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Maroc : la guerre froide du dégroupage se « réchauffe »

mardi 3 janvier 2017

Contrairement aux habitudes dans le secteur des télécoms au Maroc, l’opérateur Inwi vient de saisir officiellement le régulateur du secteur pour forcer la main de son concurrent, Maroc Télécom. L’opérateur historique conserve en effet un monopole de fait sur les segments de la téléphonie fixe et de l’ADSL, malgré une guerre de procédure et d’injonction qui l’oppose à ses deux concurrents et au régulateur. Cette attaque frontale indique les opportunités de croissance du segment de l’Internet filaire alors que le mobile est en saturation.

La guerre froide qui dure depuis plusieurs années entre l’opérateur historique marocain Maroc Telecom et ses concurrents Inwi et Orange, au sujet du dégroupe des infrastructures vient de se « réchauffer ». En effet, Inwi (dont la holding royale SNI détient la majorité des parts) vient de saisir officiellement l’Agence Nationale de Réglementation des Télécoms (ANRT), pour que cette dernière « mette fin à l’arsenal de pratiques anticoncurrentielles mis en œuvre par Maroc Telecom en matière de dégroupage et d’accès à l’infrastructure de raccordements des clients pour les services ADSL », précise-t-on du côté d’Inwi.

Attaque frontale

Une saisine dont le premier épisode date du 30 décembre dernier et qui vient après une première mise en demeure adressée par Inwi à l’opérateur historique. Le gendarme du secteur avait déjà adressé une mise en demeure à Maroc Télécom en novembre dernier sur le même sujet. Une décision qui fait partie des dernières actées par Azzedine El Mountassir Billah, qui a été limogé de son poste de Directeur général quelques temps après. Ce dossier du dégroupage cristallise les relations entre les opérateurs concurrents (Inwi et Orange) et l’ANRT, d’un côté et Maroc Telecom de l’autre depuis plus de 2 ans maintenant.

Ce recours d’Inwi représente ainsi une nouvelle offensive dans une guerre des tranchées qui l’oppose à l’opérateur historique. Ce dernier a bel et bien ouvert une partie de ses infrastructures à ses concurrents pour respecter des injonctions de l’ANRT. Il n’empêche que ce qui est voulu comme de la bonne volonté du côté de Maroc Telecom est perçu comme une manière de gagner du temps par ses concurrents. Preuve en est la saisine du benjamin des opérateurs télécoms qui stipule : « Inwi demande à l’ANRT de constater le préjudice subi et de prendre les mesures opérationnelles et coercitives nécessaires pour astreindre IAM à mettre en place un processus de dégroupage efficace, transparent, raisonnable, équitable et non-discriminatoire ».

Cette offensive frontale d’Inwi signifie par ailleurs, une rupture avec les codes et usages du secteur des télécoms au Maroc, où les opérateurs laissaient généralement la main au régulateur pour ce genre de démarche. En plus d’une rupture de procédé, elle indique également la volonté de l’opérateur d’investir le segment de l’ADSL et de la téléphonie fixe qui est actuellement en situation de quasi-monopole. Au moment où la croissance des segments de la téléphonie et de l’Internet mobile commence à se stabiliser après des années de hausses successives. En témoigne le taux de pénétration de la téléphonie mobile qui dépasse largement les 100%.

Un segment à forte valeur ajoutée

Ces segments qui ont également enregistré une baisse considérable de la tarification. Un trend qui s’explique par la concurrence acharnée entre les opérateurs pour atteindre le maximum de consommateurs. Bien que le lancement de la 4G ait permis une meilleure monétisation de la Data, la cherté des terminaux compatibles 4G ne permet pas de couvrir l’ensemble des abonnés mobiles. S’y ajoutent le peu d’engouement des consommateurs marocains pour les abonnements postpayé et la forte pénétration des formules prépayées.

Un changement de paradigme qui se traduit par une croissance affaiblie sur les segments de la téléphonie et de l’Internet mobiles. Ce qui a poussé les opérateurs challengers à lancer leurs propres offres fixes et fibres optiques, confortés par les bons résultats affichés par Maroc Télécom sur ce segment. Là où Inwi a choisi l’affrontement direct, Orange joue la carte de la pédagogie bien avant son rebranding. En clair, la filiale du géant français a opté pour des opérations de lobbying notamment en direction des entrepreneurs pour les pousser à équiper leurs chantiers de câbles et fibres optiques Orange. Une manière pour l’opérateur d’éviter d’avoir recours aux procédures de dégroupages.

Cette nouvelle offensive vient également à un moment où l’ANRT est dirigé par un management d’intérim censé gérer les affaires courantes. Il est donc peu probable que l’on assiste à une décision « choc » du régulateur, sachant que ce bras de fer dure depuis le début des années 2010 et que chaque épisode a vu Maroc Télécom mettre à profit sa maîtrise des procédures pour ralentir voire annuler des mesures et injonctions à son égard.

Amine Ater

(Source : La Tribune Afrique, 3 janvier 2017)

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