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Pour un service public de qualité dans un espace audiovisuel libéralisé

lundi 15 septembre 2003

Renforcement du service public de l’audiovisuel pour la préservation de l’identité culturelle et de la cohésion nationale, parachèvement de la couverture du territoire national par la radio et la Télévision, élaboration d’une grille de programmes prenant en compte les aspirations de toutes les composantes de la population, adoption d’une convention d’établissement, instauration d’une redevance audiovisuelle, ce sont les principales recommandations adoptées à l’issue du séminaire -Atelier tenu du 11 au 13 septembre par l’intersyndicale SYNPICS - CNTS de la RTS.

Le séminaire atelier qui avait pour thème "les véritables enjeux du Service Public de l’audiovisuel", a mis en évidence le rôle de ce dernier dans la préservation de la culture et de la cohésion nationale, tout en soulignant que la radio et la télévision du service public "ne sauraient être ni étatiques ni commerciales".

A cet égard, les participants ont recommandé l’instauration d’une redevance audiovisuelle basée par exemple sur la consommation en énergie électrique ou sur toute autre mode de collecte (Téléphone, Téléviseurs) et des activités commerciales "à un niveau acceptable", la couverture des activités de l’Etat devant faire l’objet d’un contrat avec les pouvoirs publics.

Ils ont également insisté sur la nécessité de l’adoption d’une convention d’établissement pour "arriver à un traitement équitable de l’ensemble des travailleurs notamment en faisant disparaître toutes les injustices constatées".

On rappelle que selon le Code du Travail, "dans le cas où une convention collective a été conclue sur le plan national (cas de la Convention Collective des Journalistes et Techniciens) les conventions collectives conclues sur le plan inférieur ou local adaptent cette convention ou certaines de ses dispositions aux conditions particulières de travail existant sur le plan inférieur et peuvent prévoir des dispositions nouvelles et des clauses plus favorables aux travailleurs".

Le Premier Conseiller du Ministre de l’Information et de la coopération Africaine dans les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication a fait observer que l’ouverture de la télévision aux opérateurs privés nationaux est non seulement "probable et souhaitable" comme l’ont affirmée les séminaristes, mais surtout "irréversible".

Soulignant qu’on ne peut pas parler de démocratisation de l’espace audiovisuel si on ne prend pas efficacement en charge la question de la libéralisation de l’audiovisuel, M. Madièye MBODJ a indiqué que cette libéralisation "est inscrite de façon inéluctable dans l’évolution démocratique du Sénégal".

"Maintenant tout dépend de la volonté des acteurs et de leur capacité à donner les bonnes réponses au bon moment", les conditions étant aujourd’hui davantage réunies pour qu’on puisse accélérer la libéralisation, en tenant compte d’un certain nombre d’impératifs, notamment de service public, selon M.Madièye MBODJ, qui affirme "autant il est important d’asseoir une concurrence saine, autant il est important d’asseoir un service public fort et de qualité" pour que les intérêts des populations à travers leurs diversités culturelles, ethniques, linguistiques, sociales, etc soient pris correctement en charge".

Répondant à ceux qui, comme le Secrétaire Général du SYNPICS, Alpha A. SALL, s’interrogent le sens du retour à un "Ministère de l’Information", M. MBODJ a affirmé : "Le Sénégal en est arrivé au stade de l’évolution de sa démocratie à un âge où la propagande ne peut plus être de mise et que même si un Etat où un Gouvernement voulait orienter son service d’information dans le sens de la propagande, la société civile s’y opposerait résolument et efficacement".

Alors, "tout en considérant que la forme est importante, nous nous attacherons surtout au contenu, c’est-à-dire aux missions confiées au Ministère pour répondre aux attentes des citoyennes et des citoyens" a-t-il dit, assurant que la lettre de mission du nouveau ministère contient de façon expresse la tache de contribuer à renforcer la démocratie au Sénégal, ce qui implique l’amélioration de l’accès des populations à l’information.

Cette démocratisation suppose un cadre juridique et institutionnel approprié pour qu’elle ait une base en conformité avec l’Etat de droit. Il faudra en plus un environnement économique et un environnement social, comme en a convenu la Concertation Nationale sur la Presse tenue il ya trois ans, a relevé le Conseiller de Mamadou Diop de Croix.

APS

(Source : Sud Quotidien 15 septembre 2003)

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