que les relations se sont renforc&#233;es entre le parti et les jeunes. En r&#233;alit&#233;, ce changement radical passant des m&#233;dias traditionnels aux r&#233;seaux sociaux refl&#232;te aussi une transformation profonde dans notre mani&#232;re de consommer l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pastef et son leader, Ousmane Sonko, ont organis&#233; un meeting politique le samedi 8 novembre 2025. En tant que cr&#233;ateur de contenus, comment avez-vous travaill&#233; avec les membres du parti pour vulgariser cette manifestation politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce meeting, l'objectif &#233;tait clair. D'abord, il &#233;tait question de faire en sorte que l'information circule largement en direction des populations, notamment les jeunes, afin qu'ils s'informent davantage via les r&#233;seaux sociaux sur les tenants et aboutissants de cette manifestation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie reposait sur une communication simple et centr&#233;e sur les militants ; d'o&#249; qu'ils se situent. En effet, la r&#233;alisation des formats courts et interactifs a &#233;t&#233; privil&#233;gi&#233;e afin de permettre une compr&#233;hension rapide des messages cl&#233;s transmis aux jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, l'autre objectif &#233;tait de cr&#233;er un contenu fid&#232;le &#224; l'&#233;v&#233;nement, sans artifices, pour que ceux qui n'&#233;taient pas pr&#233;sents puissent ressentir l'ambiance et la ferveur populaire. Ce type de contenus touche davantage les jeunes, car il rappelle que derri&#232;re les simples discours, il y a bien encore des citoyens avec de fortes convictions sur le projet mis en place par Pastef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de cette manifestation politique a &#233;t&#233; favoris&#233; par une collaboration avec d'autres cr&#233;ateurs de contenus afin d'&#233;largir la port&#233;e de nos publications sur les r&#233;seaux sociaux. Ce travail d'&#233;quipe a permis une diffusion simultan&#233;e et virale du meeting au niveau national et dans la diaspora s&#233;n&#233;galaise &#224; travers les plateformes digitales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes un cr&#233;ateur de contenus affili&#233; au Pastef. Aujourd'hui, apr&#232;s l'accession au pouvoir du parti, collaborez-vous avec des institutions &#233;tatiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, nous collaborons, aujourd'hui, avec certaines institutions publiques, mais toujours dans un esprit de b&#233;n&#233;volat et d'engagement citoyen. Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir de Pastef, j'ai eu l'occasion de travailler avec diff&#233;rents minist&#232;res pour mettre en lumi&#232;re les actions gouvernementales, pr&#233;cis&#233;ment celles qui ont un impact direct sur la jeunesse et le d&#233;veloppement du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai r&#233;cemment mobilis&#233; plusieurs cr&#233;ateurs de contenus pour assurer la couverture de la Journ&#233;e mondiale de l'&#233;pargne (le 31 octobre 2025) du minist&#232;re de l'&#201;conomie sociale et solidaire. Cette initiative illustre parfaitement notre volont&#233; de contribuer, &#224; notre &#233;chelle, &#224; la vulgarisation des politiques publiques et la sensibilisation des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons &#233;galement montrer que les cr&#233;ateurs de contenus peuvent aussi &#234;tre des relais cr&#233;dibles entre les institutions &#233;tatiques et la population en transmettant l'information de fa&#231;on authentique et accessible au plus grand nombre. Cependant, il est important de pr&#233;ciser que nous le faisons sans attendre de contrepartie financi&#232;re, car notre engagement repose g&#233;n&#233;ralement sur la conviction que la communication doit, pas &#224; pas, accompagner le changement du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est l'impact r&#233;el de cette communication num&#233;rique sur la perception du gouvernement par la jeunesse s&#233;n&#233;galaise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communication num&#233;rique a profond&#233;ment transform&#233; la mani&#232;re dont les S&#233;n&#233;galais per&#231;oivent l'action gouvernementale. Aujourd'hui, les jeunes pr&#234;tent une oreille attentive &#224; la gestion des affaires de la cit&#233;. Gr&#226;ce aux plateformes num&#233;riques, les informations circulent plus vite et atteignent rapidement les jeunes, la v&#233;ritable cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En clair, en suivant bien les algorithmes, les jeunes ne regardent plus attentivement les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s parce que tout se joue maintenant dans la spontan&#233;it&#233; des r&#233;seaux sociaux. Ce qui change la donne, c'est que la communication n'est plus verticale, c'est-&#224;-dire du gouvernement vers le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, avec l'installation du Bureau d'information et communication gouvernementale (Bic-Gouv), cette communication est devenue plus horizontale et participative &#224; l'&#233;gard de la population. Les S&#233;n&#233;galais se sentent davantage impliqu&#233;s puisqu'ils peuvent s'exprimer librement et m&#234;me interpeller les autorit&#233;s s&#233;n&#233;galaises sur la gestion des affaires de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela cr&#233;e une nouvelle proximit&#233; entre le pouvoir et la population, mais aussi une forme de vigie citoyenne pour contr&#244;ler les politiques publiques de l'&#201;tat. Cela pousse les gouvernants &#224; plus de transparence, car ils savent que la jeunesse est &#233;veill&#233;e et s'int&#233;resse aux d&#233;bats publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; Par Mamadou Elhadji Ly&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://lesoleil.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Soleil&lt;/a&gt;, 17 f&#233;vrier2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Khaby Lame, le cr&#233;ateur le plus suivi sur TikTok : quand un hafiz devient un actif num&#233;rique mondial</title>
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		<dc:date>2026-02-16T16:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il s'appelle Khabane Lame, mais le monde entier le conna&#238;t sous le nom de Khaby Lame. Natif de Dakar, il est aujourd'hui le cr&#233;ateur de contenus le plus suivi sur TikTok avec plus de 160 millions d'abonn&#233;s : un record mondial obtenu sans prononcer un seul mot. Depuis janvier 2026, il est aussi le premier homme qui a autoris&#233; la cession commerciale de son image num&#233;rique pour pr&#232;s d'un milliard de dollars. Or, Khaby Lame est &#233;galement exceptionnel sur un point que les m&#233;dias occidentaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://osiris.sn/local/cache-vignettes/L145xH150/khaby_lame-5-d04e4.jpg?1778212024' class='spip_logo spip_logo_right' width='145' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il s'appelle Khabane Lame, mais le monde entier le conna&#238;t sous le nom de Khaby Lame. Natif de Dakar, il est aujourd'hui le cr&#233;ateur de contenus le plus suivi sur TikTok avec plus de 160 millions d'abonn&#233;s : un record mondial obtenu sans prononcer un seul mot. Depuis janvier 2026, il est aussi le premier homme qui a autoris&#233; la cession commerciale de son image num&#233;rique pour pr&#232;s d'un milliard de dollars. Or, Khaby Lame est &#233;galement exceptionnel sur un point que les m&#233;dias occidentaux mentionnent rarement : il est musulman pratiquant et hafiz, c'est-&#224;-dire qu'il a m&#233;moris&#233; l'int&#233;gralit&#233; du Coran, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; envoy&#233; &#224; l'&#226;ge de 14 ans dans une &#233;cole coranique pr&#232;s de Dakar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tension entre le corps sacr&#233; du hafiz et la marchandisation des attributs corporels num&#233;ris&#233;s de l'influenceur fait de son parcours un cas d'une richesse exceptionnelle pour interroger les enjeux de la num&#233;risation des donn&#233;es personnelles de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes recherches portent sur l'identit&#233; num&#233;rique, les mythes sociotechnologiques et les identit&#233;s num&#233;riques post-mortem. J'explique ici comment Khaby Lame, &#224; partir de sa pr&#233;carit&#233;, a construit une identit&#233; comique universelle sur TikTok.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la banlieue de Turin au sommet mondial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Khaby Lame est structur&#233;e comme un mythe contemporain au sens plein du terme, non pas parce qu'elle serait invraisemblable, mais parce qu'elle rejoue les structures narratives fondatrices de la modernit&#233; num&#233;rique : la pr&#233;carit&#233; comme point de d&#233;part, la solitude cr&#233;atrice comme &#233;preuve initiatique, et la reconnaissance mondiale comme horizon. Ce que le penseur fran&#231;ais Roland Barthes appelait la &#171; parole mythique &#187;, ce r&#233;cit qui se donne comme naturel alors qu'il est profond&#233;ment construit est ici pleinement op&#233;rant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2020, au d&#233;but de la pand&#233;mie de Covid-19, Khaby Lame se retrouve sans emploi, confin&#233; dans un logement social de la banlieue de Turin, en Italie, apr&#232;s avoir perdu son poste d'ouvrier. De ce d&#233;nuement na&#238;t une d&#233;cision simple : filmer. En dix-sept mois seulement, il d&#233;passe les 100 millions d'abonn&#233;s, devenant le premier cr&#233;ateur r&#233;sidant en Europe &#224; atteindre ce cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que ce r&#233;cit met en sc&#232;ne, c'est la promesse que TikTok vend avec constance : la plateforme comme ascenseur social, le t&#233;l&#233;phone portable comme outil de connexion imm&#233;diate entre le talent et la reconnaissance. Ce mythe de l'&#233;mergence spontan&#233;e m&#233;rite d'&#234;tre examin&#233; plut&#244;t que simplement c&#233;l&#233;br&#233;. Il occulte la part de travail, de calcul, et surtout de contingence algorithmique qui pr&#233;side &#224; toute trajectoire virale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La grammaire du corps universel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui distingue fondamentalement Khaby Lame de la quasi-totalit&#233; des cr&#233;ateurs qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;, c'est le r&#233;gime s&#233;miotique qu'il a invent&#233;, ou plut&#244;t r&#233;activ&#233;, car il s'inscrit dans une g&#233;n&#233;alogie comique tr&#232;s ancienne. Certains le comparent &#224; Charlie Chaplin, d'autres &#224; Buster Keaton, tous deux acteurs et r&#233;alisateurs du cin&#233;ma muet burlesque hollywoodien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Khaby Lame renoue avec les codes du cin&#233;ma comique muet hollywoodien des ann&#233;es 1930 initi&#233; par Charlie Chaplin : du mime, des regards appuy&#233;s, pas de textes, et de sayn&#232;tes (courtes sc&#232;nes th&#233;&#226;trales) burlesques porteuses de messages. Mais la filiation chaplinesque s'arr&#234;te l&#224;, car les deux hommes habitent leur corps de fa&#231;ons radicalement diff&#233;rentes. Les films de Chaplin int&#232;grent des moments &#233;mouvants marqu&#233;s par des th&#232;mes sociaux et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charlot est le vagabond pr&#233;caire qui r&#233;siste au monde industriel, un corps politiquement engag&#233;. Son corps de sc&#232;ne prend parti pour les opprim&#233;s, pour les pers&#233;cut&#233;s, pour les pr&#233;caires du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;canique comique de Khaby Lame est, elle, davantage keatonienne. Il utilise uniquement son visage souvent exasp&#233;r&#233; pour mettre en lumi&#232;re l'absurdit&#233; des vid&#233;os qui pr&#233;tendent simplifier les t&#226;ches quotidiennes mais ne font que les compliquer. Une impassibilit&#233; absolue face &#224; l'absurde, que Buster Keaton avait port&#233; &#224; son point de perfection avec son c&#233;l&#232;bre &#171; Great Stone Face &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; o&#249; la structure comique est keatonienne, le rapport au corps ne l'est pas du tout : toute sa vie, Keaton est rest&#233; compl&#232;tement indiff&#233;rent &#224; la religion ou &#224; la m&#233;taphysique sous quelque forme que ce soit. Dans un sens pratique, la seule religion de Keaton semble avoir &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre et le cin&#233;ma. Keaton incarnait un corps sans ciel au-dessus de lui, un corps radicalement la&#239;que, disponible &#224; l'absurde sans recours &#224; aucune transcendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Khaby Lame est l'exact inverse sur ce point. Son corps n'est pas sans ciel : c'est le corps d'un hafiz. Et c'est cette irr&#233;ductible diff&#233;rence qui rend la dissociation de l'identit&#233; num&#233;rique en 2026 si troublante. Cet humour sans paroles lui permet de construire un public mondial car il n'y a aucune barri&#232;re linguistique, de la m&#234;me fa&#231;on que les stars du cin&#233;ma muet telles que Charlie Chaplin sont devenues des ic&#244;nes mondiales il y a un si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TikTok a d'ailleurs optimis&#233; ses m&#233;canismes de recommandation pour favoriser ce type de contenu lisible par tous. L&#224; o&#249; Chaplin avait besoin de la salle obscure, Khaby Lame n'a besoin que d'un t&#233;l&#233;phone et d'un algorithme. La grammaire est la m&#234;me ; le dispositif de diffusion a mut&#233; radicalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dissociation de l'identit&#233; num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2026, ce corps expressif si soigneusement construit devient officiellement un actif financier. Khaby Lame c&#232;de sa soci&#233;t&#233; Step Distinctive Limited pour 975 millions de dollars &#224; Rich Sparkle, une soci&#233;t&#233; cot&#233;e en bourse bas&#233;e &#224; Hong Kong. L'accord inclut la cession des droits d'utilisation de son image, de sa voix et de ses mod&#232;les comportementaux, destin&#233;s au d&#233;veloppement d'un jumeau num&#233;rique aliment&#233; par l'intelligence artificielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jumeau num&#233;rique sera utilis&#233; pour des contenus multilingues, notamment publicitaires et promotionnels, permettant &#224; des entreprises de lancer des campagnes dans plusieurs pays sans que Khaby soit physiquement pr&#233;sent. Selon Rich Sparkle, l'exploitation de ce jumeau num&#233;rique pourrait g&#233;n&#233;rer plus de 4 milliards de dollars de ventes annuelles, via son double qui cr&#233;era du contenu commercial multilingue (livestream e-commerce, un format d&#233;j&#224; dominant en Asie), pouvant &#234;tre diffus&#233; simultan&#233;ment dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transaction signe un passage de seuil : celui o&#249; l'identit&#233; num&#233;rique cesse d'&#234;tre une repr&#233;sentation de soi pour devenir un actif dissociable de la personne qui lui a donn&#233; naissance. Pour la premi&#232;re fois, un cr&#233;ateur serait consid&#233;r&#233; non pas comme un ambassadeur de marque, mais comme une marque &#224; part enti&#232;re, note le journal italien Corriere della Sera. Ce que ce journal formule en termes commerciaux peut se reformuler en termes th&#233;oriques : les attributs num&#233;riques de Khaby Lame sont d&#233;sormais l&#233;galement s&#233;parables de Khaby Lame lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jumeau num&#233;rique est, en ce sens, le corps keatonien r&#234;v&#233; par le capitalisme de plateforme : impassible, reproductible, sans int&#233;riorit&#233;, disponible sur tous les fuseaux horaires. Il prend la structure comique de Keaton et en fait un actif industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un corps infiniment reproductible et polys&#233;mique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste signature de Khaby Lame (les deux paumes ouvertes tourn&#233;es vers le ciel) semble universellement lisible comme expression de stup&#233;faction bienveillante. Mais il est profond&#233;ment polys&#233;mique : dans la tradition islamique comme dans de nombreuses cultures africaines, ce m&#234;me geste est celui du dua, la supplique adress&#233;e &#224; Dieu les mains tendues vers le ciel. Ce que des millions de spectateurs lisent comme une signature comique porte, superpos&#233;e &#224; elle, la m&#233;moire gestuelle d'une tradition spirituelle. Le corps du hafiz ne parle pas d'une seule voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le double num&#233;rique de Khaby Lame n'est pas une simple image : c'est une entit&#233; qui agit en son nom, qui parle avec sa voix, qui produit avec ses gestes caract&#233;ristiques. Ce n'est plus de la repr&#233;sentation, c'est de la d&#233;l&#233;gation de sa mani&#232;re d'&#234;tre et d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un miroir tendu au continent africain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes mains ouvertes, le m&#234;me regard expressif, la m&#234;me voix qui port&#232;rent jadis les sourates du Coran dans une &#233;cole de Dakar sont aujourd'hui les attributs d'une transaction commerciale &#233;valu&#233;e &#224; pr&#232;s d'un milliard de dollars. Khaby Lame n'a jamais instrumentalis&#233; sa foi pour son audience, et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette discr&#233;tion qui rend la tension analytiquement pr&#233;cieuse. N&#233;anmoins, on peut pressentir une tension &#233;thique dans cette cession de son identit&#233; agissante aux march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, pour la jeunesse africaine, et s&#233;n&#233;galaise en particulier, Khaby Lame incarne la possibilit&#233; que les espaces num&#233;riques constituent des territoires o&#249; les hi&#233;rarchies h&#233;rit&#233;es de l'histoire coloniale peuvent, au moins symboliquement, &#234;tre renvers&#233;es. D'un autre c&#244;t&#233;, dans cette transaction &#233;minemment capitaliste, un fils de la diaspora s&#233;n&#233;galaise autorise la reproduction &#224; l'infini de ses attributs num&#233;riques, livrant son corps &#224; l'exploitation m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie la cession de ses attributs num&#233;riques dans un monde o&#249; l'image des corps africains a si longuement &#233;t&#233; appropri&#233;e sans consentement ni compensation ? S'agit-il d'une victoire ou d'une nouvelle forme d'exploitation ? Les b&#233;n&#233;fices financiers peuvent-ils compenser la cession de son identit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le continent africain, qui produit de plus en plus de cr&#233;ateurs num&#233;riques &#224; audience mondiale, aura collectivement &#224; construire des r&#233;ponses juridiques, &#233;thiques et culturelles &#224; ces questions. Qui contr&#244;le le double num&#233;rique d'un cr&#233;ateur ? Dans quel cadre normatif, occidental, asiatique, islamique ou africain, son exploitation est-elle jug&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Khaby Lame n'est pas seulement un ph&#233;nom&#232;ne de plateforme. Il est un r&#233;v&#233;lateur, et peut-&#234;tre, involontairement, un pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Conversation&lt;/a&gt;, 17 f&#233;vrier 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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