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Millicom & Etat du Sénégal : Les limites de la force

mercredi 10 mars 2010

Il est vrai que Millicom dispose d’une puissance médiatique considérable parce que détenue à hauteur de 37,6% par le groupe AB kinnevick, propriétaire de Tele 2, Modern Times group (Media ; viatsat), Metro international (groupe de presse présent dans 23 pays), et de transcom worldwide ; korsnas.

Il est vrai qu’elle a réussi à contourner la procédure initiée au niveau du tribunal régional de Dakar en se réfugiant derrière la convention de Washington de 1965 instituant le CIRDI (centre international de règlement des différends relatifs aux investissements) que le Sénégal a signée en septembre 1966.

IL est vrai qu’au CIRDI, la tentative de lancer un emprunt obligataire alors qu’on a plus de licence d’exploitation et les accusations sur les contrats frauduleux passés par Millicom avec Belgacom et Jvm canada sur les communications internationales, ne seront pas traitées.

Il est vrai que le CIRDI est une des structures formant le groupe Banque mondiale (CIRDI, MIGA, SFI et BIRD) et que sur plusieurs investissements, Millicom a bénéficié du concours de ces structures (Chili, en Tanzanie etc.)

Il est vrai qu’il existe une relation incestueuse entre le CIRDI et la banque mondiale.

IL est vrai que le CIRDI tranche très rarement contre les multinationales.

Il est évident que financièrement, Millicom n’a rien à perdre au CIRDI parce que les Etats ne reçoivent pas de réparation même quand ’ils gagnent leur procès.

Il est vrai aussi que Millicom réussit actuellement sa stratégie du « faux pivot » c’est‐à‐dire qu’elle aborde d’autres questions pour éluder la principale en mobilisant sa force médiatique contre le Sénégal.

Il est remarqué que le monument de la renaissance, un des points phares de l’article de Business insider (propriété de Henry Blodget inculpé de fraude en valeur mobilière en 2003), est repris entièrement par The Economist tout en insistant sur le débat qu’il a crée et son cout par rapport aux priorités des sénégalais.

Il est certain que la ligne éditoriale du magazine « The Economist » peut expliquer l’allergie qu’ils ressentent pour tout ce qui semble gêner les multinationales, parce que fondé en 1843 par James Wilson fabriquant de chapeaux pour lutter contre les « corns laws » ou lois protectionnistes.

Il est vrai que le débat continue sur l’aspect cultuel du monument entre sénégalais.

Il est vrai qu’ils ne sont pas décemment habillés. C’est parce qu’ils ne ressortent pas de siècles de bonheur, de liberté mais d’humiliation, d’exploitation, de tromperie et de combines.

Mais « L’aigle ne perdit jamais plus de temps que lorsqu’il consentit à recevoir les leçons du corbeau », disait William Blake (1757 - 1827)

En art, ce qui est maintenant apprécié ne fut jadis que critiqué, (tour Eiffel, la statue de la liberté etc.). La beauté et la valeur d’une oeuvre s’acquièrent avec le temps.

Sur le montage financier du monument , il faut rappeler que cette technique de financement d’infrastructures par la « valorisation foncière » a permis à Mme Thatcher (Spécialiste en droit fiscal et ancienne Première Ministre de la Grande Bretagne) de relever les 03 défis qu’elle s’était fixée à savoir : diminuer les dépenses publiques, augmenter les recettes de l’Etat tout en réduisant la pression fiscale.

Pour financer la ligne Metro Londres - Copenhague, (Londres a vendu les terrains du Dock lands, Copenhague a vendu les terres d’Orestadt, tout comme la commune de Parla (Espagne) a vendu des hectares pour la réalisation de son Tramway.

Ce montage va permettre au Sénégal de se doter d’une infrastructure culturelle, d’une oeuvre artistique et de recettes pérennes qui ne serviront pas au remboursement de l‘investissement (ce n’est pas un finance Project) mais éventuellement à faire face aux besoins sociaux.

Avec l’impact que le transfert de l’aéroport va avoir sur cette zone, réaliser une infrastructure qui provoque, qui attire par amour, par curiosité ou même par mépris, connu déjà à travers le monde avant son inauguration, relève de l’ingéniosité.

Donc malgré toutes ces évidences, et toute la force médiatique déployée par Millicom, il est avéré que sur du bluff rien ne peut perdurer surtout en bourse, les cas récents d’Enron, Parmelat, Madoff sont très illustratifs.

Tout en rappelant que le CIRDI a implicitement institué la doctrine des effets (Hugo Ruis Dias), c’est‐à‐dire qu’il ne prend pas en considération l’intention ou le but recherché d’une mesure gouvernementale mais uniquement les effets que cette mesure génère.

Par cette occasion, force est de reconnaitre la qualité des conseils du gouvernement sénégalais qui ont permis d’éviter tout ce qui pourrait être assimilé à de l’expropriation, l’un des pièges préférés des multinationales et motif de multiples sentences rendues par le CIRDI.

Ainsi, anticiper la tactique du vis‐à‐vis en négociation, le prévenir qu’elle n’est pas appropriée, peut l’emmener vers une collaboration et éviter l’escalade conflictuelle.

Bien que figurant au NASDAQ 100, la force ayant des limites qu’elle ignore et la faiblesse, des forces qu’elle sous estime, Il est conseillé de convaincre par la force des arguments et non par l’argument de la force.

Quand l’Afrique prendra conscience de ses potentialités, le monde s’émouvra.

Alioune Moussa Fall
Master de Finances
DESS en Juriste conseil d’entreprise
Master en Droit des Affaires et fiscalité
Certificat en ingénierie financière
Certificat en passation des marchés (procédures banque mondiale)
Project Manager de deutsche biofonds (Erlangen - Allemagne)

(Source : Rewmi 10 mars 2010)

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