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MSC préconise quelques étapes simples pour inciter les femmes à utiliser les services mobiles

vendredi 8 mars 2019

Le deuxième rapport de GSMA Mobile sur l’écart entre les hommes et femmes concernant l’accès au téléphone mobile et aux services internet montre qu’il y a de bonnes avancées dans les efforts visant à réduire cet écart entre les sexes confirmant ainsi que les actions ciblées font une différence. Cependant, Il reste encore du travail à faire pour éviter de renforcer ce fossé digital. Nous devons comprendre quelles mesures concrètes peuvent être prises pour accroître l’inclusion économique et sociale.

D’incroyables progrès ont été faits. En effet, 80% des femmes dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRF) possèdent aujourd’hui un téléphone. Cependant seulement 69% des femmes possèdent des téléphones en Afrique Subsaharienne avec un écart entre les sexes de 15% laissant 86 millions femmes déconnectées dans la région.

Force est de constater qu’aucune mesure n’a été prise pour remédier à ces obstacles et il est important de noter qu’à moins que nous ne considérions le contexte local et les barrières d’utilisation spécifiques dans le développement des produits et des services, l’absorption restera faible.

La croissance des abonnés mobiles ralentit globalement et pourrait potentiellement conduire à une augmentation de la fracture numérique pour les femmes qui composent 60% de la population non connectée dans les PFR. Selon l’étude de la GSMA ,le coût, le niveau d’alphabétisation et les connaissances, la fiabilité, la sécurité et la pertinence représentent les principaux obstacles à la possession d’un téléphone mobile.

En Côte d’Ivoire, la question du coût a été soulignée comme un problème par 31% des femmes et 35% des hommes. 24% des femmes ont indiqué que leurs compétences et leur niveau d’alphabétisation constituaient un défi. Nos travaux récents en Côte d’Ivoire ont mis en évidence les défis posés par l’adoption de l’argent mobile en raison des questions d’alphabétisation et de numératie. Nous avons proposé des prototypes basés sur la façon dont les femmes dans les marchés comptent leur argent et qui pourraient être adoptés pour stimuler l’utilisation en comprenant les pratiques existantes et en reflétant ces habitudes sur les interfaces utilisateur des services mobiles.

Les téléphones mobiles offrent un accès à une gamme de services utiles qui peuvent bénéficier davantage à la vie économique des femmes, mais celles-ci utilisent une plus petite gamme et dépensent 17% de moins que les hommes en services mobiles. Si le téléphone représente le point d’accès principal pour l’internet, les femmes sont néanmoins 23% moins susceptibles que les hommes d’utiliser l’internet mobile. En regardant le parcours de l’utilisateur vers l’adoption de l’Internet mobile, les lacunes s’élargissent à mesure que nous avançons plus loin dans cette voie.

Il y a un manque de sensibilisation aux avantages, aux cas d’utilisation et à la pertinence des services numériques pour les femmes. Les normes culturelles et sociales ont également un impact sur le phénomène car il existe des croyances selon lesquelles l’accès aux comptes d’argent mobile conduirait à la prostitution, par exemple. MSC à travers ses études a fait plusieurs observations qui illustrent le manque de sensibilisation. Au Sénégal en particulier, le poids du système patriarcal avec la volonté d’encadrer l’autonomie financière des jeunes femmes ( le contrôle des outils de gestion financière est une extension du contrôle du corps de la jeune femme par le chef de famille) est un frein à l’utilisation des services mobile money. Aussi, les femmes de même que celles en Côte d’Ivoire, utilisent souvent les comptes d’autres personnes pour effectuer des transactions afin d’envoyer de l’argent ou de payer des factures, ce qui entraîne une exclusion financière en raison de l’absence d’une piste d’identité financière. Enfin, les femmes en RDC et au Sénégal, font peu confiance aux institutions financières et ont une forte préférence pour les systèmes informels communautaires tels que les tontines, “boutiquiers” (Sénégal), et “Papa carte” (RDC). Cependant le changement est en cours au Sénégal car certaines gérantes de tontines utilisent de plus en plus les services Orange Money pour collecter les cotisations et des solutions innovantes sont en cours de déploiement par les fintech.

La GSMA note que la réduction des disparités entre les sexes en ce qui concerne la possession et l’utilisation de téléphones mobiles et leurs services, représente une opportunité commerciale substantielle. Les dernières années ont montré que les interventions ciblées sont efficaces, peuvent catalyser la croissance des entreprises et générer des avantages économiques pour le pays. Souvent, les entreprises ne désagrègent pas les données pour définir des objectifs spécifiques liés au genre.

Quelques bonnes illustrations de ces initiatives sont par exemple, Orange en Côte d’Ivoire qui propose un tarif spécial pour les femmes et les jeunes et et, pour souligner la pertinence de cette opportunité, le nouveau service de crédit numérique avec MTN et Bridge avec 1,9 million d’abonnés pour un taux de 61% de femmes.

Alors que les services deviennent de plus en plus numériques, il est important que les fournisseurs développent des applications et des services conviviaux et tiennent compte de la nécessité de lever les obstacles à l’accès actuel afin d’être plus pertinents pour les femmes dans leur vie quotidienne. Avec la prévalence des cultures orales dans la région, des outils doivent être conçus pour améliorer la convivialité des services numériques afin de prendre en compte les problèmes d’alphabétisation et de calcul, en privilégiant les icônes et les images.

Notre message pour les fournisseurs : “Testez vos services auprès des femmes pour améliorer leur pertinence avant de les lancer sur le marché. Quand ces produits sont distribués par le canal agent, utilisez les femmes pour les promouvoir, car il est apparu que les femmes préféraient les agents féminins.”

Des mesures simples peuvent nous amener à une réduction des inégalités, et nous attendons avec impatience de l’année prochaine montrer de nouvelles améliorations en particulier en Afrique subsaharienne. sommes impatients de lire le rapport sur l’égalité des genres de l’année prochaine qui mettra en lumière les nouvelles améliorations apportées, notamment en Afrique Subsaharienne.

Le rapport sur l’écart entre hommes et femmes de la GSMA pour l’égalité des sexes 2019 est disponible ICI.

(Source : agence Ecofin, 8 mars 2019)

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 10 770 683 abonnés Internet

  • 10 512 647 abonnés 2G+3G+4G (97,60%)
  • 99 177 clés et box Internet (1,11%)
  • 138 743 abonnés ADSL (1,31%)
  • 17 952 abonnés bas débit (0,17%)
  • 2164 abonnés aux 4 FAI

- Liaisons louées : 22 633

- Taux de pénétration des services Internet : 68,49%

(ARTP, 31 mars 2019)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 59,80%

(Internet World Stats 31 décembre 2017)

- 4710 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 25 septembre 2018)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 307 736 abonnés
- 237 282 lignes résidentielles (77,11%)
- 70 363 lignes professionnelles (22,86%)
- 84 lignes publiques (0,03%)
- Taux de pénétration : 1,95%

(ARTP, 31 mars 2019)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 16 977 104 abonnés
- Taux de pénétration : 107,95%

(ARTP, 30 septembre 2018)

FACEBOOK

- 3 100 000 utilisateurs
- Taux de pénétration de Facebook : 32%

(Facebook Ads, décembre 2018)