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Quant la chasse aux réservations fait rage et rapporte gros

jeudi 22 octobre 2009

Il y a quelques mois, le président de la République, Me Abdoulaye Wade, lors d’un discours, avait officiellement lâché le nom « Air Téranga International », histoire d’annoncer la création d’une nouvelle compagnie aérienne. Aussitôt, certains hommes d’affaires numériques se sont précipités sur le Net pour en faire un nom de domaine « airtérangainternational.com ». Résultat : si, un jour, les responsables de cette compagnie décident de créer un site avec le même nom c’est-à-dire « airterangainternational.com », ils seront obligés de la racheter des mains de l’homme qui venait de faire cette réservation numérique. Ainsi va le monde des affaires numériques. Et chaque jour que Dieu fait, de nombreux hommes d’affaires font la chasse aux discours, aux enseignes et autres projets pour en tirer des noms de domaines, dans l’espoir de les revendre gros ultérieurement. Un sens des affaires dont a fait montre l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, très intelligent en matière de Ntic. Lequel avait réservé à l’époque les noms de domaines www.sonatel.com et www.sonatel.org . Et lorsque les responsables de la Sonatel avaient voulu créer un site portant les mêmes noms, ils se sont rendu compte que les deux noms « sonatel.com » et sonatel.org » existaient déjà. Donc, il fallait identifier le propriétaire ou l’homme qui les avait réservés. L’homme, cétait un Paul Stewart, résidant aux Etats-Unis mais en réalité, ce Stewart n’était rien d’autre qu’un faux nez du maire de Thiès, M. Idrissa Seck. Lequel avait finalement revendu à 14 millions de francs cfa - du moins officiellement car on parle de 500 millions FCFA environ en réalité - ces deux noms de domaines à l’opérateur téléphonique national. « Vous voyez ! Avant de créer une société ou un parti politique, il faut d’abord s’assurer que le nom de domaine existe ou pas ! Sinon, vous serez obligés de le acheter à la personne qui l’avait réservé si vous voulez que le nom du site porte exactement le même nom que le parti ou la société » nous explique T. Cissé, un homme d’affaires « numérique » s’activant dans les Ntic. Et d’ajouter : Prenez l’exemple de l’Apr Yaakar de M. Macky Sall, il n’avait pas pris la précaution de faire une réservation numérique. Après coup, il s’est rendu compte que « apryakar.com » et « apryakar.org » existent déjà comme noms de domaine. Certainement, ce sont des adversaires politiques ou des hommes d’affaites qui avaient pris les devants en utilisant le nom de son parti pour réserver un nom de domaine » ajoute notre spécialiste. Et notre interlocuteur en Ntic de nous raconter une anecdote : Depuis Amsterdam, il y a un homme d’affaires hollandais qui suit méticuleusement tous les discours et projets du président Abdoulaye Wade. Et dès qu’il prononce le nom d’une société ou d’un projet, l’homme d’affaires en question se précipite sur le net pour en faire une réservation. Même la statue de la renaissance africaine est tombée dans son portefeuille numérique sous le nom « statuedelarenaissanceafricaine.com ». Aujourd’hui, si Me Wade décidait de créer un site pour son monument, il serait obligé de racheter ce nom de domaine. Je suis persuadé que le toubab ne va pas le revendre à moins de 25 000 euros soit 165.000.000 FCFA alors que la réservation ne coûte que 35 euros, c’est-à-dire 22.000 FCFA/an » ajoute notre spécialiste. « Toutes les réservations sur le web tournent entre 5 et 35 euros/an. On paie avec la carte bancaire. Si, par extraordinaire, on oublie de renouveler la réservation, le nom tombe dans le domaine public, c’est-à-dire devient disponible » nous explique un acteur du numérique avant de nous préciser que des millions de noms de domaines sont réservés chaque jour sur le web.

Réserver un nom de domaine, c’est comme créer une adresse mail, cela se fait en quelques clics. Seulement, celui-ci a un prix !

Le nom de domaine est l’adresse textuelle permettant d’accéder facilement à une machine sur Internet, et en particulier à un site Web. Le caractère stratégique et distinctif du nom de domaine pour une entreprise, une organisation, un homme public ou politique, est désormais reconnu, au même titre que celui de la marque. Car il permet de véhiculer son image ou son message sur internet. « C’est la raison pour laquelle les noms de domaines ont acquis une valeur marchande » nous dit M. Cissé, notre expert en Ntic tout en précisant que le (com) est aujourd’hui l’extension préférée et la plus répandue au monde (environ 21.000.000 noms de domaine déposés en.com). A en croire notre spécialiste, il n’ya aucune restriction pour enregistrer un nom de domaine en. Com.

A cet effet, l’enregistrement prend quelques secondes et se fait sur la base du premier arrivé premier servi. Ainsi, étant donné que l’acquisition du nom de domaine est basée sur la règle du « premier arrivé, premier servi », il est de plus en plus courant que des lignes interviennent entre les propriétaires de marques et des déposants de noms de domaines. La technique consiste à déposer des noms de domaines disponibles correspondant à des marques notoires, dans le but de faire de la spéculation est appelée cybersquating ou grabing. Il y a quelques années, nous dit-on-on, certains cybersquatters ont réussi à toucher des sommes astronomiques grâce à cette pratique, mais aujourd’hui il existe une jurisprudence étoffée sur le sujet.

Face à la multiplication des litiges en matière d’utilisation des noms de domaines aussi bien en France que dans les autres pays, et compte tenu de la diversité des lois et des règlements de chacun des pays, l’organisme de gestion des noms de domaines : l’Internet Assigned Corporation for Assigned mames and Numbers (ICANN) a mis en place depuis le 1er décembre 1999 des principes directeurs définissant une réglementation uniforme par voie d’arbitrage pour régler certaines lignes relatifs aux noms de domaines. Courant octobre 2008, une enquête menée par la société Netcraft dénombrait plus de 182 226 259 noms de domaines dans le monde avec une croissance de 948 000 sites par rapport au mois précédent. « Ce chiffre doit atteindre aujourd’hui les 200 000 000 » nous explique M. Cissé. Qu’est-ce qui donne de la valeur à un nom de domaine ?

www.lemonumentdela renaissanceafricaine.com n’appartient pas au président Wade ! Selon l’explication de notre spécialiste, les noms de domaines comme www.senegal.com ou www.dakar.com sont des mots clés très expressifs parce qu’ils vous indiquent exactement de quoi est fait le site. Et les utilisateurs peuvent même taper directement ce nom dans la barre d’adresse. A ce sujet, ces noms de domaines n’appartiennent pas au Sénégal puisque le nom de domaine www.senegal.com est proposé à plus de 100 .000 euros soit 650 millions cfa, mais n’a toujours pas trouvé preneur. Par contre, le nom www.dakar.com appartient à Tso (le rallye Paris-Dakar). Comme quoi, impossible au maire de Dakar Khalifa Sall de créer un site www.dakar.com. Peut-être « villededakar.com » s’il n’existe pas encore. La majorité des noms de domaines de valeur, réservés ou pas utilisés comme ceux des artistes www.youssou-ndour. ; www.super-diamono ; www.idrissa-seck, macky-sall et autres n’appartiennent ni à l’Etat du Sénégal, ni aux artistes concernés. Et si Youssou, Macky ou Khalifa voulaient les utiliser, ils devraient les négocier avec les possesseurs ou les cybercourtiers.

Aujourd’hui, l’idéal est d’utiliser le nom de domaine séparé par un trait, recommande notre spécialiste. « Car avec les moteurs de recherche, c’est le premier nom qui ressort suivi de l’extension. Par exemple : pape-ndiaye.com peut aussi bien sortir si l’on recherche le nom d’un « Pape » et également si l’on cherche le nom de famille « Ndiaye », d’où l’utilité d’utiliser des noms composés » dit-il avant de nous faire savoir que le point com (.Com) est prestigieux et roi dans le monde. « Néanmoins, les (.net) et (.org) ne sont pas si mauvais même s’ils n’ont pas la valeur d’un (.com). Car c’est l’extension la plus familière et la plus recherchée » estime M.T.Cissé, expert en informatique.

Une chose est sûre : « vendre » les domaines de grande valeur rapporte gros. Pour notre interlocuteur, il existe beaucoup de ventes privées dont personnes n’a eu connaissance et qui sont réalisées à travers les contacts que les vendeurs nouent avec les investisseurs. « Dans certaine opération, si Mamadou Oumar Ndiaye voulait acheter « letemoin.com », il faudrait qu’il passe par cette mafia afin de connaître le cybercourtier qui l’avait réservé. Mais la plupart des spéculateurs laissent apparaître leurs coordonnées dès que vous cliquez sur le nom » dit-il. Vous voyez combien l’Internet est quelque part une mafia planétaire où les gens s’enrichissent en quelques clics !

Pape Ndiaye

(Source : Le Témoin, 22 octobre 2009)

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